[Avis] Hansel and Gretel, d’Im Pil-Seong

Titre : Hansel and Gretel / 헨젤과 그레텔
Année : 2007
Durée : 1h56
Origine : Corée du Sud
Genre : Conte horrifique
Réalisateur : Im Pil-Seong

Acteurs : Cheon Jeong-Myeong, Park Hee-Sun, Jin-Ji-Hee, Kim Kyeong-ik, Shin Eun-Gyeong, Eun Won-Jae 

Synopsis : Après un violent accident de voiture, Eun-soo se retrouve perdu en pleine forêt. Il est recueilli par une mystérieuse jeune fille qui le ramène chez-elle. Eun-soo fait alors la connaissance de ses parents, de son grand frère et sa petite sœur. Ils habitent tous les cinq dans une maison isolée. Au bout de quelques temps, les parents disparaissent en laissant une lettre demandant à Eun-soo de s’occuper des enfants le temps de leur absence.

Avis de Laurent : Hansel and Gretel n’est pas la première adaptation d’un conte européen par un cinéaste de Corée du Sud. En 2002, Jang Seon-Wu livrait avec Resurrection Of The Little Match Girl une version futuriste pour le moins étonnante de La Petite Fille aux Allumettes d’Hans Christian Andersen. Réalisé par Im Pil-Seong, qui s’était illustré par un très bon premier film en 2005 (Antartic Journal), Hansel and Gretel est largement inspiré du conte populaire du même nom repris par les frères Grimm ou encore bien avant par Giambattista Basile. Lifté par son contexte moderne et une charte graphique éblouissante, la version d’Im Pil-Seong met en scène Eun-soo, un jeune Coréen, accidenté et perdu en pleine forêt qui est recueilli par une mystérieuse et inquiétante famille. Les parents désertent rapidement le cocon familial pour laisser Eun-soo, rebaptisé « tonton » par les enfants, s’occuper de la maison. Au fil des jours, Eun-soo sent que quelque chose ne tourne pas rond et que le comportement des enfants est pour le moins spécial. Après de nombreuses tentatives d’évasion, il se retrouve toujours au même endroit : la maison.

Il est toujours intéressant de voir des cinéastes se réapproprier des histoires ou remaker des films à condition qu’ils les intègrent de manière personnelle à leur univers et à leur sensibilité artistique. Exercice de style pour le moins difficile, d’autant plus que la Corée du Sud s’illustre depuis de nombreuses années dans un cinéma formaté au possible dans lequel l’originalité a du mal à trouver sa place. Dans Hansel and Gretel, les nombreuses références européennes relatives au conte d’origine s’intègrent parfaitement aux codes cinématographiques coréens teintés d’horreur locale (la fille aux cheveux longs et noirs), de violence et de sadisme. Techniquement, Im Pil-Seong réunit une équipe affutée et appliquée. La photographie et l’élégance des décors offrent à Hansel and Gretel un cachet indispensable pour ce type de réalisation et le tout est accompagné par des acteurs pour le moins convaincants. On retrouve Cheon Jeong-Myeong (R U Ready ?, Les Formidables) qui assure le minimum ainsi que Park Hee-Sun (Antarctic Journal, A Family) ou encore Jin Ji-Hee l’excellente petite fille de Cello. Le score musical est, quant à lui, assuré par un poids lourd des industries cinématographiques coréennes puisque Lee Byeong-Wu s’était déjà illustré dans The Host, 2 Sœurs ou encore Le Roi et le Clown.

Œuvre soignée qui tente l’originalité par l’adaptation décalée, Hansel and Gretel se distingue aisément de la masse importante de films de genre que produit la Corée du Sud chaque année. Un film qui se situe quelque part entre l’univers travaillé de Tim Burton et le sadisme quelque peu tape à l’œil d’un Park Chan-Wook faussement subversif.

Note : 7/10

Laurent

Un des membres les plus anciens de HKmania. N'hésite pas à se délecter aussi bien devant un polar HK nerveux, un film dansant de Bollywood, qu'un vieux bis indonésien des années 80. Aime le cinéma sous toutes ses formes.

4 Comments

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  1. Im Pil-Seong remettra-t-il le cinéma coréen en selle (et Gretel) ?

    je n’y crois pas trop…

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