Un bébé magique est envoyé sur Terre par un dieu bienveillant. Recueilli par un bûcheron qui l’élève comme son propre fils, le jeune héros devra affronter son double maléfique aux dangereux pouvoirs…
Avis de Cherycok :
Dans la première moitié des années 80, la Shaw Brothers alors en perte de vitesse, part un peu dans tous les sens et vers tous les genres. Le film d’horreur, le polar, le drame, mais aussi le wu xia pian fantasy à tendance psychédélique. Fleurirons des films tels que Buddha’s Palm, Holy Flame of the Martial World, Portrait in Crystal, ou encore The Hidden Power of the Dragon Sabre. Et avant de réaliser ce dernier, son dernier film de sabre, Chu Yuan a mis un autre film du genre en boite, le bien nommé Descendant of the Sun, autre délire que les amateurs de bisseries du genre risquent d’apprécier. Les fans de la première heure risquent d’être déçu tant le réalisateur ne semble pas du tout dans son élément, voire parfois carrément désintéressé. Mais pour les amateurs de délires visuels sous LSD et de combats virant au grand n’importe quoi, c’est souvent un plaisir extrême de voir à quel point le cinéma de Hong Kong de cette époque pouvait aller dans la folie. Alors c’est certain, on ne peut pas dire que c’est une vraie bonne bobine, mais qu’est-ce que c’est fun !

Même si Chu Yuan avait déjà mis un pied dans ce genre de délire, très légèrement avec par exemple The Web of Death, ou bien plus frontalement avec donc The Hidden Power of Dragon Sabre, on est ici dans quelque chose d’encore différent puisque Descendant of the Sun est un remake à peine déguisé du Superman de Richard Donner. Bon, le terme « remake » est peut-être un peu fort, quoi que, mais il semblerait que le film de Donner soit la grosse source d’inspiration qu’on aurait passé au mixeur avec certaines légendes chinoises comme Journey of the West. Descendant of the Sun part dans tellement de délires qu’on se demande même parfois si on n’est pas carrément dans une parodie de Superman. Bien qu’il y ait de nombreuses différences, toute la structure de Superman et de sa suite Superman II sont là. Les deux films ont été condensés, très fortement raccourcis, mais tous les éléments sont bien là, plus ou moins détournés, mais surtout plus ou moins kitchs. Notre héros ne vient pas de Krypton mais du ciel ; il n’est pas journaliste avec Loïs Lane mais est jardinier dans un palais et tombe amoureux de la princesse ; notre héros a lui aussi sa forteresse de la solitude … et on pourrait continuer la liste longtemps comme ça. On a même parfois l’impression que le thème de Superman est utilisé (en version très remixée). La grosse différence, c’est que notre héros ici ne semble avoir aucun point faible et qu’il est capable de tout faire. Il sait voler, il a une force surhumaine, il sait faire de la télékinésie, il maitrise le feu, il peut provoquer des explosions, il casse des épées à mains nues, il peut se transformer en ce qu’il veut, … Bref, il peut tout faire. Visuellement, on est à la fois dans quelque chose de de très réussi et de souvent ratés, mais toujours très intéressant. C’est très coloré, les décors de studios sont travaillés, il règne une atmosphère presque féérique, c’est bourré d’effets spéciaux en tous genres. D’un autre côté, le nombre de décors est au final très limité, Chu Yuan abuse encore plus de fumigènes, certains accessoires sont complètement ratés, et on est dans un kitch de tous les instants. Et pourtant, si on prend le film dans son ensemble, l’esthétique visuelle très kitch possède ce charme de l’époque qui certes peut diviser, mais qui ne laisse quoi qu’il en soit jamais indifférent.

Si on est d’accord pour dire qu’il y a un petit ventre mou en milieu de film, avec une romance et de la comédie qui prennent un peu de place, tout le reste du film va à 200 à l’heure. Le rythme est effréné, voire frénétique, et Descendant of the Sun est rempli de scènes d’action complètement folles, remplis d’effets spéciaux en tout genre, d’effets visuels barrés, de combats ultra-câblés, d’explosions dans tous les sens, de personnages qui volent, et d’idées complètement WTF. Le point d’orgue de tout ce beau bordel qui de déroule sous nos yeux, cette partie de Pierre / Feuille / Ciseau ou notre héros se transforme en ciseau géant pour couper en deux le méchant qui s’est transformé en drap. Oui oui. Ajoutez à cela des fantômes, des zombies, et plein d’autres trucs maléfiques qui ajoutent du nawak au nawak. Difficile de dire à quoi on carburait dans les locaux de la Shaw Brothers de cette époque, mais c’était de la bonne ! Et dans tout ce beau bordel, tout un tas d’acteurs, et en particulier Derek Yee, qui semble s’amuser comme des petits fous, avec parfois des grands sourires aux lèvres comme si on était dans une cour de récréation et qu’une tripotée d’enfants s’amusaient à reproduire des choses improbables qu’ils avaient imaginées. Alors, oui, comme dit plus haut, Chu Yuan ne semble pas très à l’aise derrière sa caméra, filmant ces délires avec ses techniques habituelles, de longs plans, si possibles larges là où un montage frénétique aurait été bien plus raccord avec ce qu’il se passe à l’écran, comme s’il ne savait pas vraiment quoi faire avec le côté virevoltant des affrontements et qu’il se disait « Putain, je suis trop vieux pour ces conneries ». C’est trop statique, c’est trop classique, là où il aurait fallu à l’inverse tenter des choses, oser des plans improbables, oser des effets de style, expérimenter. Mais étonnement, ce décalage participe au kitch de l’ensemble et au final, si on aime ce genre de bizarreries, on se rend compte qu’on a passé un très bon moment pendant 1h24, certes pas devant quelque chose de toujours très bon, mais de toujours très généreux et délirant.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Très rythmé ♥ Un kitch de tous les instants ♥ Des scènes d’action souvent folles ♥ Un casting qui s’amuse |
⊗ Un Chu Yuan qui semble largué ⊗ Un kitch qui ne plaira pas à tous ⊗ Un scénario parfois brouillon |
Note : ![]() Pour les amoureux de bisseries : ![]() ![]() |
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| Descendant of the Sun est loin, très loin même, de faire partie des meilleurs films de Chu Yuan. Pourtant, c’est un bien beau représentant de la vague de wu xia pian psychédéliques du début des années 80 et les amateurs de bisseries passeront un excellent moment. | |

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DESCENDANT OF THE SUN est disponible chez l’éditeur Spectrum Films en Coffret Blu-ray collector (avec 5 autres films) au prix de 80€. Il est disponible à l’achat ici : Spectrumfilms.fr En plus du film, on y trouve : Présentation de Arnaud Lanuque, Les années Shaw (Partie 2) – un entretien avec Derek Yee, ainsi que les autres films du coffret : The Magic Blade, Swordsman and Enchanteress, Heaven Sword and Dragon Sword 1 et 2, The Web of Death. |
Titre : Descendant of the Sun / 日劫
Année : 1983
Durée : 1h24
Origine : Hong Kong
Genre : Wu xia pian psychédélique
Réalisateur : Chu Yuan
Scénario : Shaw Creative Group
Acteurs : Derek Yee, Ku Kuan-Chung, Cherie Chung, Lung Tien-Hsiang, Yang Chi-Ching, Wong Lik, Ai Fei, Yeung Ching-Ching, Yau Chui-Ling, Fan Siu-Wong, Ching Miao




















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