Kaoru, championne de tennis est laissée pour morte par des terroristes de la Team Phantom. Transformée en cyborg et armée jusqu’aux dents par un ami scientifique, elle cherche à se venger.
Avis de Cherycok :
Robocop a fait des émules partout, et même au Japon, même si on y trouvait bien avant des humanoïdes cyborg et autres robots justiciers dans le tokusatsu. En 1990, c’est la Toei qui dégaine son film de victime revenue à la vie sous forme de robot justicier dans le cadre de son programme de V-Cinema, sorte de faux-remake de Robocop à la sauce toku. Son titre, Lady Battle Cop. Mais c’est quoi exactement Lady Battle Cop ? Alors pour les amateurs de bisserie, imaginez un rip off féminin so 80’s de Robocop qu’on aurait confié à Fred Olen Ray ou Jim Wynorski, avec le budget gobelet à café du vrai Robocop, dans lequel on fait exploser des maquettes, dans lequel les câbles sont voyants lors des scènes de combats, et dans lequel la cyborg porte des chaussures à talon et une boucle d’oreille. Sur le papier ça semble ringard hein ? Et pourtant c’est tellement délicieux…

Il y a clairement dans Lady Battle Cop des similitudes avec le Robocop de Verhoeven. Le film de Okamoto s’ouvre de la même façon. Dans les deux films, le personnage principal devient un cyborg après sa mort. Même si le ton est différent, chacun critique le pouvoir en place, le capitalisme et les médias dans le film US, le militarisme et le pouvoir en place qui ne fait rien pour régler les problèmes dans le film japonais. Bien que plus poussée dans Robocop, il y a également dans Lady Battle Cop une réflexion sur l’identité. Les cyborgs aussi ont quelques points communs, avec par exemple ce casque qui laisse entrevoir le bas du visage ou ce pistolet caché dans la jambe droite dans les deux cas. Mais au final, avec son ton et son contexte culturel différent, le film d’Akihisa Okamoto trouve sa propre voix et semble bien plus imprégné par le tokusatsu et l’animation, sorte de prolongement de ce qui se faisait déjà dans les décennies précédentes au Japon. Ici, notre Lady Battle Cop n’est pas une policière mais une ancienne joueuse de tennis qui va se faire justice elle-même en se vengeant de ceux qui ont provoqué sa mort, un cartel qui fait sa loi dans Neo-Tokyo. Mais difficile de conseiller le film aux amateurs du policier justicier de Détroit et Lady Battle Cop est clairement à réserver à d’autres publics, soit les amateurs de toku, soit les amateurs de bobines lowcost hongkongaises des années 80, soit aux friands de bisseries. Le costume cybernétique de notre cyborg a été désigné par Keita Amemiya et est à la fois ringard et très travaillé. Ringard car les talons hauts et la boucle d’oreille, était-ce réellement nécessaire ? Il n’y a pas besoin de ça pour comprendre que c’est une femme à l’intérieur. Très travaillé car il fourmille de détails et de bonnes idées (certes peu exploitées) et que dans son ensemble, il a quand même de la gueule et les scènes où elle arrive au premier plan depuis l’arrière-plan ont pas mal de gueule. Pour le reste, on est au royaume de la débrouille et de la kitcherie pour le plus grand plaisir des amateurs qui s’amuseront comme des petits fous.

Il n’y a pas grand-chose qui tient objectivement la route et pourtant l’ensemble fonctionne étonnement bien car le tout que l’ensemble forme est parfaitement homogène. Les acteurs surjouent au possible, on sent les limites du maigre budget sur chaque plan, les effets spéciaux font délicieusement sourire, il y a des trous béants dans le scénario avec une profondeur de personnages laissée aux oubliettes, la musique jazzy semble parfois provenir d’un boulard des 80’s, il y a des incohérences, mais ça fonctionne ! Ça fonctionne car on sent une envie de bien faire les choses avec les moyens du bord. C’est, mine de rien, bien réalisé, c’est généreux car ça veut en donner pour son argent au spectateur, c’est plein d’idées funs, ça n’hésite pas à verser dans la violence sanglante quand nécessaire, ça va direct à l’essentiel (le film dure 1h23 génériques compris), et puis il y a un des méchants improbable absolument génial. Imaginez une sorte de Schwarzenneger bodybuildé télékinésiste télépathe qui passe son temps à grogner, à grimacer, à gonfler à mort sa musculature en ayant toujours l’air d’être très énervé et d’avoir envie de faire caca. Ajoutez à cela des gros plans très réguliers sur son visage qui se déforme, avec des veines qui pulsent, un peu à la manière de Ken le Survivant lorsque les méchants sont près à exploser, et le plaisir n’en est que décuplé. Les maquillages sont à l’image du reste, kitch mais pourtant réussis dans leur genre et au final, on s’amuse, on s’amuse énormément sur Lady Battle Cop. En fait, c’est comme un gros bonbon plein de couleurs bien chimiques : on sait qu’il ne faut pas le manger parce que ça va te bousiller les dents et te faire grossir, mais on le mange quand même parce que c’est trop bon.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Délicieusement kitch… ♥ Généreux… ♥ Le look de la cyborg ♥ Bien mis en scène |
⊗ … trop pour certains ? ⊗ … après un début un peu laborieux ⊗ Un manque de budget qui se ressent |
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Note : |
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| Lady Battle Cop, c’est une cyborg, un méchant bodybuildé, des combats, des gunfights, des explosions, du sang, des effets spéciaux, vous voulez quoi de plus ? Alors laissez-vous aller et régalez l’adolescent qui sommeille en vous, vous ne le regretterez pas. | |

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LADY BATTLE COP est sorti chez Roboto Films en Blu-ray au prix de 25€. Il est disponible à l’achat ici : Roboto-Films.fr Version Originale sous titrée français – BD 50 – MASTER HAUTE DEFINITION – 1080p – Format 4/3 – Couleurs – DTS-HD Master Audio 2.0 En plus du film, on y trouve : Livret de 36 pages (Essai de Nicolas Jeantet et photos d’exploitation), Présentation du film par Fabien Mauro, « La Cyborg » par Camille Frouin du compte »L’Horreur est Humaine », Bandes annonces. |
Titre : Lady Battle Cop / 女バトルコップ
Année : 1990
Durée : 1h23
Origine : Japon
Genre : Robocopette
Réalisateur : Akihisa Okamoto
Scénario : Jinichi Miyashita
Acteurs : Azusa Nakamura, Kisuke Yamashita, Yuki Kitazume, Masaru Matsuda, Toshiaki Nishizawa, Shirô Sano, Masashi Ishibashi, Annu Mari, Derrick Holmes



























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