Trois ans après la mort de sa sœur, Yak traque sans relâche l’esprit qui l’a tué afin d’obtenir sa revanche. Alors qu’il pense l’avoir enfin localisé, cachée dans une forêt remplie d’esprits, il s’avère que la situation est plus complexe que prévue, et l’esprit compte bien s’occuper du reste de la famille…
Avis de Rick :
Malgré des défauts évidents, notamment des longueurs et un abus de jumpscares dans la première partie de son récit, Death Whisperer avait été malgré tout une bonne surprise. Et le succès en Thaïlande fut énorme. Presque un succès sans précédent en fait. Le film resta longtemps en salles, le prix des billets fut même bradé sur la fin de son exploitation, le retour sur investissement fut phénoménal, et du coup le film fut acheté par Netflix pour l’international. Et qui dit succès dit suite. C’est tout pile un an après le premier film que Death Whisperer 2 sort sur les écrans Thaïlandais. Le film allait-il corriger les quelques erreurs de son ainé pour être un divertissement tout aussi solide voire plus ? Et bien, coupons court au débat, même si le métrage est plus court de 10 minutes, n’a aucun temps mort, et abandonne l’abus de jumpscares, il part dans une direction différente qui en font un film tout aussi recommandable, mais ni meilleur, ni moins bon, juste assez différent dans son approche horrifique. On pourrait presque, pour comparer, qualité mise de côté, voir Death Whisperer comme Alien de Scott, misant sur la tension, l’horreur, et cette suite comme Aliens le Retour de Cameron, bien plus musclée. Il faut dire que malgré son carton en Thaïlande et de bons avis en général, une partie du public avait trouvé le premier métrage un peu trop long. Ce qui, dans le fond, lorsque l’on fait un film d’ambiance, est logique. Mais l’équipe semble avoir écouté ses quelques critiques, délaissant en partie l’ambiance pour le rythme, pour le gore qui fait mal, pour une multiplication des esprits présents dans le métrage. Le tout se déroule trois ans après le premier métrage, et Yak, le grand frère, s’en veut toujours pour la mort de sa sœur, et avec l’aide de Paphan, il traque les esprits, en espérant retrouver la trace de celui qui a brisé sa famille.

Le reste de la famille elle semble vouloir aller de l’avant, avec la grande sœur prête à se marier, et le père refusant catégoriquement de parler des événements du premier film… sans les renier pour autant, passant ses nuits dans le salon, fusil de chasse à portée de main. Et donc, pour cette suite, 80% du temps, nous suivons Yak dans sa quête de vengeance, tout en apprenant quelques informations de plus sur l’esprit en question. Et dès la scène d’ouverture, le film affiche son ambition de faire dans la démesure, avec ce flashback en pleine guerre qui se termine par l’apparition de l’esprit, un pacte, et le massacre de tout un tas de soldats, avec corps explosés, tranchés et j’en passe. Et lorsque l’on retrouve enfin Yak, c’est pour le voir faire face à un esprit, et ne pas hésiter un seul instant à utiliser la force pour obtenir les informations qu’il souhaite, allant jusqu’à mentir à l’esprit par la suite (oui, la promesse du pardon et de la réincarnation, il s’en fou lui). Une ouverture qui tranche un peu avec le précédent volet qui lui misait énormément sur l’ambiance. Le gore reste présent, on suit bien la suite de la même histoire, mais l’orientation est plus musclée. Lorsque Yak apprend donc la possible cachette de sa cible, il s’y rend, accompagné d’un autre groupe de personnages destinés à mourir, et tout cela permet au métrage de multiplier les morts déjà, mais aussi de varier les menaces, puisque l’esprit du premier film n’est plus le seul à être en avant, et donc, que le danger est multiple pour les personnages. Et au final, si l’on fait abstraction de quelques mauvais CGI donnant un aspect peu naturel à certains éléments, au final, Death Whisperer 2 est une honnête suite.

Différente, musclée, plus sanglante, plus rythmée, mais dont les choix s’expliquent tout simplement par l’évolution de Yak qui pour le coup devient le seul personnage principal. Il faut en effet attendre la dernière demi-heure pour que le reste de la famille soit enfin de nouveau en avant, et en proie au mal, pour un final finalement dans la mouvance du premier film, avec un propos resserré, un lieu clos et seulement une poignée de personnages, et un seul esprit à éliminer. Même si pour le coup, le film troquant la maison des personnages par un hôtel, la variété de l’action est également présente. On pourrait même dire, en fonction de ce que le public recherche, que ce second opus est supérieur au premier sur bien des points, sauf sur l’ambiance. Plus rythmé, toujours soigné visuellement, plus musclé, plus varié, toujours gore et sadique, et dans le fond également plus ambitieux. Pour ma part, j’y vois une continuité plutôt logique, l’autre face d’une même pièce pour constituer un tout qui a du sens. Les deux films se suffisent à eux-mêmes, mais la voie de l’argent prouve que j’ai tort avec un troisième opus depuis, bien que je ne vois pas bien ce qu’il pourrait bien ajouter à l’intrigue et aux personnages, quand tout a déjà été dit, et que tout a déjà bien été dit en plus. Si ça reste toujours efficace, on passera au moins un bon moment devant.

| LE MEILLEUR | LE PIRE |
| ♥ Toujours soigné visuellement ♥ Une suite directe ♥ Plus de background ♥ Bien plus musclé et varié ♥ Toujours aussi violent et sanglant |
⊗ Quelques CGI peu naturels ⊗ On y perd clairement en ambiance |
| Death Whisperer 2, suite directe du premier, plonge dans l’action et le gore, en multipliant les menaces et personnages, mais en restant logique avec tout ce qui était déjà établis. Si on y perd en simplicité et en ambiance, ça reste un moment bien troussé. | |

Titre : Death Whisperer 2 / หยด2
Année : 2024
Durée : 1h50
Origine : Thaïlande
Genre : Fantastique
Réalisation : Taweewat Wantha
Scénario : Sorarat Jirabovornwisut et Thammanan Chulaborirak
Avec : Nadech Kugimiya, Denise Jelilcha Kappunn, Kajbundit Jaidee, Peerakrit Phacharabunyakiat, Natcha Nina Jessica Padowan, Arisara Wongchalee, Pramet Noi-am, Rattanawadee Wongthong, Ongart Cheamcharoenpornkul, Manita Chobchuen et Jampa Saenprom

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