[Film] Stealing Raden Saleh, de Angga Dwimas Sasongko (2022)

Pour sauver son père qui est en prison, le jeune Piko accepte le deal de l’ancien président d’Indonésie, à savoir voler une peinture célèbre avant son exposition. Après avoir monté son équipe avec son meilleur ami Ucup et sa petite amie Fella, le casse peut commencer, mais rien ne va se passer comme prévu.


Avis de Rick :
Si à l’étranger, à l’exportation donc, on connait avant tout le cinéma Indonésien pour leurs films d’action ultra violents, ou bien pour leur cinéma horrifique bien rodé, la production Indonésienne ne se limite pas à ça, et heureusement pour eux en tout cas. Stealing Raden Saleh, on nous le vend un peu comme le penchant Indonésien d’Ocean’s Eleven. Bon, tant mieux, car Ocean’s Eleven de monsieur Soderbergh, c’était très bien. D’ailleurs le cinéma de Soderbergh est intéressant et bon de manière générale, mais je m’égare. Revenons donc en Indonésie. Stealing Raden Saleh remplace notre bande de voleurs gentlemen à Las Vegas par une bande un peu plus jeune, souvent des étudiants universitaires, et remplace le casino par des peintures. Moins sexy peut-être, mais pas inintéressant, vu comment le vol et la copie de peinture célèbre est un business depuis bien trop longtemps. On troque donc aussi Las Vegas pour une ville Indonésienne forcément, Steven Soderbergh pour Angaa Dwimas Sasongko (que je ne connaissais pas, mais dont les films ont plutôt bonne réputation), et la durée elle se voit un peu gonfler pour dépasser les 2h30, ce qui était sans doute l’élément faisant le plus peur. Alors, que valait cette excursion dans le cinéma Indonésien beaucoup plus grand public ? Ma foi, ce fut sympathique, même si la première peur face au métrage, sa durée, s’est avéré bien évidemment être sa première faiblesse. 2h30, c’est long, et il faut tenir sur la durée, savoir se renouveler, sans avoir peur de développer les personnages pour les rendre intéressants, et ainsi donc pouvoir étirer les trois actes du film. Stealing Raden Saleh y parvient dans un sens, puisqu’il n’ennuie pas, mais quelques petites coupes n’auraient assurément pas fait de mal, notamment dans le premier acte, puisqu’avant même de lancer le fameux vol de peinture et de présenter donc toute l’équipe, le film se contente de nous les montrer rapidement, pour se focaliser sur notre héros, son père en prison, et sur de la contrefaçon.

Avant que notre équipe ne se la joue Ocean’s Eleven donc, il faut déjà passer la première étape, celle de la contrefaçon parfaite, qui rentrera en compte dans la suite de l’aventure, pour le fameux vol. Mais voilà, ça a beau tirer un peu sur la corde et donc se faire par moment un peu long pour une introduction, bien qu’utile évidemment, le métrage n’est pas pour autant raté. La mise en scène est propre et appliquée, et évite autant que possible de parasiter son intrigue par des effets de styles (dans le contexte totalement opposé, on pensera à Now You See Me, Insaisissables par chez nous, qui se croyait tellement malin qu’il se brulait les ailes d’entrée de jeu), les personnages ne sont pas des gros modèles d’écriture mais chacun a sa motivation, ses enjeux, et ça leur donne un minimum de consistance pour accepter de les suivre pendant 2h34. Les acteurs, d’ailleurs, sont tous plus ou moins jeunes, mais déjà très actifs sur la scène Indonésienne en enchainant les projets pour la plupart. Mention particulière à la magnifique Rachel Amanda, 28 ans, très belle, très souple puisqu’elle est dans le métrage la caution « baston ». Chaque personnage a forcément son domaine de prédilection, entre celui qui planifie tout, celui doué en art, le chauffeur, jusqu’à l’ajout au dernier moment d’une seconde femme aimant les paris, juste pour consolider leur plan et corriger les possibles failles. Bien qu’évidemment, rien ne va se passer comme prévu, et le petit plan prend de grandes proportions avec ce que l’on peut prévoir de trahisons, d’intervention de la police, de quelques bastons également, avant un troisième acte qui sonne forcément comme le coup de la dernière chance./p>

Rien de surprenant, rien d’original, mais pour un petit film de casse, mettant en avant un jeune casting loin des têtes les plus connues de l’industrie, Stealing Raden Saleh s’en sort avec les honneurs même. Il parvient à nous intéresser, les péripéties sont parfois prévisibles mais tentent toujours de rester crédibles sans en faire trop. Mieux, le film parvient à marier plutôt efficacement différents arcs narratifs sans que cela ne fasse tache, ou de trop, pour entacher la crédibilité de l’ensemble, ce qui n’est pas rien, quand derrière le fameux casse, on nous rajoute un père en prison, un ancien président corrompu, un fils un brin pervers et fêtard. Du coup, là où l’on aurait pu attendre au tournant un simple scénario prétexte autour du casse, nous nous retrouvons avec une base solide, ce qui est appréciable, car avouons-le, autant le cinéma Indonésien impressionne techniquement et sait gérer les ambiances, autant les scénarios sont souvent très simples, voire osons le mot, prétexte. Nous avons donc droit à un petit film fun, certes trop long, mais qui pourtant ironiquement ne tente jamais réellement d’en faire trop, et fait passer un petit moment sympathique. Un très honnête divertissement.

LE MEILLEUR LE PIRE
♥ Des personnages attachants
♥ Une mise en scène sobre
♥ L’action fort sympathique
♥ Un film de casse léger et appréciable
⊗ 2h34, un peu trop long
⊗ Prévisible dans son genre, ses twists, sa narration
note2
Stealing Raden Saleh n’est pas un grand film, il n’est pas parfait, il ne surprendra pas l’amateur du genre, mais il a été fait avec sérieux et tente de rester le plus réaliste possible tout en divertissant le spectateur avec son casse, de l’action, des twists, et ça fonctionne.


Titre : Stealing Raden Saleh / Mencuri Raden Saleh
Année : 2022
Durée :
2h34
Origine :
Indonésie
Genre :
Ocean’s Eleven des peintures
Réalisation :
Angga Dwimas Sasongko
Scénario :
Angga Dwimas Sasongko et Husein M. Atmodjo
Avec :
Iqbaal Dhlafakhri Ramadhan, Angaa Yunanda, Rachel Amanda, Umay Shahab, Aghniny Haque, Ari Irham, Ganindra Bimo, Andrea Dian et Tio Pakusadewo


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Auteur : Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de David Lynch, John Carpenter, David Cronenberg, Tsukamoto Shinya, Sono Sion, Lucio Fulci, Nicolas Winding Refn, Denis Villeneuve, Shiraishi Kôji et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.
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