[Film] The Courier, de Zackary Adler (2019)

Une coursière interrompt ses livraisons quotidiennes quand elle découvre que son dernier colis contient une bombe à destination d’un témoin d’un meurtre commis par un seigneur du crime. Elle se lance, alors, dans une course contre la montre afin de sauver les cibles d’agents corrompus de la CIA et de mercenaires russes.


Avis de Rick :
En l’espace de quelques années, les films s’appelant The Courier pleuvent, allez comprendre pourquoi. Et à part le métrage de 2020 mettant en avant Benedict Cumberbatch, ils n’ont pas bonne réputation. C’est pourtant sur The Courier, métrage de 2019, que je me suis tourné, avec la promesse d’un petit film d’action sans fioritures et d’un casting plus qu’appréciable, avec Olga Kurylenko en femme forte devant réduire le casting à la force de ses poings, Gary Oldman en vieux mafieux amateur de musique classique et ayant un look à la Snake Plissken, et tout un tas d’agents du gouvernement corrompus et de mercenaires gros bras. Un spectacle primaire sentant donc bon les années 80 et 90, et les DTV de cette époque-là. Petite production Anglaise que l’on imagine pas bien friquée, The Courier est en effet un produit comme à l’époque, au scénario peu développé, qui va directement à l’essentiel et ose utiliser tous les clichés du genre, du méchant très méchant qui aime siroter son thé en écoutant de l’opéra, à l’homme de main qui s’énerve tout seul devant ses écrans de sécurité et ne rentrera en jeu véritablement qu’à la fin, jusqu’à l’homme à protéger faisant presque office de sidekick comique, sans oublier l’héroïne sans nom, inarrêtable, qui est une armée à elle seule, et bien entendu, ancienne militaire qui nous racontera son trauma de l’époque expliquant donc sa situation actuelle. Bon, il est un peu triste de voir Olga Kurylenko être réduite à ce genre de rôles ces dernières années, dans des petites productions fauchées, vu son talent (et sa beauté), mais ça ne veut pas dire que tout soit à jeter, même si en soit, on ne va pas non plus se mentir, The Courier, ce n’était pas terrible.

Pas de la faute d’Olga, investie, souple, pétant la gueule à tout le monde, courant, sautant, se battant, bref, ultra investie. Ni la faute de Gary Oldman, finalement en retrait, passant le plus clair du film dans sa suite en attendant l’élimination d’un témoin, et donc n’ayant au final pas grand-chose à jouer, sinon écouter de la musique, passer quelques coups de téléphone, et passer du temps avec sa fille. Mais plutôt car le film n’évite pas certains défauts malgré sa simplicité évidente. Un film comme le récent Cleaner de Martin Campbell par exemple, pour rester dans l’actionner simple et venant d’Angleterre mettant en avant une femme forte qui est une armée à elle seule, s’en sortait par exemple grâce à une mise en scène simple mais efficace, et des personnages tout aussi simples mais qui se retrouvaient attachants. Dans The Courier, c’est déjà plus compliqué sur ces deux points, les scènes d’action, pourtant nombreuses, et se déroulant en plus dans un environnement clos (un parking), souffrent d’un montage parfois chaotique, beaucoup trop cut, et les personnages ne sont réduits qu’à des archétypes et leurs bribes de caractérisations débarquent bien trop tard, en plus d’être clichées. C’est dommage, car malgré tout, sans trop faire la fine bouche, The Courier se regarde, et compense certains de ses gros défauts par sa générosité une fois que les personnages sont enfin enfermés dans un parking, et un côté over the top qui a défaut de pleinement convaincre, pourra amuser, tant certains moments sanglants sont exagérés. Le film ne recule pas devant la violence donc, et ça fait plaisir, avec des coups qui font mal, des blessures au couteau qui saignent bien, et des impacts parfois (corps écrasés) qui en font clairement trop. Ça donne au métrage un côté bien bis.

Et du coup, si l’on parvient à passer outre ces nombreux défauts, et outre également son début peu convaincant et un peu lent à se mettre en place (il faut vraiment attendre le début du huis clos dans le parking), The Courier se regarde comme si l’on venait de louer un petit film d’action bourrin en vidéo club, qui grâce à son casting et leur implication physique, vaut déjà bien plus qu’un énième DTV avec Steven Seagal ou une quelconque autre gloire des années 80. Et à défaut d’être vraiment bien filmé, The Courier a aussi pour lui son environnement que le réalisateur sait plus ou moins utiliser, se servant des différents étages, des véhicules garés, de l’obscurité, parfois même en plongeant le parking sous une lumière rouge après une coupure de courant, et en variant aussi les ennemis face à Olga, entre ceux maniant surtout des armes à feu, les gros bras qui donnent des patates à nous envoyer dans les pommes, jusqu’au gros bras ultime, sniper, et en prime utilisation de drone armé. C’est régressif, mais regardable, et face à cette armée, étonnement, Olga Kurylenko reste crédible, en prenant plein la tronche tout le long, mais montrant néanmoins de la technique et de la souplesse, et parfois une rage, rendant les affrontements plutôt crédibles. Et rien de plus au final, car encore une fois, The Courier a de nombreux défauts, ne marquera pas les esprits, et pour preuve, il est de toute façon passé inaperçu.

LE MEILLEUR LE PIRE
♥ Olga Kurylenko, une armée à elle seule
♥ Généreux en action
♥ Ça se regarde
⊗ Un montage parfois horrible
⊗ Basique à tous les niveaux
⊗ Un peu longuet à démarrer
⊗ Avoir Gary Oldman et ne pas lui faire faire grand-chose
note2
The Courier est un petit DTV d’action qui ne vole pas bien haut. Il se regarde avec son action souvent soutenue (bien que pas toujours bien filmée) et l’implication de son casting, mais rien d’inoubliable ou de marquant.


Titre : The Courier
Année : 2019
Durée :
1h39
Origine :
Angleterre
Genre :
Action
Réalisation :
Zackary Adler
Scénario :
Zackary Adler, James Edward Baker et Andy Conway
Avec :
Olga Kurylenko, Gary Oldman, Amit Shah, William Moseley, Alicia Agneson, Greg Orvis, Craig Conway, Dermot Mulroney, Calli Taylor, Lee Charles, Gordon Alexander et Neil Chapelhow


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Auteur : Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de David Lynch, John Carpenter, David Cronenberg, Tsukamoto Shinya, Sono Sion, Lucio Fulci, Nicolas Winding Refn, Denis Villeneuve, Shiraishi Kôji et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.
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