[Film] Shelby Oaks, de Chris Stuckmann (2024)

Obsédée par la disparition de sa sœur, une femme s’engage dans une quête désespérée qui la conduit au cœur d’un mystère terrifiant, orchestré par un mal insaisissable.


Avis de Cherycok :
Je ne suis clairement pas un fin connaisseur de found footage. Un film comme Project Blair Witch m’ayant laissé complètement de membre, pour ne pas dire beaucoup énervé, ce n’est clairement pas un genre dans lequel je me suis investi et je choisis mes rares incursions. Par exemple, ma tentative dans le pourtant « culte » Paranormal Activity a été insupportable, du non-cinéma, et s’est arrêté avant l’heure de film. Une des plus grosses arnaques de l’histoire du cinéma. Mais à contrario, l’espagnol RED m’a scotché à mon écran du début à la fin. Alors forcément, je me suis lancé dans Shelby Oaks non pas à reculons mais avec un peu de méfiance, avec quelques aprioris. Mais pourtant, ça a fonctionné car au found footage se rajoute le mockumentaire et une narration cinématographique traditionnelle, et l’ensemble se fait au final des plus digeste, mais aussi des plus sympathiques pour quiconque aime le cinéma horrifique qui privilégie l’ambiance aux jumpscares putassiers.

Alors Shelby Oaks, c’est quoi ? Au départ, c’est une campagne Kickstarter qui a atteint son objectif initial de financement de 250 000 dollars en moins de 24 heures. Les objectifs supplémentaires initiaux (jusqu’à 600 000 dollars) ont été atteints alors qu’il restait encore une semaine et demie avant la fin de la campagne, ce qui a conduit à l’ajout d’autres objectifs supplémentaires (jusqu’à 1 000 000 de dollars), qui ont également été atteints avant la fin de la campagne. À l’issue de la campagne, après un mois, un montant total de 1 390 845 dollars avait été promis par 14 720 contributeurs, ce qui en fait le film d’horreur le plus financé sur Kickstarter. Environ 8 mois après avoir acquis le film, NEON a organisé 3 jours de reprises supplémentaires pour plus d’un million de dollars après avoir lu le scénario original et voulu donner à Chris Stuckmann, le réalisateur, à la base youtubeur critique cinéma, l’occasion de filmer des scènes particulièrement sanglantes qu’ils ne pouvaient pas tourner avec le budget initial. Ils ont également fait appel à Brett W. Bachman pour donner au film fini un montage « frais et soigné ». Produit par Mike Flanagan (The Mirror, Doctor Sleep), Shelby Oaks est le premier long métrage de Chris Stuckmann après plusieurs courts métrages et, à sa sortie, il a reçu des critiques mitigées, un certain nombre soulignant un deuxième acte qui traine en longueur et des genres (Found footage, mockmentaire, …) qui ne se mélangent pas très bien. C’est pourtant pour moi deux des forces du film. Ce 2ème acte, c’est lors le film suit Mia, dont la sœur Riley a disparu il y a de nombreuses années, se met à enquêter de son côté afin de mettre un terme au mystère de la disparition de sa sœur. Le film brille lorsqu’il suit cette enquête alors qu’elle recherche les indices et se met en quête de vérité. On regrette même que cette dimension policière ne soit pas un peu plus poussée, un peu plus longue, bien que cela reste suffisant compte tenue de la faible durée du film. Camille Sullivan, qui interprète Mia, est d’ailleurs très convaincante et arrive parfaitement à transmettre émotion et peur lorsque les scènes le demandent. Elle incarne parfaitement cette obsession dévorante qui frôle presque la folie. Sarah Durn, qui interprète sa sœur disparue qu’on voit essentiellement aux travers des vidéos (la partie found foutage) offre également une performance solide. Les seconds rôles n’ont au final que peu de profondeur et servent surtout de moteur à l’intrigue, mais cela n’a pas réellement d’impact sur le scénario.

Le mélange des trois genres précités est sincèrement des plus homogènes et les passages entre les moments de found footage / mockumentaire et les scènes plus traditionnelles sont fluides. Le film arrive à parfaitement capter l’essence de ces chaines Youtube, moins nombreuses aujourd’hui, où des équipes se rendaient sur des lieux soit disant maudits, où il y avait eu des disparitions et autres choses étranges. Chris Stuckmann soigne son ambiance et là où certains seraient partis sur quelque chose au rythme assezintense, Chris Stuckmann préfère doser, y aller plus lentement, avec une longue montée en puissance. Sa narration tient la route et l’aspect hybride du film n’est jamais en sa défaveur, permettant au final d’accentuer les traumatismes et la difficulté de faire son deuil de l’héroïne. Shelby Oaks pêche malgré tout sur deux aspect. Le premier, au final pas si problématique car le film fait bien ce qu’il entreprend, c’est qu’il fonce un peu dans tous les clichés du genre. Forêt sombre et inquiétante, batiment abandonné (ici une prison), bébé en danger, démons qu’on veut faire revenir, scènes de journaux TV retraçant les faits, sorcière, … On est clairement ici en terrain connue et le film de Chris Stuckmann ne surprend jamais réellement. Mais surtout, le vrai problème du film, c’est son dernier acte, lorsqu’il vire réellement vers le fantastique et que l’horreur pure reprend le dessus, cédant pour le coup à une certaine formule. L’argent injecté par Neon pour rajouter des effets spéciaux et du gore sont au final problématiques car les CGI laissent à désirer et on aurait préféré que le film garde son côté inquiétant, mystérieux, qui n’en montre que peu, jusqu’au bout plutôt que de succomber à ce qui est déjà visible dans bon nombre d’autres bobines du genre. La narration des cinq dernières minutes est d’ailleurs problématique, comme si Chris Stuckmann n’avait pas pu finir le film comme il le voulait et que c’était Neon qui avait influençait pour que le film finisse sur quelque chose de plus mémorable (selon eux). Malgré tout, bien qu’il n’a pas l’impact des meilleurs found footage, Shelby Oaks rassasie suffisamment pour qu’on en ressorte avec l’impression d’avoir passé un bon petit moment et c’est ça le principal.

LES PLUS LES MOINS
♥ Un deuxième acte très intéressant…
♥ La performance de Camille Sullivan
♥ La lente montée en tension
♥ Un mélange homogène
♥ Une bande son efficace
⊗ … mais un troisième acte en deçà
⊗ Des personnages secondaires pas approfondis
⊗ Des effets spéciaux très moyens

Bien que ne révolutionnant rien, Shelby Oaks est un premier essai plutôt réussi pour Chris Stuckmann, qui transpire son amour du genre. Grâce à son ambiance soignée et son côté hybride, on passe un bon moment devant cette bobine horrifique sincère.


SHELBY OAKS sort le 10 avril 2026 en Blu-ray chez Metropolitan au prix de 19.99€. Il est disponible à l’achat ICI.

1920 x 1080p HD – 2.35 – 16/9 compatible 4/3 – Version anglaise et française DTS HD Master Audio 5.1 + Audiodescription – Sous-titres français et français pour malentendants.

En plus du film, on y trouve : Making-Of, 4 épisodes de Paranoemal Paranoids, Video complète de la disparition de Riley, VHS Souvenirs d’enfance, Commentaire audio du réalisateur (VO).



Titre : Shelby Oaks
Année : 2024
Durée : 1h31
Origine : U.S.A / Belgique
Genre : Classique mais efficace
Disponibilité : Dvd / Blu-ray / VOD
Réalisateur : Chris Stuckmann
Scénario : Sam Liz, Chris Stuckmann

Acteurs : Camille Sullivan, Brendan Sexton III, Michael Beach, Sarah Durn, Mason Heidger, Joe Quinn, Mariah Burks, Rebecca DeMarco, C.L. Simpson, Keith David


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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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