[Film] L’Épée de Kamui, de Rintarô (1985)

En pleine période du Bakumatsu, la fin du shogunat Tokugawa, époque tourmentée du Japon qui mettra fin à l’isolationnisme de celui-ci, Kamui no Ken ou L’épée de Kamui en français nous narre les aventures de Jirô, un jeune garçon Aïnou, peuple aborigène quasi disparu d’origine japano-russe ayant peuplés les îles Hokkaido, Kouriles ou encore la péninsule du Kamtchatka. Séparé de ses parents dès la naissance, Jirô voit sa mère et sœur adoptives assassinées et se trouve accusé à tort du meurtre de ces dernières par les villageois. Le jeune garçon s’enfuit et tombe sur le moine Tenkai qui le prendra sous sa coupe et le formera au Ninjutsu. Sans le savoir, Jirô est manipulé par ce dernier à des fins politiques et dans le but de trouver un trésor dont le secret est lié à Jirô…


Avis de Supavince:
A première vue, Kamui no Ken ne paye pas de mine. Tout d’abord parce que le character design un peu simpliste et particulier n’est clairement pas le point fort du film, on a vu mieux. Mais ce petit bémol a au moins le mérite de nous replonger dans nos vieux souvenirs, ce coup de crayon nous apparait familier et nous fait indéniablement penser aux nombreuses séries qui ont bercé notre enfance.

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De plus ce graphisme classique est très vite et largement compensé par la mise en scène assez exceptionnelle offerte par Rintarô (Galaxy Express 999, Harmagedon, Metropolis…). Le film jouit d’un rythme effréné et ultra dynamique, d’un souci du détail de chaque instant parsemant les nombreux décors où le périple riche en rebondissements du héros nous transporte, de Hokkaido au Far West en passant par le Kamtchatka. L’action omniprésente agit comme un métronome avec des combats de ninja plus tranchant les uns que les autres, animée par des effets de vitesse et des jaillissements de lumière qui viennent accentuer l’intensité de ces scènes. De plus, Rintarô joue facilement avec les contrastes et les couleurs de nombreuses fois comme par exemple pour accentuer le côté noir et dramatique de certains passages.

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Et que dire de l’OST exceptionnel composée par Ryudo Uzaki, qui nous tient en haleine de bout en bout et contribue hautement au dynamisme de métrage. Voir les ninjas bondir sur les flancs des montagnes ou encore dans les cimes des arbres sur ces morceaux trépidants J-pop des années 80 nous procure un réel plaisir.

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Kamui no Ken dispose à son actif d’un nombre important de personnages charismatiques et hauts en couleur, ennemis ou alliés, que Jirô rencontrera tout au long du récit. Malheureusement, on notera quelques légèretés scénaristiques et des utilisations de personnages discutables comme l’esclave noir américain que Jirô rencontre sur le bateau le menant aux Etats-Unis, lui vouant une fidélité à toute épreuve à l’instar d’un samouraï (!?) ou encore la jeune indienne d’origine française rencontrée vraiment par hasard par notre protagoniste et étant liée d’une certaine manière à notre héros… Rien de bien méchant cependant et bien d’autres retiendrons notre attention comme la mystérieuse femme ninja Oyuki qui pourchasse Jirô ou encore le grand méchant de l’histoire Tenkai.

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Malgré les 2h13 de métrage affichés, le film nous captive de bout en bout, et Rintarô jongle habilement entre les scènes d’actions sanglantes et les scènes plus calmes venant enrichir l’intrigue d’une épopée qui emmènera Jirô dans un voyage épique à la recherche de la vérité sur son histoire. Réalisé en 1985 par une figure du cinéma d’animation japonais, L’Epée de Kamui est quelque peu tombé dans l’oubli collectif, mais sonne pourtant comme une référence du film de ninja et est de ce fait à ranger bien soigneusement aux côtés d’un Ninja Scroll. Une valeur on ne peut plus sûre !

Note : note8

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kamui no kenTitre : L’Épée de Kamui – Dagger of Kamui – Kamui no Ken – カムイの剣
Année : 1985
Durée : 2h13
Origine : Japon
Genre : Animation
Réalisateur : Rintarô

Avec les voix (en vo) de: Hiroyuki Sanada, Mami Koyama, Tarô Ishida, Yuriko Yamamoto, Ichirô Nagai, Kaneto Shiozawa, Takeshi Aono, Kazuyuki,Takashi Ebata, Takashi Toyama.

Kamui no Ken on IMDb


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Supavince

Épris d’une faim insatiable de découvrir de nouvelles choses, toujours en quête de raretés en tout genre et de films injustement oubliés. Hong Kong reste son espace de jeux préféré, mais il n'est pas contre quelques polars coréens bien nerveux ou encore apprécier un masseur aveugle occire ses adversaires à l’aide de son sabre dissimulé dans sa cane…

4 Comments

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  1. Il me semble que je l’ai vu il y a bien une 20aine d’année ce film. Je n’en ai que peu de souvenir, mais certains screenshots et ce charac design particuliers me disent fortement quelque chose…

  2. ce qui est dingue, c’est que je ne le connaissais pas du tout jusqu’à il y a 3 semaines! ^^
    C’est un regardant des conneries sur youtube et sur des recherches connexes à Kung Fury (^^) que je suis tombé sur le clip c-dessous de Lazerhawk… qui utilisait les images du films…

  3. Ah la vache. Quel coup de nostalgie cette critique.
    Je l’ai vu aussi il y a une vingtaine d’années, mais il m’a beaucoup plus marqué.
    La faute à cette musique qui te colle au cerveau et à la mise en scène, plus que le scénario. Encore qu’au final, on obtient une aventure assez épique étalée sur 20 ans.
    A voir impérativement, au même titre qu’un bon vieux polar HK.
    Les screenshots affichés sont d’ailleurs de bonne qualité pour un anime de cet âge.
    Merci encore de contribuer à le faire connaître.

  4. Clair que la musique, c’est l’une des grandes forces du film! Je me l’a suis passée en boucle pendant une semaine!

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