[Film] MechaGodzilla Contre-attaque, de Honda Ishirô (1975)


Les extraterrestres de la troisième planète du trou noir ont réussi à rebâtir Mechagodzilla, pour envahir la Terre. Ils se sont associés au Dr Mafune un savant rejeté par la communauté scientifique et capable de contrôler un dinosaure géant marin : Titanosaurus. Pour contrer la menace, Interpol se lance à la poursuite des extraterrestres tandis que Godzilla affronte les deux monstres.


Avis de Rick :
Godzilla contre MechaGodzilla (déjà chroniqué sur le site il y a de nombreuses années, tout comme Godzilla contre Megalon), pour les 20 ans de Godzilla, avait plutôt bien marché, et la Toho ne tarde pas à lancer la production d’un nouvel opus, encore. Mais cette fois-ci, l’opus en question sera le dernier avant un bon bout de temps. Pour dire adieu à Godzilla, la Toho ramène Honda Ishirô à la mise en scène (même si son dernier film Godzilla était une catastrophe : Godzilla’s Revenge en 1969), mais également Ifukube Akira à la musique. Le film se déroule directement après les événements du précédent, et nous raconte donc la fin des aventures de MechaGodzilla, mais donc forcément, également de Godzilla, et se permet même de rajouter un nouveau Kaiju avec Titanosaurus. Un Kaiju qui en réalité devait au départ être deux monstres différents, mais suite à un budget plutôt serré, le scénario fut revu pour rendre le film possible. Et c’est ainsi qu’en Mars 1975, le 15ème opus de la saga Godzilla, le 15ème en 21 ans, sort sur les écrans. Le succès n’est pas forcément au rendez-vous, et la Toho mettra Godzilla à la retraite, durant 9 ans. La sortie du métrage permet de faire le point sur la saga, de voir l’évolution du Kaiju, de retenir quelques métrages clés, d’en détester certains. Oui, la saga a évolué, pas toujours de la meilleure façon, la Toho a parfois changé son fusil d’épaule, a tenté de faire appel à de nouveaux réalisateurs avant de, souvent, revenir à des valeurs sûres. Car Godzilla, période Showa, c’est avant tout 8 films signés par Honda, dont certains des meilleurs, et 5 films signés par Fukuda Jun, dont pas mal des pires. Fukuda d’ailleurs, après quelques bouses pour enfants, s’était plutôt bien rattrapé en signant Godzilla contre MechaGodzilla, un film plutôt sympathique étonnement venant de lui. Ici donc, on retrouve les mêmes extraterrestres, toujours fâchés avec nous, pauvres humains, et qui se servent de MechaGodzilla pour tout détruire.

Pour être sûr de gagner le combat, ce coup-ci ils amènent le Titanosaurus, un dinosaure contrôlé par un autre personnage, et MechaGodzilla a droit a de nouvelles armes dévastatrices. Godzilla lui sera seul face à la menace. Pas d’Anguirus pour l’épauler ce coup-ci, non, personne, seul face à l’adversité, venant dans un sens rappeler que c’est SON film à lui. Pas de Jet Jaguar dans les pattes heureusement aussi. Normal dans un sens donc de retrouver Honda à la mise en scène, sachant mettre le Kaiju en valeur, et sachant en mettre plein la vue lorsqu’il le faut. Certaines scènes dénotent ainsi avec les épisodes précédents, avec un Godzilla qui s’il a toujours son costume assez… discutable, peut de nouveau faire de sacrés dégâts. Son combat contre MechaGodzilla paraît totalement déséquilibré et si il ne saignera pas, comparé aux précédents opus, il sera parfois dans une bien mauvaise posture, et le réalisateur sait comment s’y prendre pour nous y faire croire. Autre fait surprenant, si le film se fait un peu plus adulte mais plus soft niveau violence, sans aucune giclée de sang donc, on pourra y voir une paire de seins. Oui je sais, cela paraît anodin dit comme ça, mais croyez-moi, alors que la saga revient de loin après plusieurs opus visant un public d’un âge très bas, cela surprend, et ce sera d’ailleurs de mémoire la seule fois de la saga. Des combats puissants, un Godzilla destructeur, un ennemi de taille, un ton un poil plus sombre, vous vous dites que notre Godzilla prend sa petite retraite en partant du bon pied ! Malheureusement, tout n’est pas rose dans MechaGodzilla Contre-Attaque.

Les intentions sont là, les combats fonctionnent, tout comme les scènes de destructions, mais à côté de ça, ce n’est pas toujours la joie. Les personnages humains ne sont pas parmi les plus intéressants de la saga, et comme le scénario essaye de nous sortir les violons par instant en nous mettant un couple en plein dilemme, avec madame capturée par l’envahisseur et j’en passe, et la sauce ne prend pas vraiment. Autre point qui fâche, les envahisseurs en eux-mêmes. Si le look de SF un peu kitch fonctionnait dans Invasion Planète X par exemple, 10 ans plus tôt, la sauce prend moins en 1975, et on pourra par moment les trouver risible, avec leur petite tenue grise, leur petit chapeau… Et surtout, autant l’avouer, mais après 15 films, la saga avait besoin d’un peu de repos pour se renouveler par la suite. 15 films après, la saga n’a plus grand-chose de neuf à raconter sur le moment. MechaGodzilla a déjà été affronté dans l’épisode précédent et ici aussi le duel arrive tardivement, Titanosaurus n’est pas resté dans les mémoires, les aliens ont déjà tentés d’envahir la Terre dans pas mal d’opus. Oui, si le film permettait de clore un temps la saga sur une note divertissante, il n’inventait rien, et n’est même pas dans les meilleurs. Godzilla méritait sans doute mieux. Mais de l’autre côté, ça aurait pu être tellement pire…

LES PLUSLES MOINS
♥ Un film fait avec sérieux
♥ Le bon duel final
♥ Un opus divertissant
⊗ Rien de bien neuf
⊗ L’aspect kitch des extra-terrestres
⊗ Les personnages humains, pas fameux
Godzilla dit adieu à ses fans pendant quelques années, Honda signe son dernier opus après une grande activité. Le résultat est sympathique, à défaut d’être réellement marquant.



Titre : MechaGodzilla Contre-attaque – Mekagojira no Gyakushū -メカゴジラの逆襲
Année : 1975
Durée : 1h23
Origine : Japon
Genre : Kaiju Eiga
Réalisateurs : Honda Ishirô
Scénario : Takayama Yukiko

Acteurs : Sasaki Katsuhiko, Ai Tomoko, Hirata Akihiko, Uchida Katsumasa, Mutusmi Goro et Ibuki Toru

 Terror of Mechagodzilla (1975) on IMDb


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Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

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