Nippon Connection 2013/2014/2015

Parce que le cinéma asiatique restera toujours dans nos coeurs
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yume
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Nippon Connection 2013/2014/2015

Message par yume » mar. 4 juin 2013 23:28

Allez hop ! me voici à Frankfurt pour la treizieme édition du meilleur festival européen de cinéma japonais.

Nouveaux lieux de projection. Adieu la fac, devenue exiguë. Bonjour à de vraies salles de projo.
Pour l'instant je n'ai fait que rapidement parcourir les lieux, et m'envoyer quelques bières pour contrer une météo sympathique mais à laquelle je ne suis pas habitué à force de vivre dans l'hiver permanent qui regne en normandie.

Début des réjouissances demain. En tous cas le programme est alléchant, intriguant, avec quelques vrais risques de programmation, un focus sur Sogo Ishii, une très mini rétro PIA, des gros films qui donnent envie, et des (je l'espere) pépites indépendantes. Sans compter les concerts, les spectacles, les conférences (dont une sur le cinéma japonais des 90's, conduite par Tom Mes !), et un gros paquet d'invités (dont Ryuichi Hiroki !!!!!!!!!)

J'essaierai de pondre quelques avis vite fait
Stay tuned
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Re: Nippon Connection 2013

Message par yume » mer. 5 juin 2013 21:36

Alors, en ce mercredi pas grand chose à dire en fait.

Il fait chaud, la bière coule à flot, je découvre qu'on a des boissons gratuites dans la salle de presse. Sinon, le batiment principal est sympa, mais le second dans un hangar réhabilité est magnifique. Ca a une autre gueule que le batiment de la fac.

Mais si les lieux changent, NC reste NC. Avec la magnifique désorganisation qui va bien. Trouver où retirer son badge presse ? une grosse demi heure. Trouver la salle de presse ? aahahaha, un coup de pot. Ceci dit, je m'y attendais et ça fait partie du charme. Autre exemple. Le staff me planifie un créneau interview. A l'heure dite, ils n'ont pas encore pensé à la salle dans laquelle ça va se passer :D

Bref !

Donc petite journée.

Interview de Araki Keiko, la boss du PIA film festival. CHarmante, pas langue de bois du tout (ça balance méchant à certains moments), bavarde, interessante.... 45' filées à la vitesse de la lumière. Logiquement je la recroise samedi pour une suite de l'interview.

I'm Flash, de Toyoda. Le leader d'une secte se remet en questions après avoir causé un grave accident de la route. Un Toyoda sympathique, mais pas en mode majeur. En fait j'ai du mal à placer le film dans ses thématiques. Ca reste techniquement carré avec une très bonne gestion du rythme. Les acteurs mutiques s'imposent facilement. Par contre il y a plein de choses laissées en suspens, inexploitée, ce qui est rare chez Toyoda.

Flashback Memories, de Matsue Tetsuaki. Etrange objet. Ni un film, ni un documentaire. Matsue met en forme des fragments filmés de la carrière de Goma, un joueur de didgeridoo qui a perdu la mémoire (entre autres) lors d'un accident de voiture. La bande son, tribale, est une tuerie. Le "film" quant à lui peine à prendre de l'interet. Puis les seules images d'archives laissent place au témoignage de Goma, de son épouse aussi, et là Flashback Memories devient touchant, tandis que sa forme mute pour coller à l'état d'esprit du musicien. Sympathique, pas inoubliable non plus ! Et ça ressemble quand meme vachement à une pub éhontée pour Goma, surtout que Matsue n'offre aucun point de vue personnel. Il colle des bouts de mémoires.
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Re: Nippon Connection 2013

Message par yume » ven. 7 juin 2013 00:45

On ne lache rien, on continue la mission :D
Au programme de ce jeudi

Shady, de Watanabe Ryohei. Vainqueur du PIA 2012, Shady est pour l'instant la grosse découverte du festival. Film indépendant qui n'en a aucun atours : cadrage propre et pensé, image léchée avec présence d'un directeur photo qui n'a pas été élevé dans les écuries de la télé, montage intelligent, travail sonore en post prod... formellement ça renvoit aux chiottes plus de la moitié de la prod japonaise actuelle, blockbuster compris. Ca manque juste d'un peu de risque formel, et d'une capacité à ne pas filmer du vide pendant de longues secondes (ou alors savoir le faire. Filmer des visages mutiques c'est un métier. Hiroki le fait très bien, Watanabe non). Sur le fond, je ne vais pas trop en dire. Juste que le twist est placé avec un timing parfait, et de façon élégante. On se doute que quelque chose va se passer, mais mine de rien c'est bien fait; chose rare. Et surtout ça embraye un crescendo implacable, où on sent nettement la patte de qqs illustres réalisateurs en référence. Bref, Shady c'est bien ! et meme plus que ça.

Nowhere to go, de Shimada Ryuichi. Second film de la selec sur un artiste underground au parcours brisé. Ici on suit une jeune chanteuse débarquée à Shibuya qui veut vivre ses reves. Pas etre la méga star, mais etre qq'un de connue, avec des amis. Rapidement sa naiveté s'heurte à la réalité, puis elle est diagnostiquée schuzo et quitte Shibuya. 9 ans plus tard Shimada retourne la voir. Tragédie assez crue, Nowhere to go arrive à être interessant malgré un sujet pas super vendeur; grace à la jeune chanteuse, touchante de naiveté et de reves. On est d'autant plus attristé quand la réalité du métier, de la rue, des gens meme, la rattrape et qu'elle essaie de s'accrocher. Son regard lors d'un des derniers plans fait mal (pour elle et sa tristesse). Pas transcendant, mais sympa.

A drudegry train, de Yamashita. Un jeune paumé commence à trouver gout à la vie quand il devient ami avec un étudiant et une jolie vendeuse de livres. Sauf que son caractère va tout gacher. Certes la trame est facile, mais c'est un film de Yamashita. Pas son meilleur, mais un de ses films quand meme. Donc c'est déjà formellement carré, les acteurs sont bien dirigés.... Par contre, ouais, le scenario est un peu chiant. Pourtant il n'y a pas de trop plein, de ventre mou. C'est juste banal. Mais du banal bien emballé !

Utopia Sounds, de Mima Akihiro. Un vieil homme va enregistrer les sons des endroits où il a fait son dernier voyage avec sa femme d'alors; qui est maintenant en train de mourir. En chemin, il se remémore les scènes, tandis qu'ailleurs une jeune fille invite deux amies à passer le we chez elle. Film de fin d'étude, Utopia Sounds part sur une idée sympa et arrive à méler astucieusement les flash back à la réalité en les articulant en plans séquences. Le procédé est cependant peu changé tout du long. Mais les deux gros éceuils sont d'un coté une troisième histoire qui ne colle au reste qu'à la toute fin, et de l'autre une non utilisation de l'élément son. Avec un sujet pareil il y avait moyen d'assurer un dimension sonore, de jouer sur les perceptions, la narration. Bah non. Rien, nada, queud, à part dans les 20 dernieres secondes.... Dommage, parce que le film n'est pas franchement mauvais. Mais il lui manque un truc pour se démarquer. Je suis déçu.



On continue demain, avec peut etre moins de films (mais des grosses locomotives), et surtout une interview du real de Shady, ainsi que la "participation" (vu que ce sera en allemand) à un podcast / réunion des bloggers suivant la festival. Aucune idée de ce que ca va donner, à part un point sur la situation générale en europe (et peut etre au delà), mais c'est une jolie initiative parrainée par NC
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Re: Nippon Connection 2013

Message par yume » ven. 7 juin 2013 21:27

Au menu de ce très chaud vendredi allemand :

de la bière (fraiche et japonaise)
des sandwichs allemands, pas super légers
des donuts (mhhhh, donuts !)

une rencontre avec une faune de bloggeurs, quasi tous allemands, avec échange rapide sur le coeur de cible, les lecteurs toussa... puis un podcast court où certains donnent un avis succint sur le festival et leur film coup de coeur. Marrant !

une discussion avec Adam Torel le boss de Third Window Films

la suite de l'interview de Araki, la boss du PIA, qui a des giga tonnes de choses hyper interessantes à raconter (mais vraiment, vraiment ! vivement la retranscription). Une belle rencontre.

l'interview de Watanabe Ryohei, le real de Shady. Mec sympa.

Et pour finir, les visionnages de :

Bad Film : Un Sono Sion de 95, remonté il y a peu avec des heures de rush pour atteindre une durée conséquente. Un film punk, politique, malsain mais poétique, traversé de bonnes idées narratives et formelles malgré le budget quasi nul. C'est ce Sono Sion là que j'aime, pas celui de Cold Fish ou Land of Hope (et son dernier en date, dixit Torel, n'est pas fameux du tout)

Princess Sakura, de Hajime Hashimoto. Je serai tenté d'utiliser mon joker afin d'éviter d'en dire quoi que ce soit. Une sorte de pinku soft dans un japon d'époque fantastique, avec sabreurs, morts vivants, pilules magiques, seins, et bons sentiments dégoulinants. Ca aurait pu etre un joli mélange mais c'est fait n'importe comment, c'est horriblement mal joué, le scénar est accablant de pauvreté (et de sous texte pas finaud. La fille tombe quand meme amoureuse du mec qui l'a violé...). Allez zouuu, poubelle !

Yellow Elephant, de Hiroki. Ceux qui écouteront le podcast veront que je fais ma fine bouche. Hiroki se mainstream-ise, il devient plus sage, mais bon dieu il le fait super bien ! Déjà y'a Miyazaki Aoi, dans un role parfait pour elle entre choupinesse power et regard dur et froid. Et Hiroki a compris a quelle actrice il avait à faire, et il la magnifie. En plus tout la première partie est emplie de feel good mood, avant que ça éclate soudainement ensuite. Je ne suis pas convaincu par l'histoire, mais la prestation de Miyazaki Aoi est enorme et Hiroki sait absolument capter les choses de façon anodine. Un film qu'il est bien. (quoique j'en dise ailleurs)

Ochiki, de Yoshida Kota. Le destin croisé de deux jeunes chanteuses. La première est enceinte, mais ne sait pas qui est le père. La seconde est aussi enceinte, de son producteur qui veut l'obliger à avorter. Et bien ce film je n'en pense pas grand chose. Ce n'est nul, ni bien. C'est plat, ça se regarde en lisant son journal.

Soul Flower Train, de Nishio Hiroshi. Un vieil homme quitte sa campagne pour rendre visite à sa fille à Osaka. A l'arrivée au port, il est entrainé dans une journée de visites incongrues par une jeune fille frondeuse. Et bien ce n'est pas mal du tout. C'est drole, touchant quand il faut, les acteurs sont bien dirigés. On n'échappe pas à une déferlante de sentiments sur la fin, mais le voyage est plaisant.


Au programme de samedi, une interview de Hiroki Ryuichi (je suis mort de trouilles, vous pouvez pas savoir), et quelques films, surement mainstream 100% (y'en a un avec une équipe féminine de tir à la corde qui me fait de l'oeil :D)

A demain ami lecteur (ou pas)
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Re: Nippon Connection 2013

Message par yume » sam. 8 juin 2013 21:04

Hallo

en ce samedi, toujours pas mal de bière, un coca like bourré à la caféine, un producteur japonais qui joue de la musique celtique à la flute, les jaquettes des romans porno d'Hiroki qui ont fait la joie d'une grosse partie des personnes présentes dans la guest room, une interview assis dans l'herbe au son du vent, et quelques films.

Dans les choses méritant d'etre developpées :

Interview d'Hiroki Ryuichi. On peut pas dire que je ne l'ai pas révée depuis des années cette interview. Au final, j'ai la confirmation qu'il est tout sauf bavard, qu'il n'aime pas répondre à certaines questions, et qu'il super gentil ! (ceci dit en lui présentant d'office toutes les covers de ces vieux films, il était impressionné :D)

Electric Dragon 80000V, de Ishii Sogo. Que dire à part masterpiece ! film fou, au montage acéré, à la caméra démente et au travail sonore d'une dimension exceptionnelle. Ca m'a fait du bien de le revoir, avec du gros son.

Tug of war, de Mizuta Nobuo. Le mère d'une petite localité cherche un moyen de faire de la pub à sa ville et attirer les investisseurs. Il décide de monter une équipe féminine de tir à la corde. Attention, mainstream pop corn movie à 200%. Le moindre rebondissement est decelable à l'avance, la parcours est absolument balisé et d'une inoffensivité totale. Les blagues sont lourdes, les acteurs potaches, le bon sentiment dégouline et formellement ca n'a rien d'extraordinaire. Par contre la base du scénario est assez conne pour que je prenne le temps d'y jeter un oeil (du tir à la corde !!! ca me rappelle je ne sais plus quel film japonais avec du curling...) et il y a Inoue Mao, toute craquante (comme tjs)

The Kirishima Thing, de Yoshida Daihachi. Tout s'emballe dans un lycée quand Kirishima, la star du lieu, disparait sans rien dire. Seconde fournée mainstream de la journée, et plutot très bonne surprise. On n'échappe pas au lieu commun sur le lycée japonais, mais l'idée de base est pertinente et permet de jouer avec un microcosme de façon originale, avec en point d'orge une mise en abime du métier de réalisateur via un des élèves. De plus le montage de la première partie est assez "non convenu" pour une telle locomotive. Bref, sympa. Mais j'ai déjà quasi tout oublié, à part que le film a le bon gout d'insérer des séquences de Tetsuo.
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Re: Nippon Connection 2013

Message par Junta » dim. 9 juin 2013 21:59

Compte rendu vraiment sympa, impatient de lire les différentes interview sur Nihon Eiga ;)

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Re: Nippon Connection 2013

Message par yume » dim. 9 juin 2013 22:09

bon bah voilà c'est fini.

Aujourd'hui je n'ai vu aucun film, je n'ai interviewé aucun invité, j'ai juste pris un café noir et serré des mains.

Pour ceux que ca interesse, les gagnants des deux compétitions sont :

Nippon Cinema Award : Key of Life de Uchida Kenji
Nippon Vision Award : A2 de Ian Thomas Ash

Deux films que j'ai pas eu envie de voir (vous constaterez donc l'étendue légendaire de mon flair en ce qui concerne les films). Si je regrette pour The Key of Life (le seul interet que j'y voyais était Ryoko Hirosue) et que je ne discuterai donc pas du prix (meme si clairement Shady méritait le prix) pour A2 je suis perplexe. Je vous met les résumés, pour le plaisir (dépressifs, s'abstenir)

Eighteen months after the nuclear meltdown in Fukushima, children in the surrounding areas are suffering from severe nose bleeds and developing skin rashes and thyroid cysts. Citing a lack of transparency in the official medical testing of their children and the ineffectiveness of the decontamination of their homes and schools, the children’s mothers take radiation monitoring into their own hands.

C'est peut etre bien, très bien meme. Mais non, quoi ! je ne viens pas en Allemagne boire de la biere et discuter avec plein de gens sympas pour me détruire le moral ! Je le regarderai tranquillou au chaud cette semaine, ceci dit.

Fin de transmission.
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Re: Nippon Connection 2013

Message par Epikt » lun. 10 juin 2013 11:49

Merci pour le compte rendu.
Comme le père Junta j'attends les itw.
« Je m’en fiche. Dans ma tête je peux aller où je veux. C’est moi qui décide.
Je n’ai qu’à décider, et je peux aller où je veux... Ailleurs, n’importe où.
»

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Re: Nippon Connection 2014

Message par yume » mar. 27 mai 2014 21:39

Yop

Et c'est déjà l'heure de la session 2014.
Il ne fait pas beau, mais la bière est toujours là. Début des festivités demain midi. Je vous préviens, cette année je suis en mode touriste. Je n'ai prévu aucune interview, et je ne sais pas encore ce que j'ai envie de voir en priorité.

Ah, si. Quand même. Il y a un film qui mérite le détour. Je l'ai déjà vu grâce au distrib' et j'avoue que rencontrer la réalisatrice (une ex assistante à Tsuka) me titille. Ce film c'est FORMA

Forma : film indé japonais réalisé par Sakamoto Ayumi. Pour son premier film elle livre un film ahurissant dans sa maitrise de la construction; quelle soit scénaristique, de cadrage, et de montage. En gros c'est l'histoire de deux amies qui se retrouvent apres des années. L'une est en galère, alors l'autre l'engage. C'est un film qui prend son temps, qui carresse les malaises, qui déconstruit et inverse les points de vue, qui inverse les zones d'ombre. C'est un film lent, millimétré, étouffant, génant, hypnotisant.... la baffe que je me suis prise !


A demain pour le premier épisode 2014
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Re: Nippon Connection 2013 & 2014

Message par yume » mer. 28 mai 2014 21:41

Jour 1

Il ne fait pas très beau. Je vois des bières dans toutes les mains. Je retrouve des trognes familères. Et la salle de presse n'attends que moi. Cette année encore je favorise cette salle pour voir les films, histoire de voir en priorité ceux qui m'interessent. J'irai tater de l'ambiance festivaliere demain soir.

Au programme de ce jour, donc.

Summer's end. J'en attendais beaucoup vu que c'est signé Kumakiri. Douche froide. C'est un bon gros drame des familles, situé dans les 50's, avec des kilomètres de dialogue, de gens qui larmoyent et n'arrivent pas à se décider. Meme Kumakiri a l'air de se faire chier à filmer tout ça (hormis sur 2-3 plans).

The Snow white murder case. Capable du pas très bien comme du très bon, Nakamura est avec ce film dans le second camp. Une employée modèle d'un fabricant de savon est assassinée. Une de ses collègues appelle un ami journaliste, qui décide de saisir l'opportunité de mener l'enquête. C'est un film malin dans son approche, son humour, son sens des détails, sa modernité sur un type de film pourtant usé, et servi par une bonne palanquée d'acteurs sympathiques. Bref, un film mainstream qui a de la gueule

Antonym. Premier film d'une réalisatrice, produit sous label CO2 (voir nihon eiga pour plus de détails). Et bien c'est plutot bon de bout en bout. Une jeune femme suit des cours du soir en scénario. Son script est choisi pour être enregistré en vue d'une diffusion radio, mais le professeur lui ordonne de réécrire le tout, avec un partenaire. N'ayant pas d'amis, elle demande à une employée timide de l'agence où elle travaille. Mais les deux femmes n'ont rien en commun. Du lieu commun il y en a pourtant un paquet. Le scénario n'est pas novateur, il n'y a pas de débauche technique (on sent bien la limitation due au budget), mais la réalisatrice arrive à capter des choses sensibles, aidée par une bonne direction d'acteur, ainsi qu'une derniere partie très maline dans son approche minimaliste de mise en scène et mise en abyme du scénario dans le script.

Zentai. Une comédie signée Hashiguchi. 6 scènes. 6 groupes dans un scène de vie classique, sauf pour un, qui est dans une soirée Zentai (allez voir sur internet). Le message du film est simple et rabaché à la fin -la normalité, les mensonges, la vie sociale toussa- mais surtout le film est assez drole, avec des personnages bien campés. Chaque partie a en plus le bon goût de ne pas durer plus de 10mn, donc ca va à l'esssentiel (malgré le futil des situations dépeintes). Pas un Hashiguchi majeur (revoyez plutot grains de sable), mais un Hashiguchi plus détendu que d'habitude.

Hello! Junichi. Junichi est timide, petit, pas musclé. Mais il s'amuse bien avec ses amis. Un jour une nouvelle professeur arrive, et il va petit à petit trouver le courage de s'affirmer. Un nouveau Ishii Katsuhito ca ne se refuse jamais. Ici il est entouré de 2 jeunes réalisateurs (qui signent l'adaptation du roman qui sert de base au film), pour livrer un film destiné au jeune public. Alors c'est forcément ras la gueule de feel good, de morale moralisatrice, et de message géniaux comme trouver le courage de faire ce qui nous motive. Le tout servi par un casting de gamins criant tres fort, gesticulant beaucoup, et aimant la roue libre. Mais c'est aussi un film de Ishii. Et dedans il y a les marottes du bonhomme (humour non sensique, apparitions étranges de personnages décalés sans aucune explication – le black a vélo, et l'infirmier luchadores;D – des ruptures de ton s'adressant nettement aux adultes, de la danse et des chorégraphies « autres », un amour certain pour la pop culture....), ainsi qu'un casting comme Ishii les aime avec entre autres l'immense Tatsuya Gashuin. Bref, du Ishii. Et du Ishii meme sauce enfantine, ça reste bon.
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Re: Nippon Connection 2013 & 2014

Message par yume » jeu. 29 mai 2014 23:18

Jour 2

Le jour des vents. Il y a d'abord celui qui soufle calmement sur la ville et qui annonce de la pluie. Puis il y a les deux rafales que je me suis pris en une heure de temps par un mec de Sancho, puis le boss de Third Windows. Bon en fait je crois qu'ils m'ont juste pas entendu, et ils ont continué leur route sans détourner le regard. Mais ça m'a véxé. (voilà la minute skyblog est terminée)

Que dire d'autre ? Une nouvelle réunion inter blogger (purée j'aime pas me faire traiter de blogger) se profile pour samedi, avec comme l'année derniere un petit podcast. J'ai croisé une des actrices d'Antonym, qui est encore plus timide dans la vie que ce que son rôle lui imposait dans le film. Je ne voyais pas Tsutsumi si vieux. J'ai loupé une conférence dont le thème me plaisait (death of japanese cinema, birth of film from Japan). Et je n'ai bu qu'une seule biere.

Coté films :

Bon Lin. Le nouveau film du réalisateur du surestimé About the Pink Sky. Et j'ai plutot aimé. Pas que l'histoire soit extraordinaire, mais c'est gentiment vulgaire, un peu déviant, et l'actrice principale s'amuse visiblement à en faire juste un peu trop, mais pas trop non plus ! Cela reste classique, et la derniere partie n'est pas à la hauteur du début.

And The Mud ship sails away. On continue dans le film indé avec un lead actor à l'aise, et un humour qui fait du bien. Là encore, la derniere partie n'est pas à la hauteur, mais c'est parce qu'elle part dans la farce grotesque, à l'opposé de ce qui était présenté depuis le départ, et sans liant véritable. Dommage. Reste un beau N&B, classique mais bien géré.

The Apology King. Mizuta Nobuo enchaine les gros blockbuster comédies. Et si son précédent n'était pas génial, là il profite d'un scénario signé Kankuro Kudo. Reconnaissons à Mizuta qu'il n'est pas un tacheron. Alors OK il ne révolutionnera rien, mais dans le genre real mainstream il est dans la haut du panier. Là on lui adjoint l'efficacité de l'humour et trame scénaristique de Kudokan et l'association fonctionne du tonnerre. C'est drole, c'est rythmé, c'est non sensique (que cela soit dans l'escalade narrative ou les jeux de mots), il y a une palanquée d'acteurs géniaux (Sadao Abe est fantastique), des purs moments WTF, une photo pas dégueulasse, un montage nerveux. Et le tout dans un cadre tres sage, pour toute la famille. Bref du mainstream à haute valeur ajoutée.

Tamako In Moratorium. Un nouveau Yamashita Nobuhiro. Ai-je besoin d'en dire plus ? … OK... alors c'est un film précis dans sa forme et ses personnages, filmé sans fioritures mais avec talent, avec des acteurs excellement bien dirigés, une vraie douceur dans l'approche, une histoire simple qui n'a pas besoin d'un long résumé mais qui n'ennuie pas dans son manque apparent d'action (ou son plein de banalités). Bref c'est un film qu'il est bien.

A demain pour le jour 3 et un film signé Hiroki (ainsi qu'un signé Imaoka). Si j'arrive à voir celui d'Aoyama, ca sera le jour des réalisateurs confirmés.

Et j'ai craqué. J'ai demandé 3 créneaux interviews..... je n'ai déjà pas retranscrit celle de l'année derniere, ni celle de l'année d'avant encore....
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Re: Nippon Connection 2013 & 2014

Message par yume » ven. 30 mai 2014 20:38

Jour 3

Une discussion sur une emission allemande qui se passe dans un train qui roule avec des paysages qui défilent et rien d'autre. Une journaliste qui fait sa précieuse parce que l'écran du pc salle de presse qu'elle utilise est trop petit et qu'elle veut celui de mon pc, puis qui stresse tout le monde en ralant, demandant à ce que les volets soient clots (tu comprends, y'a un reflet sur l'écran). Bref une journaliste qui dégage du stress et beaucoup de monde car 20 apres son arrivée, la salle de presse était vidée de toute autre âme. Une cosplayeuse sortie de nulle part en Sally la petite sorciere, qui a trouvé très nulle la reprise du générique de la série par GO!GO!7188. Le soleil qui se pointe timidement. Et toujours de la bière.

Coté films :

Backwater. Le dernier Aoyama en date. Et ça fait plaisir de le revoir en forme après ses films précédents pas toujours... ses films nuls !. C'est magistralement mis en scène, avec un vrai directeur photo, des plans larges qu flattent la rétine par leur composition, un bon gros travail sur le son et sa mise en avant dans la derniere partie. Et y'a du cul, du sang, des cris, des personnages en surchauffe morale. Sans compter des utilsations symboliques plutot malines à base d'anguille, de canne à peche qui se tend.... Du Aoyama bon cru, plutot malsain sur le fond et en violence retenue sur la forme.

Crying 100 times – Every raindrop falls. La Kumakiri m'a déçu, voilà que le Hiroki me déplait. Comme ça deux des mes réals fétiches auront présenté des croutes à NC. Que dire ? Gros drama sirupeux et caricaturale qui tache. On a donc la fille qui a le cancer, le mec qui est amnésique, le chien qui va pas bien, des sentiments purs qui ne sont pas exprimés, des larmes, de la musique qui appuie bien le mélodrame, des personnages inexistants, et un Hiroki qui n'en a visiblement rien à foutre. J'ai pris cher pendant 2H !

My House. Un des derniers Tsutsumi en date. C'est joliment filmé, façon faux documentaire en N&B, sans surexplication, avec un acteur principal crédible. Mais les arcs narratifs parrallèles ne servent à rien, les personnages sont unilatéraux (les gentils hobo, le méchant riche..). Ca aurait pu être génial étant donné le cadre (les sdf qui vivent dans les parcs et leur survie quotidienne). Là ca te fait juste croire qu'ils font du camping et ramassent des cannettes vides par idéologie.

Unforgiven. Le remake du film bien connu d'Eastwood par Warner Bros Japan et Nikkatsu, avec Sang-il Lee aux commandes. Ca a une pure gueule de film avec de la thune bien employée. Scope qui tue, une photo démente, un casting d'enfer... pour un film quasi identique au Eastwood, si ce n'est que là c'est au Japon. Mais dans le genre blockbuster à haute valeur ajoutée, c'est du tout bon.


J'aurai bien aimé voir la Imaoka mais il n'a pas de sst dans la version screener presse, et je n'ai pas le courage de m'y atteler.

Demain, 3 interviews, un blogger pow wow (le lion est mort ce soir?), évidemment de la bière, surement un Doner Sandwich (en l'honneur de Lolop4), et peut être un film ou deux.
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Re: Nippon Connection 2013 & 2014

Message par yume » sam. 31 mai 2014 21:54

Du soleil (enfin). Et donc encore plus de biere. Du kimchi. Des contacts à la pelle. Et pas un seul film
Par contre :

- un podcast plutot long en anglais où on a abordé les différents films de NC, avec aussi bien des points de vue de personnes n'y connaissant rien en ciné jap (quasi tout le monde) que celui de personnes étalant leur culture avec classe et distinction (Cathy, et moi). L'expérience est amusante, bien modérée, fait avec un bon matos pro, et donne envie d'en refaire (mais en français. Ou alors avec 5mn de preparation parce que parler technique cinema en anglais j'ai du mal.

- une interview avec Natsuka Kasano, la réalisatrice d'Antonym. (une real à absolument suivre)

- une interview avec Ayumi Sakamoto, la réalisatrice de Forma (une real à absolument suivre)

- une interview avec Keiichi Kobayashi, le real de Bon Lin.

Les 3 interviews ont duré environ 1H chaque, avec un interprete génial (et francais), et il y a donc du matos pour la retranscription. Pas d'infos croustillantes, par contre. Meme si ceux qui verront Forma auront de quoi être étonnés sur les conditions de tournage et le rendu final.


Fin de Nippon Connection. J'ai un train tres tot demain matin. Je retourne à la réalité.
Merci d'avoir suivi
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yume
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Re: Nippon Connection 2013/2014/2015

Message par yume » lun. 1 juin 2015 19:24

Et c'est reparti pour un tour
Demain direction Frankfurt pour le Nippon Connection annuel.

J'avoue là j'y vais carrément en touriste. Je n'ai pas encore jeté un œil au programme. Tout ce que je sais c'est que niveau invités ça envoie du très très lourd avec en trio de tête de la pesance ultime :

Ryuichi Hiroki
Kazuyoshi Kumakiri
Asano Tadanobu
(ouais, ouais, Asano Tadanobu)
(en plus de venir présenter des films, il donne aussi un concert mercredi soir, avec le groupe Stereo Total)

et y'a aussi Sakura Ando pour la dose de sexitude.

Bref ça sent l'édition anthologique !

Stay tuned (ou pas)
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Oli
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Re: Nippon Connection 2013/2014/2015

Message par Oli » mar. 2 juin 2015 10:42

yume a écrit :avec le groupe Stereo Total)
Excellent !

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