[Film] Anaconda, de Luis Llosa (1997)


Une équipe de tournage du « National Geographic » est prise en otage par un chasseur fou, qui les oblige à le suivre dans sa quête pour capturer le plus grand et le plus meurtrier des serpents au monde.


Avis de Cherycok :
Anaconda… Fleuron des vidéoclubs dans la deuxième moitié des années 90 par le réalisateur de L’Expert (1994) avec Sylvester Stallone et de Sniper – Tireur d’Elite (1993) avec Tom Berenger, souvent moqué même à sa sortie en 1997, mais remportant un joli succès au box-office puisqu’il engendre tout de même 137M$ de recettes pour un budget d’environ 45. Alors forcément, comme cela se faisait beaucoup à l’époque (souvenez-vous La Mutante, c’est devenu une saga, avec Anacondas : A la Poursuite de l’Orchidée de Sang (2004), Anaconda 3 : L’Héritier (2008), Anaconda 4 : Sur la Piste du Sang (2009). Il y a même eu un spin off avec la saga Lake Placid, elle aussi commencée fin 90’s, portant le doux titre de Lake Placid vs Anaconda (2015). Et alors qu’on n’attendait plus rien de cette saga depuis longtemps, voilà que la Chine en fait un remake en 2024 et que les Américains eux-mêmes ont décidé d’en faire en 2025 une version remise au gout du jour, avec Paul Rudd et Jack Black. Comme quoi, un serpent géant en CGI, ça marche ! Mais on reviendra sur ces suites et ces remakes une autre fois et intéressons-nous aujourd’hui à celui qui a tout lancé.

Anaconda est tellement ridicule et excessif qu’on se demande parfois si ce n’était pas volontaire d’en faire un nanar. D’un autre côté, c’était semble-t-il la grosse sortie d’automne pour Columbia et ils semblaient miser beaucoup dessus. Une chose est sure, c’est que Anaconda a été nominé pour six Razzie Awards en 1998, celui du pire film, du pire acteur, du pire réalisateur, du pire scénario, la pire nouvelle star et le pire couple à l’écran. Rien que ça ! Le film figure également parmi les 100 films les plus agréablement mauvais jamais réalisés dans le livre The Officiel Razzie Movie Guide de John Wilson, fondateur des Razzie Awards. Pourtant, malgré tout, le succès au box-office est bien là, peut-être justement parce que le film se prend très au sérieux alors que tout conspire à le rendre involontairement comique et que cela a peut-être amusé le public de voir quelque chose d’aussi pulp dans les salles obscures. Anaconda, c’est un film de série B avec un budget de studio et c’est parfois assez hilarant de le voir s’engager avec autant d’assurance dans l’absurdité. Déjà, le film a du mal à choisir sur quel pied danser entre film d’aventure et bobine horrifique, et le scénario va accumuler les tares et décisions absurdes. Les personnages se séparent sans raison, ils survivent à des attaques censées être mortelles, ils reviennent d’entre les morts X fois pour les besoins du scénario et parce qu’il faut bien atteindre péniblement les 1h29. Mais au final qu’importe car, passée une introduction réellement un peu trop longuette, anaconda trouve son rythme de croisière et est finalement bien rempli de péripéties, il est vrai plus ou moins réussies. Le réalisateur Luis Llosa donne une tonalité volontairement pulp à son film et offre au spectateur de la tension, de l’action, des explosions, de gros plans sur la créature et des retournements de situation. C’est souvent ridicule, mais dans le bon sens du terme pour qui aime les mauvais films sympathiques, et au final, Anaconda n’essaie jamais d’être autre chose que ce qu’il est.

Le casting, composé de pas mal de têtes aujourd’hui bien plus connues qu’à l’époque, est fun mais pas forcément dans le bon sens du terme. Jennifer Lopez est peut-être celle qui s’en sort le mieux malgré son jeu qui suggère qu’elle pensait jouer dans un film bien plus sérieux. La performance de Ice Cube est très agréable à regarder car il ne cesse de donner l’impression de ce pas croire ce qui se passe autour de lui avec ses réactions impassibles et ce semblant d’exaspération qu’on devine devant des évènements de plus en plus absurdes au fur et à mesure que le film avance. Mais la pièce maitresse est clairement Jon Voight, véritable trésor du film, qui livre une performance génialement débridée, avec un accent indescriptible et des regards de méchant de cartoon. Chaque fois qu’il apparait, il vole la vedette à tous les autres acteurs et le film bascule franchement dans la parodie, même si ce n’était clairement pas l’intention. Et puis il y a la véritable star du film, le serpent géant, parfois en animatronique, parfois en CGI, chacune plus incohérente que la précédente, avec une créature qui défie les lois de la physique, de la biologie et parfois même de la logique. Les CGI font lever le sourcil, même pour 1997, et quand on pense que les effets spéciaux pour les anacondas ont coûté 100000$ par seconde, on comprend pourquoi certains étaient à cette époque réticents à les utiliser. C’est assez fun de voir le serpent géant attendre poliment que les humains terminent leurs dialogues avant d’attaquer, de le voir jaillir de l’eau comme une torpille pour essayer de gober ses proies (bien que les anacondas ne gobent normalement pas les humains), de le voir vomir un Jon Voight à moitié fondu mais qui prend le temps de faire un petit clin d’œil, de voir ces humains ne pas trop savoir comment réagir et rester bloquer comme des statues.

LES PLUS LES MOINS
♥ Jon Voight en roue libre
♥ Des moments involontairement drôles
♥ Une photographie plutôt bonne
♥ Un anaconda bien fun
⊗ Un casting souvent aux abonnés absents
⊗ Des CGI qui piquent les yeux
⊗ Une première partie longuette
⊗ Cousu de fil blanc

Note :
Note nanar :

Anaconda premier du nom était une série B rigolote à sa sortie, plus proche du nanar que du bon film, et presque 30 ans après, c’est toujours le cas. Il est souvent ridicule, oui, mais dans le bon sens du terme.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Pendant le tournage d’une scène, les commandes de l’anaconda animatronique ont court-circuité, provoquant une perte totale de contrôle. Certaines séquences ont été incluses dans le film.

• Le tournage en Amazonie a parfois été perturbé par le fait que plusieurs membres de l’équipe avaient une peur bleue des serpents.



Titre : Anaconda / Anaconda, le Prédateur
Année : 1997
Durée : 1h29
Origine : U.S.A / Brésil
Genre : Ana très con Da
Réalisateur : Luis Llosa
Scénario : Hans Bauer, Jim Cash, Jack Epps Jr.

Acteurs : Jon Voight, Jennifer Lopez, Eric Stoltz, Ice Cube, Jonathan Hyde, Owen Wilson, Kari Wuhrer, Vincent Castella, Danny Trejo, Frank Welker


5 1 vote
Article Rating

Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
S’abonner
Notifier de
guest

0 Commentaires
le plus ancien
le plus récent le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires