[Avis] Ebirah : Horror of the deep, de Fukuda Jun

Titre : Ebirah, horror of the deep / Godzilla, Ebirah et Mothra : Duel dans les mers du Sud / Gojira-Ebira-Mosura: Nankai no daiketto / Godzilla vs the Sea Monster
Durée : 86 min
Origine : Japon
Année : 1966
Genre : Kaiju Eiga exotique
Réalisateur :Fukuda Jun

Cast : Akira Takarada, Toru Watanabe, Hideo Sunazaka, Kumi Mizuno, Jun Tazaki

Synopsis : Un groupe de personne part à la recherche d’une connaissance disparue en pleine mer. Après avoir emprunté un bateau et débuté les recherches en pleine mer, ils se font attaquer par Ebirah et se retrouvent échoués sur une île bien particulière. En effet, la vie est mouvementée en ce lieu : entre un groupe armé jusqu’aux dents, un peuple peace and love, de gros monstres nommés Ebirah, Godzilla et même Mothra, y a de quoi en perdre son latin.

Avis de Slimdods :
En retard ? Je le suis sans doute un petit peu! Mais il n’est jamais trop tard pour certaine découverte, d’autant qu’elle fût vécue comme un choc culturel et artistique à l’époque. Cette légende résiste depuis plus d’un demi-siècle à l’évolution de l’entreprise cinématographique, des cultures et à la mondialisation. En effet, au même titre qu’un King Kong qui fût magnifiquement ressuscité par Peter Jackson récemment, Godzilla fait partie des monstres devenus au fil du temps des légendes vivantes! Peut on seulement me dire si il y a une seule personne au monde ne connaissant pas le monstre Japonais? Bon, il fait avouer que Roland Emmerich à contribuer en 1998, dans le sens d’une désinformation totale, à la reconnaissance du monstre dans le monde entier. Mais Godzilla n’est pas un lézard géant ayant faim, victime des retombées radioactifs issues d’essais nucléaires français, ni un dinosaure sur patte à l’instinct primitif ! Non, la vérité veut que Godzilla soit un monstre Japonais de l’après Hiroshima et Nagasaki, née de la peur de ses atrocités de la seconde guerre mondiale. Alors, au lieu de vous détailler toute l’histoire de ce cher Godzilla je préfère vous présenter ce présent film qui constitue mon second visionnage de la filmographie énorme des Godzilla, mon premier étant Godzilla Final Wars de Ryuhei Kitamura (on ne compte bien sûr pas le machin de Emmerich).


Le bateau de nos gugusses quasi neuf … avant qu’Ebirah ne le détruise !

Ebirah : Horror of the deep nous conte les aventures d’une troupe de trois hommes dont l’un est à la recherche de son frère disparu dans un accident en pleine mer. Après avoir volé un bateau, les trois mecs naviguent à l’aveuglette avant d’essuyer une terrible tempête, cette dernière étant accompagnée d’un nuage noir rudement inquiétant. Pendant qu’ils bataillent comme des fous pour ne pas chavirer, les pinces d’Ebirah apparaissent hors des eaux, plus menaçantes que jamais ! Ebirah finira par broyer le bateau avec une hargne tétanisante. Au réveil, nos gugusses sont échoués sur les rochers d’une île mystérieuse où une activité humaine anormale se fait sentir, car entre le Bambou Rouge, organisation terroriste, et ses habitants subissant leur esclavagisme, il y a évidement sujet à de multiples questions. Puis si on rajoute le dieu vivant des habitants qui n’est autre que Mothra, le papillon géant, et Godzilla, notre monstre préféré, et que tout deux roupillent paisiblement sur l’île en attendant le moment opportun pour se réveiller, on n’est décidément pas sorti de l’auberge.


La troupe de gay-lurons … et Godzi qui ronron.

Ebirah : Horror of the deep part donc avec un pitch teinté d’aventure et d’exotisme. L’action prend place sur une île offrant des panoramas magnifiques, fort en relief et en nature verdoyante ! Mais cette île sera aussi le lieu d’effroyables chasses à l’homme et de combats titanesques entre nos monstres. Mais avant cela, on aura le droit à quelques attaques de la vraie terreur de l’île, à savoir Ebirah. Sorte de crustacé géant, il n’hésite pas à semer le mal et la mort autour de lui à l’aide de ses redoutables pinces. Magnifiquement mis en avant, la première apparition des pinces m’a surpris grâce à son efficacité et sa puissance, avec des détails accrus, des mouvements d’une ampleur réjouissante et une mise à l’échelle excellente (sous oublier le cadre de la tempête très bien rendu qui aide aussi) rendant la scène plutôt probante. Après cette première attaque mémorable nous servant en fin de compte d’introduction au monstre, on suit les mésaventures des habitants de l’île, de nos gugusses et des terroristes.


Ce cher Mothra qui sait aussi bien dormir que déployer ses ailes !

Et sinon, tu fais quoi Godzilla ? Arrêtes de roupiller et réveilles toi feignant ! Alors pendant que monsieur rêve de ses amantes, il se passe tout de même des choses, et il faut avouer que j’ai pris un certain plaisir à suivre les mésaventures de nos gugusses qui essaieront de délivrer les pauvres prisonniers des affreux terroristes, le tout à l’aide d’une jeune beauté. On aura ainsi le droit à quelques courses poursuites au pied des falaises, dans de belles forêts mais aussi dans la base même des terroristes, aux décors tout de même un peu plats et peu originaux dans le genre. Assez banal en fait n’est il pas ? C’était sans vous dire qu’il existe un exotisme environnant qui fait réellement plaisir à voir, et qui se trouve même être le gage de qualité majeur de Ebirah, Horror of the deep ! Alors celui-ci se caractérise par le ton même du film, léger comme l’air, mais aussi (et évidemment) par son cadre magnifique et ses différents protagonistes. Entre la belle qui rejoint le groupe, nos trois gugusses qui ne lâchent rien et son chef terroriste caricatural à la bonne vielle tronche de méchant, on ne peut que apprécier leurs prestations convaincantes ! Puis n’oublions pas ces passages musicaux rafraîchissant de la tribu de l’île ayant pour but de réveiller Mothra (qui roupille aussi, décidément, vive les feignants !).


Godzilla et Ebirah en pleine baston … et la botte secrète de Godzi, son haleine pure !

D’ailleurs, et nos monstres ? Bah ils arrivent et ça va chier ! Une tempête de trop réveille un Godzilla plus énervé que jamais et ce dernier ne met pas longtemps avant de se retrouver face à face avec Ebirah ! S’ensuit une bataille violente, parfois kitsh (avec un mythique coup de boule de Godzilla) agrémenté d’effets spéciaux plutôt maîtrisés ! Les plans de non combats à la Western, lorsque nos deux monstres s’observent sont excellents, et la tension des combats même est plutôt bien retranscrite. Alors, on ne pestera pas devant un combat parfois pas super lisible lors de plans trop rapprochés, où encore devant un Godzilla semblant parfois loucher, mais on ne peut que saluer les efforts de l’équipe technique pour rendre le tout crédible, car faut il le rappeler que l’on est en 1966 et que même aujourd’hui, le plaisir reste intact ! D’ailleurs, les scènes suivantes sont aussi excellentes, avec un Godzilla zigouillant des avions à la force de ses bras et saccageant la base des terroristes en la piétinant et en crachant son feu dévastateur. D’ailleurs, ça me rappelle que ces scènes de massacre où de duel sont souvent agrémentées d’une musique ultra fun (Godzilla s’en gratte d’ailleurs le nez) ! On croirait même voir Godzilla tapant une petite danse de temps en temps : superbe bande sonore en tout cas ! Puis les touches d’humours présentes sont rafraîchissantes, avec un Godzilla qui s’endort devant la belle jeune femme (il n’avait donc pas assez dormi !). Puis arrivera en fin de film un magnifique Mothra, gentil comme tout, qui se réveille au bon moment pour aider et sauver les habitants de l’île ! Malgré sa faible présence à l’écran, celle ci fait tout de même plaisir à voir ! On a donc affaire a une belle petite brochette de monstre dans Ebirah, Horror of the deep.


Godzilla, son pif … et la terreur même.

A noter que me suis quand même parfois un tout petit peu ennuyé, et malgré le fait que le film soit un bon petit divertissement au charme indéniable, il ne frôle en aucun cas le statut de chez d’œuvre ! Le réalisateur à tout de même fait du bon boulot car on passe un bon moment en compagnie de nos monstres, même si l’arrivé tardive de Godzilla est tout de même bien dommage. Pas mal de petit regret en fin de compte …
Pour finir, il est important de noter que le film fini par l’image même d’un explosion atomique comme quoi le traumatisme était loin d’être réellement éteint à cet époque aux yeux de certains…..

Note : 6,5/10

Article rédigé sur mon ancien blog Hkcinema.

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Laurent
10 avril 2011 11:47

J’aime beaucoup Ebirah, horror of the deep mais c’est vrai qu’il est ennuyeux par moment.

Concernant le trauma post-Hiroshima, rappelons tout de même que 1966 est tout proche de 1945 et qu’à l’époque les séquelles étaient encore toutes fraîches (à peine un renouvellement de génération). Quant on voit l’actualité aujourd’hui, on se dit que malheureusement les japonais n’en ont pas fini avec l’atome et que certains réalisateurs devraient forcément s’appuyer sur les événements de ce mois-ci.

Sinon Slim’, tu as raison d’appuyer le fait que l’o.s.t. est particulièrement travaillé. D’ailleurs c’est une récurrence depuis le début de la franchise. La BO de Godzilla 1954 était déjà de très haut niveau.

Martin
Martin
10 avril 2011 17:35

Fukuda au bucher! le fossoyeur de la série 🙁

Laurent
10 avril 2011 18:31

C’est vrai que Fukuda ce n’est pas très glorieux … mais Ebirah c’est quand même le plus acceptable de ses films.

Qui a parlé de Godzilla contre Mégalon …