
Le Dr Friedrich Ritter est un philosophe allemand, adepte de Friedrich Nietzsche et de Arthur Schopenhauer. En 1929, rejetant les valeurs de son pays, il fuit l’Allemagne avec son épouse Dora Strauch. Ils s’installent sur l’île Floreana dans l’archipel des Galápagos. Friedrich veut y trouver le sens de la vie en abandonnant la société et le monde civilisé. Il développe alors la rédaction d’un manifeste, tandis que Dora décide de guérir sa sclérose en plaques par la méditation. Mais leur solitude durement gagnée va être de courte durée. Margret Wittmer, son mari Heinz et de leur jeune fils Harry arrivent sur les lieux. C’est ensuite une riche héritière surnommée « la Baronne » qui débarque sur l’île avec deux hommes. Chacun va alors tenter de prendre le pouvoir pour contrôler l’île.
Avis de Rick :
Avec son budget estimé à 55 millions de dollars, Eden est l’un des derniers flops de 2025. Encore un on me dira. Oui, à peine 2 millions récoltés aux Etats Unis pour le moment. Mais cet échec, il est facilement compréhensible, et ce malgré le casting à même d’attirer, de base, un public en salles. Car Eden a eu une distribution plus que limitée aux Etats Unis (environ 600 écrans), en plus d’être vendu la plupart du temps à l’étranger à Amazon Prime. Du coup, oui, la VOD, ça ne fait pas monter le box-office. Ou alors, au-delà de ces faits, Eden est peut-être juste un mauvais film ? Alors, non. Bien que ce qu’il raconte n’est pas nouveau, et donc, que pour un thriller, l’ensemble soit assez prévisible, Eden n’est pas un mauvais film. Il suffit de jeter un œil à l’équipe du film de toute façon pour se dire que ça ne pouvait pas être totalement mauvais. Devant la caméra, on trouve Jude Law (The Holiday, Sherlock Holmes), Ana de Armas (Blade Runner 2049, Knives Out), Vanessa Kirby (la nouvelle version des Quatre Fantastiques) ou encore Sydney Sweeney (qui fait en ce moment polémique avec une pub de jean, qui est en vérité un régal pour les yeux). Mais ça ne s’arrête pas là, car on trouve Hans Zimmer à la musique, et Ron Howard à la mise en scène, mais aussi derrière les grandes lignes du scénario. Ron Howard, s’il a un peu perdu de sa superbe avec les années (le film Solo pour Disney aura finalement fait du mal à la vision que l’on a de l’artiste), reste un faiseur plus que compétent. Oui, ci et là, quelques mauvais films, ou films dispensables. Mais il ne faut pas oublier qu’il a aussi livré Cocoon, Willow, Backdraft, Apollo 13 ou Un Homme d’Exception. Et même récemment, en 2022, le très bon Treize Vies. Mais oui, malgré tout, ce qu’Eden raconte n’est pas nouveau.
Jude Law joue donc un philosophe Allemand qui a décidé de s’installer sur une île paradisiaque et sans habitants avec sa femme (Vanessa Kirby). La solitude, pas de contacts humain, loin de la civilisation, de la guerre, des conflits, de tout en fait. Mais ce havre de paix va rapidement être chamboulé avec l’arrivée d’une famille de trois et demi (Daniel Brühl dans le rôle de Hans, Sydney Sweeney jouant sa femme Margret, Jonathan Tittel est leur enfant, et la madame est enceinte), puis d’une baronne, Eloise (Ana de Armas), plus préoccupée à s’envoyer en l’air qu’à se montrer respectueuse. Oui, d’entrée de jeu, on voit où le métrage va en venir, que l’homme est le plus grand des dangers, plus que la nature indomptable. Et bingo, c’est exactement le sujet du film, avec des personnages qui se tirent dans les pattes en permanence, que ce soit de manière frontale ou détournée, que ce soit pour avoir plus de nourriture que les autres, mais surtout, bien que dans les faits cela parait dérisoire, plus de pouvoir sur les autres. L’homme est un loup pour l’homme après tout. Ces quelques personnages qui fuient donc leur pays pour se réfugier sur une île et y trouver la paix vont se comporter de telle manière que finalement, le problème n’était sans doute pas l’environnement qu’ils fuient, mais tout simplement eux-mêmes. Et oui, du coup, comme précisé, Eden, pour un thriller qui tente à plusieurs reprises de jouer sur la tension, peut décevoir, car il n’est jamais réellement surprenant. On voit venir tout à l’avance, on sait que beaucoup de personnages vont péter un câble, et on sait très bien que le nombre de personnages va devoir diminuer au fur et à mesure des minutes. Malgré tout, le scénario parvient, ci et là, à glisser dans le récit quelques vraies surprises, comme la scène de l’accouchement, assez surprenante. Et puis, si Ron Howard a toujours été à mes yeux un bon faiseur plutôt qu’un auteur, il sait ce qu’il fait avec une caméra, et parvient parfois à livrer, en plus de belles images, une belle atmosphère, même si certains diront que l’ensemble reste un peu trop académique.
Mais oui, Eden, malgré son académisme et son manque de vraies grosses surprises sur la durée, se suit avec plaisir. Les décors naturels sont splendides, le métrage n’ennuie pas, quelques scènes ne reculent pas devant la violence (ou la nudité, homme ou femme, vous pourrez vous rincer l’œil), et bien entendu, son casting aide à rendre la vision plus que sympathique. Jude Law est très bon en philosophe un brin hypocrite qui sert rapidement ses propres intérêts et envies lorsque ça dégénère, Vanessa Kirby en femme qui va petit à petit prendre son destin en main est souvent juste. Le reste n’a pas à rougir, avec un Daniel Brühl (qui retrouve plus de 10 ans après Ron Howard, après Rush) tout en retenu, et bien entendu, avec les deux magnifiques femmes restantes du casting. Ana de Armas qui enchaine les films à un rythme fou depuis des années impressionne oui en personnage détestable de sa première apparition jusqu’à sa dernière, et Sydney Sweeney, que je connaissais peu (n’ayant vu pour le moment que le sympathique Immaculate ainsi que le Tarantino avec elle), a sans doute le rôle qui évolue le plus de tout le film, même si son parcours reste classique. Elle est en tout cas très crédible à l’écran, et tout cela me donne envie de fouiner un peu plus sa filmographie, surtout que son métrage Americana sort ce mois-ci (pas chez nous évidemment) et qu’il me fait affreusement envie. Tout ça pour dire que oui, si Eden ne réinvente pas le genre, ni ses thématiques, il se fait assez solide pour divertir deux heures durant avec de beaux décors et un très bon casting. Et moi, je prends tout simplement ce que le film me propose, quand c’est carré.
LE MEILLEUR | LE PIRE |
♥ Deux heures qui passent bien ♥ Quelques très bonnes scènes (l’accouchement) ♥ Le casting dans sa globalité ♥ Très bien filmé |
⊗ Peu surprenant ⊗ Des thématiques qu’on voit venir à des km |
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Eden, c’est un thriller assez classique, prévisible même dans les grandes lignes, mais malgré tout plaisant, car filmé avec sérieux, souvent beau, et avec un super casting. |
Titre : Eden
Année : 2024
Durée : 2h09
Origine : Etats Unis
Genre : Thriller
Réalisation : Ron Howard
Scénario : Noah Pink
Avec : Jude Law, Ana de Armas, Vanessa Kirby, Daniel Brühl, Sydney Sweeney, Jonathan Tittel, Felix Kammerer et Toby Wallace
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