[Film] Rawhead Rex, de George Pavlou (1986)

Le photographe Howard Hallenbeck traverse l’Irlande avec sa famille pour prendre des clichés sur divers monuments. Il s’arrête à une église qui attire son attention, bâtie sur des terres sacrées. Mais non loin de là, un fermier réveille par mégarde un monstre qui va semer la mort sur son passage.


Avis de Rick :
Au début des années 80, la popularité de Clive Barker commence à monter. L’auteur sort quelques livres et des recueils de nouvelles qui attirent l’attention, notamment les différents Livres de Sang, et ces nouvelles ne tardent pas à être adaptées au cinéma. En 1985, il s’associe avec le réalisateur George Pavlou (un bon gros gars sans talent) et sort Transmutations. Un film qui ne plut absolument pas à Barker, critiquant les producteurs avant tout, qui auraient commandés un film d’horreur avant de retirer toute l’horreur de son scénario au montage. Les producteurs rassurent, promettent avoir apprit de leurs erreurs, et Barker continue en adaptant une de ses nouvelles à nouveau.

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Limite là le monstre a la classe !

George Pavlou revient à la mise en scène histoire d’être sûr d’enterrer l’œuvre, et pour être vraiment certain que Clive Barker ne reconnaisse pas son scénario, on part tourner en Irlande (le scénario devait se dérouler en Angleterre en Automne, là, l’Irlande en Hiver) et on le tient éloigné du tournage et du montage. Barker en voyant le résultat ne peut rien faire, il ne reconnaît pas son écrit, il critique le monstre clamant que le budget EFX était bien trop bas, et décide dés l’année suivante d’être celui qui adaptera ses propres écrits, et surtout qui réalisera, nous donnant ainsi Hellraiser. Alors Rawhead Rex, c’est un film honteux et irrespectueux de sa base ? Putain de merde oui !

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On dirait bel et bien l’affiche !

Pourtant l’équipe ne partait pas avec le meilleur scénario du monde il faut l’avouer. Juste un banal film de monstre dans la campagne anglaise, qui va tuer des enfants, pisser sur des prêtres (on y reviendra). Qu’est ce qui s’est passé en cours de route ? N’étant pas sur le tournage, nous allons imaginer tout ça, lorsque George Pavlou se rend en Irlande pour les repérages avec son producteur Don Hawkins, et un budget pharaonique ne devant clairement pas dépasser le million ! C’est lorsqu’ils arrivèrent dans un petit village dont le maire venait de mourir d’une crise cardiaque qu’ils virent là l’opportunité de tourner sans avoir à payer ni demander d’autorisation. Le petit village n’ayant pas d’auberge, ils s’installèrent à l’entrée de l’église pour boire une bière.

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La drogue, c’est mal bordel !

George Pavlou : Cette église là semble parfaite pour le film non ?
Don Hawkins : Si on tourne tout de nuit, on pourra le faire sans autorisation !
George : Oui enfin, on doit quand même la détruire dans la scène finale…
Don : On mettra ça sur le dos des jeunes du coin ! Économie mon cher !
George : Et pour le monstre ? J’ai cru comprendre qu’on avait eu des coupes budgétaires ?
Don : Je viens de trouver ce masque dans une boutique de farces et attrapes !
George : Pas mal ! Mais on n’a toujours pas trouvé l’acteur !

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Quand le monstre attaque, l’empire….. non, la victime trépasse mollement !

C’est alors que Heinrich Von Schellendorf passa dans la rue, sortant d’une agence immobilière, affichant fièrement ses 2 mètres 11. George et Don s’échangèrent un regard, et quelques discussions plus tard, le projet fut lancé, le tournage commença la semaine suivante ! Oui, Rawhead Rex respire à tous les instants de son aspect cheap, kitch, raté, tourné à la va vite, monté à la va vite, où le scénario, et bien on s’en fou clairement. On a souvent l’impression que le budget, il est parti dans l’affiche du film, car elle a la classe, et donne envie. Bien joué le marketing, bien joué ! Seulement au final, le monstre du film n’a pas grand-chose à voir avec l’affiche, puisqu’on suit juste un mec géant avec un masque sur la gueule, qui pour reprendre les dires de monsieur Barker devant le résultat final, ressemble à un pénis avec des dents. À aucun instant le monstre ne sera crédible à l’écran, entre ses déplacements beaucoup trop humains, sa gueule ridicule, ses grognements qui semblent avoir été enregistrés à l’école maternelle du coin par des enfants. Avouez que c’est un peu con pour un film sur un monstre, et juste un monstre ?

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Le réalisateur a voulu sauver la femme enceinte !

Car à côté de ça, on a juste droit à une histoire banale, avec des gens, des caravanes, des attaques, un gentil américain photographe et sa petite famille, un méchant prêtre tout méchant et un gentil prêtre. Pourtant, à quelques occasions, en grattant bien la crasse du film, on parvient à trouver quelques idées intéressantes, ou du moins très osées, comme le meurtre d’un enfant ou une critique acerbe de la religion. Oui, le style Barker quoi ! Le souci, c’est que le réalisateur et l’ensemble de l’équipe a empilé un gros tas de merde sur ces idées, pour les rendre bien fumantes à l’écran. Il ne faut pas choquer l’assistance, donc les enfants qui meurent, ce sera hors champs puis un petit plans sur une chaussure ensanglantée au sol, car on touche pas à nos petits bambins ! Une critique de l’église et de la religion en général ? Oui mon bon monsieur, mais en mode série Z. D’ailleurs c’est bien simple, s’il faut regarder Rawhead Rex, ce ne sera pas pour sa bande son nulle et répétitive, sa mise en scène vide, son montage mou des ovaires, sa photographie grise et moche, mais bel et bien pour son long final. Là c’est craquage de slips en mode yaaaaaaaaah nanaaaaaar !

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Acteur studio !

Oui, vous pourrez halluciner devant un prêtre qui se fait pisser dessus par un monstre (la pisse est votre ami), par des grognements en mode ah grou grou quand le monstre, pourtant grand et fort, lutte pour casser une porte au verrou minuscule que Stallone aurait défoncé d’un coup de pieds (surtout que plus tôt dans le film, le monstre arrache une portière de voiture à mains nues en 1 seconde), quand le monstre hypnotise un flic avec son regard de chien battu, et surtout oh oui, surtout, ce grand final en mode je suis une femme donc seule moi peut détruire le monstre et faire apparaître en incrustation dégueulasse la vierge Marie qui viendra tous nous sauver. Avouez le, je vous ai convaincu de regarder le film là non ? Non…. Bon tant pis. Par contre si vous voulez, le film est sorti dans la collection Mad Movies en DVD, et surtout, c’est la seule édition du monde à proposer le film dans son format original respecté et non pas en 4/3 comme les captures de cette chronique. On n’est pas fort franchement en France ???? Ah, oui, à côté les vrais bons films, faut les prendre en import, ça sort pas chez nous ou six ans après….

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LES PLUS LES MOINS
♥ Le spectacle proposé peut rendre inconscient
♥ Mais cette fin WTF
⊗ En gros : mal filmé, mal joué, mal monté, mal photographié
⊗ Le look du monstre
⊗ Ah grou grou
Note sérieusenote2
Note nanarnote4
Clive Barler fut déçu et passa à la mise en scène l’année suivante avec Hellraiser. Comment on le comprend bien !

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Rawhead RexTitre : Rawhead Rex

Année : 1986
Durée :
1h29
Origine : 
Angleterre / Irlande
Genre :
Fantastique
Réalisation :
George Pavlou
Scénario :
Clive Barker
Avec :
David Dukes, Kelly Piper, Niall Toibin, Cora Venus Lunny, Ronan Wilmot et Donal McCann

 Rawhead Rex (1986) on IMDb


Galerie d’images:

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Parfois, le monstre retourne en enfance

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De loin, ça va, il a limite presque la classe

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« Papa à l’aide »

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« Mon dieu, mon fils se fait attaquer !!!! »

Rawhead Rex37

Ah grou grou

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Ah groooouuuu groooouuuuu

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« Je vais t’hypnotiser ha ha ha « 

Rawhead Rex45

« Urine moi dessus, c’est bon pour la peau ! »

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Acteur studio je dis !

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Par le pouvoir du Christ, recule démon !

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Auteur : Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de David Lynch, John Carpenter, David Cronenberg, Tsukamoto Shinya, Sono Sion, Nicolas Winding Refn, Denis Villeneuve, Shiraishi Kôji et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.
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