[Film] Joyeuses Funérailles, de Frank Oz (2007)


Le jour des funérailles du patriarche, famille et amis arrivent chacun avec sa dose de problèmes. Daniel, le fils, va revoir son frère rival Robert, célèbre romancier parti vivre aux États-Unis. Martha, la cousine, veut à tout prix faire accepter à son père vieux-jeu son nouveau fiancé qui a accidentellement avalé une pilule hallucinogène… Mais les vraies complications commencent lorsqu’un invité mystérieux, menace de dévoiler un terrible secret de famille… Daniel et sa joyeuse bande vont user de tous les moyens pour enterrer le père… et ses confidences.


Avis de Cherycok :
Je l’ai déjà dit plusieurs fois : j’adore l’humour anglais. Un humour parfois un peu pincé du cul, parfois plutôt noir, souvent très fin, parfois plus grotesque, avec cette capacité à faire rire avec des sujets qui en temps normal ne s’y prêteraient pas forcément, ou alors différemment. Bien entendu, certains y seront complètement indifférents, regardant pour le coup des bobines telles que Bons Baisers de Bruges, Petits Meurtres à l’Anglaise, Pride ou encore We Are 4 Lions, sans même esquisser le début d’un sourire. Mais avouez que leurs comédies, qu’on y soit sensible ou non, ont un charme si spécial et une ambiance si particulière qu’il est impossible d’y rester indifférent (dans un sens comme dans l’autre). Nous allons parler aujourd’hui d’un autre fleuron du genre, Joyeuses Funérailles (2007), dernier film en date de Frank Oz (Dark Crystal, In & Out, Bowfinger). Un film qui divise pas mal à en croire les avis trouvés ci et là sur la toile et qui sur moi aura fonctionné à 100%.

Le postulat de départ du film va être très simple. Daniel va perdre son père. Famille et amis vont se réunir pour les funérailles. Et tout va partir en couille. Et croyez-moi, pas besoin de plus vu l’avalanche de situations rocambolesques qui vont s’enchainer les unes après les autres. Joyeuses Funérailles est un film choral tragi-comique. Entendez par là que chaque moment censé être tragique, désespéré ou triste va être immédiatement contrebalancé par un humour noir complètement british au ton souvent grinçant et sarcastique. Frank Oz arrive à trouver un équilibre parfait grâce à des gags d’une noirceur à mourir de rire. On ne peut nier le côté très théâtral du film, avec ses moult personnages qui vont tous vadrouiller dans un espace quasi unique (une maison et ses diverses pièces ainsi que le jardin), se croiser, interagir les uns avec les autres. Chacun aura son « moment de gloire », plus ou moins important, et même si certains ne sont au final qu’assez anecdotiques (l’ex petit-ami par exemple), tous vont nous proposer des scènes aux petits oignons. Le film va enchainer les situations toutes plus saugrenues les unes que les autres, parfois complètement invraisemblables, entre maladresse et quiproquos, et chacun sera complètement déjanté à sa manière. Frank Oz va faire preuve d’un sens du rythme qui est à saluer. Le scénario est étudié de façon à ne laisser aucun temps mort ; le rythme va monter crescendo, et lorsque l’élément déclencheur va arriver, on va assister à un florilège de situations rocambolesques.

Qui dit film choral dit tripotée d’acteurs. Et dans Joyeuses Funérailles, pas un ne va tirer le film vers le bas. Tout le casting est tout bonnement excellent. Matthew Macfadyen (Orgueil et Préjugés, Les 3 Mousquetaires) est parfait dans le rôle de monsieur tout le monde qui ne sait plus où donner de la tête ; Peter Vaughan (Bandits Bandits, Brazil), paix à son âme, génial en vieux gâteux très désagréable ; Alan Tudyk (Chevalier, Tucker & Dale Fightent le Mal) hilarant en petit ami ayant ingurgité involontairement une drogue hallucinogène ; ou encore Peter Dinklage, avant que le monde entier ne le découvre avec Game of Thrones, dans un rôle improbable.
Joyeuses Funérailles n’hésite pas à verser dans le politiquement incorrect à plusieurs reprises. Même si l’ensemble reste malgré tout gentillet, le film ose certaines choses que d’autres n’auraient même pas osé évoquer. C’est corrosif de par le comportement de certains personnages, de par certaines situations. Tous les personnages masculins en prennent pour leur grade, quel que soit leur rang social ou leur place dans cette famille, et seules les femmes tiennent la route. Soyons malgré tout clairs que cette bobine de Frank Oz n’est pas non plus le film du siècle, et on pourra lui reprocher par exemple de succomber parfois au mauvais goût (le passage dans les toilettes) où une mise en place un poil longuette. Mais ça serait bouder notre plaisir car Joyeuses Funérailles reste malgré tout une très bonne comédie anglaise.

LES PLUSLES MOINS
♥ Le casting impeccable
♥ Bien rythmé
♥ Un humour qui fait mouche
⊗ Début un peu longuet
Avec son humour souvent féroce et ses moments savoureux, Joyeuses Funérailles est une comédie anglaise nous proposant des situations tragi-comiques à mourir de rire. Bien entendu, il faut être sensible à l’humour british, mais si c’est le cas, vous risquez de vous régaler.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Le film a fait l’objet en 2010 d’un remake aux USA sous le titre Paniques aux Funérailles dans lequel Peter Dinklage reprend son propre rôle. Un remake indien est également sorti en 2009 sous le titre Daddy Cool.
• Alan Tudyk se serait inspiré d’un homme complètement défoncé, perché nu sur une table de pique-nique, qu’il avait rencontré durant sa jeunesse. Il en a repris les mimiques pour le passage où il est nu sur le toit de la maison.
• Peter Dinklage et Peter Vaughn ont par la suite tourné ensemble dans la série Game of Thrones, le premier dans le rôle de Tyrion Lannister, le 2ème dans celui de Aemon Targaryen.


Titre : Joyeuses Funerailles / Death at a Funeral
Année : 2007
Durée : 1h30
Origine : Angleterre
Genre : Nain porte quoi
Réalisateur : Frank Oz
Scénario : Dean Craig

Acteurs : Matthew Macfadyen, Keeley Hawes, Andy Nyman, Ewen Brmner, Daisy Donovan, Alan Tudyk, Peter Dinklage, Jane Asher, Rupert Graves, Peter Egan

 Joyeuses funérailles (2007) on IMDb


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