Avec son équipage, le capitaine Nolan et ses acolytes Annie, Paul et Novak pêchent des requins. Ils revendent les animaux qu’il capture à des aquariums. Un jour, il rencontre Rachel, une professeur d’université qui voue une passion pour les épaulards. Nolan se met alors en tête d’attraper un de ces animaux, en espérant en tirer un profit plus important. Lors de sa tentative de capture, il blesse mortellement un épaulard femelle qui était sur le point de mettre bas. Dès lors, le mâle, furieux, prend en chasse le bateau du capitaine et dévore Novak. Il le poursuivra jusqu’à ce qu’il obtienne sa vengeance.
Avis de John Roch :
1975, le succès des Dents De La Mer secoue le monde et le box-office, ce qui ne laisse pas indifférent des producteurs opportunistes qui veulent leur part du gâteau. Ainsi est né la sharkspolitation, au départ une mode pour surfer sur le succès du film de Steven Spielberg qui est devenu un sous-genre dont la popularité n’a cessé de prendre de l’ampleur au fil des décennies, aujourd’hui véritable vivier à navets et nanars aux concepts parfois si débiles qu’il est en apparence impossible de faire plus con, et pourtant ils y arrivent. En plus du requin, la sharkspolitation a également exploité d’autres monstres aquatiques : pieuvres, barracudas, cabillauds, créatures des profondeurs ou piranhas ont été utilisés pour tenter de se démarquer un minimum, avec à la clé des films qui dépassent le statut de rip off pour trouver leur propre identité. C’est le cas du Piranhas de Joe Dante et de Orca, mis en chantier par un Dino De Laurentis jamais loin pour concurrencer Hollywood sur son propre terrain. Mais plus qu’un projet opportuniste, Orca est sans aucun doute la plus belle chose sortie de la jaws mania. Peu performant au box-office à sa sortie, accueilli froidement par la critique, le film dépasse pourtant le simple concept de la créature marine tueuse, il s’agit d’une œuvre étonnamment tragique et plus profonde qu’elle ne paraît.

Mettre en scène un épaulard n’est pas anodin. Dino De Laurentis a demandé à ses scénaristes, Luciano Vincenzoni et Sergio Donati, de trouver un animal capable de défoncer un grand requin blanc, et par extension Les Dents De La Mer. Le choix est vite fait : surnommé baleine tueuse dans les pays anglophone, l’orque est le super prédateur au sommet de la chaine alimentaire des océans. C’est aussi un mammifère marin qui fascine par son intelligence et son comportement social. Chose qui n’a pas échappé aux scénaristes lors de l’écriture du script. Fortement sociable, vivant en groupe, possédant un comportement vocal décrit par les scientifiques comme une manifestation culturelle et capable de transmettre son savoir aux générations suivantes, les auteurs du script se servent de donnés scientifiques, non sans les exagérer, pour justifier la vengeance d’un épaulard après qu’il ait vu sa compagne et son enfant se faire tuer par des pêcheurs voulant le capturer pour se faire une santé financière. Là où Orca se démarque des Dents De La Mer, c’est qu’il ne s’agit pas d’un film dans lequel une créature marine vient attaquer l’homme, mais d’une sorte de revenge movie dans lequel celui qui va faire justice lui-même est un cétacé. Dit comme ça à l’air con, et quelque part ça l’est, mais cette sorte de variation de Moby Dick dans laquelle ce n’est pas un homme qui est obsédé par une baleine mais le contraire fonctionne. Ça fonctionne car Orca parvient à faire de l’orque revanchard non pas une simple machine à tuer, mais un personnage à part entière caractérisé dans des premières scènes cruelles (la mort de sa femelle) et bouleversantes (le moment où il pousse le corps de sa femelle vers le rivage alors que son clan l’abandonne est à pleurer) à l’émotion inattendue, renforcée par la superbe musique du maitre Ennio Morricone.

S’il mise pas mal sur l’émotion, Orca n’en oublie pas d’être spectaculaire. L’Orque va couler des bateaux, terroriser et mettre une petite ville côtière en feu pour provoquer en duel Nolan, le capitaine responsable de la mort de sa femelle, tout en croquant les membres de son équipage. Tout ça sans oublier de toujours se concentrer sur un surprenant aspect dramatique. D’abord perçu comme un loup de mer rustre et uniquement motivé par l’argent, Nolan cache en réalité un passé commun avec l’orque. Cette révélation faite, l’épaulard devient un être animé par la vengeance mais aussi le miroir d’un homme brisé, donnant ainsi non seulement une construction scientifique justifiant son intelligence, mais aussi métaphorique. Mais à trop se concentrer sur ce point de l’histoire, Orca en oublie quelque peu les autres personnages, une scientifique et un Amérindien venant rappeler le coté mythologique des orques présent dans le récit, qui ne sont pas inintéressants mais transparents. Chose finalement peu préjudiciable à la qualité d’un métrage au casting appliqué (Richard Harris, Charlot Rampling, Will Sampson et Bo Derek dans son premier rôle), généreux, à la mise en scène qui mise sur des plans parfois beaux et d’autres classes et au scénario étonnamment dramatique du début jusqu’à une superbe fin qui conclue brillamment un film qui a peut être pris un petit coup dans l’aile au niveau des effets spéciaux, mais ceux-ci restent efficaces si l’on fait fi d’un mélange de plans d’Orques tournés en pleine mer et en parc aquatique bien trop visible (la couleur de l’eau mais aussi la fameuse nageoire dorsale courbée des épaulards en captivité). Loin d’être un énième rejeton de la sharksploitation, Orca est un film surprenant, parfois beau, parfois triste, étonnamment tragique et plus profond qu’il ne parait.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ L’orque, un personnage à part entière ♥ L’histoire plus profonde qu’elle ne parait ♥ Un aspect dramatique surprenant et parfois émouvant ♥ La musique ♥ Des plans parfois beaux, parfois classes |
⊗ Ça a un peu vieilli sur certains aspects |
| Loin d’être un énième rejeton de la sharksploitation, Orca est un film surprenant, parfois beau, parfois triste, étonnamment tragique et plus profond qu’il ne parait. |
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Titre : Orca
Année : 1977
Durée : 1h32
Origine : Italie / Angleterre
Genre : Sauvez Wilzy-X
Réalisateur : Michael Anderson
Scénario : Luciano Vincenzoni et Sergio Donati
Acteurs : Richard Harris, Charlotte Rampling, Will Sampson,Bo Derek, Keenan Wynn, Robert Carradine, Scott Walker, Peter Hooten, Wayne Heffley





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