[Film] Anaconda 3 : L’Héritier, de Don E. FauntLeRoy (2008)

Un milliardaire en phase terminale contacte le mercenaire Hammett afin de l’envoyer en mission : capturer un énorme et dangereux serpent dont les sécrétions pourraient servir à guérir son cancer. Accompagné d’une équipe de scientifiques, Hammett apprend bientôt la réelle raison de cette expédition…


Avis de Cherycok :
Anaconda 2 devait initialement sortir directement en vidéo, mais après avoir vu les rushs intéressants, Sony a allongé l’argent pour que le film sorte finalement au cinéma. Le film arrive à rentrer dans ses frais, mais contrairement au premier film Anaconda, ce n’est pas du tout un succès. Il est donc décidé que la franchise continuerait sa route directement en vidéo et que Anaconda 3 et 4 seraient tournés en même temps, en Roumanie, avec la même équipe, avec un budget drastiquement réduit. On fait appel à une tête connue de tous mais quelque part assez lowcost, David Hasselhoff (Alerte à Malibu), qu’on met en gros sur l’affiche, au premier plan, histoire que ça soit un minimum vendeur même s’il n’a pas tout à fait le premier rôle, et emballé c’est pesé. On vend les droits à SyFy pour diffuser le film avant la sortie officielle du DVD et on espère ramasser des billets pour surfer sur une licence qui n’avait pas besoin de devenir une saga. Le résultat de ce troisième film est ce qu’il est, souvent catastrophique, et c’est peu de le dire.

Anaconda 3 : L’Héritier (tout comme sa suite) est réalisé par Don E. FauntLeRoy, un nom qui ne met déjà pas en confiance puisqu’il est coupable de Double Riposte (2005) et Mercenary (2006), deux bons gros étrons avec Steven « Panda Bouffi » Seagal. Directeur photo qui s’est lancé dans la mise en scène, il se retrouve donc à la tête d’un film mettant en scène des serpents géants, sans avoir ni le budget ni le temps de faire les choses correctement. FauntLeRoy a voulu faire prendre une nouvelle direction à la saga d’anacondas géants et on a droit ici à des anacondas qui ont mutés, qui sont plus gros, plus rapides, plus forts dans un film qui joue bien plus la carte du gore même si, à l’exception des cadavres mutilés, c’est du gore la plupart du temps numérique, et un numérique assez dégueulasse. Dégueulasse, c’est d’ailleurs le mot qui caractérise les CGI du film de manière générale qui eux aussi semblent avoir souffert du manque de pognon et de temps. Outre les fonds verts qui semblent avoir 20 ans d’âge, ni le serpent, ni sa façon de se mouvoir et l’effet que ça a sur l’environnement n’ont été travaillés. Voir un serpent de 30 mètres se déplacer sur de la paille sans qu’un brin ne bouge, c’est difficile à prendre au sérieux et on se retrouve à sourire parfois devant le ridicule de certaines scènes. Dommage car, à l’inverse, les effets gores pratiques sont réussis et certains cadavres déchiquetés sont assez impressionnants. Les décors ne sauveront pas les meubles et Anaconda 3 est le seul film de la série qui ne se déroule pas dans la jungle. Le premier film se déroulait dans la forêt amazonienne ; le second dans la forêt tropicale de Bornéo ; le quatrième se déroule dans une forêt roumaine car ça coûte cher la jungle mais au moins ça fait illusion ; le troisième volet se déroule dans un laboratoire puis une communauté agricole en Roumanie, quand on ne fait pas un petit tour dans un entrepôt abandonné. Quand on n’a pas d’argent, on fait comme on peut…

David Hasselholff semble conscient de l’étron dans lequel il est en train de tourner et prend ça un peu à la déconnade. Le reste du casting semble uniquement là pour toucher leur chèque et tout le lot d’acteurs et d’actrices de deuxième voire troisième zone n’est clairement pas très convaincant avec un jeu réellement flemmard. La mise en scène est tout aussi fainéante, parfois à la limite de l’amateurisme et n’est pas aidée par une photographie sincèrement moche (couleurs tantôt ternes, tantôt saturées, tantôt délavées), pas du tout agréable à l’œil (un comble quand on sait que le réalisateur est à la base un directeur photo) et l’ensemble achevé par le montage affreux des scènes d’action, où il est parfois difficile de comprendre la gestion de l’espace, et par certains effets visuels du plus mauvais goûts (les filtres colorés et l’image qui se déforme lorsqu’on voit à travers les yeux des serpents géants). Et puis de toutes façons, Anaconda 3 n’a pas grand-chose à raconter. Les scènes s’enchainent sans qu’elles fassent réellement avancer grand-chose, avec des longs moments de parlotte inutile, entrecoupés parfois de flashbacks qui ne semblent servir que de remplissage. Anaconda 3 et 4 ne forment au final qu’un seul film, et on a l’impression qu’ils ont étiré un scénario d’un film de 1h30 sur deux films de 1h30. Du coup, c’est souvent longuet, ennuyeux, et à aucun moment on ne retrouve les quelques moments ayant un minimum de souffle épique des deux premiers films malgré une musique qui tente de faire illusion à ce niveau, sans jamais réussir à compenser le manque de punch et d’intérêt des images.

LES PLUS LES MOINS
♥ Les effets gores en practical
♥ La bande originale intéressante
⊗ Des CGI très moches
⊗ Un casting paresseux
⊗ Une mise en scène aux fraises
⊗ Long malgré ses 1h30 génériques compris
⊗ Un scénario qui tient sur un post-it

Difficile de trouver quelque chose d’un minimum potable dans Anaconda 3 : L’Héritier tant il n’y a rien à sauver. Les amateurs de gore y trouveront peut-être un tout petit intérêt, mais même pour eux, le visionnage risque d’être pénible.

LE SAVIEZ-VOUS ?

  • La production des films Anaconda avait l’habitude de rendre hommage ou d’inclure des scènes faisant référence au film et au livre mondialement connus Les Dents de la mer. Dans ce film, on peut voir comment les anacondas verts passent inaperçus près d’une famille qui pique-nique, une scène similaire à celle où le requin passe inaperçu derrière une famille dans la lagune où se trouve Mike dans Les Dents de la mer.


Titre : Anaconda 3 : L’Héritier / Anaconda : Offspring
Année : 2008
Durée : 1h31
Origine : U.S.A / Roumanie
Genre : Un très gros cran en dessous
Réalisateur : Don E. FauntLeRoy
Scénario : Nicholas Davidoff, David C. Olson

Acteurs : Crystal Allen, David Hasselholff, Ryan McCluskey, Patrick Regis, Anthony Green, John Rhys-Davies, Alan O’Silva, Toma Danila, Bogdan Uritescu, Mihaela Elena Oros



















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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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