Piégée dans un tourbillon de haine, de drogue et de rage aveugle, Eve, une prostituée, perd le contrôle de sa vie. Un soir, elle rencontre dans un bar la naïve Kimi, tombée dans les griffes d’un groupe de proxénètes sans scrupules. Un enchaînement fatal d’événements s’ensuit…
Avis de Rick :
Voir un métrage de Sasaki Katsumi sortir en France, c’est un miracle, voire une anomalie en réalité. Personnalité assez underground qui a son lot de fans au Japon, et sur lequel j’étais tombé par hasard sur plusieurs de ses films lorsque j’habitais là-bas, notamment les deux Shin Jiko Bukken ou encore son Dead Cook, le réalisateur s’est fait un nom avec une série de petits films horrifiques souvent bien sanglants, et qui, pour leurs budgets souvent risibles, tiennent la route techniquement. Ce qui en font, forcément, des curiosités intéressantes, bien que pas toujours réussies. En tout cas, depuis 2011 et son premier essai avec Devote to Spring (que j’avais détesté et n’ai donc même pas prit le temps d’écrire quelques lignes dessus), il se fait doucement un nom, enchaine les projets, aura été repéré par le public underground en signant la trilogie Mukuro, puis se sera occupé de plusieurs sagas à destination de la vidéo (ou du streaming, à force je ne connais plus les termes), notamment les Spirit Pandemic (28 opus il me semble, il en aura signé la plupart). Et il trouve malgré tout le temps de livrer d’autres métrages, comme ses deux Shin Jiko Bukken, aussi connus sous le nom de True Accident Property, ou Residents of Evil, qui bien qu’inédits il me semble hors du Japon, ont leur petite réputation. Deux petits films mineurs, que je n’avais pas détesté, même si c’était parfois bancal, et qu’avec quelques coupes, ça aurait pu tenir en un seul film de 1h30. Mais voilà donc que le réalisateur a droit à un film à lui qui sort chez nous, et en physique, en bundle chez Spectrum Films avec le génial One Cut of the Dead. Une opération qui a du sens, car dans le cinéma underground, comme précisé, Sasaki Katsumi commence doucement à se faire un petit nom et donc que cela pourrait attirer quelques curieux, et qu’en bundle avec One Cut of the Dead, métrage bien plus connu, apprécié déjà, et qui en plus a eu droit à un remake made in France avec Coupez, c’est commercialement viable.

Surtout qu’en prime, When You Wish Upon a Star, le métrage de Sasaki qui débarque donc, est sans doute son métrage le plus « éloigné » du reste de sa filmographie. Non pas que ça ne va pas va saigner, et que l’on n’aura pas un ou deux petits démembrements, mais le film a une ambiance bien plus haute que le reste de sa filmographie, souvent de simples petits films de genre. Ici, nous sommes face à un mélange entre le pur film d’horreur d’un côté, et le drame assez dark de l’autre, alors que l’on plonge dans le quotidien d’Eve, une jeune prostituée qui chute dans la drogue, la violence et le sexe, notamment après quelques rencontres. Alors oui, du coup, le métrage de Sasaki se fait plus ambitieux, et conserve sa patte, relativement propre et maitrisée visuellement. Imparfaite oui, mais qui convient la plupart du temps aux histoires qu’il veut nous raconter, et comme le métrage en question mise beaucoup plus sur son scénario qu’à l’accoutumée, c’est donc parfait. Cette ambition se remarque aussi dans la durée du métrage, là où le reste de sa filmographie se concentre sur des films courts, entre 1h et 1h20, When You Wish Upon a Star dure quasiment deux heures, 1h57 pour être précis, rien que ça. Mais avant de parler de ce qui fâche donc, parlons de ce qui fait plaisir. Le connaisseur déjà va reconnaître certains acteurs et actrices avec qui le réalisateur avait déjà pu travailler auparavant. Kaneda Ibuki dans le rôle-titre est d’ailleurs souvent très juste dans un rôle qui demande beaucoup, et surtout, qui demande de lâcher prise. Le mélange de genres et même d’influences au sein du métrage est également parfois rafraichissant, puisque l’on peut passer d’une scène dramatique voire mélodramatique à une scène beaucoup plus dure, à une pure scène gore, avant de partir dans du surréalisme (avec l’amie tuée mais qui revient toujours, et qu’il faut donc tuer de nouveau), voire dans le fantastique (il y a un loup-garou dans le métrage), avant de repartir sur quelque chose de plus doux.

Cela donne un côté imprévisible au métrage, sans cesse surprenant. Malheureusement, ce côté parfois bordélique et ambitieux se retourne parfois contre le métrage. Déjà, l’évidence, When You Wish Upon a Star, en étant autant un film d’horreur qu’un drame, risque d’avoir du mal à trouver son public, voire à le satisfaire, étant parfois trop bavard ou dramatique pour l’amateur de viande, et au contraire bien trop sanglant, fou et vulgaire pour l’amateur de véritables drames. De même, et ça je m’en doutais en réalité un peu, mais autant Sasaki Katsumi est une personnalité sympathique qui a son style, autant forcément, il ne maitrise pas au même niveau chaque style, ambiance et genre qu’il aborde au sein du même métrage ici. Il se fait toujours bien débrouillard pour les effets spéciaux, ne trahissant ainsi pas son bas budget, certaines images surréalistes marquent, tout comme certaines scènes plus punk, mais il se plante quand il faut laisser parler les sentiments, se montrant parfois maladroit voire un peu lourd, et donc, lourdingue vu la durée du métrage. Nul doute pourtant que tout cela a été fait avec la plus grande sincérité du monde. Mais l’on pourrait également ajouter à tout cela l’aspect répétitif de la démarche, surtout arrivé à la seconde heure, où les mêmes procédés, narratifs, thématiques, et même techniquement, finissent par amoindrir l’aspect surprise de ce qui attend le spectateur. Pour finir, il y a son découpage en 3 chapitres, qui m’aura au final semblé plutôt inutile. Attachant mais bancal donc, sans doute trop ambitieux. La découverte via sa sortie avec One Cut of the Dead est donc pour le coup vraiment bénéfique, permettant de découvrir une œuvre imparfaite mais intéressante, à côté d’une valeur sûre. Néanmoins, avec une demi-heure en moins, ça aurait sans doute été bien meilleur.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Ambitieux ♥ Un mélange de genres (drame, horreur) ♥ Visuellement, carré malgré le budget ♥ Des effets spéciaux convaincants ♥ Kaneda Ibuki dans un rôle qui demande beaucoup |
⊗ Deux heures, et c’est trop long ⊗ Trop sanglant pour une partie du public ⊗ Trop bavard pour l’autre moitié ⊗ Moins convaincant dans sa partie plus intimiste ⊗ Un poil trop répétitif sur la fin dans la démarche |
| When You Wish Upon a Star n’est pas un grand film, mais c’est une curiosité assez ambitieuse dans la carrière de son réalisateur. Souvent maladroit, trop long, où chaque aspect n’est pas maitrisé, mais un film honnête et qui y va à fond. | |

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WHEN YOU WISH UPON A STAR est disponible chez Spectrum Films en Blu-ray en combo avec One Cut of the Dead au prix de 30€. Il est disponible à l’achat ici : Spectrumfilms.fr En plus du film, on y trouve : Making of, Interviews, présentations, Bande-annonces |
Titre : When You Wish Upon a Star / 星に願いを / Hoshi ni Negai wo
Année : 2019
Durée : 1h57
Origine : Japon
Genre : Drame horrifique
Réalisation : Sasaki Katsumi
Scénario : Sasaki Katsumi
Avec : Kaneda Ibuki, Masada Kimika, Ozeki Toshikazu, Hatayama Yuki, Uto Yuma, Sugio Mariko et Taira Takahito
Galerie d’images :









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