[JV] Late Shift (2016, PS4)

Matt travaille de nuit, il garde un parking. Alors qu’une soirée ordinaire se prépare, il tombe sur un homme blessé qui le kidnappe, et se voit forcé d’aider un groupe de malfrats à voler un bol lors d’une vente aux enchères.


Avis de Rick :
Wales Interactive est un petit studio anglais qui semble vouloir se spécialiser dans les films interactifs. En Septembre 2016, ils nous avaient livré The Bunker. Si le jeu n’était pas abouti sur pas mal de points, souffrait de quelques longueurs, et ne comprenait finalement aucune difficulté ni vraie énigme, ni véritables choix (Sauf à la fin), l’expérience se faisait plaisante malgré tout. Avec Late Shift, lancé le 18 Avril 2017 sur le Playstation Store à bas prix, ils retentent donc l’expérience du film interactif, avec de vrais acteurs, mais se permettent à la fois d’améliorer leur interface et certains défauts, et de pousser un peu plus loin le genre en retirant un peu plus de liberté au joueur, ou plutôt en retirant l’interactivité, ou du moins l’impression d’interactivité. C’est donc encore une fois un jeu filmé ou plutôt un film interactif en mode FMV, mais pas d’horreur ou de huis clos dans un Bunker cette fois, non, notre terrain de jeu sera Londres, et le genre abordé le thriller. Oui, de quoi penser à Guy Ritchie ou autres Braquages à l’Anglaise. Ma petite référence à Guy Ritchie n’est pas anodine d’ailleurs, puisque l’un des deux scénaristes, s’il n’a pas une longue carrière, avait scénarisé le premier Sherlock Holmes réalisé par Ritchie. Sur une nuit, on nous invite à suivre les aventures de Matt (Joe Sowerbutts), étudiant qui bosse de nuit en gardien de parking. Une nuit banale semble commencer, mais quelque chose attire son regard, et donc le notre sur les écrans de sécurité. Il se retrouve alors otage d’un truand qui va l’amener pour une nuit pleine de rebondissements, de vols, de trahisons, de coups bas, une aventure avec de nombreux choix qui vont faire dévier petit à petit l’aventure vers une des nombreuses fins.

Oui, cela ressemble comme deux gouttes d’eau à The Bunker dans le principe, ou aux jeux développés par Telltales. Sauf que Late Shift fait au final quelques choix bienvenus qui lui permettent d’avoir son identité propre, d’être différent, mais surtout de s’éloigner par ces mécaniques de tous les jeux cités. Premier bon point donc pour Late Shift, les choix. Là où la plupart des jeux Telltales nous donnent l’impression de pouvoir changer l’aventure en fonction de nos choix, cela ne permet en général que de légèrement dévier de l’arc narratif principal, mais l’on finira toujours par y revenir, le plus souvent assez rapidement après quelques phrases. Il suffit de voir leur dernière production, Batman, pour bien comprendre cela. Telltale, même si j’aime beaucoup les deux premières saisons de Walking Dead, nous donne l’impression de forger l’histoire à notre façon, alors qu’au final, nos choix ne déformeront jamais franchement l’intrigue. Pour le comparer avec le précédent jeu de l’éditeur, The Bunker donc, c’est un peu le même cas de figure, puisque l’on explorait un Bunker, faisait quelques choix, avant de n’avoir finalement qu’un seul choix changeant la fin, survenant sur les derniers instants. À la manière également de Life is Strange d’ailleurs (ce foutage de gueule final). Late Shift va bien plus loin. Découpé en 14 chapitres principaux, les choix sont nombreux, et permettent de clairement changer l’aventure, devenant donc plus ou moins courte (ou plus ou moins longue, au choix). Dés le début, nous avons le choix entre se rendre, tenter de fuir, accepter de collaborer mais n’en faire qu’à sa tête. Les relations entre les personnages ne seront pas les mêmes, les finalités de certaines actions non plus, et parvenir à fuir un événement pourra nous offrir un chapitre supplémentaire et une fin totalement différente, tandis que se faire capturer pourra réduire la durée du soft, mais nous amener un tout nouveau chapitre, et une nouvelle fin donc par la même occasion.

Si bien entendu dans les grandes lignes, l’intrigue reste la même, de réels changements ont lieu et donnent une petite replay value au titre de Wales Interactive. Pas moins de 7 fins différentes sont disponibles, et l’aventure durera en moyenne 1h30, comme un bon petit thriller en soit. Mais en augmentant les choix et l’impact de nos choix, les développeurs ont du changer quelque peu la formule. Ainsi, là où les autres jeux du genre nous donnent souvent quelques phases de gameplay simplistes ou des QTE, Late Shift leur dit Adieu. Techniquement, nous ne faisons donc que regarder un film et choisir entre plusieurs options, ni plus, ni moins. L’interactivité est donc réduite, et si en tant que jeu, cette approche peut paraître étrange puisque nous laissant souvent inactif devant notre écran, cela donne à Late Shift une impression de fluidité. Aucun temps mort ici, surtout que nos choix doivent être fait rapidement (l’action ne se fige absolument pas pour nous laisser le temps de réfléchir). Et comme pour le coup, l’intrigue se fait beaucoup plus prenante que The Bunker, et donc rythmé, ce choix s’avère payant, d’autant plus que techniquement, Late Shift a de la gueule, avec une très bonne mise en scène, un Londres nocturne bien mit en valeur, une bande son convenant à l’ambiance, et même d’excellents acteurs dans la plupart des rôles.

En soit donc, Late Shift est un bon petit thriller, avec ces moments de tensions, ces choix psychologiques et une écriture solide qui va nous tenir en haleine pendant 1h30. Et comme dit plus haut, pour les curieux et ceux qui veulent vraiment tout savoir, 7 fins sont disponibles, certains chapitres n’ont pas lieu dans certains cas suivant nos choix, et il y a environ 140 choix en tout. On regrettera par contre que le jeu ne nous propose pas de rejouer l’aventure à partir d’un point en particulier, nous forçant toujours à recommencer depuis le début si l’on veut expérimenter de nouveaux choix. Dommage, surtout qu’au-delà du jeu en lui même, il n’y a rien d’autres. Comme nous ne faisons que des choix, il n’y a aucun collectibles, il n’y aura aucun bonus dans les menus si l’on termine le jeu dans son intégralité ou si l’on obtient la meilleure fin. Difficile par contre de noter Late Shift. Oui, ce n’est vraiment plus du jeu vidéo, mais l’expérience est très plaisante pour peu que l’on aime en plus le genre en question. Nous avons de vrais choix et 7 fins différentes, mais rien de plus et aucune vraie interactivité. Les joueurs seront très partagés sur ce nouveau titre, mais pour ma part, j’y ai trouvé ce que j’en attendais, et j’y ai pris beaucoup de plaisir. Et j’aurais eu toutes les fins, en commençant certes par les moins glorieuses, mais j’y suis vite revenu, obtenant même une des fins avec un ami, en se mettant Late Shift comme un petit thriller à regarder.


GRAPHISMES
Hmmm et bien, ce sont de vrais acteurs dans de vrais décors.
JOUABILITÉ
À part des choix à faire vite, aucune vraie jouabilité.
DURÉE DE VIE
7 fins différentes, pour des runs d’environ 1h30 à chaque fois, comme un petit thriller.
BANDE SON
Une bande son souvent d’ambiance ou parfois plus électrique pour quelques moments qui convient à l’ambiance nocturne du titre.
CONCLUSION
Véritable film interactif, Late Shift se fait court mais très prenant, en plus d’être bien écrit, filmé et joué. À voir si l’aventure vous tente et si vous appréciez le genre.

note65



Titre : Late Shift
Année : 2016
Studio :
Editeur : Wales Interactive
Genre : Durs choix

Joué et testé sur : Playstation 4
Existe sur : Playstation 4, Xbox One et PC
Support : dématérialisé


Galerie d’images :

A propos de Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

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