Après s’être enfui avec une prostituée nommée Otoyo, Hishakaku trouve refuge dans le territoire de la famille Kogane. Reconnaissant envers le patron Kogane pour sa gentillesse, Hishakaku jure de se consacrer à la protection des Kogane en cas de crise. La vie modeste de Hishakaku prend fin brutalement lorsque la famille Kogane se retrouve impliquée dans une querelle mortelle avec ses rivaux, et que les services de Hishakaku sont sollicités.
Avis de Cherycok :
Dans le cinéma, il y a des films importants. Important car ils ont changé la face du cinéma, … Important parce qu’ils ont à eux seuls relancé l’industrie cinématographique d’un pays, … Important car ils ont créé un genre, … Il y a les films importants que tout le monde connait, mais il y a aussi) les films importants, voire fondateurs, qui sont bien plus confidentiels, voire que le public a carrément oublié. Dans le cinéma japonais, dans cette catégorie, il y a Theater of Life, également appelé Life of Hishakaku, un film central, un film charnière, sorti en 1963 qui a lui seul a créé un genre qui fera les beaux jours du cinéma japonais dans les décennies suivantes, le ninkyo eiga, le film de yakuza chevaleresque si on veut reprendre la définition de Wikipedia. Un film qui va utiliser son héritage pour devenir une matrice de ce qui se fera à l’avenir. Oui, Theater of Life est réellement un film japonais important, et le voir arriver chez nous en blu-ray sous la houlette de Roboto Films est presque quelque chose d’inespéré.

Au début des années 60, le cinéma japonais est en crise. La télévision gagne de plus en plus de terrain, la Nouvelle Vague japonaise remet pas mal en cause les récits traditionnels et les studios cherchent à se renouveler, en cherchant de nouvelles figures fédératrices, en essayant de trouver un genre qui accrochera de nouveau le public pour le faire revenir en salles. La Toei, qui sort de l’échec suivant de sa « New Toei » destinée à produire des téléfilms à pas cher, se lance sur la production d’une nouvelle adaptation du roman Theater of Life, ou plutôt une partie du roman qui s’intéresse au Yakuza Hishakaku. C’est un succès monumental au cinéma avec pas moins de 280 millions de yens de recette, et cela va engendrer une première suite la même année, et une l’année suivante. A partir de là, la Toei va peu à peu mettre de côté les films historiques (jidai-geki) pour se concentrer sur des ninkyô eiga. Mais de quoi parle Theater of Life ? C’est un portrait assez tragique d’un homme et d’une femme enfermés dans des destins néfastes dont ils sont incapables de se libérer. Un portrait tragique, mais également un portrait plein de tendresse d’un homme et d’une femme qui s’aiment profondément. L’homme, Hishakaku, interprété par Kôji Tsuruta (Lady Yakuza, Guerre des Gangs à Okinama), après des déboires entre gangs, est obligé de fuir avec sa femme Otoyo, avant d’être rattrapé par la police et envoyé en prison. La femme, Otoyo, jouée par la belle Yoshiko Sakuma (Gang contre G-Men, Le Lac des Larmes) se voit contrainte, après avoir été violé par un ancien membre du gang de son fiancé, Miyagawa, jouée par Ken Takakura (Golgo 13, Super Express 109), se voit « obligée » d’être en couple avec ce dernier. Lorsque Hishakaku sort de prison au bout de trois ans pour bonne conduite et qu’il essaie de retrouver sa femme, les choses vont se compliquer pour le trio. Otoyo ne sait pas comment va réagir l’homme de qui elle est éperdument amoureuse ; Miyagawa, qui ne savait pas que sa compagne était auparavant la femme de son ancien ami, est terrorisé de son retour ; Hishakaku n’était pas au courant de grand-chose depuis sa prison.

Theater of Life est un mélodrame sur fond de guerre de gangs dont la thématique principale est la loyauté, mais surtout ô combien la loyauté peut être cruelle. Le réalisateur Tadashi Sawashima ne romantique à aucun moment la pègre comme l’ont fait certains mais, à l’inverse, la présente comme une machine silencieuse à broyer ses membres. Theater of Life ne nous montre aucunement une ascension de Hishakaku, mais plutôt une longue descente, un héroïsme qui petit à petit disparait. Les personnages sont confrontés au fatalisme et n’ont aucune autre issue d’en rechaper, la prison pour l’un, vivre avec quelqu’un qui ne nous aime pas pour l’autre. Pour le personnage féminin principal, l’un des moteurs du film, c’est la même chose et même pire. Elle vit dans un monde où les décisions des hommes comptent plus que les sentiments, et son quotidien n’est au final que de la survie dans un monde qui n’est que cruauté pour ce qu’elle ressent. Le casting est absolument génial et leur jeu d’acteur assez impressionnant. Le film a pour lui d’avoir à son casting la présence de deux futures grosses stars du cinéma japonais, Kôji Tsuruta et Ken Takakura, qui livrent déjà ici des performances mémorables, épaulés par la jolie Yoshiko Sakuma qui est celle qui procure le plus d’émotion chez le spectateur. La mise en scène de Tadashi Sawashima, bien que moins impressionnante que d’autres classiques du genre, est pourtant de haute volée. Certains plans sont tout simplement magnifiques, et il arrive à capturer dans chaque scène toutes les émotions que ressentent ses personnages. Il y a une forme de retenue qui ne fait qu’amplifier la souffrance des personnages. Lors des règlements de comptes, le réalisateur ne stylise jamais la violence. Les échanges de coups sont courts, secs, parfois un peu sanglants, mais toujours avec cette optique de ne jamais mythifier ses personnages et ce jusqu’à l’affrontement final dans lequel Hishakaku se retrouvera seul face à des dizaines de yakuzas. Cet anti spectaculaire assumé amène encore plus de puissance au propos du film, à ces personnages brisés par la vie, et certaines scènes sont tout bonnement renversantes par le regard désenchanté qu’elles proposent.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Un casting impeccable ♥ La mise en scène carrée ♥ Une grande puissance émotionnelle ♥ La déconstruction du milieu yakuza |
⊗ Une lenteur qui pourra rebuter |
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| Theater of Life est un film charnière dans le cinéma japonais puisqu’il a ouvert la voie aux ninkyo eiga. Certes moins impressionnant que d’autres films du genre, il n’en demeure pas moins captivant de bout en bout et reste longtemps en tête. | |

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THEATER OF LIFE – PART 1 est sorti chez Roboto Films en Blu-ray accompagné de THEATER OF LIFE – PART 2 au prix de 36.90€. Il est disponible à l’achat ici : Roboto-Films.fr Version Originale sous titrée français – BD 50 – MASTER HAUTE DEFINITION – 1080p – Format 2.39:1 respecté – Couleurs – DTS-HD Master Audio 2.0 En plus du film, on y trouve : Livret Essai de Guillaume Rains et photos de tournage, Essai video de Pauline Martyn, Présentation du film par Clément Rauger, Bandes annonces. |
Titre : Theater of Life / Life of Hishakaku / 人生劇場 飛車角
Année : 1963
Durée : 1h35
Origine : Japon
Genre : Film charnière
Réalisateur : Tadashi Sawashima
Scénario : Kin’ya Naoi, Shirô Ozaki
Acteurs : Kôji Tsuruta, Yoshiko Sakuma, Ken Takakura, Ryûnosuke Tsukigata, Tatsuo Umemiya, Yûko Kusunoki, Chiyoko Hunma, Rin’ichi Yamamoto, Yoshi Katô





















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