[Semaine « Exotique »] Jour 2 : Hidden (2009)


Kai Koss revient malgré lui dans la petite ville qu’il a fui 19 ans auparavant. Devant régler une succession, il se trouve pris au piège d’une présence inexplicable qui semble ressurgir du passé.


Avis de Rick :
Si pour cette semaine exotique, Chery n’a pas eu peur d’aller chercher du cinéma Ukrainien (et c’est tout à son honneur, je pourrais conseiller le film à ma copine qui vient d’Ukraine d’ailleurs), moi je reste dans le classique et dans les pays que j’aime, à savoir là, la Norvège ! Le cinéma de Pål Øie ne m’était pas inconnu, loin de là, j’avais même vu ces deux opus nommés Villmark, qui avait déjà pour le premier opus Kristoffer Joner dans le rôle principal. Pas le meilleur réalisateur au monde, ni même de la Norvège, mais un réalisateur qui aime le cinéma de genre et essaye toujours de privilégier l’atmosphère, même si on voit souvent par moment des bribes cherchant à copier ce qui se fait ailleurs (bordel, les jumpscares). Mais, un peu comme le cinéma d’horreur Japonais d’ailleurs, la Norvège ainsi que d’autres pays d’Europe de l’Est aiment privilégier l’ambiance. Et ça, ça me parle. Du coup, c’est tout heureux que j’ai commencé la vision de ce Skjult, renommé Hidden pour l’international, un thriller du réalisateur avec Kristoffer Joner, que l’on a pu voir également dans Next Door ou récemment The Wave. 1h30 après, si ce n’était pas un chef d’œuvre, et bien ça se tient, c’était divertissant, c’était comme les autres métrages du réalisateur. Une excellente ambiance, de bonnes idées, et quelques moments cherchant un peu trop à copier ce qui se fait en Amérique avec encore des jumpscares. Rares heureusement. Nous suivons donc ici Kai qui retourne dans une petite ville après la mort de sa défunte mère, afin de régler quelques soucis de successions. Sauf que le petit, il n’a pas que des bons souvenirs de jeunesse dans cette ville, ni dans cette demeure. Immédiatement, le réalisateur pose une ambiance. Une ambiance lourde, avec des silences lourds de sens, des plans lents et calmes, une photographie sombre très travaillée. Au début, il veut jouer avec nous. De manière pas forcément convaincante d’ailleurs.

Le réalisateur veut nous emmener dans des directions opposées, multiplier les possibilités dans son récit, et du coup, on ne sait pas trop devant quel produit on se trouve au début. Film dramatique sur comment surmonter des traumatismes de jeunesse ? Thriller sombre jouant sur l’arrivée du personnage dans une ville qui ne veut pas l’accepter en raison de son passé ? Ou bien tout simplement la voie de la facilité, un film de fantôme ? Car oui, on aura droit au lot d’apparitions furtives, et de jumpscares pas forcément réussi. Le début donne presque l’impression de vouloir bouffer à tous les râteliers, et du coup quelques moments pas forcément utiles sont ratés, car soyons clairs, Hidden n’est même pas un film de fantômes, ni un film à jumpscares d’ailleurs, et heureusement. Ces éléments parasites sont rapidement éloignés, pour recentrer le métrage sur ce qu’il veut être, à savoir un thriller sombre et d’ambiance. Et ça tombe bien, car ce côté là fonctionne très bien. Les lieux sont peu nombreux, mais Pål Øie sait les filmer pour faire son petit effet. Que ce soit la vieille maison délabrée, les quelques scènes dans l’hôtel avec son long couloir ou tout simplement la forêt envahie par la brume, c’est du beau boulot visuellement parlant. On aura même droit à certains moments en forêt plutôt inquiétants qui ne seront pas sans rappeler le premier Villmark. Sauf que Hidden, à proprement parlé, n’est pas un film d’horreur, mais plus un thriller d’ambiance. Un film qui sait parfois qu’une ambiance lourde et des plans marquants voudront dire plus de choses que de longs discours.

Ça aura marché d’ailleurs, à plusieurs reprises, j’étais persuadé que l’intrigue m’emmenait dans une certaine direction, puis dans la direction opposée, puis la fin nous offre une version, et même après cette fin, je me questionne encore. Le pouvoir des images, encore une fois. Et du coup, ce Hidden donne clairement envie d’être revu, pour confirmer telle ou telle version de l’intrigue, et ça, c’est fort. C’est même hautement agréable. Mais oui malgré tout ça, malgré le gros travail sur l’ambiance, sur l’image et le son, et les acteurs plutôt bons, Hidden n’est pas parfait. Son plus gros défaut, déjà mentionné plus haut, c’est clairement sa première partie qui veut un peu bouffer à tous les râteliers, avec apparitions et jumpscares. Vouloir tromper le spectateur c’est bien, mais les ficelles sont malgré tout grosses et un peu trop appuyées. Surtout que le scénario, plutôt bien écrit, fait déjà du très bon boulot à ce niveau. Le visuel tente donc d’en rajouter assez inutilement une couche. Pål Øie veut clairement en faire trop. Et c’est dommage, car si sa mise en scène magnifie les décors avec de merveilleux panoramiques extérieurs (aidés par le format scope), elle se fait un brin plus facile et vulgaire à d’autres moments. Surtout que quand le film se bouge vraiment beaucoup, le réalisateur a l’air un peu paumé, hésitant entre le côté facile et vulgaire que je parlais précédemment et le côté beaucoup plus beau et lent du reste du métrage. Du coup, j’ai envie de dire que Hidden, c’est comme les deux Villmark, ça a le cul entre deux chaises, mais c’est parsemé de moments et d’une ambiance qui font que je les aime bien.

LES PLUSLES MOINS
♥ Une très bonne ambiance
♥ Ça sait prendre son temps
♥ Le travail visuel et sonore
♥ Une histoire plutôt intéressante
⊗ Quelques éléments parasites
⊗ Parfois trop complexe pour rien sans doute
Hidden est un bon thriller d’ambiance, même si par moment, il tente d’en faire beaucoup trop, de ratisser trop large. Il aurait du garder la simplicité et la beauté de ses meilleurs moments.



Titre : Hidden – Skjult
Année : 2009
Durée : 1h35
Origine : Norvège
Genre : Thriller
Réalisateur : Pål Øie
Scénario : Pål Øie

Acteurs : Kristoffer Joner, Cecilie Mosli, Bjarte Hjelmeland, Marko Iversen Kanic, Anders Danielsen Lie et Karin Park

 Hidden (2009) on IMDb


Galerie d’images :

A propos de Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

4 Comments

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  1. Punaise mais pourquoi mettre du jumpscare partout… Ca ne fait pas peur le jumpscare, ca surprend parce qu’en general il est accompagné d’un son fort. Mais c’est l’ambiance d’un film qui fait peur, ou son boogeyman à la limite, mais pas les jumpscares…

  2. Rick qui écrit sur un film Norvégien…
    C’est étonnant ça ! 😀
    Non, je plaisante Rick, je connais ton attachement pour ce cinéma venu du grand Nord !
    Malgré quelques fautes de goût et une tendance à s’éparpiller et à vouloir parfois en faire un peu trop, ce film à l’air intriguant et tout en ambiance
    (Une habitude semble-t’il chez les norvégiens qui ont l’air d’aimes les ambiances !)

    Par contre, je rejoins Chery sur le coup des jumpscares !
    Ces « effets de surprise » faciles et souvent indigents qui remplacent de plus en plus la peur, le stress et les sentiments de malaise dans le cinéma de genre…
    Les jumpscares sont en train de devenir le cancer du cinéma d’horreur !

  3. Ah mais je suis d’accord, les jumpscares peuvent fonctionner si à côté l’ambiance est là, mais le cinéma de genre (ou même parfois les thrillers) depuis des années en foutent à raz bord partout sans se soucier du reste, et là ça marche plus du tout.
    Ils sont totalement le cancer du cinéma de genre. L’époque où un élément arrivait dans le cadre sans un son pour prévenir (et te prendre pour un con) me manque.

    Bref, me revoilà après une petite absence pour vous répondre.
    Et oui Paga, je remarque qu’à chaque semaine exotique, je fous un film Norvégien, j’adore ça. Mais ça devient dur à trouver à force.
    Mais oui niveau ambiance ils sont en général plutôt forts. Après on adhère ou pas, mais moi je kiffe bien leur cinéma.

  4. Ah…c’est pas le film que je croyais.
    IL y a un « Hidden » réalisé par les frères Duffer (ceux à l’origine de la série Strangers things) dont on m’a parlé.

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