Liz et Malcolm partent pour un week-end romantique dans un chalet coupé du monde. Lorsque Malcolm doit retourner en ville pour son travail, Liz se retrouve confrontée à une présence maléfique qui révèle les terrifiants secrets du chalet.
Avis de Cherycok :
Grâce aux succès de The Monkey (2025), 69M$US de recettes pour 10 de budget, mais surtout Longlegs (2024) et ses 127M$US de recettes pour toujours 10 de budget, Osgood Perkins commence à se faire un nom dans le petit milieu du cinéma horrifique contemporain, ses films ont souvent été salués pour leur élégance, pour leur ambiance, pour leur côté sensoriel. Tourné avant The Monkey au Canada afin de contourner les grèves des scénaristes de 2023, on va parler aujourd’hui de son dernier film en date, L’Élue, Keeper en VO, un film que Perkins décrit lui-même comme une « critique de la masculinité dégoutante » et qui va « utiliser des visuels de la folk horror pour explorer le patriarcat, la misogynie et la masculinité toxique ». Une chose est sure, c’est qu’à sa sortie, le film a pas mal divisé et a fait flop dans les salles obscures. Pourtant, malgré quelques problématiques, L’Élue comporte des scènes bien marquantes et s’avère plutôt réussi si on le prend dans son ensemble.

Dès les premières scènes, L’Élue a quelques chose d’intriguant. Avec cette succession d’images de femmes paniquées, voire ensanglantées, à diverses époques, l’introduction interpelle. Le film va jouer la carte du slow-burn, une lente montée en puissance avec un rythme qui reste calme durant les deux premiers actes. Perkins peaufine son ambiance pesante, presque claustrophobique. Il ne cherche pas à faire peur avec des jumpscares putassiers. Il y a des apparitions soudaines, oui, mais pas accompagnées d’un son fort et strident qu’il n’a pour autre but que de faire sursauter le spectateur. Il veut que ce soit cette ambiance parfois presque atmosphérique qui créé le malaise, qui génère la peur, avec de temps à autres de nouveaux ces images de femmes criant d’autres époques, les mêmes que dans l’introduction, pour qu’on comprenne qu’il y a déjà de nombreuses années qu’il se passe quelque chose dans cette maison. Cette maison, un chalet isolé pour un week-end romantique, finit par devenir un personnage à part entière, et filmée de telle manière que ces angles, ces plans, génèrent tout seul une sorte de paranoïa. Visuellement, L’Élue est vraiment chiadé. Entre les plans extérieurs de cette forêt inquiétante et presque mystique, parfaitement cadrés, et les plans intérieurs de cette grande cabane au milieu de nulle part, souvent filmées avec des angles de vue inhabituels et avec un gros jeu sur les reflets (miroirs, vitres), comme pour accentuer le sentiment d’étrangeté de l’ensemble, ça a de la gueule. Les personnages sont souvent sur le côté du cadre, avec de temps en temps des choses qui se passent dans un arrière-plan volontairement flou, pour un résultat étonnement dérangeant et efficace, sans utiliser de procédés artificiels. Tout est fait pour souligner l’isolement des personnages, en particulier lorsque le personnage de Liz se retrouve toute seule dans cette cabane, avec un réalisateur qui préfère, tout du moins jusqu’au dernier acte, suggérer des présences malveillantes dans un coin d’une pièce sombre plutôt que de réellement les montrer. A ses présences, un doute vient d’installer sur l’identité réelle de son compagnon, au fur et à mesure que l’histoire avance et que les questions commencent à se poser. L’ensemble est accompagné par une bande son très travaillée, renforçant encore cette ambiance tendue qui est la grande force du film.

Tatiana Maslany (The Monkey, Destroyer) offre une performance brillante et porte clairement le film sur ses épaules. Elle semble habitée par son personnage et arrive à la perfection à retranscrire la terreur intérieure de Liz sans trop de dialogues. Rossif Sutherland (Esther 2, The Middle Man) est un peu en deçà mais arrive malgré tout à rendre crédible ce personnage ambigu, non pas par son comportement, mais par ce que le film en fait. Là où L’Élue devient un peu plus problématique, c’est son dernier acte, non pas qu’il soit mauvais, mais il s’effondre un peu comme si Perkins ne savait pas trop quoi faire de ses créatures ni de comment finir son film. Les créatures en elles-mêmes sont réussies en termes de design, mais au final anecdotiques car le scénario n’explique jamais réellement pourquoi ils ont cette apparence ni ce qu’ils représentent. On comprend pourquoi elles sont là, mais au final le scénario laisse trop de question en suspens. Lorsqu’un film devient trop explicatif sur le pourquoi du comment, avec des personnages qui se sentent obligés de tout expliquer ou un scénario qui nous balancer 50 flashbacks pour tout nous faire comprendre, c’est souvent grossier et au final inutile. Mais lorsqu’un film laisse trop de questions sans réponses, ça l’est tout autant. Ici, outre les questions sur les présences maléfiques, on finit le film avec plein d’interrogations. D’où sort ce gâteau ? Qu’est-ce qui a déclenché ces évènements ? Qu’est-il exactement arrivé aux autres femmes ? On aurait aimé avoir quelques indices disséminés ci et là, tout du moins plus que ceux qui sont présents, pour continuer à essayer de remettre en place les pièces du puzzle après le visionnage du film. Même chose pour la fin qui arrive comme un cheveu sur la soupe, le film aurait mérité dix minutes de plus et être un peu plus explicite sur la transition finale. Pourtant, L’Élue fonctionne bien, grâce à son atmosphère travaillée, sa tension bien gérée et la performance solide de Tatiana Maslany et, bien que les problématiques précitées amènent une certaine frustration, l’ensemble se montre dérangeant et efficace.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Visuellement léché ♥ Une très bonne atmosphère ♥ Une Tatiana Maslany excellente ♥ La lente montée en tension |
⊗ Beaucoup de questions sans réponses ⊗ Des créatures pas assez exploitées ⊗ Une lenteur qui pourra rebuter |
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| Après Longlegs et The Monkey, Osgood Perkins revient avec L’Élue, une expérience visuelle souvent hypnotique, jouant la carte de l’horreur sensorielle, qui pêche certes par un dernier acte en deçà mais qui s’avère dans son ensemble plutôt efficace. | |

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L’ÉLUE sort le 24 avril 2026 en Blu-ray Édition Limitée chez Metropolitan au prix de 24.99€. Il est disponible à l’achat ICI. 1920 x 1080p HD – 1.85 : 1 – 16/9 – Version anglaise et française DTS HD Master Audio 5.1 + Audiodescription – Sous-titres français et français pour malentendants. En plus du film, on y trouve : Les films Longlegs et The Monkey du réalisateur, Commentaire audio (VO). |
Titre : L’Élue / Keeper
Année : 2025
Durée : 1h39
Origine : Canada / U.S.A
Genre : La cabane dans les bois
Disponibilité : Dvd / Blu-ray / VOD
Réalisateur : Osgood Perkins
Scénario : Nick Lepard
Acteurs : Tatiana Maslany, Rossif Sutherland, Birkett, Turton, den Weiss, Cassandra Ebner, Tess Degenstein, Erin Boyes, Gina Vultaggio, Claire Friesen, Christin Park




















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