Java 1942. Dirigé par Yonoi, capitaine de l’Armée impériale japonaise féru de discipline, un camp de prisonniers anglais est le théâtre d’une intense guerre psychologique. A la crainte et au mépris qu’éprouvent les prisonniers et les subalternes pour Yonoi, s’oppose la résistance du major Jack Celliers. D’abord intrigué par son attitude provocante, puis réellement fasciné, Yonoi tente par tous les moyens de faire plier Celliers. Hanté par le souvenir obsédant d’une erreur de jeunesse, ce dernier prend tous les risques pour la survie de ses compagnons d’infortune.
Avis de Cherycok :
Metropolitan sort en Edition blu-ray collector Furyo de Nagisa Ôshima, c’est l’occasion pour moi de faire une séance de rattrapage d’un classique du cinéma des années 80 que je n’ai pas vu. Sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes 1983, récompensé dans plusieurs pays, Furyo est un film de guerre à part, une proposition de cinéma qui a clairement dû en dérouter certains. Basé sur le roman The Seed and the Sower de Lourens van der Post qui relatait ses expériences dans un camp de prisonniers de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale, a la particularité de donner possiblement son meilleur rôle au chanteur David Bowie, mais aussi son premier rôle dramatique à Takeshi Kitano, novice en tant qu’acteur à cette époque où il foulait les planches avec des spectacles comiques. Mais Furyo est surtout un film captivant, très émouvant, incroyablement humain, qui mérite d’être (re)découvert.

Furyo ne ressemble pas aux habituels films sur des prisonniers de guerre. Il raconte d’histoire d’officiers alliés détenus dans une prison japonaise sur l’ile de Java, mais au lieu de se concentrer sur les habituelles tentatives d’évasion, il s’agit plutôt ici d’un traité sur la condition humaine qui explore la nature de la guerre et de l’esprit humain, de la lutte pour la justice et l’honneur. Pour clairement apprécier le film, il faut avant tout essayer de comprendre la culture des prisonniers à l’époque, mais aussi et surtout de leurs geôliers. Pour les prisonniers, c’est une conséquence malheureuse mais temporaire de la guerre. Ils en ressortiront normalement vivants puisque la Guerre semble proche de se terminer, en leur faveur. Pour les geôliers japonais, ce n’est pas le même point de vue et pour eux, ceux qui se sont rendus plutôt que de mourir au combat sont des lâches, indigne des geôliers mais aussi de vivre et donc sacrifiables. Certains des officiers du camp tentent de les rééduquer, selon leur point de vue à eux, afin de leur montrer comment un véritable guerrier vit et meurt (avec un harakiri qui doit être public). On y voit les tensions qui peut y avoir entre les soldats britanniques et leurs gardes japonais. Mais Furyo s’attarde surtout sur quatre personnages. Il raconte l’histoire du prisonnier John Lawrence, qui tente de mettre en place des liens entre les deux cultures qui s‘affrontent. On nous raconte l’histoire du prisonnier Jack Celliers, rebelle et provocateur, qui vient semer la pagaille dans l’esprit du colonel Yonoi. C’est donc aussi l’histoire du colonel Yoroi, arrogant et taciturne, chef du camp des prisonniers qui s’efforce de faire fonctionner son camp mais qui est trop ancré dans des traditions. Enfin, on nous raconte l’histoire du sergent Hara qui à aucun moment ne cherche à comprendre les prisonniers, mais qui pourtant sait se montrer également sympathique. Les interactions entre ces quatre personnages sont réellement intéressantes et ils vont permettre à l’histoire d’atteindre un climax qui laisse une forte impression, avec un ultime plan réellement bouleversant.

Le casting est clairement une des forces du film et le quatuor composé de David Bowie, Tom Conti, Ryûichi Sakamoto et Takeshi Kitano nous scotche à l’écran, par leurs interactions donc, mais aussi et surtout par les émotions qu’ils arrivent à faire passer via les luttes physiques et psychologiques de leurs personnages. Parce que dans Furyo, le manichéisme est très rapidement laissé de côté. Comme le dit le personnage de Tom Conti, il est la victime d’hommes qui sont convaincu d’avoir raicon, tout comme les japonais étaient convaincus d’avoir raison. Le film d’Ôshima est une représentation réaliste de la nature humaine en temps de guerre qui ne tombe jamais dans la caricature ou le cliché du bien contre le mal. Sa mise en scène est forte, il sait ce qu’il veut montrer et ne commet pas l’erreur d’être trop indulgent ou dramatique envers les crimes commis par son pays. L’auteur du livre dont le film est basé a d’ailleurs déclaré « C’est le seul film de guerre que j’ai vu qui n’exploite pas le drame superficiel et les horreurs de la guerre, mais qui pénètre dans les origines et la signification de la guerre dans l’esprit humain. De plus, il est honnête et courageux, et regarde avec le même regard franc et sans détour le caractère des Japonais et des Européens. ». Du coup, on ressent tour à tour de l’affection et de la tristesse pour les quatre personnages, une tristesse souvent accentuée par l’excellente bande son mélancolique de Ryûichi Sakamoto, qui incarne également le colonel Yonoi. Si on ajoute à cela une très belle photographie, tout comme les décors et les environnements, on obtient un film réellement marquant, qui explore le côté sombre de l’esprit humain et la lutte des valeurs humaines en temps de guerre. Il est à noter que Furyo explore la thématique de l’homosexualité en tant de guerre, fait assez inhabituel dans ce genre de film, avec en particulier une scène relativement homoérotique, bien que pas assez exploitée.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Le casting ♥ Le message du film ♥ La mise en scène ♥ La bande originale |
⊗ Certaines idées pas assez approfondies |
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| Furyo est un film de guerre qui sort des sentiers battus et qui retient l’attention par sa façon d’aborder la vie dans les camps de prisonniers. Un film à la fois violent et léger, mélancolique, mais surtout un film marquant. | |

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FURYO est sorti chez Metropolitan en DVD (16.99€) et Blu-ray édition collector limitée au prix de 29.99€. Il est disponible à l’achat ici : Roboto-Films.fr Version français et version originale sous titrée français – BD 50 – MASTER HAUTE DEFINITION – 1080p – 1.85:1 – Format 16/9 – Couleurs – DTS-HD Master Audio 5.1 En plus du film, on y trouve : Interviews du producteur Jeremy Thomas et de Ryuichi Salamoto, Making Of, Bande annonce originale restaurée. Sur le 2ème blu-ray, on trouve le documentaire « Tokyo Melody ». |
Titre : Furyo / Merry Christmas Mr. Lawrence
Année : 1983
Durée : 1h57
Origine : Angleterre / Nouvelle-Zélande / Japon
Genre : Mon meilleur ennemi
Réalisateur : Nagisa Ôshima
Scénario : Nagisa Ôshima, Paul Mayersberg, Lourens van der Post
Acteurs : David Bowie, Tom Conti, Ryûichi Sakamoto, Takeshi Kitano, Jack Thompson, Johnny Ôkura, Alistair Browning, James Malcolm, Chbris Broun, Yûya Uchida





















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