Le monde martial est à la recherche du « Deer cutting Sword », un sabre forgé par le mythique Xu Ruzi (Tang Ching), censé donner un immense pouvoir à qui le détiendra et capable de trancher n’importe quel matériau. L’arme tombe finalement entre les mains d’une bande d’hommes à la solde de Lian Chengbi (Anthony Lau Wing), chef de clan issu d’une très riche et respectable lignée. La satisfaction est de courte durée car un épéiste (Candy Wen Xue Er) qui dit s’appeler Xiao s’en empare. Pire que ça, il tente de kidnapper quelques jours plus tard Chen Bijun (Cheng Li), la femme de Lian Chengbi. Mais le véritable Xiao (Ti Lung) veille et la délivre. Les deux adultes tombent bientôt amoureux…
Critique – Anthony Lau Wing – Candy Wen – Cheng Li

Chu Yuan est l’homme des retournements de situation. De TOUS les retournements de situation. Pas seulement scénaristiques, non. Il est aussi capable de terminer un film qui commence très mal, d’une manière tout à fait honorable. Ce genre de transformation est assez rare dans le cinéma, les films ayant plutôt tendance à s’essouffler au bout d’une demi heure, mais Chu Yuan nous prouve qu’avec un peu de volonté, on peut même faire l’inverse.

L’histoire commence de manière vraiment confuse sur le vol d’une épée. Nous sont montrés coup sur coup divers camps dont il est au premier abord impossible de comprendre qui est avec qui. Difficile dès lors de faire la distinction des objectifs de Candy Wen, Anthony Lau, la bande à Yuen Wah et ses potes tous habillés en blanc, et même des zombies dont l’utilité m’échappe encore. Un joyeux bordel je vous dis! Dans un tel bric à brac, le réalisateur ne pense même pas à s’attarder sur la psychologie des personnages et leurs motivations. Peu importe me direz-vous quand je vais vous annoncer qui sont lesdits personnages.

Ti Lung pourrait représenter à lui tout seul tout le manque de finesse du scénario. Il incarne donc un rustre, très caricatural, habillé en noir et affublé d’une barbe. Un personnage que l’on pourrait aisément qualifier de Baboulinet du wu xia. Le scénario part lui aussi dans tous les sens et soudainement, une relation amoureuse qui tombe comme un cheveu sur la soupe se profile avec Cheng Li, elle même déjà la femme d’Anthony Lau. Chu Yuan y va aussi sur la romance avec la délicatesse d’une formule 1, en faisant intervenir Lily Li dans le rôle d’une épéiste exhibitionniste. Des personnages qui auraient put être intéressants, il ne reste que quelques méchants qui n’apparaissent malheureusement qu’à la fin. Le genre de mégalo à la personnalité complexe qui feront sourire, mais qui s’avèrent au moins dotés d’un motif.

Pendant toute sa première moitié, le film ressemble à un imbriquement de scènes qui se succèdent, sans recherche de la moindre fluidité dans le montage. Beaucoup de scènes de combats notamment. Heureusement, celles-ci (dirigées par Tang Chia) ne sont pas trop mal torchées. Des combats en plan séquences, avec des chorégraphies très opératiques. Ces affrontements se faisant sur un style de duel très westernien. Le combat entre Ti Lung et Anthony Lau est assez beau. Le final contre Tang Ching se montre en revanche beaucoup moins fin, à l’image du reste du film.

Les décors se montrent au départ particulièrement sobres, pour du Chu Yuan. Des compositions tout d’abord assez foisonnantes, remplissant le cadre de tout un tas de choses très artificielles qui feraient passé le lieux pour une maison de poupées. Chu Yuan s’amuse énormément à obstruer la vision en planquant sa caméras derrières des branchages, mais aussi en jouant avec les flous. Un beau moyen de donner un ton assez bordélique à l’ensemble. Ne soyons pas médisant, il arrive malgré tout à donner de belles images, avec de belles teintes, qui transpirent le tournage en studios.

Malgré tous ces effets ultra-caricaturaux de son style, Chu Yuan parvient à nous intéresser à l’intrigue au bout de la première heure. C’est à dire lorsque l’idée de miniaturiser les personnages et de les enfermer dans un village playmobil lui vient à l’esprit (ou plutôt à l’esprit de Gu Long. Quoique, je n’ai pas vérifié). A partir de ce moment, il s’en donne à cœur joie avec les rebondissements et les lumières psychédéliques. Un revirement plus barré, mais assumé, qui s’avère plus plaisant que le foutoir de la première partie.

En résumé, Swordsman and Enchantress est un film étrange. Autant raté qu’agréable. Aussi moche que beau, qui parviendra surement à plaire aux fans du réalisateurs. Mais si vous n’adhérez pas à son style en temps normal, passez votre chemin.
Anel Dragic (18/08/2010)
Les bonus du HKCinemagic :



Né en 1952, Anthony Lau est le fils d’une célèbre actrice cantonaise, Lai Man. D’un tempérament bagarreur, il apprend dans sa jeunesse le Karaté et le Taekwondo. Des arts martiaux qu’il enseignera une fois la majorité atteint aux cotés de futurs stars comme Carter Wong.
Après avoir participé à un concours, il rejoint la Golden Harvest en tant qu’assistant réalisateur/caméraman. Cela ne l’empêchera pas de devenir acteur et de forger l’essentiel de sa carrière en face des caméras. Ainsi, on pourra le voir dans des petits rôles dans quasiment tous les Bruce Lee, puis il prendra progressivement de l’importance jusqu’à obtenir le rôle principal de Manchu Boxer.
En 1975, après avoir travaillé en indépendant pendant deux ans, la Shaw Brothers le recrute et l’élève au rang de star grâce aux succès de films comme Emperor Chien Lung (4 volets). En 1982, il épouse une autre actrice du studio, Daai Leung Jun, mais lui portera des coups de couteau l’année d’après. Evidemment, l’affaire fera grand bruits et son statut de star ne s’en relèvera pas. Il continuera à travailler pour la Shaw mais quasi systématiquement dans des rôles de méchants (Secret Service Of The Imperial Court)… Vie privée et vie professionnelle sont facilement mélangées à Hong Kong.
Avec l’arrêt de la production cinéma de la Shaw Brothers en 1985, Antony se reconvertira à la TV, surtout en Chine continentale. Il tentera aussi, à l’occasion, de réaliser mais ses œuvres n’ont pas vraiment fait forte impression…
Arnaud Lanuque (juillet 2004)
Née en 1960, Candy Wen fait ses débuts très jeune (à peine 16 ans) en intégrant la chaine CTV en 1976. Elle participe à plusieurs séries TV, la plupart des Wu Xia Pian , qui lui permettent de se forger une certaine popularité. Quand la chaine met la clé sous la porte en 1978, elle rejoint les rangs de Redifusion Television et trouve aussi le temps de se mettre sous contrat avec la Shaw Brothers. Elle deviendra une actrice prisée du studio pour tout ce qui est films d’arts martiaux (The Master, Two Champions Of Shaolin…).
L’arrêt de la production cinématographie entrainera l’arrêt consécutif de la carrière cinéma de la jeune femme. Elle retournera à la TV et ne fera qu’un discret come back en 89/90 pour les besoins du grand Wong Chun Yeung. Elle quittera définitivement le métier après son mariage.
Arnaud Lanuque (octobre 2004)
Née le 8 novembre 1948, la fille de l’acteur Cheng Miu, Cheng Lee débute sa carrière à l’âge de 6 ans en jouant dans diverses productions taïwanaises. Elle rejoint la Shaw Brothers en 1967 et y tourne son premier film, My Dreamboat aux côtés de Lily Ho. Son réalisateur, Tao Qin, impressionné par sa performance à l’écran, lui offre un nouveau rôle important dans When the Clouds Roll By, un drame qui la propulse au rang de star.
Elle devient alors l’une des actrices les populaires et tourne avec les plus grands. Ainsi, Chang Cheh, un proche ami de son père, l’utilise régulièrement dans ses films d’époque, genres auxquels elle parvient sans peine à apporter une touche féminine bienvenue, chose relativement rare en ces temps pour ce style de productions. L’ogre la fera jouer dans certains de ses plus grands films tels Boxer from Shantung et The Blood Brothers. En outre, Cheng Lee devient l’une des actrices fétiches de Chu Yuan. En sa compagnie, elle tourne une vingtaine des films dans des genres aussi variés que la comédie The House of 72 Tenants (le plus grand succès de l’année 1973 dans les cinéma de Hong Kong), les drames Sex, Love And Hate et Sorrow of the Gentry et bien sûr le film d’arts martiaux avec quelques fleurons tels Killer Clans et The Magic Blade.
Forte d’une filmographie impressionnante de plus de cinquante films, Cheng Lee termine sa carrière en beauté avec Shaolin VS Wu Tang, un film d’art martiaux réalisé et chorégraphie par Liu Chia Liang.
Stéphane Jaunin



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