[JV] Happy Manager (2018, PS4)

Le joueur se retrouve à gérer une résidence où vivent trois jeunes femmes. Il va falloir nettoyer les lieux, parler aux résidentes…


Avis de Rick :
Tamsoft est un studio Japonais que les amateurs connaissent bien, et qui est tout de même actif depuis 1992. On leur doit des jeux pas toujours fameux voir calamiteux techniquement, mais qui parfois, peuvent être funs. Senran Kagura Estival Versus était par exemple un jeu de combat plutôt fun (et coquin), tandis que la saga Onechanbara, bien que ultra dépassée techniquement et ne volant pas haut dans son histoire et son gameplay est plutôt sympathique pour des parties courtes et défoulantes. Mais parfois, Tamsoft tente des choses plus ambitieuses, comme avec Natsuiro High School, avec son open world totalement vide et ses quêtes annexes que l’on trouve totalement par hasard (ou pas, vu la taille de la map), une de mes plus grande déception d’ailleurs vu que j’attendais pas mal le jeu. Et depuis leurs débuts, ils travaillent avec l’éditeur D3 Publisher. Du coup, si l’on adhère pas au côté dépassé graphiquement, à l’humour et l’ambiance typiquement Japonaise, les joueurs ont appris à fuir ces studios. Et si je n’ai pas encore pu tester leur récent School Girl Zombie hunter, jeu de shoot se déroulant dans l’univers de Onechanbara, leur jeu Happy Manager, datant de Janvier 2018 au Japon uniquement, me faisait de l’oeil. Déjà, c’est simple, le studio a l’air d’avoir fait des efforts graphiquement, en animation de personnage, de visage. Il faut dire qu’avec seulement trois personnages dans le jeu, et pour un jeu se basant beaucoup dessus, ça aurait été dommage. Et puis ce n’est pas tous les jours qu’en terme de simulation, on a le droit de gérer une résidence où vivent trois jolies jeunes femmes. Prévu au départ pour fonctionner avec le PSVR, le jeu sortira finalement sans. Et à peine le jeu lancé, passé le menu, on tombe de très haut.

Car Happy Manager est possiblement le pire jeu que j’ai pu tester cette année. Sans vrai challenge, inintéressant au possible, long et lent dans son gameplay, archi limité en contenu et en interactivité… La liste est longue, trop longue, si bien que je ne sais pas par où commencer… Nous sommes donc manager, et l’on va devoir gérer une résidence. Chaque journée commence de la même manière, dans notre bureau, à l’accueil. Devant notre ordinateur, nous allons devoir planifier notre journée, choisir les tâches du jour. Toutes les deux heures, une tâche, de 7h à 21h. Le joueur aura le choix. Nettoyer les zones publiques comme le jardin, la piscine, les couloirs du rez-de-chaussé ou des deux étages. Ou tout simplement se rendez dans les chambres pour sympathiser avec les trois résidentes. Pourquoi pas sur le papier, mais manette en main, immédiatement, c’est le drame, peu importe la tâche à effectuer. Nettoyer les zones publiques par exemple. Que ce soit les couloirs, le hall, le jardin, nous sommes en vue subjective, et il suffira de déplacer le stick vers un endroit sale et d’attendre quelques secondes pour que la zone soit nettoyée. Se déplacer. Il faudra également déplacer le stick au bon endroit pour s’y déplacer. Alors certes, le temps pour nettoyer une zone est finalement très limité, mais quel ennui. De temps en temps, suivant l’heure de la journée, nous pourrons croiser les résidentes, partant travailler ou allant en cours, ou rentrant, ce qui déclenchera un dialogue.

Souvent, ces dialogues mèneront à des choix, pas plus passionnants que le reste. Et parfois, c’est un autre personnage qui arrive, comme un livreur de pizza. Et le joueur prend peur. Oui, le studio a fait des efforts pour que les trois résidentes soient mimi et plutôt jolies dans leur style… mais ils se sont uniquement appliqués pour elles, car les rares autres personnages affichent un corps bleu, sans expression, vide, sans rien, pas animé. Le drame je vous disais… Un peu à la manière de Akiba’s Beat où les PNJ n’ont pas été modélisés et ne sont que des silhouettes. Quels flemmards parfois chez Tamsoft. Mais là, vous vous dites que ce n’est pas grave, il reste la gestion, parler aux résidentes, augmenter votre affinité avec elle, pouvoir leur faire des cadeaux. Mais là encore, on frôle le néant et l’inintérêt total à chaque instant. Tout est lent, longuet. Les personnages parlent doucement, les choix à faire sont trop simples, et tout est si statique. Pour déclencher les dialogues, il faudra venir frapper chez ces chères résidentes quand elles sont chez elles. Parfois, on les trouvera aussi à la salle de gym au sous-sol. Mais si le joueur se rend dans leur appartement lorsqu’elles sont occupées, cela peut donner des situations bien différentes. Aucune surprise, en passant au milieu de l’après-midi, de trouver une résidente en train de faire la sieste. Le jeu nous permet alors, gentil comme il est, de fouiller la chambre, de regarder la belle dormir voir de s’approcher un peu trop près et de se servir de ses mains. Jeu de main, jeu de vilain !

Même cas de figure si l’on passe parfois à 21h, la résidente sera sous la douche. Rien de grave, vous pourrez fouiller silencieusement son appartement, admirer sa silhouette à travers la porte de douche. Attention par contre si vous êtes toujours là lorsque la demoiselle sort de la douche, elle risque de mal le prendre. Et puis… non, c’est tout basiquement en terme de gameplay, voilà tout ce que Happy Manager propose, à quelques subtilités près, comme le fait d’utiliser le pad et d’utiliser des points pour ouvrir sur l’écran une fenêtre magique que l’on déplace en bougeant la manette même, et qui permet alors de voir à travers les vêtements des résidentes. Ça a l’air plutôt relax non comme job en fait. En augmentant l’affinité avec les personnages et en nettoyant à fond chaque zone, on pourra ensuite faire des cadeaux aux résidentes, acheter du matériel pour la résidence, et puis j’ai alors abandonné le jeu qui m’avait déjà plongé depuis quelques heures dans un ennui profond. Et c’est dommage au final, car le développeur a tout misé sur ses trois personnages, qui bénéficient du coup d’animations plutôt convaincantes et souvent plutôt bien modélisées, encore plus quand on compare avec les autres jeux précédents du studio. Les décors eux sont certes totalement vides mais dans le jardin, la distance d’affichage nous montre carrément tout un village, pas mal de maison, mais jamais le joueur ne pourra mettre un pied en dehors. De toute façon, c’est simple, le joueur ne se déplace pas, il indique juste où il veut aller pour mieux nettoyer une toile d’araignée au plafond ou un tas de poussière dans un coin de cuisine…

Voilà donc le fantastique programme que nous offre ce jeu bien trop cher. Car oui payer plein pot pour ça franchement ! Il y a bien toute une liste d’objets à acheter que l’on trouve dans la boutique le matin lorsque l’on planifie notre journée, mais je n’aurais pas eu la patience (ni assez de points) pour tout acheter et voir si cela permettait au jeu d’avancer et d’amener de nouvelles choses par la suite. Mais non, se déplacer en déplaçant la manette sur le cercle qu’il faut, ouvrir des tiroirs pour voir des soutiens-gorge, déplacer encore la manette vers des cercles pour nettoyer le jardin ou la piscine, parler doucement, très doucement aux résidentes, et bien, ce n’est pas intéressant. Oui le jeu n’est pas si moche, à l’exception des PNJ non modélisés, mais il est lent, pas intéressant, et en plus musicalement vide. Oui il est vrai que les doublages correspondent bien aux personnages, mais au-delà des voix, les musiques sont inexistantes, les bruitages sont répétitifs et mauvais… Aucun élément du jeu n’est développé, le gameplay est inexistant, rien n’est intéressant, même les moments typiquement WTF (ou Japonais) ne font rien, tant rien ne prend. Une belle déception, dont même l’ajout possible depuis de l’option VR ne pourra absolument pas sauver.


GRAPHISMES
Le développeur a fait des efforts en terme de modélisation, mais c’est bien la seule chose. La résidence reste un peu vide, on peut voir le village de loin mais jamais mettre un pieds dehors, les PNJ ne sont même pas modélisés et affichent un visage bleuté vide…
JOUABILITÉ
Juste bouger la manette et faire des choix. Oulala, que de gestion.
DURÉE DE VIE
Ayant abandonné le jeu en cours de route, difficile de juger, mais il faudra de la patience. Beaucoup !
BANDE SON
Le vide. En dehors des voix et des bruitages énervants, il n’y a rien !
CONCLUSION
Vous vouliez gérer une résidence dans tous ces moindres détails, tout en sympathisant (ou en espionnant comme un pervers) les résidentes ? Happy Manager le fait mais vous endormira seulement quelques minutes après son lancement.

note65



Titre : Happy Manager
Année : 2018
Studio : Tamsoft
Editeur : D3 Publisher
Genre : Gestion d’appartements

Joué et testé sur : Playstation 4
Existe sur : Playstation 4
Support : un disque


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Auteur : Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de David Lynch, John Carpenter, David Cronenberg, Tsukamoto Shinya, Sono Sion, Nicolas Winding Refn, Denis Villeneuve, Shiraishi Kôji et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.
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