Un prince déchu (Ngaai Fei) cherche à organiser un soulèvement afin de monter sur le trône. Pour ce faire, il recrute des artistes martiaux et s’empare de différents symboles du pouvoir chinois qu’il cache dans une maison protégée par de nombreux pièges mortels. Un juge (Sun Chien) est chargé de contrecarrer ses plans.
Critique – Chin Siu-ho – Wong Lik – Lu Feng – Sun Chien
House Of Traps est l’avant-dernier film que Chang Cheh réalisa pour la Shaw Brothers qu’il devait quitter l’année suivante, en 1983. C’est une bonne surprise dans une filmographie qui s’étiole au fil des ans et qui touchera le fond, pour la période Shaw, avec un film ahurissant de médiocrité, The Weird Man. Mais House Of Traps est également le dernier film de la troupe des Venoms, déjà incomplète puisqu’il y manque Lo Meng démissionnaire depuis un an.
Le film s’ouvre sur une très belle scène en ombres chinoises qui dépeint l’assassinat d’une femme à la hache suivi de la pendaison de son tueur d’époux. En ces quelques plans, Chang Cheh résume les événements qui ont conduit un des protagonistes, leur fils (Ngaai Fei), à sa condition de prince déchu. La séquence suivante le présente au spectateur à travers les deux panneaux d’un tableau qu’il contemple et qui illustrent son drame familial. Son objectif ne fait aucun doute : récupérer le pouvoir qui lui a été confisqué. Entouré d’une éminence grise (Lung Tien Hsiang) et d’un artiste martial (Wong Lik), il va dès lors tenter d’attirer à lui les plus fameux épéistes pour constituer une armée et organiser le soulèvement qui le portera à ce trône tant convoité. C’est à ce moment que se présente à lui un voleur (Lu Feng) qui lui offre ses services et un magnifique cheval de jade volé à la cour de l’empereur. Le prince décide alors de conserver ce trésor et de désormais s’emparer des plus beaux symboles du pouvoir. Il les cachera, avec la liste des membres de son armée secrète, dans une maison inviolable truffée de pièges.

Peu de temps après, un second voleur sollicite une audience au prince. Comme le précédent, il demande à le rejoindre et lui offre, en présent, une couronne de pierres précieuses. Pour faire preuve de sa dextérité, il se propose même de voler à un fonctionnaire son sceau royal. C’est bientôt chose faite. Pendant ce temps, un juge (Sun Chien) est mandaté par les plus hautes autorités pour enquêter sur les agissements secrets du prince. Lancé sur les routes avec son valet (Lau Fong Sai), il rencontre un mystérieux épéiste (Chin Siu Ho) qui semble inlassablement pourchassé par des hommes de mains. Tous les chemins semblent mener à la demeure de l’ambitieux félon…

Avec sa maison truffée de pièges, House Of Traps retrouve l’esprit BD de The Five Venoms et ses artistes martiaux plus proches des super héros que des chevaliers classiques. Tout y est incroyable et fantaisiste : gadgets (les pièges), accoutrements (vêtements avec poitrine – musclée – apparente, couvre-chefs grotesques – ceux de Lu Feng et Philip Kwok sont ahurissants !), décors, rebondissements… L’exploitation est même de la partie avec ce pauvre poulet jeté vivant sur des pics acérés (attention aux amis des bêtes !), avant qu’un homme ne prenne sa place. Au passage, curieuse façon d’enregistrer la déclaration d’un témoin.

Une fois n’est pas coutume chez Chang Cheh, les femmes sont totalement absentes du film : aucune traîtresse, pas d’histoire d’amour, mais une histoire qui privilégie l’aventure et les arts martiaux, fait d’affrontements et de moments sanglants, voire particulièrement gores. Le scénario, point faible de nombreuses œuvres de l’ogre de Hong Kong en fin de carrière et toujours co-écrit avec Ni Kuang, est pour une fois solide avec une pléiade de personnages bien construits et une intrigue carrée. On pourra cependant regretter que la bonne idée qui donne son titre au film, la maison aux pièges, n’est pas assez exploitée eu égard à son haut potentiel ludique. (Au contraire de la 36th Chamber Of Shaolin ou des 18 Bronzemen qui faisaient du parcours initiatique dans un dédale d’obstacles un de leurs temps forts.)

Les acteurs sont sans conteste l’atout principal de House Of Traps. Dans la première partie du film, la part belle est faite à Chin Siu Ho, un des « baby Venoms » qui a débuté sa carrière à la Shaw Brothers trois ans auparavant. Il y fait montre d’indiscutables qualités martiales et d’un sens de la comédie convaincant (il est d’autant plus dommage que son parcours cinématographique se soit perdu dans les limbes de la série B…).

La seconde partie du film voit l’arrivée de Chiang Sheng et Ricky Cheng, tout deux mi-acrobates mi-clowns, qui insufflent un second souffle au récit. On regrettera, pour la dernière apparition de la troupe des Venoms, le sous-emploi de Sun Chien, kicker hors pair, qui ne combat jamais. Heureusement que Lu Feng et Philip Kwok nous offrent de beaux affrontements ! Si le spectateur passe outre cette petite déception, il ne pourra que prendre un immense plaisir aux chorégraphies martiales, rares mais inventives et riches.

Fin d’une époque pour un certain nombre de ses participants, House Of Traps est une belle réussite – sans être un chef-d’œuvre – qui satisfera amateurs des Venoms et du Chang Cheh de la fin des années 70.
David-Olivier Vidouze 9/8/2007

Les bonus du HKCinemagic :


Né le 27/1/1967, Artiste martial talentueux, bel homme et acteur convaincant. Chin Siu Ho avait tout pour plaire mais, malgré sa participation à des succès aussi bien populaires qu’artistiques, il ne réussira pas à s’affirmer comme une star du film d’action.
Comme son frère Chin Kar Lok, Siu Ho a étudié l’opéra de Pékin sous la sévère direction de madame Fan Fok Fa. Il rejoint la Shaw Brothers à la fin des années 70 en tant que cascadeur et acteur de seconds rôles. Dans le cadre d’une Shaw à la recherche d’un nouveau souffle, Siu Ho s’impose comme un des nouveaux espoirs du studio. On pourra ainsi le voir dans des rôles conséquents, martialement mais aussi au niveau du jeu, pour des films comme I Will Finally Knock You Down,, This Man is Dangerous ou Fast Fingers. Mais, le faible succès des films auprès du grand public l’empêche de percer.
Quand la vénérable compagnie ferme son versant cinéma, Siu Ho va chercher refuge chez l’influent Samo Hung. Bien vu car c’est grâce à lui qu’il va connaître son premier gros succès commercial avec l’excellent Mr Vampire. Bien remis en selle, le jeune homme va aussi s’associer un temps avec Nam Nai Choi pour deux films (The Seventh Curse et Killer’s Nocturn) qui seront eux aussi des réussites au box office.
Mais, alors que sa carrière semblait partie pour briller, il connaît un gros creux en enchaînant les films mineurs. Quand il parvient à retrouver la voie du succès, c’est avant tout dans des seconds rôles (They Came To Rob Hong Kong ou Vampire Vs Vampire). Une position qui lui bloque complètement la route de la starification auquel il semblait promis. Des films où il occupe le devant de la scène comme New Kids In Town ou Come From China n’arrangeront rien en floppant inéluctablement.
La période 93/94 devait être un moment clé pour l’acteur. Ses excellents rôles dans les non moins bons The Tai Chi Master et Fist Of Legend le voient reprendre les devants. Hélas ! L’histoire bégaie et, tout comme dans les années 80, après ces réussites, Siu Ho se retrouve à enchaîner les nanars (Yes Madam 5) qui plombent définitivement sa carrière. Une situation dont il n’a toujours pas réussi à s’extirper aujourd’hui même si on peut noter sa participation à quelques populaires séries TV.
Signalons enfin qu’il fut un temps marié à Sharon Kwok.
Arnaud Lanuque (aout 2004)

De parents natif du Hubei, Wong Lik est né à Hong Kong et a pratiqué les arts martiaux depuis sa petite enfance. A 15 ans, il émigre à Taiwan avec son père et y auditionne un peu plus tard pour la Chang’s Film Co. Impressionné par ses talents, Chang Cheh l’engage dans sa compagnie en tant qu’acteur sous contrat.
En 1978, Wong Lik retourne à Hong Kong et est engagé à la Shaw Brothers. Il continue de travailler énormément pour son mentor, Chang Cheh.
Sa carrière cinématographique prend quasiment fin avec la chute des studios de la Shaw Brothers hors desquels il ne tournera que très peu.
David-Olivier Vidouze (adapt. trad. IVL)
Comme bon nombre des artistes martiaux composant les célèbres Venoms, Lu Feng est taïwanais d’origine.
A l’âge de 8 ans, il débute son apprentissage des arts martiaux qui le conduira en toute logique vers une carrière de cascadeur. C’est là qu’il attire l’attention du réalisateur Chang Cheh qui le recommande auprès des dirigeants de la Shaw Brothers. Il débute ainsi comme acteur de second rôle en 1976 dans Shaolin Temple. Deux ans plus tard, il obtient son premier rôle important dans The Five Venoms. Par la suite, Lu Feng endossera généralement le costume du méchant de service, la plupart du temps dans des productions réalisées par Chang Cheh.
En 1979, Lu Feng obtient un prix à l’Asian Film Festival pour sa performance d’acteur dans Shaolin Rescuers. Dès 1982, année marquant la fin du règne des Venoms, il peine à trouver des projets susceptibles de relancer sa carrière. Après quelques productions tournées à Taïwan, il met définitivement la clé sous la paillasson en 1984, à l’occasion du film Fight Among The Supers.
Stéphane Jaunin (avril 2004)
Autre année de naissance fréquemment donnée : 1955 ou 1956….

Né en 1955 à Taïwan, Sun Chien, de son vrai nom Suen Jian-Yuan, fut l’un des membres les plus actifs des Venoms. Issu d’une famille brisée (il perd ses parents durant son enfance), le jeune scorpion est élevé par ses deux sœurs. Malgré cet univers familial exclusivement féminin, il se passionne pour les arts martiaux et devient expert en Taekwondo.
Son coup de pied ravageur lui permet d’attirer l’attention du mythique réalisateur de la Shaw Brothers, Chang Cheh. Celui-ci cherche, en effet, à mettre sur pied une troupe de jeunes acteurs susceptibles de succéder aux David Chiang, Ti Lung et autres Jimmy Wang Yu. Sun Chien fait donc ses premiers pas au cinéma, en 1976, dans Chinatown Kid, un film d’action ayant pour vedette Alexander Fu Sheng. L’année suivante, il enfonce le clou et devient le mystérieux « Scorpion » des Five Deadly Venoms. Dès lors, le plus souvent accompagné de ses frères Venoms (Philip Kwok, Lu Feng, Chiang Sheng et Lo Meng), il tourne avec Chang Cheh toute une série de films entre 1978 et 1982. En 1985, sous la direction de Taylor Wong (Buddha’s Palm), il fait ses adieux à la Shaw Brothers, alors sur le déclin, avec Pursuit Of A Killer.
En 1990, il tente de réintégrer la scène cinématographique hongkongaise en dirigeant les chorégraphies de Widow Warriors. Suen Chien tire son ultime révérence en 1991 dans Angry Ranger, une production Jackie Chan.




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