[Film] Primate, de Johannes Roberts (2026)

De retour de l’université, Lucy retrouve sa famille, dont son chimpanzé Ben. Ce dernier, mordu par un animal, contracte la rage lors d’une fête à la piscine et devient agressif. Lucy et ses amis se barricadent à la piscine et imaginent des solutions pour survivre au chimpanzé.


Avis de Rick :
Je vais me faire l’avocat du diable, mais malgré une carrière bien bancale, j’aime bien Johannes Roberts, réalisateur qui semble biberonné aux mêmes séries B que moi et vouant un culte qu’il n’a jamais caché à John Carpenter. J’aurais pu pourtant très rapidement abandonner sa carrière, débutée dans des produits bas de gamme à destination des rayons bradés, avec des films comme Hellbreeder, Darkhunters, Forest of the Damned ou Storage 24. Des films au mieux moyens, au pire mauvais. Mais passé la moitié des années 2010, Johannes a alors eu une révélation. Enfin j’imagine, car dès lors, ses films sont devenus meilleurs, et le public a parfois suivi, dans une moindre mesure. Passer après tout de films notés entre 2 et 4 sur imdb à des films tournant autour de 5 en moyenne, c’est un énorme pas en avant. Oui, j’adore son 47 Meters Down, sa suite est moins convaincante mais divertissante, et contrairement à l’avis populaire, je n’ai pas trouvé son Resident Evil catastrophique. Décevant et forcément tombant dans son propre piège (la fidélité à une intrigue qui était, au final, clairement le point faible et nanar des jeux, en plus d’adapter deux jeux en un seul film), mais plaisant. Son nouveau film, Primate, m’attirait donc forcément un peu plus que le spectateur lambda, surtout que voir un singe tueur, ça rappelle de lointains souvenirs (Link), surtout après qu’il ne contracte la rage et ne s’en prenne à sa famille (Cujo). Alors, ça valait le coup ? Totalement, même si en soit, Primate ne réinvente ni le genre, ni la narration, ni sa façon de gérer le suspense et ce genre de récit. Une série B, compétente, solide, parfois tendue, parfois gore, et qui en prime nous offre un score musical encore une fois rappelant Carpenter. Evidemment, je valide donc. Rien de bien original donc malgré tout, Lucy retourne voir sa famille pour les vacances, retrouvant son père sourd muet et sa jeune sœur, ainsi que le chimpanzé de la famille, Ben, et amène avec elle trois amis. Et Ben ne tarde pas à contracter la rage, alors que tout ce bon monde profite de l’absence du père pour boire et passer une soirée dans la piscine.

Ça dégénère, Ben veut bouffer tout le monde, et tout ce bon monde va tout faire pour survivre dans ce qui est, au final, un huis clos dans une grande maison. Primate donc, c’est de la série B à l’ancienne, tentant de jouer tout du long sur le suspense, et agrémentant le tout à intervalle régulier par des scènes plus violentes, et des mises à morts parfois crades qui font bien plaisir à voir, le tout avec une caméra stable qui ne fait pas n’importe quoi, des acteurs convaincants pour ce qu’on leur demande de jouer, et un singe qui l’est tout autant. Pas de gros CGI tape à l’œil de partout, non, du cinéma bis, décomplexé, qui joue sur l’attente, l’obscurité, le tout à en faire perdre quelques mâchoires, littéralement. Et à une heure où les studios semblent à la fois effrayer par la violence dans leurs films et leur classification qui fermera les portes à un jeune public, et la perte de ce jeune public en mettant toujours plus de numérique partout, Primate fait plaisir à voir. Et ce même si au final, les surprises seront rares, tant la formule du huis clos est connue, et celle de l’animal tueur également. On sait dès le début du film qui s’en sortira vivant (mais pas forcément indemne non plus), et qui n’est là que pour être une victime de plus. On pourra par exemple sourire avec l’irruption dans la maison de deux autres personnages, juste histoire d’augmenter le bodycount. Mais finalement on lui pardonnera également face à sa générosité, et la méchanceté dont le film sait faire preuve envers ses mêmes personnages, et l’intégralité du casting en règle générale. Techniquement, la mise en scène de Roberts n’est pas grandiose, mais sait jouer sur l’obscurité et le suspense, aidé par des effets pratiques convaincants, et donc un score musical qui sent bon les synthés et les années 80. Au final, c’est la plus grande réussite du métrage.

Celle de n’être qu’une série B qui accepte ce qu’elle est, et n’essaye jamais d’être plus. Pas de messages sur les animaux, pas de messages lourdingues sur la famille, pas d’inclusivité à tous les étages, non, juste une maison, une nuit unique, plusieurs personnages, un singe tueur, et voilà, à peine 1h30 et c’est emballé. Le côté salvateur qui fait oublier beaucoup de défauts, c’est l’efficacité et l’honnêteté du projet. Car des défauts, oui, il y en a aussi, de son côté ultra prévisible du début à la fin, en passant par son singe qui ne reste qu’une menace et qui aurait pu, dans les faits, être plus que cette menace animale et viscérale, du fait de son attachement passé avec les personnages, et son refus du CGI qui parfois laisse le spectateur penser à ce pauvre acteur en costume, parfois visible, mais étonnement jamais véritablement nuisible au métrage, qui sait jouer avec la caméra, avec la lumière, avec la profondeur de champ. Bref, le parfait petit manuel du bricoleur de série B. Car on aura beau me dire que Primate a coûté 21 millions, et c’est le cas, mais en prenant en compte l’inflation, finalement, son budget est identique à toutes ces séries B qu’on appréciait avant.

LE MEILLEUR LE PIRE
♥ Un suspense prenant
♥ Une série B qui ne pète pas plus haut que son cul
♥ Des moments violents qui font plaisir
♥ Un film juste bien rodé en fait
♥ La musique typée années 80
⊗ Prévisible de bout en bout
⊗ N’attendez rien de plus que de l’efficacité
note2
Primate, c’est de la série B misant sur son suspense et le côté ultra violent de son singe tueur, et ça fonctionne au final grâce à l’honnêteté du projet, et son efficacité. Il ne cherche rien de plus que de faire passer un bon moment aux spectateurs.


Titre : Primate
Année : 2026
Durée :
1h30
Origine :
Etats Unis
Genre :
Policier
Réalisation :
Johannes Roberts
Scénario :
Johannes Roberts et Ernest Riera
Avec :
Johnny Sequoyah, Jessica Alexander, Troy Kotsur, Victoria Wyant, Gia Hunter, Benjamin Cheng, Charlie Mann, Tienne Simon, Miguel Torres Umba et Amina Abdi
Death Whisperer (2023) on IMDb


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Auteur : Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de David Lynch, John Carpenter, David Cronenberg, Tsukamoto Shinya, Sono Sion, Lucio Fulci, Nicolas Winding Refn, Denis Villeneuve, Shiraishi Kôji et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.
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