{Film] Play Dirty, de Shane Black (2025)


Parker, accompagné de Grofield, Zen et d’une équipe chevronnée, tombe par hasard sur un butin qui les met en conflit avec la mafia new-yorkaise, dans cette aventure audacieuse et pleine de malice.


Avis de Cherycok :
Je suis sûr que tous autant que vous êtes, il y a des films que vous aimez en sachant pertinemment que ce n’est objectivement pas très bon, parce que vous avez pris du plaisir devant pour des raisons bien à vous, parfois sans qu’on arrive réellement à mettre le doigt sur le pourquoi on a aimé. Si si, ne faites pas semblant, on a tous des films comme ça, et il ne faut pas avoir honte de le dire car après tout, chacun ses mauvais goûts. Et puis, qu’est-ce qu’on en a à faire de ce que pensent les autres de nos goûts. Bref, tout ça pour vous dire que Play Dirty, le nouveau film de Shane Black (Kiss Kiss Bank Bank, The Nice Guys), ce n’est clairement pas un chef d’œuvre, c’est même bancal sur tout un tas de choses. Et pourtant, j’ai passé 2h de plaisir régressif devant un divertissement foireux sur bien des points mais ô combien généreux, le genre de machin un peu informe mais qui est parfait pour poser le cerveau après une journée de travail harassante.

Play Dirty met en scène le personnage de Parker, héros d’une saga de romans de Donald E. Westlake qui a déjà été adapté plusieurs fois au cinéma comme par exemple dans Le Point de Non-Retour (1967) de John Boorman, Payback (1999) de Brian Helgeland ou encore Parler (2013) de Taylor Hackford. Play Dirty n’adapte pas un roman particulier et se contente de mettre le personnage de Parker, interprété par Marl Wahlberg, dans un scénario créé de toutes pièces. N’ayant lu aucun des ouvrages originaux, on ne jugera pas ici le fait que le film joue énormément la carte de l’humour là où les romans sont très sombres, sans détour, et donc ces quelques lignes ne reflètent que mon avis sur Play Dirty en tant que film, et pas en tant qu’adaptation de personnage de roman. Play Dirty n’a de toutes façons pas besoin de ça pour qu’on constate très rapidement ses tares qui feront que le cinéphile exigeant ne passera pas forcément le meilleur moment qui soit. Déjà, Play Dirty a le cul entre deux chaises, hésitant constamment entre film de casse parfois très sérieux, voire violent, sans concession avec même quelques exécutions brutales, et un ton plus léger avec des blagues qui arrivent à intervalles réguliers. Le problème n’est pas de mélanger humour et violence, certains l’ont fait avec réussite, le problème est de savoir mélanger humour et violence correctement pour que l’ensemble soit homogène. Malheureusement ici, ce n’est pas le cas. Oui, il y a quelques répliques qui font rire et quelques moments plus légers où on se poile franchement, mais on a l’impression que cet humour est forcé pour que le film plaise à un public plus large que le film n’aurait pas touché s’il avait adopté un ton résolument plus sombre. Est-ce voulu par Shane Black qui, avec Kiss Kiss Bank Bank et The Nice Guys mélangeait déjà avec brio ces deux paramètres, mais qui n’avait pas réussi ici à reproduire la chose ? Est-ce Amazon, sur lequel le film est arrivé, qui avait un cahier des charges bien précis auquel Shane Black a dû se plier ? Difficile à dire mais quoi qu’il en soit, cela donne au film, et surtout à l’enchainement de certaines scènes, un côté un peu artificiel.

Le scénario du film a lui aussi ses tares à commencer par une prévisibilité évidente. En 2026, les films de casses, on commence à en avoir vu un certain nombre et Play Dirty ne semble jamais chercher l’originalité. En plus de ça, on a parfois l’impression d’assister à une succession de saynètes que le scénario a du mal à relier entre elles, causant des facilités et autres sauts dans le temps un peu étranges. On pourrait également avoir à redire sur le casting avec un Mark Wahlberg qui semble avoir du mal à changer de registre, jouant tous ses rôles de la même façon depuis quelques années. Les CGI, nombreux, sont également très perfectibles et certains fonds verts sont réellement voyants (la scène du déraillement du train pique un peu les yeux). Et pourtant, le plaisir passé devant ces 2h05 était réel car la générosité de l’ensemble a embarqué mon cerveau fatigué et m’a permis d’apprécier grandement ces nombreuses péripéties improbables et parfois absurdes. Play Dirty est très rythmé et il ne se passe pas 10 minutes sans qu’une grosse scène d’action retentisse. Courses poursuites, gunfights en pleine rue, explosion de coffre-fort, prise d’otage, l’action est tellement débridée et remplie de cascades qu’on lui pardonne aisément ses imperfections (dont les CGI parfois ratés donc). Play Dirty ressemble à certains actionners des années 90 qui ne se prenaient pas la tête, à l’instar de films comme Au Revoir à Jamais (1996) de Renny Harlin ou Pluie d’Enfer (1998) de Mikael Salomon qui misaient tout ou presque sur leur enchainement de scènes d’action. Alors c’est certains, on a connu plus intellectuel et plus profond, mais parfois, ça fait du bien de pas réfléchir et c’est exactement ce que permet Play Dirty si vous avez passé une journée de merde.

LES PLUS LES MOINS
♥ Très rythmé
♥ Repose-cerveau amusant
♥ Un film qui ne se prend pas la tête
♥ Quelques punchlines bien funs
⊗ Pas très original
⊗ Mark Wahlberg très moyen
⊗ Un film qui a le cul entre deux chaises

Hésitant entre film sombre et buddy movie léger, doté d’un humour pas toujours très heureux, avec un scénario qui a pas mal de tares, Play Dirty est pourtant réellement fun avec ses nombreuses scènes d’action bancales mais débridées. Très imparfait mais très fun.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Le réalisateur Shane Black et l’acteur Robert Downey Jr., qui avaient déjà collaboré sur Kiss Kiss Bang Bang (2005) et Iron Man 3 (2013), devaient initialement se retrouver sur ce projet. Downey s’est ensuite retiré pour des raisons non divulguées et a été remplacé par Mark Wahlberg.

• Le film s’inscrit dans la tradition de Shane Black qui consiste à situer ses thrillers d’action pendant la période des fêtes de Noël.



Titre : Play Dirty
Année : 2025
Durée : 2h05
Origine : U.S.A / Australie
Genre : Film de casse débridé
Réalisateur : Shane Black
Scénario : Donald E. Westlake, Shane Black, Chuck Mondry

Acteurs : Mark Wahlberg, Lakeith Stanfield, Rosa Salazar, Keegan-Michael Key, Chukwudi Iwuji, Nat Wolff, Gretchen Mol, Thomas Jane, Tony Shalhoub, Hemky Madera


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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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