[Semaine Nanar] Jour 7 : Arena, de Peter Manoogian (1989)

Quelque part dans la galaxie, l’impitoyable Rogor règne en tyran sur une planète où il organise des combats entre des guerriers de tous horizons. Horn, un extraterrestre reptilien, est le champion invaincu de cette arène, dans laquelle Steve Armstrong, un terrien, avait l’intention de faire la démonstration de ses talents. Mais il n’en a pas eu l’opportunité et ne pense désormais qu’à rentrer chez lui. Malheureusement pour lui, il perd simultanément son travail et son appartement et se retrouve contraint de retourner combattre pour subsister. Il reprend son entraînement de gladiateur sous la férule de son ami humanoïde Shorty…


Avis de Cherycok :
Pour ce dernier jour de notre semaine spéciale nanars, mon « Ca sera toi que je regarderai » s’est arrêté sur Arena, bobine de 1989 produite par Empires Pictures, la boite de prod de Charles Band à qui on doit des films tels que Ghoulies, Re-Animator, From Beyond, Creepozoids ou encore Dolls. Image dégueulasse, résolution dégueulasse, le tout avec une version française dégueulasse, toutes les conditions étaient réunies pour un moment que j’espérais nanar. A moins de tomber comme souvent, c’est selon, sur un étron cinématographique de premier choix lorsqu’on se procure un film à la jaquette. Et un peu à la manière d’un Nemesis 4 chroniqué en Jour 1, le miracle se produisit. Dès les premières minutes, un grand sourire se dessina sur mon visage, j’allais me délecter de grands moments out of this world, je les voyais venir. Ils étaient là, à ma portée, j’allais en prendre plein les mirettes et les écoutilles, j’en frétillais d’avance. 1h30 plus tard, j’étais comblé, tel un aventurier ayant trouvé l’El Dorado, tel l’accro du shopping ayant déniché la dernière petite robe à la mode, tel l’amateur un peu masochiste de nanars qui venait de prendre sa dose quotidienne de moments WTF…

Le film s’ouvre sur un générique d’introduction avec vaisseaux spatiaux façon Star Wars du pauvre… qui s’enchaine directement sur un combat en arène opposant un extraterrestre en latex et un extraterrestre en latex, mais à moitié robotisé, le tout avec un doublage français en totale roue libre où le même doubleur semble faire plusieurs personnages. Putain, ça s’annonce épique ! On découvre de nombreux extraterrestres dans le public, chacun avec une tête encore plus improbable que le précédent, des tenues donc la matière semble provenir d’une tente Décathlon, et une baston entre les deux participants semblant sortir d’un film de Bud Spencer et Terence Hill… Sans transition, un humanoïde à quatre bras sert des coups à boire à d’autres extraterrestres, pendant qu’un blondinet semi beau gosse, qu’on devine être le héros, prépare des pizzas, avant de péter la gueule à un nouvel extraterrestre. Oh oui, ça va être énorme ! Parce que rien que le subterfuge des quatre bras, où on voit bien que lorsque les quatre bougent en même temps sur les plans serrés, il y a un mec caché derrière lui qui en bouge deux, alors qu’on ne s’emmerde pas sur les plans larges où ce sont deux pauvres bras en latex qui pendouillent lamentablement.
Bref, avec la mise en place d’un scénario bidon incitant le héros à combattre pour les gentils et contre le méchant, les combats dans l’arène reprennent. Et OMFG, ils ont décidément vraiment craqué sur le look des extraterrestres, c’est tout simplement épique ! Le budget latex a dû être colossal tant le designer des monstres a laissé parler toute sa créativité, le pire étant cette sorte de mix improbable entre E.T., une grenouille et une chenille d’une hauteur de deux mètres. Et assister à un match de… boxe (?) entre cette créature et notre héros arborant fièrement une armure au look improbable, c’est tout simplement du jamais vu. On reste bouche bée devant un tel spectacle dépassant tout entendement…

Malgré tout, le travail de John Carl Buechler (Troll, Vendredi 13 7, Ghoulies 2, Re-Animator 2) fourni sur les différents extraterrestres est à saluer car, malgré leur look (souvent improbable, il faut l’avouer), ils sont réussis. Latex, animatronic, mélange des deux, il semble s’être défoncé. Malgré un scénario très simple et prévisible ressemblant à tous ces films d’arts martiaux qui ont fleuris fin 80’s / début 90’s, l’univers qui est présenté est plutôt rigolo et essaie de montrer un peu d’originalité. Bon, il est vrai que dans 99% des cas, le kitch l’emporte, mais on a l’impression que le budget n’est pas si riquiqui que ça, comme si les producteurs s’étaient dit « Hey les gars, avec ce film, je suis sûr qu’on peut concurrencer Lucas et son star Wars ! Ouais, et on rajouterait un tournoi d’arts martiaux façon Bloodsport parce que ça claque sa mère ! ». Oui, voilà, mais tout à fait ! Et la marmotte, elle met le papier… Parce que bon, je veux bien moi hein, mais avec des effets spéciaux pareils, vous allez concurrencer que dalle, il n’y a qu’à voir le gunfight aux pistolets laser pour s’en assurer. Parce que les mecs, vos pistolets, on dirait qu’ils tirent du fil à rôti fluorescent, c’est rigolo mais c’est tout moche. Star Wars a été réalisé 12 ans avant, et vous arrivez à faire pire.
Et que serait un nanar sans son histoire d’amour nanar qu’on voit venir à des kilomètres. Mais là déception ! Un des principaux éléments de tout bon nanar qui se respecte est manquant. Pas l’ombre d’un plan nichon, c’est un scandale ! Allez quoi, soyez sympa, un gros décolleté, un bout de téton, c’est la base tout de même ! Non ? Vraiment ? Vous ratez de peu le perfect vous le savez ça ?

LES PLUSLES MOINS
♥ L’ambiance générale du film assez fun
♥ Les moments bien WTF
♥ Les extraterrestres
⊗ Un peu trop bon enfant
⊗ Les SFX grattés sur la pellicule
Note nanar :
Arena est tout simplement épique de la première à la dernière minute. Se voulant à la fois film de SF, d’arts martiaux, et familial / bon enfant, il en devient même presque touchant tant on sent qu’il a été fait avec énormément de bonne volonté mais avec des moyens assez limités. Un très bon cru !



Titre : Arena
Année : 1989
Durée : 1h31
Origine : U.S.A / Italie
Genre : Fight Wars
Réalisateur : Peter Manoogian
Scénario : Danny Bilson, Paul De Meo

Acteurs : Paul Satterfield, Hamilton Camp, Claudia Christian, Marc Alaimo, Shari Shattuck, Armin Shimerman, Brett Porter, Michael Deak, Charles Tabansi

 Arena (1989) on IMDb


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Faze
Faze
1 avril 2019 3:35

Je sens que semaine prochaine je vais faire le tour des cash converters.
Merci pour la découverte , surtout que je pensais bien connaître le Charlie et sa bande ! (humour nanar)