[Film] Therapy for a Vampire, de David Rühm (2014)


À Vienne, en 1932, le Dr. Sigmund Freud s’occupe d’un vampire dépressif, le Comte Geza Von Közsnöm, hanté par le souvenir de son premier amour, et ne supportant plus sa femme Elsa. Geza finit par tomber amoureux de Lucy, sosie de son amour disparu, alors même que Elsa s’intéresse à Viktor, le compagnon de Lucy, un artiste capable de retranscrire la beauté d’Elsa sur une toile. Et tout se complique encore plus lorsque la jalousie et le mensonge s’interposent entre les deux couples…


Avis de Cherycok :
Difficile depuis quelques années d’arriver à trouver un film mettant en scène des vampires sans être confronté aux grosses machines hollywoodiennes telles que les sagas Twilight (terminée, ouf) ou Underworld dont le dernier opus est sorti récemment. Oui, difficile de trouver autre chose que du produit 100% formaté Hollywood ayant pour but de faire frétiller la midinette en mal de romantisme bas de gamme ou émoustiller le jeune ado avide de bombasse vampire badass défonçant du loup-garou. Pourtant, de temps en temps, vient pointer le bout de son nez une bobine différente, plus intelligente, plus intéressante, plus respectueuse du thème des morts vivants aux longues canines. On pourra citer Byzantium (2012), Only Lovers Left Alive (2013), What We Do in the Shadows (2014) ou encore Therapy for a Vampire (2014) auquel nous allons nous intéresser ici. Car cette petite coproduction entre l’Autriche et la Suisse de 6M$US a beau ne pas payer de mine, elle n’en demeure pas moins une très sympathique comédie.

Sur le papier, le pari n’était pas forcément gagné. Encore une histoire de vampires sur fond d’amour retrouvé, un réalisateur qui revient devant la caméra dix-sept ans après sa dernière réalisation, et l’exercice casse-gueule de mélanger horreur et comédie sur lequel beaucoup se pètent les dents. Mais avouons tout de même que le pitch est des plus original. Un vampire, lassé de sa vie avec sa femme, ne la supportant plus, décide de voir un psy du nom de Sigmund Freud pour essayer de retrouver qui il est vraiment. Obnubilé par Nadila, son premier amour décédé, il voit l’occasion de la faire revivre lorsqu’il voit une peinture de Lucy, la petite amie de Viktor, un jeune artiste peintre aux talents extraordinaires, assistant de Sigmund, sosie trait pour trait de Nadila. L’espoir renait en lui et il décide de la rencontrer par tous les moyens. Mais il reste l’encombrant problème de sa femme, Elsa. Cette dernière est désespérée de ne plus voir son reflet dans un miroir au point d’en oublier à quoi elle ressemble. En envoyant Elsa se faire peindre le portrait par Viktor, Geza voit l’occasion en or de se débarrasser d’elle quelques temps et d’être tranquille pour réincarner Nadila dans le corps de Lucy. Sauf que tout ne se passera pas comme prévu lorsque se mêleront à leurs histoires le serviteur de Geza, spécialiste des transfusions sanguines, de la jalousie de part et d’autre, une vieille voisine encombrante, et une irrascible soif de sang de Elsa.

Le scénario nage en plein vaudeville vampirique. Les différents personnages qui nous sont présentés sont très bien construits et joués à merveille, avec une mention toute particulière pour Tobias Moretti (L’Aigle et L’Enfant, Cold Hell) qui interprète à la perfection le rôle de ce Comte vampire blasé et fatigué de la vie au point de ne plus boire que du sang en bouteille. A mi-chemin entre la comédie nonsensique et l’humour lyrique, David Rühm nous livre un film qui ne provoque que très rarement d’éclats de rire, mais qui sait aussi bien amuser par ses dialogues que ses situations très visuelles. Certains lui reprocheront d’être parfois un peu trop bavard, à juste titre, mais pourtant il ne l’est jamais pour rien. Ces dialogues font partie de cette ambiance très particulière que le réalisateur insuffle à son film. Aussi bien visuellement avec ces décors presque oniriques, à grand renforts de filtres, de jeux d’ombres et petits subterfuges bien trouvés. La photographie est superbe. Mais également sonore avec une bande son proche d’un Danny Elfman (L’Etrange Noel de Mr Jack, Beetlejuice)
Le film ne décolle par contre réellement jamais, avec cette impression de ne pas aller au bout de ses idées. Mais il a le mérite de respecter les légendes et la mythologie vampire, jusque dans certaines petites manies des plus funs, et de s’amuser avec le spectateur du début à la fin. L’aspect très théâtral de certaines scènes ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais qu’importe, la réussite est bel et bien là.

LES PLUSLES MOINS
♥ Le casting parfait
♥ L’ambiance
♥ Le visuel onirique
⊗ Rythme un peu lent
Avec sa réalisation de haute volée et son interprétation toujours juste, Therapy for a Vampire est une comédie réussie. Privilégiant l’humour à l’horreur, un film à ranger du côté de Vampires en Toute Intimité.



Titre : Therapy for a Vampire / Der Vampir Auf Der Couch
Année : 2014
Durée : 1h25
Origine : Autriche / Suisse
Genre : Un canapé pour deux
Réalisateur : David Rühm
Scénario : David Rühm

Acteurs : Tobias Moretti, Dominic Oley, Cornelia Ivancan, Karl Fischer, Jeanette Hain, Anatole Taubman, Lars Rudolph, David Bennent, Christoph F. Krutzler

 Der Vampir auf der Couch (2014) on IMDb


















Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

1 Comment

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  1. Je n’ai oh grand jamais entendu parler de ce film, mais en effet, parmi tous les mauvais films de vampires qu’on a, celui-ci a l’air de sortir du lot et de proposer une vision différente et surtout faite avec sérieux, il faudrait que je le tente.

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