[Film] Assault on Wall Street, de Uwe Boll (2013)

Jim jouit d’une vie paisible à New York. Une famille qui l’entoure et qui l’aime, un travail bien rémunéré. Mais lorsque l’économie s’effondre, Jim perd tout, même ses illusions. Il décide de se venger en attaquant le système par des moyens extrêmes.

 
 


Avis de Cherycok :
On a connu le Uwe Boll lamentable, alignant navet de compétition sur navet de compétition, lui valant le titre de pire réalisateur de tous les temps par certains “grâce” à des titres tels que Farcry, Alone in the Dark ou Bloodrayne. On a connu le Uwe Boll qui ne se prend pas au sérieux, avec des films bien funs tels que House of the Dead et surtout Postal. Mais depuis quelques années, malgré toujours quelques incursions dans les deux catégories précitées, on connait le Uwe Boll sérieux, qui se sort les doigts du derrière pour sortir des films bien plus matures, voir carrément chocs, nihilistes, et l’exemple le plus marquant est l’excellent Rampage qui s’est vu offrir une suite récemment. Darfur, Auschwitz, Stoic, Uwe Boll veut faire taire ses détracteurs en leur montrant que quand il veut, il sait ce qu’il fait et réalise des films qui valent la peine d’être vus. Assault on Wall Street en fait parti, et même s’il y a bien des choses à redire dessus, oui, c’est un bon film !

L’histoire de Assault on Wall Street n’est pas ce qu’il y a de plus transcendant. On y suit un petit agent de sécurité, interprété par un Dominic Purcell (Prison Break) assez monolithique, qui menait une vie paisible mais qui, suite à la perte de toutes ses économies qu’il avait placées en bourse, va vivre une véritable descente aux enfers. Il ne va plus pouvoir assurer le règlement des soins de sa femme atteinte d’une tumeur, il va perdre son boulot, sa maison va être saisie,… Malgré un traitement un peu longuet parfois, on sent la pression monter petit à petit et le pétage de plomb inéluctable. Dominic Purcell a beau ne pas être l’acteur le plus doué de sa génération, et il le prouve une fois de plus ici, on s’attache néanmoins à son personnage. Même mieux, on s’identifie à lui, dans le sens ou ça pourrait être n’importe lequel d’entre nous, un péquin moyen subissant les effets collatéraux de hautes sphères de la bourse complètement déconnectés de la réalité, jouant avec l’argent des autres, ces requins de la finance qui se foutent royalement de foutre en l’air la vie de petites gens pour engranger toujours plus de fric.

Et forcément, ce pétage de plomb arrive dans la toute dernière partie du film. Dix minutes d’action brute, sèche, ultra violente. Dix minutes sans concession, filmées caméra à l’épaule, comme la quasi totalité du métrage par ailleurs, et qui ponctuent de bien belle manière ce Assault on Wall Street qui tient plus du drame que du film d’action comme pourrait le laisser penser l’affiche du film.
Uwe Boll s’amuse à égratigner les grands pontes de Wall Street, ses traders, ses banquiers sans scrupule, ses dirigeants véreux… L’histoire qu’il nous raconte a beau être au départ assez lambda, c’est pourtant tristement réaliste sur les pratiques du système financier américain, et même mondial. Le discours en fin de film de Jeremy Stancroft, interprété par John Heard (le père dans “Maman j’ai raté l’avion”), est tout bonnement horrible, rendant son personnage, déjà bien antipathique, encore plus détestable.
Détestable, la fin du film le sera sans doute pour certains. Car comme pour Rampage, la morale est clairement un peu douteuse. Est-ce une fois de plus une sorte de provocation de la part du réalisateur qui n’en est plus à une près ? Nul le sait à par lui, mais une chose est sûre, c’est que ca change un peu des habituelles productions US…

Assault on Wall Street est un bon gros fuck au capitalisme, à ce système américain pourri jusqu’à la moelle, à cette Amérique qui ne fait plus rêver grand monde. Un film froid, nihiliste, très loin d’être parfait, portant encore pas mal de tics de son réalisateur, mais quoi qu’il en soit une très sympathique bobine.
A noter un doublage français tellement dégueulasse qu’on se croirait parfois devant une telenovela mexicaine de France Ô…

Note :



Titre : Assault on Wall Street / Bailout: The Age of Greed
Année : 2013
Durée : 1h38
Origine : Canada
Genre : Drame / Pétage de plomb
Réalisateur : Uwe Boll

Avec : Dominic Purcell, Erin Karpluk, Edward Furlong, John Heard, Keith David, Michael Paré, Lochlyn Munro, Tyron Leitso, Mike Dopud, Barclay Hope, Heather Feeney, Eric Roberts

 Bailout: The Age of Greed (2013) on IMDb


0 0 vote
Article Rating
S’abonner
Notifier de
guest
5 Commentaires
le plus ancien
le plus récent le plus populaire
Inline Feedbacks
View all comments
feroner
Éditeur
22 mars 2015 20:27

autant ta critique de “postal” m’a tout de suite donné envie de le voir ce que j’ai fait ca m’a fait perde une bonne partie de mes neurones mais j’ai bien rigolé, autant la ca me tente pas car des films critique sur le capitalisme il y a plein de très bon qui sont passé avant exemple: le loup de wall street de Scorsese
wall street de oliver stone
2 jours 1 nuit des freres dardenne
zero theorem de terry gilliam

Rick
Administrateur
22 mars 2015 23:05

Pas vu celui-là, mais c’est vrai que j’ai eu de bons échos dessus.

Feroner : content que tu ai bien rigolé devant Postal. Pas du grand cinéma mais ça fait du bien de temps en temps ^^

beleg
beleg
23 décembre 2015 9:10

C’est effectivement un peu longuet mais clairement un bon film avec un montage très sympa !

Paganizer
23 avril 2018 3:06

C’est clair que dans le genre jusqu’au boutiste, nihiliste et désespéré, le père Uwe fait très fort avec ce Assaut sur Wall-Street !
En même temps, même sans avoir les problèmes de Jim, on aurai parfois presque envie d’aller nous aussi faire comprendre clairement à tous ces traders et ces banquiers véreux ce qu’on pense de leur façon de gérer l’argent mondial !
A ce titre, je conseille vivement le docu-film “Inside Job” qui aide à comprendre comment tous ces boursicoteurs font “mumuse” avec de l’argent qui ne leur appartient pas, en se fichant pas mal des conséquences dramatiques que leurs spéculations aveugles peuvent avoir !
On en a eu l’exemple avec la crise de 2008 très bien relatée dans le docu.
Bref, pour en revenir au film, c’est un des très bons films d’ Uwe Boll, un brûlot qui a quelque chose à dire et qui le fait bien, même s’il n’est clairement pas exempt de défauts..
Mais il n’y a franchement pas de quoi faire la fine bouche !