[Film] Funny Man, de Simon Sprackling (1994)

Mister Chance perd sa maison au cours d’une partie de poker face à un caricatural producteur de disques, Max Taylor. Ce dernier prend aussitôt possession des lieux mais les conséquences seront pour lui, désastreuses. Sa femme Tina et ses deux enfants vont très rapidement faire la sinistre connaissance du plaisantin officiel « Funny Man », le joker, certainement la carte la plus dingue du paquet…


Avis de John Roch :
Simon Sprackling signe son premier court métrage en 1992 avec Funny Man, dans lequel un homme gagne une maison au poker et va se faire massacrer avec sa famille par un bouffon qui hante les lieux. Le réalisateur reprend son idée en 1994 pour signer son premier long métrage avec… Funny Man, dans lequel un homme gagne une maison au poker et va se faire massacrer avec sa famille par un bouffon qui hante les lieux. Adaptation d’un court en long oblige, le film va évidement plus loin que le scénario de départ qui est ici repris dans les vingt premières minutes. Le chanceux qui gagne la bâtisse est ici producteur de disque, et son frère est chargé de lui amené des affaires. Faites lui ramasser des auto-stoppeurs sur le chemin et vous obtenez le quota de personnages prêt à périr entre les mains du funny man, ou du bouffon de l’horreur, titre parfois utilisé pour son exploitation en France.

Pour ce qui est du scénario, il ne faudra pas chercher plus loin que son pitch de départ. A l’origine, Funny Man devait être un film d’horreur sérieux mais l’interprète du rôle titre, Tim James, a fait évolué son personnage pour le rendre plus bouffon. Le script est alors laissé de coté et les acteurs, soit de parfait inconnus ou venus de la télévision, ont improvisé la plupart des scènes et dialogues, qui plus est sans cesse sous substances d’après les dire du réalisateur. Il y a aussi Christopher Lee, qui avait pas mal de trous dans son emploi du temps à cette époque, qui a tourné ses scènes où il fait coucou à la camera en une journée. En résulte un film qui n’est au final qu’une succession de scènes montées sans la moindre notion de cohérence. D’où vient le funny man ? C’est une bonne question. Pourquoi un personnage féminin tout droit sortie d’un film de blacksploitation est une médium qui s’injecte un truc dans la main qui se transforme en flingue qui balance des feux d’artifice ? That’s a good question. Pourquoi le producteur de disque cocaïné jusqu’à l’os traverse la quasi intégralité du film dans un caddie ? Das ist eine gute Frage. Pourquoi un autre personnage féminin est un sosie parfait de la Velma de Scooby-doo ? Es una buena pregunta. Quant à la fin, si quelqu’un y a compris quelque chose, je lui paie une pinte.

Funny Man est-il un film a éviter pour autant? Absolument pas. Si on omet quelques moments un peu lourd, en premier lieu les incessants coups de coude du funny man au spectateur un peu gavant sur la longueur et l’improvisation des acteurs qui a ses limites, Funny Man est un métrage qui s’avère être assez fun et rythmé pour passer un bon moment. Car malgré tout, il y a une forme d’ imagination débordante dans ce qui doit être pris pour ce qu’il est : un cartoon live sans queue ni tête mais délirant et gentiment gore qui tient aussi bien de la saga Freddy que de l’horreur British. De plus, Funny Man est un film qui s’en tire plutôt bien techniquement. La photographie est belle, la mise en scène n’est pas déshonorante et livre quelques plans assez classes, la musique est cool et les décors ont de la gueule. Il est clair que Funny Man ne figurera jamais au panthéon des meilleurs films d’horreur Anglais, mais il fait partie de ces curiosités méconnus et sympathiques du pays qui mérite un petit coup d’œil.

LES PLUS LES MOINS
♥ Un cartoon live aux idées parfois délirante
♥ C’est fun et rythmé
♥ Techniquement ça a de la gueule
♥ La musique est cool
♥ Gentiment gore
⊗ C’est parfois un peu lourd
⊗ La cohérence ? C’est quoi ça ?
Il est clair que Funny Man ne figurera jamais au panthéon des meilleurs films d’horreur Anglais, mais il fait partie de ces curiosités méconnues et sympathiques du pays qui mérite un petit coup d’œil.



Titre : Funny Man / Le Bouffon de l’horreur
Année : 1994
Durée : 1h33
Origine : Angleterre
Genre : Bouffonnerie
Réalisateur : Simon Sprackling
Scénario : Simon Sprackling

Acteurs : Tim James, Christopher Lee, Benny Young, Ingrid Lacey, Pauline Black, Matthew Devitt, Chris Walker, Rhona Cameron, George Morton

 

 


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Auteur : John Roch

Amateur de cinéma de tous les horizons, de l'Asie aux États-Unis, du plus bourrin au plus intimiste. N'ayant appris de l'alphabet que les lettres B et Z, il a une nette préférence pour l'horreur, le trash et le gore, mais également la baston, les explosions, les monstres géants et les action heroes.
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