[Film] The Artist (2011)

George Valentin est une immense star du cinéma muet. Orgueilleux et un peu dépassé par les évènements, il ratera le wagon pour passer au cinéma parlant. Parallèlement à sa chute programmée, une jeune actrice nommée Peppy Miller, qu’il avait contribué à lancer, va connaître une ascension fulgurante…


Avis d’Oli :

Énorme succès critique, THE ARTIST a raflé des tas de récompenses un peu partout dans le monde, dont certaines extrêmement prestigieuses : cinq Oscars en tout dans l’escarcelle, dont celui du meilleur film, meilleur acteur et meilleur réalisateur. Il est vrai que de tels prix ne sont plus un vrai gage de qualité, mais plutôt des cadeaux dorés donnés par des riches à des riches, c’est-à-dire à des films qui rentrent bien dans le rang, susceptibles de plaire à un large public. Pas vraiment ma tasse de thé, donc.


Mais être allergique à ces récompenses surannées ne doit pas non plus avoir l’effet pervers inverse : à savoir nous faire manquer de vrais bons films, frais et emballants. Un peu comme THE ARTIST. Parce que s’il n’est certainement pas le film de la décennie, THE ARTIST demeure un beau moment de cinéma, aucunement auteurisant, drôle, émouvant, et nimbé des deux divines couleurs de la nostalgie. J’ai nommé le noir et le blanc.


Les vieux de la vieille remarqueront immédiatement la source d’inspiration de Jean Dujardin, pour son personnage de George Valentin : il s’agit de Douglas Fairbanks. Un hommage réussi, et parfois poignant. Et ce passage du muet au parlant, voire plus tard du noir & blanc à la couleur, m’a rappelé combien j’aimais ce cinéma, il fut un temps…mais qu’avec les aléas d’une vie on finit par tourner la page, par se séparer de ses VHS, de ses DVD…oui on finit par oublier. Tous ces films disparaissent petit à petit de notre mémoire collective, et les jeunes générations ne connaitront sans doute jamais Douglas Fairbanks, Tyrone Power, Errol Flynn, Stewart Granger… Logique, mais en même temps tellement triste…


Pour certains spectateurs, THE ARTIST c’est donc le coup de blues assuré. Mais le film de Michel Hazanavicius peut aussi fonctionner comme une piqure de rappel douce-amère, et vous pousser à vous replonger dans ces longs-métrages à l’origine de plus d’une cinéphilie : oui c’est décidé, moi ce soir je me refais CAPITAINE BLOOD !

Heureusement THE ARTIST c’est aussi beaucoup plus qu’un simple hommage au passé flou, qu’un clin d’œil aux années folles. C’est aussi un film à la réalisation solide, et inspirée, distillant quelques scènes géniales et surprenantes. Jusqu’à sa fin, particulièrement bien trouvée.

Titre : The Artist
Année : 2011
Durée : 1h40
Origine : France / USA
Genre : comédie dramatique
Réalisateur : Michel Hazanavicius

Acteurs : Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman, James Cromwell, Penelope Ann Miller, Missi Pyle, Beth Grant, Ed Lauter, Malcolm McDowell


Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège).

Comments

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  1. Je ne l’ai toujours pas vu, tout le tapage médiatique qu’il y a eu autour et les quelques extraits que j’en ai vu m’ont refroidi. Mais je le garde dans un coin, je me le materais un de ces 4.

  2. Totalement d’accord avec ta chronique. Un film frais, nostalgique, qui rappelle pour les gens comme nous beaucoup de souvenir….. Il manque à ma collection de DVD d’ailleurs, je vais devoir me le procurer pour une nouvelle vision.

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