[Film] Escroc, Macho et Gigolo, de Bruno Corbucci (1983)

Plus rusé et culotté que les autres policiers de Miami, le lieutenant Parker se fait passer pour un représentant en aspirateurs de manière à appréhender Tony Roma, une fripouille séduisant de riches vieilles dames qu’il finit inévitablement par dépouiller. Parker est alors loin de se douter que, bientôt, il sera mis dans l’obligation de se montrer plus tolérant à l’égard de cet escroc, celui-ci se trouvant désormais être la cible de la mafia pour avoir été témoin d’un meurtre. Parker devient même son ange gardien…


Avis de Cherycok :
Les amateurs de cinéma italien connaissent tous Sergio Corbucci, le célèbre réalisateur de Django, Le Mercenaire, Compañeros ou encore Le Grand Silence, qui a également pas mal crapahuté avec Bud Spencer et Terence Hill. Mais c’est sans compter sur son frère, Bruno Corbucci, scénariste de plus d’une centaine de films, dont plusieurs de son frère comme Django ou Le Grand Silence, mais également réalisateur. Et comme son frère, il a également tourné avec le duo Bud Spencer et Terence Hill puisqu’il est le metteur en scène de Les Super Flics de Miami (1985), mais aussi de deux films en solo de Bud Spencer, à savoir Aladdin (1986) et Escroc, Macho et Gigolo (1983) qui nous intéresse aujourd’hui puisqu’il vient de sortir chez l’éditeur BQHL qui continue d’étoffer sa collection du célèbre duo. Au fil des chroniques, vous connaissez ma passion pour Bud Spencer et Terence Hill, avec qui j’ai grandi dans les années 80, mais sachez que ce Escroc, Macho et Gigolo fait partie de ceux que j’ai le moins vu. La VHS était à la maison, comme les autres films du duo (à deux ou en solo), mais je l’aimais moins. Et 35 ans après mon sans doute dernier visionnage d’époque, le constat est le même et, sans être complètement aux fraises, Escroc, Macho et Gigolo fait partie des films les moins marquants du duo, même s’il reste sympathique pour quiconque aime un tant soi peu les grosses patates de forain de Bud Spencer.

Escroc, Macho et Gigolo, dont le titre original Cane e gato, chien et chat en français, correspond bien plus au film, s’inscrit dans la lignée des comédies policières italiennes légères qu’on voyait à cette époque-là. Ici, point de Terence Hill donc qui est remplacée par le célèbre acteur vu dans de nombreux westerns spaghettis et et Poliziottesco, Tomas Milian. On aurait pu craindre le pire tant Milian a parfois tendance à beaucoup grimacer et à avoir un jeu très exagéré, mais ça colle ici parfaitement à son personnage de voyou latin lover, un rôle qui n’aurait d’ailleurs sans doute pas du tout convenu à Terence Hill. Il interprète parfaitement bien ce personnage tout en exubérance et parvient à exister face à Bud Spencer sans se faire éclipser, leur relation passant de l’antagonistes à une complicité forcée, offrant pour l’occasion quelques dialogues bien sympathiques. Bud Spencer incarne de son côté un personnage qu’il a l’habitude de jouer, massif et placide, ici un flic qui se cache toutefois sous une fausse identité, de sorte que personne ne connait sa véritable profession. Il se fait notamment passer pour un représentant en électroménager, ce qui donne lieu à des scènes il tente de vendre des appareils (aspirateur, machine à laver, …) à des gens, ou de simples discussions sur le pourquoi la machine qu’il a vendu ne fonctionne pas. Et c’est là qu’on rencontre un des problèmes du film, c’est que ce genre de scènes, censées être humoristiques, ne fonctionnent pas et se font même parfois longuettes. Clairement, Bud spencer est bien moins à l’aise dans la comédie verbale que dans la comédie physique, à contrario de Tomas Milian qui s’en sort bien plus à ce niveau-là, s’appropriant à fond son personnage, en accentuant au maximum tous les clichés du latin lover baragouineur jusque dans sa démarche « aldomaccionesque », le tout avec des tenues vestimentaires et une coiffure pas possibles.

Escroc, Macho et Gigolo repose essentiellement sur la relation sympathique entre le flic bourru et costaud incarné par Bud Spencer et l’escroc malicieux joué par Tomas Milian, et c’est là où le titre original semble bien plus approprié pour représenter ce qu’est le film puisque durant les deux premiers actes, c’est un jeu du chien (Spencer) et du chat (Milian) auquel on va assister, avec le chien qui va passer son temps à courir après le chat. Ils ne peuvent pas se supporter, même si on se rend vite compte que, au fond d’eux-mêmes, ils s’apprécient malgré tout suffisamment pour que cette relation de chasseur / chassé soit plus amicale qu’autre chose. Le tout est enrobé d’une histoire de mafia et de flics corrompus, un peu à la manière de Les Anges Mangent aussi des Fayots. Mais il est certain que le scénario ne brille pas par sa grande originalité, jouant avec des quiproquos déjà vus de nombreuses fois, lorgnant un peu trop vers le bon enfant là où certains autres films de Bud Spencer et/ou Terence Hill avaient parfois un humour certes toujours bon enfant mais aussi plus incisif le temps de quelques répliques. Malgré sa durée assez courte de 1h40, on notera également quelques longueurs, en particulier dans sa deuxième moitié avec une intrigue de corruption policière qui, au final, ne sert pas à grand-chose si ce n’est à enchainer quelques courses poursuites et cascades. Les amateurs de gros coups dans la tête aux bruitages cartoons ne seront sans doute peu ou pas rassasiés puisqu’il y a au final très peu de bastons ici. A part la dernière bagarre, plutôt fun et relativement longue, le reste de le l’action est assez anecdotique. Certaines cascades sont intéressantes, en particulier celles motorisées, mais on aurait préféré plus de castagnes qui sont quand même la touche emblématique de Bud Spencer et le pourquoi on regarde un film avec lui. En fait, on a plus l’impression que Escroc, Macho et Gigolo cherche plus à ressembler aux comédies italiennes de l’époque, qui cherchaient avant tout à divertir un large public, plus qu’à un vrai film de Bud Spencer qui certes reste normalement dans cette même optique, mais qui oublie quelque part Bud Spencer. Des films comme Capitaine Malabar Dit La Bombe (1982) et On m’appelle Malabar (1981) de Michele Lupo, sortis donc à peu près à la même période, arrivent à trouver un meilleur équilibre. Malgré tout, Escroc, Macho et Gigolo arrive à rester divertissant pour qui aime un tant soit peu ce genre de bobine. Et oui, la nostalgie rentre clairement en compte.

LES PLUS LES MOINS
♥ Un Tomas Milian qui s’amuse
♥ La baston finale, sympathique
♥ L’ambiance décontractée et kitch
⊗ Une deuxième moitié longuette
⊗ Peu de bastons
⊗ Un Bud Spencer moins à l’aise.

Escroc, Macho et Gigolo est clairement un film mineur dans la filmographie de Bud Spencer. Néanmoins, pour qui a grandi avec le bonhomme, le divertissement reste plaisant et son duo avec Tomas Pilian fonctionne plutôt bien.


ESCROC, MACHO ET GIGOLO est sorti en DVD (19.99€), blu-ray (19.99€) et 4K UHD (29.99€) chez BQHL. Il est disponible à l’achat ICI.

1920 x 1080p HD – 16/9 – 1.66 – Version anglaise et française DTS HD Master Audio Dual Mono – Sous-titres français.

En plus du film, on y trouve : Entretien avec le réalisateur Jean-François Giré.



Titre : Escroc, Macho et Gigolo / Cane e gatto
Année : 1983
Durée : 1h41
Origine : Italie / U.S.A
Genre : Comédie mafieuse
Disponibilité : Dvd, Blu-ray, 4K UHD
Réalisateur : Bruno Corbucci
Scénario : Bruno Corbucci, Mario Amendola

Acteurs : Bud Spencer, Tomas Milian, Marc Lawrence, Margherita Fumero, don Sebastian, Billy Garrigues, Joan Call, Christine Troples, Darcy Shean, Robbin Young


















0 0 votes
Article Rating

Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
S’abonner
Notifier de
guest

0 Commentaires
le plus ancien
le plus récent le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires