[JV] Airport Simulator (2018, PS4)

Vous voilà à la tête de votre aéroport, qu’il va falloir gérer, de la conduite des véhicules à la gestion des employés afin de faire décoller les avions dans les temps.


Avis de Rick :
Beaucoup l’ignorent, sans doute car je n’en parle jamais et que sur ce site, je me focalise beaucoup il est vrai sur les jeux horrifiques, mais j’adore les jeux de gestion et de simulation. Alors oui, ce sont des jeux souvent loooongs, souvent pas très beaux également, mais qui sont tellement rares sur console, que ça attire l’œil, même si récemment, de nombreuses sorties dans le genre commencent à faire plaisir (Farming Simulator, Train Sim World, Cities Skylines). Sur PC par contre, c’est la folie, le marché est saturé, ça débarque de tous les côtés, on a des simulateurs pour tout et n’importe quoi. Mais voilà, ce fut l’été 2018, et voilà que sans prévenir débarque sur Playstation 4 un Airport Simulator 2019. Après avoir maté le trailer, je n’étais pas très tenté par l’aventure, mais que voulez-vous, quand le jeu n’est pas cher et qu’en plus, votre petite amie termine ses études pour travailler en aéroport, on se dit que de jouer à Airport Simulator, c’est un peu l’encourager. Ou se chercher des excuses oui, mais chut ! Ici donc, nous voilà à la tête d’un aéroport. Il va falloir gérer tout ça. Embaucher du personnel, gérer la pompe à essence, la maintenance des véhicules, conduire des bus pour amener des passages vers leurs avions, apprendre à gérer les passerelles, les véhicules transportant les bagages. Bref, gérer un aéroport, embaucher les bonnes personnes, les faire évoluer, leur confier des tâches, le tout dans le but, comme toujours, de gagner de l’argent, pour améliorer les compétences de nos véhicules, en acheter de meilleurs, les réparer en cas de problèmes.

Sur le papier, ça fait envie. Même si le trailer nous montre bien, comme tous les jeux du genre, que ce ne sera pas beau, mais peu importe. Malheureusement, on va vite désenchanter, tant les deux aspects principaux du jeu ne sont jamais poussés à l’extrême, voir jamais poussés tout court. Commençons par le commencement. Le jeu ne nous balance pas comme ça dans son environnement, il nous apprend les bases (rudimentaires) via un petit tutorial. Puis voilà que notre première journée commence. Au départ, c’est simple, il faudra choisir parmi deux vols à gérer sur la journée. Le nombre augmentera bien entendu par la suite (je me serais arrêté à 6 vols). À savoir que la première journée, nous serons absolument seul, et donc premier conseil avant même de commencer : allez dans l’onglet personnel disponible et embaucher pour le lendemain ou le jour suivant. Il faudra donc éviter tant que le nombre d’employé ne le permet pas de prendre deux vols dont les horaires sont proches, sous peine de prendre du retard. Une fois les vols en approche, qu’ils soient au départ de notre aéroport où à l’arrivée, il va falloir remplir les tâches une par une. Conduire les passages en bus jusqu’à l’avion, aller chercher leurs bagages et les amener à bon port, amener le carburant à l’avion, gérer la sécurité si besoin, décharger des marchandises. Sur le papier, en terme de simulation, il y a beaucoup de possibilités, beaucoup de véhicules, beaucoup de choses à faire. Mais dans le jeu, ça rend comment ? Et bien c’est simple, si la première journée, lorsque l’on est seul et que l’on doit tout faire manuellement, on se dit que le tout va décoller par la suite, et bien non, cette première journée est représentative de tous le jeu.

À savoir donc, conduire à deux à l’heure tous les véhicules, prendre des virages avec une maniabilité beaucoup trop sensible, devoir gérer la physique catastrophique des véhicules. Oui, j’aurais garé un camion au mauvais endroit, il a décidé de se retourner. 35 jours in game après, il était toujours là, retourné, en mode « j’ai besoin de maintenance », sans que je ne puisse l’amener au hangar. La conduite n’est pas passionnante, et faire 300 mètres en bus donne l’impression de faire 20km. Prendre un virage un peu trop vite revient à se prendre un mur, et même doucement, cela peut faire beaucoup de dégâts, au point que j’aurais du finir une journée avec un bus endommagé ayant décidé de ne plus dépasser les 20km/h… dire que la conduite était déjà lente ! Mais au-delà de toutes ces approximations de gameplay et de la conduite pas fameuse, la grosse déception viendra du fait que finalement, l’aspect simulation du titre se résume à ça. Conduire du point A au point B, puis souvent revenir au point A. Parfois un petit détour à la pompe pour remettre de l’essence, ranger les véhicules dans le hangar à la fin de la journée, et puis c’est tout. N’espérez pas vous balader dans votre aéroport, parler aux PNJ, à vos employés, faire autre chose que de la conduite, décharger manuellement les bagages ou autre, non. Airport Simulator 2019 vous fera conduire divers véhicules allant du tank (euh, je veux dire du camion citerne) à la savonnette (je veux dire le véhicule de sécurité, qui fait des dérapages sans raison). Côté simulation donc, c’est plutôt raté et ultra simpliste. Qu’en est-il de l’aspect gestion ?

Malheureusement, le verdict est plus ou moins le même. On embauche parmi les potentiels demandeurs d’emplois, on leur assigne un véhicule, ils gagnent de l’expérience, et on pourra augmenter leur capacité au fur et à mesure qu’ils montent de niveau. Chaque véhicule et chaque employé nous coûte tous les mois de l’argent, mais vu qu’il sera parfois possible de gagner 20 000 euros par vol, rien de bien compliqué. Et vu l’aspect simulation raté, on assignera bien vite un employé à chaque véhicule et chaque tâche, se contentant alors de tout valider. Niveau gestion, rien d’autres de spécifique à faire. Quand on aura assez d’argent, on pourra améliorer le hangar de maintenance pour aller plus vite ou embaucher deux employés, pareil pour la pompe à essence, et basiquement, ce sera tout. Rien d’autres à gérer, aucune compétence spéciale à débloquer, rien sur le côté relationnel d’un tel travail qui demande de longues heures, des horaires souvent décalés. Rien de rien, le vide, juste embaucher, dépenser de l’argent, remettre de l’essence, et c’est tout. Si bien qu’après quelques journées, on a très rapidement fait le tour de ce que le jeu a à proposer. Même les plus férus de jeux de simulation seront du coup forcément déçu, tant au final, à part conduire des véhicules en tentant de ne pas prendre de retard, il n’y a aucun challenge en particulier… Enfin plutôt il y a un gros challenge, mais celui-ci est involontaire. Venant en, au delà de sa technique datée et de ses mécaniques simplistes et peu développées à la vraie bête noire du jeu, à savoir, les bugs.

Incroyable mais vrai, avec un jeu finalement aussi vide, l’aéroport ressemblant souvent à une zone abandonnée, mais le jeu est truffé de bugs en tout genre. Entre les bugs de physiques, véhicules qui se retournent, véhicules qui s’envolent ou font des sauts pas possibles, véhicules qui pop littéralement après l’achet sur une place de parking où était déjà garé un véhicule, il faudra en plus compter sur d’autres bugs tout aussi gênants, voir beaucoup plus. Ainsi, sans aucune raison, on se retrouvera parfois avec des employés censés charger les bagages dans l’avion qui restent plantés sur l’élévateur, les bagages chargés, mais qui tout à coup, refusent de faire quoi que ce soit, et avec l’impossibilité alors de passer la tâche en manuel. Ce qui amène bien évidemment sur un vol qui n’a pas pu décoller un échec pur et simple, et donc à la fin de la journée, un peu d’argent en moins, ce qui peut être pénalisant si lors de notre première partie, on veut aller vite et que l’on achète les véhicules (souvent très chers) au lieu de les louer (entre 30 et 250 euros par mois, donc, rien du tout). Lorsque l’on joue, les bugs sont partout, peuvent nous faire rater des objectifs, mais même lorsque l’on ne joue pas, ils sont présents. J’aurais souvent vu mes employés conduire un véhicule à travers un mur, le traversant simplement. Ou au contraire, passer sous une passerelle avec largement la place, mais qu’en fait, notre véhicule reste bloqué, impossible d’aller en avant, face à un mur invisible qui n’a aucun sens. Oui, Airport Simulator 2019 est un jeu cassé, qui tourne vite en rond, ennuie vite, et pas hyper plaisant à jouer manette en main.


GRAPHISMES
Dépassé, assez moche et surtout très vide (d’où le poids astronomique du jeu, même pas 1Go), les véhicules du jeu sont au moins bien modélisés, mais c’est peu.
JOUABILITÉ
Si en soit, il n’y a rien de compliqué, entre conduire du point A au point B, ou monter un élévateur à bagages puis le descendre, la physique des véhicules rend la tâche parfois hard.
DURÉE DE VIE
En soit, le jeu n’a pas de fin, on gère notre aéroport. Mais le tout est tellement répétitif, peu passionnant et très limité que l’on s’y ennuie vite.
BANDE SON
On a l’impression de n’avoir qu’un seul morceau en boucle en fond (qui énerve vite) et les bruitages sont relativement minimalistes.
CONCLUSION
Airport Simulator 2019 est à déconseiller à la fois aux fans de simulation, tant l’ensemble est très limité, mais également aux nouveaux venus qui seront vite dégoutés du genre. La conduite n’a aucune sensation, la gestion n’offre que peu de possibilités, et le côté simulation ne permet que de conduire un véhicule du point A au point B. Amère déception.

note65



Titre : Airport Simulator 2019
Année : 2018
Studio : Toplitz Productions
Editeur : Toplitz Productions
Genre : Simulation et gestion pas trop poussées

Joué et testé sur : PS4
Existe sur : Playstation 4, Xbox One, PC
Support : un disque


Galerie d’images :

A propos de Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

2 Comments

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  1. OMFG Rick, rien ne t’arrête ! Après, si tu veux de la simulation farfelue, tu as Goat Simulator, un simulateur de chèvre ou tu incarne une chèvre surpuissante et invulnérable (jeu parodique hein). Et c’est sorti sur PS4 !

  2. Oui bon oui j’y ai joué, c’est pas du tout pareil 😀
    D’un côté, tu as un jeu qui se veut réaliste mais qui fait le minimum. De l’autre côté, tu as un gros jeu nawak, qui amuse un peu avant de lasser car, ben, c’est un peu nul en fait !

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