[Film] Golden Boy, de Joe Chan (2025)

Cheung Lek était autrefois le « golden boy » du monde de la boxe, mais une erreur fatale l’a conduit en prison pour homicide involontaire. Dix ans plus tard, à 34 ans, il est libéré et rencontre son fils, Fong Yuen, pour la première fois. Pour hériter de la succession de la mère de Fong Yuen, Cheung Lek doit vivre avec son fils. Confronté aux difficultés et aux pressions de la paternité, il change peu à peu à mesure qu’il se réconcilie avec son fils et trouve un nouveau sens à sa vie. Encouragé par son entraîneur, Cheung Lek ravive son rêve de boxe et s’efforce de remonter sur le ring pour devenir un modèle pour son fils.


Avis de Cherycok :
Ce qu’il se passe à Hong Kong au niveau des sorties cinéma est un peu étrange car on voit débarouler- depuis 2 ou 3 ans des films qui auraient dû sortir bien avant et qui, à cause de la pandémie mondiale de Covid-19, ont été repoussés aux calanques grecques, certains ayant presque failli être annulés. On pourrait par exemple parler de Burning Blood, ou encore de Atonement, tournés entre 2017 et 2019 mais qui sont arrivés en salles des années plus tard. Aujourd’hui, on va parler de Golden Boy, tourné en 2017 et qui lui aussi a vu son calendrier chamboulé par le Covid-19 (mais pas que), un film réalisé par le vétéran de la TVB Joe Chan mais qui a été porté à bras le corps par son interprète principal, Louis Cheung (Table for Six, Brotherhood of Rebel), qui a vu dans ce film l’occasion de revenir sur le devant de la scène après une période de vache maigre. Le résultat est convenu, certes, mais néanmoins efficace et ô combien attachant.

Louis Cheung a commencé dès 2017 à travailler sur Golden Boy. Grand fan de Rocky qui d’après ses dires a influencé toute sa vision de la vie, Louis Cheung y voyait le moyen de rebondir, de montrer au milieu du cinéma ce qu’il avait dans le ventre et il espérait même gagner une récompense pour ce rôle. Avant même que le film soit officiellement lancé, il a suivi un entrainement de boxe avec le champion de boxe hongkongais Rex Tso Sing-Yu et a pris 23kg de muscles afin de ressembler à un vrai boxeur. De longs mois de souffrance pour la préparation de ce rôle au point d’avoir même commence à souffrir d’une hernie pelvienne et de sciatique. Mais il tenait en durer toute cette douleur physique lors du tournage. Outre le Covid-19 qui a mis des bâtons dans les roues du projet, il y a également la société de production qui était derrière et qui a fermé ses portes, laissant une dette de plusieurs millions de dollars hongkongais. Aucun repreneur pour le projet de ce film alors en post-production et c’est Louis Cheung lui-même qui a mis la main à la patte, engageant plus de 100000 dollars HK de sa poche, s’occupant de la planification et de la coordination en coulisses. Ce n’est que fin 2025, soit plus de 8 ans après le lancement du projet, que Golden Boy arrive dans les salles hongkongaises et c’est un véritable succès à Hong Kong, dépassant les 10 millions de dollars de recettes. Le score peut paraitre un peu faiblard, mais sans le contexte actuel de Hong Kong, c’est devenu très rare qu’un film local dépasse cette barre symbolique. Louis Cheung espérait que ce film lui vaudrait des récompenses, il n’en aura pas eu, mais il aura eu la reconnaissance du public, de ses pairs, mais aussi et surtout de sa famille à qui il voulait prouver avec ce film et ce rôle, en particulier à son fils, qu’il faut toujours poursuivre son rêve et qu’il faut faire de son mieux pour y arriver, tout en n’étant pas obsédé par le résultat car c’est dans le processus qu’on y gagne quelque chose. Mais revenons-en à Golden Boy qui pourrait être un croisement entre Rocky et Somebody Up There Like Me.

La première chose à savoir à se lançant dans Golden Boy, c’est qu’on va être ici dans quelque chose qu’on a déjà vu dans d’autres films sur la boxe. La narration du film est relativement classique, de la rédemption à l’affrontement final en passant par le fameux montage d’entrainement. Comme dit en introduction, on est dans quelque chose de convenu, avec deux arcs narratifs principaux, d’un côté celui d’un ancien boxeur qui, au sortir de prison, se retrouve père alors qu’il n’en savait rien, et qui va devoir se faire à cette nouvelle condition, et de l’autre celui d’un ancien boxeur qui va devoir remonter sur le ring pour prouver à soi-même et à son fils qu’il est capable de se surpasser. Les deux premiers actes du film sont assez légers avec de nombreuses touches d’humour ci et là, des petits moments mignons où père et fils se découvrent, mais aussi lorsque le personnage d’Eric Tsang (My Lucky Stars, Infernal Affairs) arrive dans la danse dans le rôle du coach sportif. Puis, pour le dernier acte, Golden Boy se fait beaucoup plus sérieux et évitant de peu le mélo trop appuyé jusque dans son dernier plan qui laisse une fin ouverte plutôt que de tomber dans le larmoyant. Il y a des trous scénaristiques, on aurait par exemple aimé en savoir plus sur le passé du personnage de Louis Cheung, sur la jeunesse de son enfant, ou encore sur la relation compliquée entre le personnage d’Eric Tsang et de sa fille, mais le film préfère se concentrer sur les retrouvailles entre père et fils quitte à perdre un peu en contexte. Les performances du casting sont bonnes, en particulier Louis Cheung, Eric Tsang et le jeune Leander Lau qui sont très rapidement attachants et qui livrent des moments réellement touchants malgré leur côté très conventionnels, comme s’il y avait des passages obligatoires vers lequel le film devait aller. Les scènes de boxe sont dynamiques et même pour quelqu’un qui n’aime pas la boxe (j’en fais partie), elles sont suffisamment bien mises en scène, visuellement mais aussi en termes d’intensité qu’elles amènent, pour nous tenir suspendus au sifflet de l’arbitre. C’est certain, Golden Boy sent un peu le réchauffé, mais il est efficace et il a ce petit quelque chose qui le rend réellement attachant.

LES PLUS LES MOINS
♥ Un Louis Cheung très impliqué
♥ Des scènes de boxe réussies
♥ Une bonne mise en scène
♥ Des personnages attachants
⊗ Très (trop) classique
⊗ Manque de profondeur

Golden Boy est un film sur la boxe relativement classique, aussi bien dans son histoire que dans sa narration. Pourtant, il a ce petit quelque chose qui le rend réellement attachant et qui rend le visionnage des plus sympathiques.



Titre : Golden Boy / 金童
Année : 2025
Durée : 1h31
Origine : Hong Kong
Genre : Classique mais efficace
Disponibilité : Blu-ray
Réalisateur : Joe Chan
Scénario : Jeng Shing-Miu, Toni Shum

Acteurs : Louis Cheung, Leander Lau, Rosa Maria Velasco, Eric Tsang, Lam Suet, Tommy Chu, Dough-Boy, Gladys Li, Anna Ueyama, Lawrence Cheng, Mars, Ben Yuen




















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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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