[Film] In The Lost Lands, de Paul W.S. Anderson (2025)

Une reine pactise avec la puissante et redoutée sorcière Gray Alys afin qu’elle lui rapporte un trésor capable de lui conférer un pouvoir immense. Alys et son guide, le vagabond Boyce, doivent s’aventurer dans les dangereuses Contrées Perdues. Là, ils devront déjouer et combattre hommes et démons pour honorer leur part du contrat…


Avis de Rick :
Quand est-ce que la carrière de Paul W.S. Anderson a vrillée ? Non, car mine de rien, si ce n’était pas du grand cinéma, le premier Mortal Kombat en 1995, c’était sympathique, et Event Horizon en 1997, bien que charcuté en postproduction, c’était vraiment bien. Même le ratage Resident Evil en 2002, sa première collaboration avec sa muse et femme Milla Jovovich, lorsque l’on garde à l’esprit que le côté clean et tout public du film est une demande des producteurs, on peut encore trouver des choses à sauver, comme la scène des lasers, ou la simple idée de situer l’intrigue juste avant le jeu vidéo, et donc, avec de nouveaux personnages, ce qui peut apporter surprise et nouveautés même aux connaisseurs. Mais voilà, par la suite, Resident Evil est devenu le Milla Jovovich show, son Trois Mousquetaires nous montrait Milla faisant des saltos au ralenti, le dernier Resident Evil était une abomination pour les yeux (et tous les sens en vrai), et son Monster Hunter était tout aussi mauvais. Il aura fallu cinq années à ce cher Paul pour revenir sur les écrans, en adaptant une nouvelle de George R Martin, avec encore plus de CGI partout, du post apo, du western, des flingues, des ralentis, des saltos, des épées, des serpents en CGI qui font zzzzzz et évidemment Milla Jovovich dans le rôle principal, en sorcière, et oui, elle fera un salto. Et on a Dave Bautista, et tout pleins de CGI peu naturels partout, tout le temps. Et Milla Jovovich qui court encore plus vite qu’un train. Et inutile de le dire, ce n’était pas bon. Pour trois plans cools, on a ensuite 30 plans à gerber. Je n’attendais pas du grand cinéma, mais j’espèrais un Paul en forme, capable de me faire rire de la connerie de son cinéma, comme dans certains Resident Evil, ou dans le bien bourrin Death Race. Malheureusement, c’est bien là le Paul prétentieux de Resident Evil Chapitre Final et de Monster Hunter que l’on retrouve.

Un Paul qui n’a pas compris que construire des films avec une esthétique de jeu vidéo, pourquoi pas, mais qu’entre sa première vraie adaptation en 1995 et 2025, soit 30 ans après, le jeu vidéo a évolué. Lui, il est resté au même point. Un film construit comme une succession de niveaux, la sorcière engageant ce pauvre Bautista, un pistolero du pauvre, et ensemble, ils vont traverser les Lost Lands. Chaque lieu sur la carte sera donc un niveau, avec sa scène d’action, que ce soit contre des squelettes zombies (enfin je crois) ou des fanatiques religieux qui sont à leurs trousses. Et autour de tout ça, une vague intrigue politique qui m’aura fait bailler dès la mise en place de ses maigres enjeux, et une esthétique digitale de tous les instants qui jamais n’émerveille mais fatigue la rétine. Tu sais Paul, si tu veux tourner dans des terres désolées, tu peux faire comme George Miller, ou à l’époque comme Albert Puyn, et juste vraiment filmer des terres désolées, te casser le cul pour faire des plans qui claquent. Tes fonds verts en permanence là, ils sont bien chiants, ils sont voyants, ils sont moches, et ce n’est pas le fait de saturer l’image d’effets en tout genre, que ce soit du lenses flares ou de la pluie qui va arranger les choses. Scénario ultra maigre, esthétique à gerber, CGI dégueulasses, abus de ralentis en tout genre, ouais, dans le fond, c’est du Paul tout craché, mais jamais drôle. Mention bien entendu à la transformation en loup-garou, qui prouve que même 30 ans après, personne n’a compris la leçon, personne n’a compris que oui, c’est dégueulasse en CGI, rendez-nous nos animatroniques et nos hommes en costumes !

Et là, je me retrouve bien embêté, car en vrai, il n’y a déjà absolument plus rien à dire sur le métrage, vide de substance, et abusant de style qu’il trouve cool, mais qu’il est en fait le seul à trouver cool. Evidemment, comme nous sommes dans le Paul Anderson Cinematic Universe, Milla Jovovich peu quasiment tout faire toute seule sans l’aide de personne, court plus vite que les trains, voit les twists du scénario avant tout le monde (enfin non, juste avant les autres personnages), a des supers pouvoirs, et est toujours filmée comme si c’était la plus grande héroïne de tous les temps, avec gros plans sur son œil, logo d’Umbrella non inclus ce coup-ci. C’est con comme d’habitude, mais en fait, c’est inintéressant au possible. Il se passe toujours quelque chose, mais ça ne raconte rien et du coup, on n’arrive même pas à profiter de l’action ou à rire du bousin. Bon, allez, reconnaissons que même si visuellement, c’est moche, au moins le montage est bien plus calme que celui du dernier Resident Evil, et donc que Paul a définitivement laissé ce style au placard. Mais les 1h40 paraissent longues quand même. Alors s’il te plait, Paul, la prochaine fois, lâche toi bordel, refais nous rire comme à la bonne époque. Ou arrête de tourner avec ta femme, je ne sais pas moi, peut-être que ça te bloque en vrai.

LE MEILLEUR LE PIRE
♥ Ouais, de temps en temps, y a un ou deux plans cool ⊗ Milla jouant encore et toujours la même chose
⊗ Visuellement, tout sonne sacrément faux
⊗ Jamais intéressant
⊗ Une structure de simple jeu vidéo
note2
Paul continue de filmer sa femme Milla, et livre donc toujours un peu la même chose, avec plus de CGI, plus de filtres, des saltos, mais beaucoup moins fun. Passe à autre chose Paul.


Titre : In the Lost Lands
Année : 2025
Durée :
1h40 de trop
Origine :
Etats Unis
Genre :
Western post apo nanar
Réalisation :
Paul W.S. Anderson
Scénario :
Constantin Werner
Avec :
Milla Jovovich, Dave Bautista, Arly Jover, Amara Okereke, Fraser James, Simon Lööf, Deirdre Mullins, Sebastian Stankiewicz et Tue Lunding


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Auteur : Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de David Lynch, John Carpenter, David Cronenberg, Tsukamoto Shinya, Sono Sion, Lucio Fulci, Nicolas Winding Refn, Denis Villeneuve, Shiraishi Kôji et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.
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