1. Introduction
2. Daikaiju Gamera (1965)
3. Gamera contre Barugon (1966)
4. Gamera contre Gyaos (1967)
7. Le Coffret Roboto Films
Lorsqu’on pense monstre géant qui détruit des villes, le nom de Godzilla nous vient immédiatement en tête. Cette figure du cinéma tokusatsu est tellement culte que même les américains se la sont appropriée, tout d’abord en 1998 avec le Godzilla de Roland Emmerich, puis plus sérieusement dans les années 2010 avec Godzilla (2014) de Gareth Edwards, Godzilla II : Roi des Monstres (2019) de Michael Dougherty, Godzilla vs Kong (2021) d’Adam Wingard et enfin Godzilla X Kong : Le Nouvel Empire (2024), toujours d’Adam Wingard. Mais nous ne sommes pas là pour parler de Godzilla mais plutôt de son concurrent direct au Japon, Gamera, presque aussi culte au Pays du Soleil Levant, avec l’arrivée il y a quelques semaines dans les bacs, après déjà un coffret sur la trilogie Heisei, d’un nouveau coffret collector de l’éditeur ROBOTO FILMS qui nous propose, pour fêter les 60 ans de Gamera, les trois premiers films d’une saga en comprenant de 12, à savoir Daikaiju Gamera, Gamera contre Barugan et Gamera contre Gyaos.

Mais tout d’abord, quelques mots sur la naissance de la saga…
Dans les années 60, la Daiei était l’un des principaux studios japonais connu entre pour avoir produit des films tels que Rashômon (1950) d’Akira Kurosawa, La Porte de l’Enfer (1953) de Teinosuke Kinugasa, La Vie d’O’Haru Femme Galante (1952) et Les Contes de la lune vague après la pluie (1953) de Kenji Mizoguchi, ou encore les premiers volets de la désormais célèbre saga Zatoichi. Alors en concurrence avec la Toho, le studio qui a créé Godzilla, la Daiei cherche à se renouveler afin d’attirer le public de cette époque qui commence à déserter les salles de cinéma au profit de la télévision, et de générer des recettes importantes. La Daiei a pour projet de produire un film avec des rats géants, appelé Dai Gunju Nezura, et la construction de décors miniatures est lancée. Malheureusement, pour des raisons pratiques et sanitaires, les rats étant difficiles à manipuler et en plus farcis de puces, le projet est finalement annulé. Comme de l’argent a déjà été investi, que des décors ont été construits, et qu’en plus la Toho cartonne avec ses films Godzilla, le Président de l’époque de la Daiei, Masaichi Nagata, demande à ses équipes de réutiliser tout ce qui avait déjà été fait sur Dai Gunju Nezura pour développer un film de monstre géant. On fait appel au jeune réalisateur Noriaki Yuasa, novice dans ce genre de film, et avec l’équipe de la Daiei, ils développent l’idée d’un film mettant en scène une tortue préhistorique géante capable de cracher du feu et de voler, qui porterait le nom de Gamera.
Tout comme Godzilla, Gamera allait lui aussi aborder les craintes nucléaires et les traumatismes de la seconde guerre mondiale, mais afin de se différencier de son concurrent de la Toho, Gamera allait opter pour une approche un peu plus familiale afin de rendre l’ensemble plus accessible pour le grand public. Malgré un budget modeste, l’accent sera mis sur l’action, mais aussi au fil des films sur un monstre qui sera plus proche des enfants, au point de devenir leur défenseur. Daikaiju Gamera verra le jour en 1965 et malgré ses effets spéciaux kitchs, son succès fut immédiat, ce qui permet à la Daiei de produire plusieurs suites et de lancer une saga.
Titre : DAIKAIJU GAMERA
Année : 1965
Durée : 1h18
Réalisateur : Noriaki Yuasa
Scénario : Nisan Takahashi, Yonejirô Saitô
Acteurs : Eiji Funakoshi, Harumi Kiritachi, Jun’ishirô Yamashiko, Yoshiro Uchida, …
Synopsis : Suite à une explosion nucléaire, une tortue préhistorique émerge de l’océan et détruit des villes au large du Japon. Son nom est Gamera.
Seul et unique film de la saga Gamera à être sorti en noir et blanc, Daikaiju Gamera ne se cache pas lorsqu’il emprunte le chemin balisé par Godzilla, le but étant bien entendu que le public japonais soit en terrain connu. Il est donc ici également question d’une créature très ancienne qui est malencontreusement réveillée à cause de l’espèce humaine et qui va commencer à réduire des villes en cendres. Mais là où le premier Godzilla est réputé pour son allégorie assez lourde du traumatisme post seconde guerre mondiale et des deux bombes atomiques que le Japon a reçu de la part des États-Unis, Gamera choisit d’adopter un ton ouvertement plus léger, bien plus pulp que son homologue de la Toho, le but étant d’offrir un spectacle populaire. Dans ce premier film, il n’est pas encore le monstre gentil protecteur des enfants qu’il deviendra par la suite mais bel et bien le monstre destructeur de maquettes tel qu’il est imaginé dans l’inconscient collectif. Pourtant, il y a déjà quelques différences avec Godzilla qui laissent présager la tournure du monstre dans les films à venir, avec un monstre qui a une identité bien distincte, bien moins prédateur que son homologue de la Toho.

Daikaiju Gamera ravira bien entendu les amateurs de films de monstres, mais également ceux qui aiment le charme désuet de ces films de science-fiction des années 50/60, avec leurs effets spéciaux kitchs mais plein de débrouillardise qui devaient faire face aux limites techniques de l’époque. La narration est ici des plus simples, avec un scénario qui se construit par étapes bien distinctes (la découverte du monstre, la montée de la destruction, …), ce qui permet d’amener une certaine fluidité et rendre le film réellement accessible. Avec son 1h18 au compteur, Daikaiju Gamera ne perd pas de temps et l’intrigue avance sans cesse, le rendant bien moins profond que le premier Godzilla, mais au final bien plus divertissant au sens premier du terme. Alors il est certains qu’aujourd’hui, 60 ans après, il y a de quoi sourire en voyant les effets spéciaux du film, avec ses maquettes parfois un peu grossières, avec ce costume de tortue géante qui a parfois du mal à s’articuler correcte, avec ces incrustations foireuses. Pourtant, on prend un malin plaisir lors des scènes de destruction urbaine qui restent mine de rien assez spectaculaires pour l’époque car le film déborde d’énergie dans sa mise en scène. Certaines idées visuelles sont même réellement bien trouvées et, bien que pouvant paraitre un peu ridicules aujourd’hui (la façon dont la tortue s’envole par exemple), essentielles à la construction de cette figure du kaiju.
Alors oui, Daikaiju Gamera est un film imparfait, avec des maladresses, avec un manque de budget souvent visible, avec un ton qui ne semble pas encore bien défini, mais c’est un film de naissance d’une saga qui a son importance dans le cinéma japonais. Bien que ne rivalisant pas avec la puissance symbolique de Godzilla, ce premier film Gamera sait se faire efficace, inventif, accessible et au final réellement divertissant.
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Spécificités techniques :
- Blu-ray Haute Définition – 1920 x 1080
- Format 2.35:1 – Noir et blanc
- Version originale sous titrée français DTS-HD Master Audio 2.0
Bonus :
- Présentation du film par Fabien Mauro
- Interview de Shinji Higushi et Shunichi Ogura, superviseurs de la restauration
Titre : GAMERA CONTRE BARUGON
Année : 1966
Durée : 1h46
Réalisateur : Shigeo Tanaka
Scénario : Nisan Takahashi
Acteurs : Kôjirô Hongô, Kyôko Enami, Yûzô Hayakawa, Takuya Fujioka, …
Synopsis : Barugon, créature reptilienne mythologique, ravage le Japon. Gamera, protecteur de la Terre, se mettra au travers de sa route.
Le premier film Gamera est un succès et une suite est rapidement mise en chantier. Exit le novice Noriaki Yuasa, la Daiei fait appel au vétéran Shigeo Tanaka (La Grande Muraille, 1962) pour mettre en scène la suite des aventures de la tortue géante cracheuse de feu. Le budget alloué au film est augmenté, il sera tourné en couleurs, et on tente un changement de cap, celui de rendre le film plus sombre, plus adulte, clairement le moins tourné vers un public jeune avec un film qui va parfois longuement s’attarder sur les failles morales de l’être humain. Dès la longue introduction avec cette expédition trouvant l’œuf qui deviendra le Barugon du titre, on y voit des hommes motivés par l’appât du gain. Dans Gamera contre Barugon, les personnages sont manipulateurs, avides, égoïstes, et très souvent antipathiques. Le lézard Barugon, réveillé par l’homme, devient au final la véritable victime du film et, au départ, il n’est pas foncièrement maléfique mais c’est l’espèce humaine qui va le transformer en être dangereux. Ce n’est que lorsque Barugon devient incontrôlable et que l’humain ne maitrise plus la situation que Gamera, absent une partie du métrage du coup, fait son apparition et qu’on comprend que l’affrontement entre les deux créatures va être épique.

Le changement de direction de la saga dès ce deuxième film ne s’effectue pas que dans son ton, mais également dans sa mise en scène et dans sa construction. Gamera contre Barugon, plus long d’environ trente minutes que Daikaiju Gamera, prend son temps afin de montrer le désastre progressif des erreurs humaines. Le film se fait parfois plus contemplatif, avec des plans plus longs pour renforcer le propos du film, avec une musique qui va également se faire discrète, comme pour forcer le spectateur à observer l’ampleur des dégâts que les mauvaises décisions des hommes peuvent causer. La mise en scène est réellement réussie et certains plans font preuve d’une réelle beauté. Oui, nous sommes en 1966 et 60 ans plus tard, le kitch est bien là, mais on sent réellement que le budget a été un peu augmenté, avec des maquettes plus travaillées et une recherche régulière de l’esthétisme. On notera également que le costume de Barugon est plus crédible et plus réaliste que celui de Gamera, comme si l’équipe technique avait voulu faire évoluer les choses mais qu’ils étaient bloqués avec ce qui avait été fait sur Gamera dans le premier film. Soyez rassurés, les scènes de destruction sont toujours présentes et toujours aussi amusantes, mais on sent une envie de proposer un récit plus mature, plus moral et quelque part plus humain. On y perd en fun, certes, mais on y gagne en tension, une tension qui trouvera son paroxysme lors de l’affrontement court mais brutal entre Gamera et Barugon.
Avec son récit plus sombre, la saga Gamera change de cap et Gamera contre Barugon propose un divertissement plus mature, plus posé, peut-être moins fun mais au final bien plus intéressant que le virage plus enfantin que prendra la saga dès le film suivant, Gamera contre Gyaos (1967).
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Spécificités techniques :
- Blu-ray Haute Définition – 1920 x 1080
- Format 2.35:1 – Couleurs
- Version originale sous titrée français DTS-HD Master Audio 2.0
Bonus :
- Présentation du film par Fabien Mauro
Titre : GAMERA CONTRE GYAOS
Année : 1967
Durée : 1h26
Réalisateur : Noriaki Yuasa
Scénario : Nisan Takahashi
Acteurs : Kôjirô Hongô, Kichijirô Ueda, Reiko Kasahara, Naoyuki Abe, Taro Marui, …
Synopsis : Une créature volante nommée Gyaos terrorise le Japon en se nourrissant d’énergie humaine. Alors que des scientifiques essayent de comprendre l’origine de Gyaos, Gamera intervient pour sauver l’humanité.
Dès la sortie du deuxième film, Gamera contre Barugon, un nouvel opus est mis en chantier. Là aussi, des changements vont être opérés et c’est un nouveau virage à 180° qui est fait sur la tonalité du film, avec le retour du réalisateur du premier film, Noriaki Yuasa, bien décidé à entériner une formule qui deviendra une constante dans les Gamera suivants de l’ère Showa, celle du Gamera protecteur des enfants. Pour certains, c’est à partir de là que la saga commence à péricliter, les puristes ne se retrouvant plus dans les divertissements trop familiaux. Pourtant, Gamera contre Gyaos reste très intéressant sur plusieurs points, à commencer par la présence de Gyaos, un méchant emblématique de la saga qui est réapparu dans le premier film Gamera de l’ère Heisei en 1995, Gamera : Guardian of the Universe.

Dans Gamera contre Gyaos, on va suivre deux axes narratifs bien distincts, un premier dans lesquels des adultes vont chercher comment éliminer Gyaos, et un deuxième dans lequel un enfant va entretenir une relation particulière avec Gamera. Même si les scènes de ce deuxième axe ne viennent au final que peu perturber le rythme de ce troisième film, elles sont annonciatrices de la suite de la saga qui leur donnera de plus en plus d’importance. Pour le coup, Gamera contre Gyaos se fait bien plus accessible que son prédécesseur, et le film va surfer sur un côté très ludique bien que les scènes impliquant Gyaos, sorte de chauve-souris géante qui tire un rayon dévastateur, soient malgré tout intenses avec des affrontements vraiment cools contre Gamera et des scènes de destruction réussies. Bien qu’on sente encore que le film n’a pas bénéficié du budget d’un blockbuster, les effets spéciaux font de nouveau un pas en avant, aussi bien les maquettes que le costume de Gamera qui a eu droit à un petit lifting. Là où les affrontements du deuxième film étaient lourdauds, comme pour bien nous montrer le poids de ces créatures gigantesques, Noriaki Yuasa opte pour des combats plus rapides et plus spectaculaires, lisibles et dynamiques malgré les moyens limités qui lui sont alloués. Même s’il y a un changement de cap, Gyaos est un méchant qui représente une menace redoutable, avec un design malgré tout encore un peu effrayant pour les jeunes enfants mais qui marque les esprits, et permet de garder malgré tout une certaine tension tout le long du film avant que ça ne bascule définitivement dès l’opus suivant, vers le côté enfantin du kaiju.
Troisième film de la saga, Gamera contre Gyaos est l’opus qui amorce réellement la transition vers le côté enfantin que prendra la saga dans l’ère Showa. Priorisant le spectacle et l’accessibilité malgré un méchant imposant et mémorable, le film se fait moins intéressant que les deux premiers même si le divertissement reste des plus agréables.
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Spécificités techniques :
- Blu-ray Haute Définition – 1920 x 1080
- Format 2.35:1 – Couleurs
- Version originale sous titrée français DTS-HD Master Audio 2.0
Bonus :
- Présentation du film par Fabien Mauro
A l’instar du coffret 5 films Zatoïchi sorti en même temps, ROBOTO FILMS nous présente un coffret Gamera de bien belle qualité. A l’intérieur d’un fourreau cartonné épais reprenant le design des créatures de la saga sous l’ère Showa, on retrouve chacun des trois films dans un digipack 2 volets qui, de leur côté, reprennent les affiches originales des films.
Pour ceux qui veulent approfondir leurs connaissances sur Gamera, on retrouve dans le coffret un épais livret de 60 pages dans lequel, outre des photos de tournage, on pourra lire un essai bien construit et très intéressant de Jordan Guichaux intitulé « Gamera, création du concurrent idéal » et qui permet de prolonger l’expérience Gamera. A cela vient s’ajouter un poster reprenant le visuel du coffret avec Gamera / Barugon / Gyaos, mais aussi 10 photos cartonnées reprenant des moments clés des films.
A noter que le coffret est disponible au format blu-ray (65€) ou au format UHD (79€).
Chacun des trois films a bénéficié d’une restauration 4K supervisée par Shinji Higuchi, réalisateur de Shin Ultraman, et Shunichi Ogura, à partir des négatifs originaux pour un résultat d’une très grande qualité. Déjà, sur le blu-ray, l’image est telle que les deux films en couleurs du coffret ne semblent pas faire leur âge, alors ceux qui sont équipés en 4K devraient être ébahis par la qualité d’image de chacun des trois films. Chacun des trois films sera accompagné de divers bonus, à commencer par une présentation de chaque film des plus intéressantes par le spécialiste du cinéma japonais Fabien Mauro qui revient aussi bien sur les films en eux-mêmes que sur la conception des créatures, leur impact culturel ou leur place dans le cinéma japonais. En plus de ces présentations, on retrouve sur le disque du premier film une interview passionnante de Shinji Higuchi et Shunichi Ogura qui expliquent les choix techniques, les enjeux du travail de restauration et les défis rencontrés sur ces films des années 60.
Le coffret est réellement de toute beauté et s’adresse aussi bien aux puristes du kaiju eiga qu’à ceux qui voudraient se lancer dans le genre et qui pourraient par la suite compléter leur collection avec l’autre coffret consacré à Gamera que ROBOTO FILMS a déjà sorti. Cette édition propose un panorama des plus riches autour de ces trois films, un vrai bel objet de collection grâce aux goodies présents qui représente une vraie upgrade de l’édition DVD sorti chez M6 Vidéo qui proposait malgré tout un film en plus, le 4ème film de la saga Gamera vs Viras.

1. Introduction
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