[Avis] Overheard, de Alan Mak et Felix Chong

Titre : Overheard / Qie Ting Feng Yun / 窃听风云
Année : 2009
Durée : 1h38
Origine : Hong-Kong
Genre : Policier / Drame
Réalisateur : Alan Mak, Felix Chong

Acteurs : Lau Ching-Wan, Louis Koo, Daniel Wu, Zhang Jin Chu, Alex Fong, Michael Wong, Waise Lee, Henry Fong…

Synopsis : Trois policiers de la brigade criminelle économique sont mêlés à l’enquête sur laquelle ils travaillent…


Avis de Jang Gerald : Dernier film des scénaristes (et co-réalisateur) doués de la trilogie Infernal Affairs (entre autres), Overheard se veut la continuité naturel du travail de ces deux célèbres compères que sont Alan Mak et Felix Chong.
Après deux réalisations qui n’ont apparemment pas excitées tant que ça (la comédie Moonlight in Tokyo et Lady cop & Papa crook, dont le but était de relancer la carrière de Sammi Cheng) , le tandem se retrouve le temps d’un polar tendu du slip avec un casting alléchant et un scénario béton.
Le film commence très fort avec un générique prenant, le ton est donné, on rentre de plein pied dans une sombre histoire d’espionnage, et pour cela, on nous offre une ouverture digne de ce nom avec pratiquement 10 minutes de suspense à couper le souffle.
On suit donc l’enquête minutieuse d’une section spéciale de la police, une brigade qui surveille les moindres faits et gestes d’un cadre nommé Low, et ce, 24 heures sur 24, afin de récolter les preuves suffisantes concernant les malversations de la société pour laquelle il travaille.
Une investigation de longue haleine où la surveillance est le mot d’ordre, grâce aux multiples caméras et micros cachés.


     

Après une vingtaine de minutes axées sur le travail de ces hommes de l’ombre, on nous dévoile de manière astucieuse la vie quotidienne des trois protagonistes principaux grâce à un passage musical du plus bel effet.
On apprendra que ces trois policiers sont bien plus que des collègues, une amitié très forte se fait ressentir (on ne saura pas vraiment pourquoi, ce qui est fort dommage), mais chacun cache quelque chose : Johnny (Lau Ching Wan) à une relation amoureuse avec la femme d’un supérieur, Max (Daniel Wu) est sur le point d’épouser une riche héritière et veut absolument montrer à son futur beau-père qu’il sera à la hauteur malgré son statut de simple policier, et Gene (Louis Koo) a un fils malade, mais apprend également qu’il est atteint d’un cancer et qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre.

     

Un peu plus tard, Gene et Max seront les seuls témoins d’une conversation où le cadre qu’ils ont mis sur écoute (de manière illègale) explique que les actions de sa société vont grimper considérablement…des informations que Gene veut absolument cacher en pensant à sa famille, Max le suit dans ce silence. Johnny sera plus difficile à convaincre mais acceptera par gage d’amitié. Le lendemain, Gene et Max achèteront des actions pour mettre à profit l’information qu’ils ont intercepté.
Ces trois amis,jusque là sans histoire, ne savent pas encore qu’ils sont entrés dans un engrenage implacable, et que la société qu’ils espionnent est bien plus impitoyable qu’ils ne le pensaient.

Une décision funeste, un billet pour l’enfer.

     

Alan Mak et Felix Chong délivrent donc un film habilement construit (même si certains raccourcis scénaristiques se font ressentir), très prenant, avec de véritables moments tendus à l’extrême rappellant à plusieurs reprises le suspense stupéfiant du premier Infernal affairs où l’on éprouve les mêmes montées d’adrénaline.
Nous sommes donc en face d’un produit proche du célèbre film de Andrew Lau et Alan Mak, de par son rythme nerveux et ses (rares) moments de pures violence, avec un ton tragique et cette touche mélancolique qui survole le métrage.
On notera également une très grande proximité avec Confessions of pain (autre film réalisé par Andrew Lau et Alan Mak), moins flamboyant donc que le film cité plus haut, mais tout aussi réussi, avec une mise en scène tout aussi éclatante qui en fait un produit de luxe, un drame intimiste maquillé en blockbuster, dont la beauté des images n’a d’égal que la musique du très grand Chan Kwong Wing (la trilogie Infernal affairs et Confessions of pain justement), qui depuis des années ne cesse de se renouveler et d’apporter un souffle nouveau dans le sillon de la production hong-kongaise, où certains compositeurs tournent en rond après des débuts pourtant prometteurs (Peter Kam pour ne pas le citer).
La nouvelle partition de Chan Kwong Wing se veut aussi forte et originale que ses précèdents travaux, avec un thème particulièrement réussi, bref, une musique qui se conjugue parfaitement avec les très belles images véhiculées par ses auteurs.

     

Cependant, Overheard reste juste un très bon film, un produit parfaitement emballé et mis en oeuvre par des artisans fortement doués, mais qui montre quelques défauts comme une direction d’acteur maladroite où Lau Ching Wan reste égal à lui-même, c’est à dire parfait (magnifique scène avec Zhang Jin Chu où ils sont séparés par une vitre), charismatique,même lorsqu’il ne fait que de marcher, mais où Daniel Wu reste encore sous éxploité, et Louis Koo surjoue pas mal, certainement dù à l’ecriture de son personnage, sans compter sur un Alex Fong transparent dans un rôle anecdotique et une Zhang Jin Chu toujours aussi ravissante (à noter la présence remarquée de Waise Lee et Michael Wong!); un scénario peu original, et un manque cruel de profondeur concernant les personnages principaux, ce qui empêche une implication totale vis à vis de leur amitié, mais aussi quelques effets de mise en scène totalement inutiles et gratuits (le reflet de Louis Koo à la fenêtre avec le ciel qui s’assombrit…).
Mais le gros point noir reste ce final de trop, qui, sans spoiler, vire au grand guignolesque et devient pour le coup en totale opposition avec la sobriété dont avait fait preuve le métrage jusque là. Le film aurait dù s’arrêter 10 minutes avant, ce qui aurait rendu Overheard encore plus puissant dans sa tragédie.
En comparaison, on pourait prendre les deux fins aleternatives du premier Infernal affairs, où le final hong-kongais s’avère bien évidemment plus sombre et secouant que la fin chinoise.

     

Malgré ces petites faiblesses et ce final en forme de parasite, Overheard est un honnête film, soigné et carré, qui montre l’étendu du talent de Alan Mak et Felix Chong, qui sont, rappellons-le, pour beaucoup dans la réussite de la trilogie Infernal affairs, non pas que je deteste Andrew Lau (Oh! la série Young and dangerous et Stormriders!), bien au contraire, mais ce dernier n’a pas trouvé autant d’éclat et de maturité dans sa carrière solo.

Note : 7/10






Jang Gerald

Fan de Jackie Chan depuis son plus jeune âge, mais aussi de John Woo où « action non-stop » prenait pour moi un vrai sens. The Blade de Tsui Hark fut un choc viscéral comme jamais. Rapidement tourné vers l'import, cette véritable passion n’a jamais cessée de s’accroître...

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5 Comments

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  1. J’ai trouvé Michael Wong impeccable dans son rôle de pourri, jonglant dans son parlé entre anglais et cantonais! Concernant Alex Fong, c’est vrai qu’il est grave transparent dans le film! Il est comme le “H” de Hawaï, il sert à rien! 😉 😉
    Sinon, c’est un film qui tient la route! J’ai passé un bon moment. J’ai trouvé le début un peu poussif mais ensuite on se laisse bien entraîner dans la galère dans laquelle les protagonistes se sont engouffrés.

  2. Ouais, Michael Wong et son anglais parfait, il s’est fait plaisir le cochon là!^^
    En tout cas c’est sympa de voir que certains réalisateurs n’oublient pas ces acteurs qui ont marqué les cinéphiles du monde entier (je parle de Michael et Waise Lee!).

  3. J’ai bien aimé ce film, j’adore ce trio : Lau Ching-Wan, Louis Koo, Daniel Wu !
    juste la fin un  peu bâclé …
    sinon pour Alex fong, j’ai toujours trouver cet acteur sans jeu ! aucune émotion …

  4. Excellent acteur ce Alex Fong, il me surprend à chaque fois. Et quelle classe!

  5. Et bien mate toi de suite le petit chef d’oeuvre qu’est Till death do us part de Daniel Lee, et tu me diras quoi!^^
    Même si c’est Anita Yuen qui est boulversante et renversante à la fois, Alex Fong reste franchement à la hauteur.

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