À l’aube des années 80, le cinéma hongkongais se réinvente et impose devant le monde entier un savoir-faire n’appartenant qu’à lui, auxquelles s’ajoutent des spécificités techniques et thématiques indéniables. Si les réalisateurs issus de la Nouvelle Vague (Alex Cheung, Tsui Hark, Ann Hui, Patrick Tam…), s’illustrant essentiellement dans le polar et le drame (mais aussi le wu xia pian, le film de sabre chinois), s’affranchissent des grands studios (Shaw Brothers, Golden Harvest…), proposant un cinéma formellement avant-gardiste et davantage en prise avec les préoccupations sociales et politiques du public, un autre courant va dans le même temps revivifier et remodeler le cinéma martial – qu’il s’agisse des genres appréhendés ou de la mise en scène et la chorégraphie des combats – le plus souvent accompagnées des grandes firmes de l’industrie. Cette nouvelle génération de l’actionner made in HK provient principalement des promotions des différentes écoles d’Opéra pékinois et cantonais (Jackie Chan, Yuen Woo Ping, Ching Siu Tung, Corey Yuen…) et ont tous en commun un parcours dans l’industrie assez similaire: formés très jeunes aux arts martiaux et à l’acrobatie, ils occuperont toutes les fonctions possibles sur un plateau (doublures, cascadeurs, acteurs, chorégraphes, assistant réalisateurs…) avant de passer eux-mêmes derrière la caméra. Parmi ces derniers, l’un tout particulièrement acquiert une stature proéminente pour la suite des événements, représentant à lui seul cette nouvelle manière de concevoir l’action et le divertissement et étant, le plus souvent, à l’origine des grandes évolutions et innovations de la période: Sammo Hung Kam-bo. Aîné de cette génération, l’homme est en effet derrière l’invention de tous les grands genres emblématiques du cinéma hongkongais de la période mais aussi du renouveau de ses approches chorégraphiques. Acteur, chorégraphe, scénariste, réalisateur ou producteur, Sammo Hung a enfilé tous les costumes, le plus souvent pour le meilleur. Retour le parcours et la carrière d’un géant sans qui le cinéma ne serait pas ce qu’il est.

Une enfance « pelliculaire »
Contrairement à ce que l’on peut souvent lire ou entendre, Sammo Hung (ou Samo, selon l’orthographe originelle du patronyme) n’est pas né à Hong Kong mais à Changzhou en janvier 1952, sur la côte Est du continent, dans la province du Jiangsu dont la capitale est Nankin. Néanmoins, sa famille s’installe à Hong Kong dès son plus jeune âge et, le fait est indiscutable : le petit Hung Kam-bo (c’est sa mère qui lui donnera le surnom de «Samo», tiré de «San-mao», pouvant se traduire par «trois cheveux») est un enfant de la balle, quasiment destiné à une carrière cinématographique. Premièrement, ses deux parents étaient costumiers au sein de l’industrie hongkongaise, écumant les plateaux de tournage afin d’offrir leurs compétences en la matière. Secondement, et c’est là l’essentiel, il est le petit-fils de Hung Chung-Ho et Chin Tsi-Ang, deux figures importantes du milieu.
Son grand père, Hung Chung-Ho (1902-1963) est un scénariste et réalisateur de premier plan dont la filmographie, longue de 83 films, s’étale de 1937 à 1958. Bon artisan, il s’illustra dans divers genres comme les films historiques (The Empress Dowager, 1940), les romances (A Woman of Many Husbands, 1938), les comédies (Twelve Widows, 1939) ou encore les kung fu pian (The Heroine, 1950). Cet éclectisme sera bien entendu déterminant dans la formation d’une certaine appétence de Sammo Hung pour le mélange des genres, pierre angulaire de sa carrière.
Quant à sa grand-mère Chin Tsi-Ang (1909-2007), dit « Mama Hung », elle est une icône des films d’arts martiaux, l’une des premières grandes figures féminines du genre, adepte du wing chun, comptant presque 300 métrages à son actif de 1925 à 2002. Formée aux arts martiaux à Shanghai dès l’âge de huit ans, elle débute sa carrière à l’âge de seize, dans un rôle secondaire mais marquant conjugué avec un succès au box-office : South China Dream – ou Dreams of a Woman – en 1925. Elle poursuivra une longue carrière, travaillant longtemps pour le compte de la Shaw Brothers, apparaissant plus tard dans des bobines que nombre de lecteurs de ces modestes lignes connaissent telles que Cop Busters (Danny Lee, 1985), Long Arm of the Law II (Michael Mak,1987), The Blade (Tsui Hark, 1995) ou encore In the Mood for Love (Wong Kar-wai, 2000).

Mama Hung dans Judgement of an Assassin (1977) et The Swift Knight (1971)
Une grand-mère experte en arts martiaux, un grand père réalisateur « touche à tout », notre homme est né sous de bons auspices. C’est d’ailleurs ce dernier qui, en 1961, l’inscrira à la China Drama Academy du sévère Yu Jim Yuen, mythique école de l’Opéra de Pékin au sein de laquelle seront formés ceux qui feront le cinéma hongkongais des années 80. Âgé de neuf ans, Sammo Hung est au départ ravi de pouvoir tous les jours s’entrainer au kung-fu et faire des acrobaties. Il déchantera vite. La rudesse et la discipline de fer du sifu le poussent à demander à ses parents de quitter la formation. Seulement, ayant signé un contrat s’étalant sur sept années d’apprentissage, celui-ci devra l’honorer et se faire à cette vie où l’on pouvait s’entrainer jusqu’à 18 heures par jour, n’étant jamais à l’abri des brimades du professeur lorsque celui-ci était mécontent du travail effectué. Cette période ô combien bénéfique pour la suite mais conséquence d’un grand traumatisme pour l’intéressé trouvera un relatif exutoire cinématographique au fil de la carrière de Hung. En effet, en 1988, dans Painted Faces, réalisé par Alex Law, sorte de biopic sur la petite troupe de l’Opéra du sifu Yuen, ce dernier incarne lui-même le rôle de son intraitable maître. En prenant ombrage, Yu Jim Yuen se plaignit du tableau dépeint de sa personne. Ce fut alors au tour de Sammo de lui avouer que, malgré son affection, il avait à son sens assez bien retranscrit le caractère de l’enseignant. Il ajoutera toutefois quelques temps plus tard que « Notre maître était une personne exceptionnelle ; il avait adopté Jackie Chan comme son fils et le chérissait plus que tout. Notre maître a pris de nombreux disciples sous son aile, mais il ne nous a jamais pris un sou et dormait même à même le sol avec nous ». Ceci ne l’empêchera pas de revenir sur son enfance dans Septet, The Story of Hong Kong (2020), anthologie au sein de laquelle les grands noms de l’industrie locale (Ann Hui, Patrick Tam, Yuen Woo Ping, Johnnie To, Ringo Lam, Tsui Hark) réalisent tous un segment. Dans le sien, nommé Exercise, Sammo Hung revient avec un regard plus tendre sur les relations entre le maître et l’élève. Il fut aussi longtemps question d’un Seven Little Fortunes réalisé par ses soins en collaboration avec Yuen Biao, dans lequel devait également apparaître le grand Tony Leung Ka-Fai (The Shadow’s Edge, Election, Detective Dee…). Le projet semble hélas au point mort.

Une nouvelle approche chorégraphique
Comme le voulait la tradition, il prit comme nom de scène celui de son son maître et fut donc rebaptisé Yuen Lung. L’Opéra devenant désuet à cette époque, souffrant des affres de la concurrence du grand écran se développant, le sifu Yuen fut malgré ses réticences dans l’obligation de fournir ses services et ses disciples à l’industrie, devenue alors la pierre angulaire du divertissement populaire. De fait, dès 1961, Sammo Hung fait une apparition dans Education of Love (Chung Kai-Man). En 1962, ce sont ses co-disciples Jackie Chan et Yuen Wah qui l’accompagnent dans Seven Little Valliant Fighters (Lung To), chorégraphié par Yu Jim Yuen lui-même (on a longtemps cru cette bobine perdue. Elle fut en fait retrouvée en 2016).
Chorégraphies… le mot est lâché : contrairement à ses camarades (certains y viendront plus tard), Sammo avait depuis petit accompagné ses parents et ses grands-parents sur les plateaux et les divers métiers du cinéma l’intéressaient au plus haut point. Rôle secondaire ou simple figurant puis cascadeur à partir de ses 14 ans, ce dernier ne loupe pas une occasion de comprendre les rouages et procédés liés à la confection d’un film, posant des questions et observant chaque détail de chaque fonction. En 1966, il assiste même Hang Yin Chieh sur le mythique L’Hirondelle d’Or de King Hu. Cette passion pour le cinéma fut d’ailleurs remarquée par le réalisateur. Sammo Hung aime à se remémorer les longues discussions sur l’art de la mise en scène que lui et King Hu entretenaient après le tournage. Après avoir occupé quelques années le rôle d’assistant, Hung devient chorégraphe en chef avec The Great Plot (Chang Shu-Shang, 1970) et s’impose peu à peu comme l’un des cadors du milieu, employé par les différents grands studios locaux (Cathay, Shaw Brothers, Golden Harvest mais aussi quelques indépendants). Il travaille alors pour de grands noms tels que Lo Wei (Brothers Five, The Invincible Eight…), King Hu (The Fate of Lee Khan, The Valliant Ones…), John Woo (The Hand of Death…) mais celui qui restera son mentor et un grand compagnon de route fut sans aucun doute Wong Fung qui l’emploiera sur de nombreux métrages (The Fast Sword, Bandits From Shantung…). Sur ce point, Sammo mentionne souvent dans quelle mesure l’influence du réalisateur fut décisive quant à son approche du cinéma. Ce fut sur ses films, enhardi par la confiance qu’on lui portait, que le chorégraphe put s’atteler à de nouvelles expériences, proposant une autre vision du combat au sein de laquelle le slapstick, la spatialisation et le décor se taillaient la part du lion, tout en redéfinissant et dynamisant le montage des kung fu pian d’antan. En bref, grâce à cette fructueuse collaboration, Sammo Hung se fait le héraut d’un nouveau sens de l’action, déterminant pour la suite des évolutions du cinéma hongkongais. Wong Fung lui fit d’ailleurs le plus beau des cadeaux : il écrivit le scénario de son premier long métrage en tant que réalisateur, à savoir The Iron Fisted Monk (Le Moine d’Acier) en 1977.

C’est ainsi équipé de toute son expérience qu’en tant que réalisateur et producteur, notre homme a à lui seul redéfinit les codes, les genres et les thématiques du cinéma martial hongkongais des années 80 et 90. Afin de le démontrer, il est utile de dresser une liste non exhaustive de ses « trouvailles » et innovations lors de cette période.
La Kung-fu Comedy
Le débat dure encore : qui est l’inventeur de la kung-fu comedy ? Si beaucoup répondront qu’il s’agit du duo Yuen Woo-Ping / Jackie Chan avec Snake in the Eagle’s Shadow et Drunken Master en 1978, d’autre affirmeront, non sans arguments, que c’est plutôt à Lau Kar-Leung avec The Spiritual Boxer en 1975 qu’il faille en attribuer la primeur. Pourtant, force est de constater que Sammo Hung est un sérieux concurrent au titre. Ayant déjà renouvelé la direction de l’action avec Wong Fung, introduisant de nouvelles techniques de montage et des effets comiques dans ses combats, avec Le Moine d’Acier, il signe une kung-fu comedy un an avant les travaux de Chan et Woo Ping qui pousseront, il est vrai, la formule dans ses extrêmes potentialités. En 1978, Enter the Fat Dragon peut également renforcer l’importance que le réalisateur a eu sur ce courant qui remit le kung fu pian aux sommet du box-office, bien qu’il ne s’agisse pas ici d’un film d’époque comme la plupart des bobines issues de cette tendance. La contribution de chacun, indéniable, à l’essor de la kung-fu comedy n’est donc pas aussi claire que ce qui est souvent raconté. Si Lau Kar-Leung, Yuen Woo-Ping et Jackie Chan ont joué un rôle prépondérant dans son essor, force est de constater que tant au niveau stylistique que thématique, les travaux de Sammo Hung ont pesé de leurs poids sur la création du genre. D’ailleurs, l’une des sous-catégorie de la tendance, plus horrifique, lui doit aussi son existence.

La Ghost Kung Fu Comedy
Sammo Hung revient souvent sur ses souvenir d’enfance, notamment les épisodes où, plus jeune, il s’exfiltrait de la China Drama Academy pour découvrir des films au cinéma. Parmi ceux qui l’ont le plus marqué enfant, il mentionne régulièrement les productions de la Hammer, en particulier Le Cauchemar de Dracula (Terence Fisher, 1958). Cette appétence pour le cinéma d’horreur lui donna une idée tant la course à l’innovation et à l’attention du public était forte à l’aube des années 80: pourquoi ne pas mêler à la kung-fu comedy quelques esthétiques et thématiques liées au genre ? Ainsi, en 1980, avec L’Exorciste Chinois, le réalisateur livre le premier film fondant officiellement la ghost kung-fu comedy, genre dans lequel jiangshi (mort-vivants chinois) et fat-si (exorciste taoïste) s’opposent lors de chorégraphies survoltées aux relents humoristiques. L’idée plaît et le succès est immédiat ; tant et si bien que Sammo Hung, via sa firme Bo Ho Films, produit – et écrit – deux monuments du genre : La Fureur du Revenant (Wu Ma, 1982) et surtout Mr Vampire (Ricky Lau, 1985), qui servira de modèle indépassable à la multitude de métrages s’inscrivant dans la tendance. Produisant plusieurs suites à Mr. Vampire ainsi que des classiques comme Hocus Pocus (Chin Yuet-sang, 1984), Sammo réalisera lui-même le film somme du genre, à savoir L’Exorciste Chinois 2 en 1989 (pour davantage de détails sur la genèse et l’évolution de la ghost kung-fu comedy, lire ICI).
Là encore, le rôle de Sammo Hung dans le renouvellement du cinéma hongkongais et l’éclosion de nouvelles innovations est prépondérant. Fat-si, jiangshi, disciples naïfs, humour décalé et chorégraphies de haute tenue – en gros, tout ce qui va par la suite codifier le genre – sont déjà présents dans les premières réalisations et productions de ce dernier. On pourra, bien entendu, rétorquer que les germes de la ghost kung fu comedy peuvent se retrouver dans des métrages antérieurs tels que The Spiritual Boxer (Lau Kar Leung, 1975) ou La Légende des Sept Vampires d’Or (Royd Ward Baker, Chang Cheh, 1974) mais il est indéniable que son réel inventeur est Sammo Hung. Et ce dernier fournira aussi un apport conséquent à la reconstruction du film martial contemporain, le plus souvent sous la forme du polar.

Le Polar Kung-Fu
Ici encore, on peut fouiller assez loin dans les recoins de la filmographie hongkongaise pour savoir où se trouvent les racines du polar kung-fu, à savoir le film d’arts martiaux transposé dans un monde contemporain dans lequel s’affrontent policiers et criminels. Si Chang Cheh (The Boxer from Shantung, 1972) ou encore Lo Wei (Big Boss, 1971) et Bruce Lee (La Fureur du Dragon, 1972) avaient déjà opté pour des contextes modernes au sein de leurs films, le polar kung-fu proprement dit se distingue par l’adoption de codes nouveaux : l’incursion inévitable de la comédie dans des trames policières, une propension à effectuer des cascades toujours plus dangereuses et impressionnantes ainsi qu’une adaptation des techniques de combat traditionnelles où la recherche de l’efficacité et du « beau geste » prime sur une relative orthodoxie des mouvements. Si l’on devait remonter au premier film mêlant explicitement ces divers éléments, on serait surpris de s’apercevoir qu’il s’agit d’un film japonais (certes tourné a Hong Kong avec un staff souvent local), à savoir Roaring Fire (Norifumi Suzuki, 1981). Dans ce film, Hiroyuki Sanada, la star nippone issue du Japan Action Club de Sonny Chiba, signe cascades risquées et combats endiablées dans un Hong-Kong contemporain, le tout ponctué de scènes burlesques ou dramatiques. La formule est là. Cependant, c’est bien Sammo Hung qui, en 1982, réalise le premier métrage hongkongais fondant réellement le genre avec Carry On Pickpocket, suivi les deux années suivantes par Winners and Sinners et Wheels on Meals (qui ne sont pas véritablement des polars mais s’inscrivent bien dans cette nouvelle approche de l’action contemporaine), deux autres classiques de la tendance. Jackie Chan, apparaissant au casting des deux métrages précités, en peaufinera la recette avec Police Story en 1985, certainement la plus célébrée des bobines du genre. S’ensuivront encore une fois une flopée de titres de plus ou moins grande qualité qui ponctueront les années 80 et 90 et… encore une fois… Sammo Hung n’est pas loin d’être l’homme à l’origine de la création, qu’il finira par agrémenter d’éléments plus féminins.

Le Girls With Guns
À partir des succès du polar kung-fu s’est construit un autre sous-genre, celui du girls with guns, à savoir des métrages où la gente féminine est mise à l’honneur tant au niveau de l’action que de l’intrigue. Ceci n’était pas chose nouvelle dans le cinéma hongkongais, ne serait-ce que grâce à la présence de Tchin Si-Ang, grand-mère de Sammo Hung, que nous avons déjà mentionné. À l’instar de son aînée, Cheng Pei Pei avait su elle aussi incarner une héroïne martiale des plus crédibles avec les mythiques L’Hirondelle d’Or (King Hu, 1966) et Golden Swallow (Chang Cheh, 1968), pour ne citer que ceux-ci. Toutefois, le cinéma très masculin d’un Chang Cheh ou d’un Bruce Lee avait, pour quelques temps au moins, relégué les rôles féminins à ceux de subalternes ou de love interest (à quelques exceptions) avant que leur réapparition se fasse timidement au cours des années 70, notamment par l’entremise d’Angela Mao, s’illustrant particulièrement dans les bobines de Wong Fung, le plus souvent chorégraphiée par Sammo Hung (The Angry River en 1971, Lady Whirlwind en 1972, Hap Ki Do en 1972, When Taekwondo Strikes en 1973…). Il n’est donc pas surprenant de voir notre homme se glisser encore une fois derrière l’invention d’un nouveau genre, mais cette fois-ci en tant que producteur.
C’est en effet Sammo Hung qui, via sa firme D&B, propose en 1985 à Corey Yuen de réaliser un polar kung-fu dont les personnages principaux seraient des femmes expertes en arts martiaux. Peu enthousiasmé par l’idée à la base, Corey Yuen se met tout de même à l’ouvrage et réalise un des films cultes de la période, Yes Madam!, installant directement Michelle Yeoh et Cynthia Rothrock comme les figures incontournables de ce type de productions. Yes Madam! aura une longue et inégale postérité. En effet, nombreux sont ceux qui en reprendront la formule, faisant du girls with guns l’un des genres phares de la période, comptant à son actif plusieurs dizaines d’itérations.

Rénovateur de l’approche martiale au cinéma, inventeur, seul ou accompagné, de la kung-fu comedy, de la ghost kung-fu comedy, du polar kung-fu ou encore du girls with guns, la position de Sammo Hung dans l’industrie cinématographique hongkongaise est centrale, pour ne pas dire irremplaçable. Sans ses apports et innovations, cette dernière n’aurait surement pas connu son « âge d’or » des années 80 et 90 et rien n’est plus mesuré que d’affirmer que Sammo Hung est le représentant le plus légitime de ce renouveau. Souvent relégué à l’arrière-plan d’un Bruce Lee ou d’un Jackie Chan par le grand public, sa contribution n’en est pas moins des plus importantes. Notre homme ne se limitera d’ailleurs pas à ce qui est évoqué au sein de ces quelques lignes. Toujours en activité, Sammo Hung s’est illustré – et continue de le faire – dans de nombreux genres et fonctions au cours de son hallucinante carrière. Au fil de cette brève bafouille, il ne fut pas question de dresser un panorama exhaustif de l’œuvre de ce géant du cinéma mais de mettre en valeur, par le biais de quelques exemples choisis, l’inventivité, la centralité et la posture visionnaire de notre homme pour le cinéma hongkongais, qu’il n’a pas encore fini de marquer de son empreinte. Certainement, après analyse, la plus grande de toutes.
Paul Gaussem



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