[Film] Offerings, de Christopher Reynolds (1989)

Dix ans après avoir été poussé dans un puits, un jeune homme tue les brutes du quartier qui le tourmentaient et laisse des morceaux de leurs corps en cadeau à la seule fille qui a été gentille avec lui. Le cauchemar peut commencer…


Avis de Cherycok :
Je ne vais pas vous faire un cours sur les slashers. Ce n’est ni l’endroit, ni le moment, et je n’ai de toutes façons pas les compétences suffisantes pour m’attarder longtemps sur le sujet. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’âge l‘or du slasher a surtout commencé avec le succès du Halloween de John Carpenter en 1978 et a duré jusqu’en 1985 environ. On a eu droit à pas mal de films mémorables, de Vendredi 13 (1980), qui a standardisé le code « Sexe = Mort », à Les Griffes de la Nuit (1984) qui a cassé les codes de bien belle manière, en passant par Carnage (1981) qui a marqué les esprits chez pas mal de monde. Mais à partir de 1985, le déclin du genre s’annonce. Les bobines continuent de fleurir, avec par exemples des sagas qui ne savent pas s’arrêter, mais aussi tout un tas de copies de plus en plus lowcost, arrivant souvent directement en vidéo, et le public commence à sérieusement se lasser, avec au début des années 90 l’avènement des thrillers psychologiques qui vient sonner le glas. Pourtant, jusqu’au bout certains auront tenté l’expérience, comme Offerings, première des deux seules réalisations de Christopher Reynolds, également monteur et scénariste du film, qui sous ses airs de clone fauché d’Halloween qui n’a rien pour lui, possède ce charme brut de l’ère VHS, et qui, sans parler de « pépite de fond de tiroir » comme j’ai pu le lire ci et là, s’avère une très agréable découverte pour qui est un minimum sensible à ces slashers des années 80.

Réalisé avec un budget minuscule estimé à moins de 100000$, Offerings semble être l’un des derniers souffles du slasher sérieux qui était donc devenu moribond à cette époque. La première chose qui frappe, c’est comment Christopher Reynolds s’est inspiré d’Halloween (1978), au point de quasiment décalquer son œuvre sur celle de Carpenter. Le plagiat le plus marquant est clairement la musique qui singe celle de ce dernier avec ses notes de piano/synthé. Mais ce n’est rien puisque tous les éléments ou presque d’Halloween sont ici présents, du traumatisme d’enfance à la fuite de l’hôpital psychiatrique en passant par la même lumière bleue lors de certaines scènes nocturnes. Même certains rebondissements sont identiques. On finit par se demander comment un procès n’a jamais été intenté à l’encontre de Offerings. Nous sommes clairement ici dans l’exemple même du film qui ne cherche plus à innover mais à reproduire une formule mathématique qui a fait ses preuves avec un scénario qui va respecter à la lettre le cahier des charges, du « 10 ans plus tard » jusqu’au retour aux sources là où les sagas à la même époque tentaient d’ajouter parfois du surnaturel et/ou une mythologie complexe autour de leur méchant souvent masqué. Ici, on revient aux débuts, à tout ce qui a fait la force du slasher : un homme, une vengeance, des victimes. Un slasher dans sa forme la plus simple, presque naïve quelque part, comme un baroud d’honneur avant sa disparition quasi-totale durant quelques années, avant d’être ressuscité par Scream (1996) sous une autre forme. Et c’est en ça que Offerings se montre plus intéressant que bon nombre de slashers aux fraises qui sont sortis dans la deuxième moitié des années 80, ce côté « pur » qui aujourd’hui lui donne un charme parfaitement rustique. Certains préfèreront le terme « ringard », c’est aussi vrai, mais ce n’est pas gênant en soi. Offerings a beau être un clone d’Halloween, il arrive pourtant à se différencier de son modèle et à trouver sa propre personnalité.

L’idée qui le différencie, elle vient du leitmotiv de son tueur. Il tue par vengeance, certes, comme dans presque tous les slashers de cette époque, en envoyant ad patres tous ceux qui ont provoqué ce qu’il est devenu aujourd’hui, mais pas que puisqu’il va prélever sur chaque victime un bout de corps, pour l’offrir en cadeau (d’où le titre) à la seule qui a été gentille avec lui enfant. Ca a l’air tout con dit comme ça, mais pourtant c’est ce détail qui va élever Offerings au-dessus de la masse de slashers moyennasses avec ce tueur qui cherche encore malgré tout une forme de connexion sociale, certes un peu étrange et déviante, avec la seule personne qui a été gentille et humaine avec lui. Cela rend la fin d’autant plus triste, voire touchante, car l’héroïne se rend compte que toute la folie de ce qui est arrivé était due au fait que le tueur l’aimait. Une fin abrupte et empreinte d’un certain pessimisme qui font que, quelque part, malgré son classicisme, Offerings a un peu plus à proposer. Alors oui, nous sommes d’accord, le film a pas mal de tares à commencer par son casting qui souffle le chaud et le froid. Autant certains acteurs arrivent à tirer leur épingle du jeu, souvent des seconds rôles, comme par exemple ce policier qui a toujours une réplique un peu rigolote à balancer, ou ce fossoyeur complètement excentrique, autant d’autres acteurs tombent dès les premières répliques dans l’amateurisme. On pourra également reprocher au film sa quasi-absence de gore. Certes, on nous montre des bouts de membres, comme une oreille ou un nez, mais tous les meurtres sont hors champ, parfois pendant un simple fondu au noir. Sans doute parce qu’ils n’avaient pas le budget pour créer ces effets sanguinolents, ou pour cacher la misère. Mais cela n’empêche par exemple pas certaines scènes d’être un minimum marquantes, comme cette séquence où deux jeunes regardent un film d’horreur et commentent le comportement de l’héroïne, bien avant que Scream ne le fasse 7 ans plus tard, ou encore comme celle impliquant une tête et un étau, nous prouvant que le réalisateur savait malgré tout composer avec ce budget limité. Sa mise en scène est d’ailleurs plutôt honnête, surtout lorsqu’on voit le parfois jemenfoutisme de certains slashers tardifs qui ne faisaient plus aucun effort et qui cherchaient juste à faire rentrer un peu d’argent en surfant sur une vague certes très fatiguée mais encore toujours un peu là.

LES PLUS LES MOINS
♥ Une mise en scène honnête
♥ Certains seconds rôles mémorables
♥ Le charme désuet de ce genre de films
♥ La psychologie injectée au tueur
♥ Des scènes qui retiennent l’attention
⊗ Un budget serré qui se ressent
⊗ Ca manque cruellement de gore
⊗ Le jeu amateur de certains acteurs
⊗ Malgré tout déjà vu et revu

Malgré son manque de budget et son scénario vu et revu, Offerings est pourtant bien plus intéressant qu’il n’y parait. Slasher tardif, il porte fièrement ses influences tout en ajoutant une touche d’humanité à son tueur. Le résultat est étonnement charmant.

LE SAVIEZ VOUS ?

  • 1989, c’est aussi l’année de sortie de plusieurs autres slashers comme Halloween 5, Freddy 5, Vendredi 13 Chapitre 8, Massacre au Camp d’Été 3, Douce Nuit Sanglante Nuit 3, ou encore Fou à Lier.


OFFERINGS est sorti en Blu-ray Édition Collector Limitée chez L’Étage du Dessous au prix de 29.99€. Il est disponible à l’achat ICI.

1920 x 1080p HD – 1.78:1- 16/9 anamorphique – Version anglaise et française DTS HD Master Audio – Sous-titres français.

En plus du film, on y trouve : Poster double face, Livret exclusif, Bande annonce.



Titre : Offerings
Année : 1989
Durée : 1h35
Origine : U.S.A
Genre : Halloween 7
Disponibilité : Blu-ray
Réalisateur : Christopher Reynolds
Scénario : Christopher Reynolds

Acteurs : Loretta Leigh Bowman, Elizabeth Greene, G. Michael Smith, Jerry Brewer, Tobe Sexton, Max Burnett, Doobie Potter, Rayette Potts, Mark Massey, Jackie Shaw


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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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