[Film] Pour l’Éternité, de David Freyne (2025)

Dans un au-delà où chaque âme dispose d’une semaine pour choisir où et avec qui passer l’éternité, Joan doit affronter un choix impossible : rester auprès de l’homme avec qui elle a partagé toute sa vie, ou retrouver son premier amour, disparu très jeune, et qui l’attend depuis toujours… Et vous, que choisiriez-vous ?


Avis de Cherycok :
Troisième film du réalisateur du sympathique The Cured (2017), Pour L’Éternité joue la carte de la comédie romantique, genre auquel David Freyne s’est déjà aventuré avec son deuxième film, le très réussi Le Plan d’amber. Produit par le studio indépendant A24 (Hérédité, Midsommer, Everything Everywhere All at One), Pour L’Éternité est le premier film américain du réalisateur irlandais qui s’est vu allouer un budget confortable de 12M$US. Le public ne s’est pas rué en masses dans les salles, mais le film a malgré tout généré 35M$Us de recettes, avec des critiques généralement positives, et même quelques prix dans certains festivals comme par exemple celui de la meilleure comédie au Las Vegas Film Critics Society Awards et aux Critics Choice Awards. Etant amateur de comédies romantiques, tout du moins quand elles sortent un peu du lot, la sortie de Pour l’Éternité en DVD chez Metropolitan était l’occasion de voir ce que le film avait dans le ventre et, surprise, c’était tout mignon. Et un bon petit feel good movie par ces temps obscurs, on ne dit pas non.

Le script de Pour L’Éternité, écrit par Pat Cunnane, figurait depuis 2022 sur la fameuse black list (la liste des meilleurs scénarios pas encore produits à Hollywood) jusqu’à ce que David Freyne s’y intéresse et qu’il le remanie pour y apporter sa touche personnelle. Le film se déroule dans la Jonction, une sorte de centre administratif où les personnes récemment décédées se retrouve avec l’apparence physique de l’époque où ils ont été les plus heureuses. Ils ont désormais sept jours pour choisir où passer leur éternité. Cette « jonction » est la vraie bonne idée du film et ce dernier va beaucoup s’amuser avec les différents « paradis » proposés aux défunts pour leur future éternité. Cet endroit nous est présenté comme un énorme marché couvert dans lequel les représentants de chaque paradis vont essayer d’attirer ces gens morts, à grand coup de spots de publicité, de brochures promotionnelles et autres « Elle est bien mon éternité, elle est bien ! ». Il y a bien entendu les éternités classiques, comme une éternité où il fait toujours soleil, une éternité cosy dans un chalet à la montagne, mais aussi tout un tas d’éternités farfelues comme l’éternité nudiste, l’éternité du plaisir, l’éternité du vin ou encore l’éternité de l’Allemagne des années 30 garantie avec 100% de nazis en moins. Et dans cette jonction, on va retrouver tout d’abord retrouver Larry, décédé à plus de 80 ans en s’étouffant avec un bretzel, puis quelques jours après sa femme, Joan, décédée d’un cancer, avec qui il a 65 ans de mariage. Mais aussi Luke, le premier mari de Joan, décédé prématurément à la guerre de Corée, qui attend depuis 67 ans dans la Jonction, parce qu’il y a trouvé un travail de barman, que Joan y arrive. Cette dernière va devoir faire un choix cornélien, est-ce qu’on doit passer l’éternité avec celui qui l’a aimé pendant 65 ans ? Est-ce qu’elle doit donner une chance à son premier mari avec qui elle n’a pas pu profiter de la vie ? Pour l’Éternité est une réflexion sincère sur l’amour, la perte, la mémoire, et ce qui définit véritablement le « pour toujours ». Il explore l’amour dans toute sa beauté complexe.

Le monde de l’au-delà qui nous est décrit est à la fois fantaisiste, déchirant, drôle, et permet des situations comiques et décalées tout en posant des questions mine de rien assez profondes sur le temps, le regret ou encore la fidélité. Pour L’Éternité arrive à être à la fois grandiose, dans son postulat, et profondément intime, dans ses émotions, et même si, quelque part, l’écriture est assez prévisible, car la structure du film reste basique avec des personnages assez unidimensionnels, ce qu’en fait David Freyne est des plus distrayant. Visuellement et en termes d’ambiance, l’équilibre est savamment dosé et tout est au service de l’histoire, des décors à la bande originale en passant par ce qui est fait des personnages brillamment interprétés. Que ce soit Miles Teller, Elizabeth Olsen ou Callum Turner, tous livrent une très bonne prestation et leur trio amoureux est tantôt amusant, tantôt touchant. Tous démontrent une excellente complicité et leur ton comique, leurs dialogues et leurs personnalités sont clairement un des atouts du film. L’alchimie est là, ils arrivent parfaitement à nous faire passer par plein d’émotions, et participent au fait qu’on se pose à plusieurs reprises la question « Et nous, qu’est-ce qu’on choisirait comme éternité ? ». Et quand un film nous interroge, c’est qu’il réussit sa mission. Malgré tout, Pour l’Éternité n’est pas exempt de défauts. Outre une structure finalement assez basique pour un film du genre, et finalement des thèmes déjà abordés plusieurs fois dans d’autres films, Pour l’Éternité souffre d’un rythme assez inégal, la faute sans doute à une durée beaucoup trop longue pour ce genre d’histoire. 1h54 au compteur, et des scènes qui trainent parfois un peu trop, qui paraitront un peu trop contemplatives pour certains, et à n’en pas douter, 15 minutes de moins auraient permis d’avoir une plus grande fluidité. Autre petit point noir, on a parfois l’impression que Pour l’Éternité ne sait pas sur quel pied danser et le mélange des genres a parfois du mal à être complètement homogène, comme si le réalisateur avait eu par exemple peur d’exploiter pleinement le côté fantastique du scénario, ou à l’inverse de parfois foncer à fond dans la comédie avec des gags qui restent parfois un peu trop timides. Néanmoins, pour peu qu’on aime les comédies romantiques, on sort de Pour l’Éternité avec cette impression d’avoir passé un bon petit moment.

LES PLUS LES MOINS
♥ Le trio d’acteurs
♥ La direction artistique
♥ La vision de l’au-delà
♥ L’ambiance feel good
⊗ Traine parfois en longueur
⊗ Ne s’assume pas à 100%

Pour l’Éternité explore l’amour dans toute sa beauté complexe. C’est une comédie romantique sincère, mignonne, qui à aucun moment ne cherche à révolutionner le cinéma mais qui fait les choses plutôt bien. Un sympathique feel good movie.


POUR L’ÉTERNITÉ sort le 10 avril 2026 en DVD chez Metropolitan au prix de 14.99€. Il est disponible à l’achat ICI.

16:9 compatible 4/3 format d’origine respecté 2.35 – Version anglaise et française Dolby Digital 5.1 + Audiodescription – Sous-titres français.

En plus du film, on y trouve : –



Titre : Pour l’Éternité / Eternity
Année : 2025
Durée : 1h54
Origine : U.S.A / Canada
Genre : Comédie romantique
Disponibilité : Dvd
Réalisateur : David Freyne
Scénario : Patrick Cunnane, David Freyne

Acteurs : Miles Teller, Elizabeth Olsen, Callum Turner, Barry Primus, Betty Buckley, Da’Vine Joy Randoplh, John Early, Panta Mosleh, Brandi Alexander


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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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