[Film] V : La Bataille Finale, de Richard T Heffron (1984)


Quelques mois ont passé depuis les évènements de la première mini série. La Résistance s’est développée et utilise des méthodes plus efficaces pour combattre les Visiteurs dont l’emprise sur la Terre ne cesse de grandir. En conséquence, les visiteurs équipent leurs soldats d’une nouvelle armure invulnérable aux munitions terriennes. De plus, les membres de la cinquième colonne deviennent hésitants à aider les résistants, les visiteurs soupçonnant une trahison au sein de leurs rangs. Il est également impossible pour les membres de la cinquième colonne de fournir les résistants en armes laser car le stock est comptabilisé. Face à cette situation, Mike et Julie réalisent qu’il devient nécessaire de trouver une manière de discréditer les visiteurs par un coup d’éclat, afin d’ouvrir les yeux de la population sur leur véritable nature. Dans ce but, Donovan conçoit un plan qui consiste à révéler au monde entier que John, le leader des visiteurs est en fait un reptile recouvert d’une peau synthétique humaine.


Avis de Rick :
En 1983, la première mini série sort et est couronnée d’un grand succès. Succès autant lié au fond qu’à la forme de son produit initial. Très rapidement, une nouvelle mini série, en trois épisodes d’une heure trente chacun, est commandée. Kenneth Johnson, créateur, scénariste et réalisateur de l’original est très rapidement écarté du projet, et ne sera cité que pour l’histoire originale. La Warner, qui est à la tête du projet pour la BBC, engage une flopée de scénaristes pour réécrire l’ensemble, ce qui donnera dés 1984 V : La Bataille Finale. Outre Kenneth Johnson, cette nouvelle aventure, censée mettre un terme à l’histoire (bien qu’une série avortée en cours de route de 19 épisodes verra le jour) se dispensera aussi du compositeur de l’original. Fini le score symphonique de l’original, place à des tonalités beaucoup plus synthé. Du côté des acteurs, toute l’équipe est de retour pour le plus grand plaisir des fans. À sa diffusion, les avis furent mitigés alors que cette bataille finale, bien que plus simpliste et parfois maladroite dans certains de ses propos (et dans ses scènes romantiques), prolonge l’univers de manière intéressante et nous permet de voir évoluer les personnages.

Après une séquence de rêve réussie précédée par le nouveau générique (et une sublime musique qui aura marquée ma jeunesse), nous rentrons dans le vif de sujet et retrouvons tout l’univers. Les visiteurs, plusieurs mois après, sont encore plus présents, et contrôlent toujours les médias, la police, et cela s’étend de jours en jours. Mais leurs véritables plans sont connus de la résistance : se procurer toutes les sources d’eau de la planète et se réapprovisionner en nourriture. En l’occurrence, de nourriture humaine. Tout en prenant le soin de continuer à faire évoluer les personnages, le réalisateur et les nouveaux scénaristes n’iront pas par quatre chemins. Dans cette nouvelle mini série, tout doit aller vite, il faut tout expliquer, mettre plus d’action, plus de science fiction, détailler les personnages, en intégrer de nouveaux, tout en mettant un terme à l’histoire. Et malgré quelques facilités d’écriture, cette bataille finale remplie son contrat. Ce qu’il perdra par rapport à l’original d’un côté, il le compensera d’un autre. Et si c’est parfois maladroit ou simpliste (la résistance a toujours aussi peu de membres, mais ils gagnent, oui bon ok), ça a parfaitement marché sur moi.

Le rythme sera soutenu durant les quelques 4h30 de l’ensemble, les attaques de la part de la résistance seront bien plus nombreuses, les différents personnages vont continuer à douter d’eux-mêmes. Ce nouvel opus n’aurait été qu’une simple suite surfant sur le succès de l’original (même si c’est tout de même le cas) sans quelques ajouts intelligents. Si les membres de la 5ème colonne se feront toujours discrets durant une bonne partie de l’histoire, certains des procédés des visiteurs seront dévoilés au grand jour, notamment leur système de conversion mentale, servant à rallier les humains à leur cause. Procédé qui sera utilisé sur Julie Parish (Faye Grant) dans la seconde partie, et occupera de longues minutes à l’écran. Système qui nous montrera encore plus la cruauté de Diana, prenant ici de l’ampleur, et nous dévoilant certaines des peurs de Julie. Mike Donovan ne sera pas en reste, puisqu’il sera toujours à la recherche de son fils, détenu sur le vaisseau mère des visiteurs. Sa relation envers Julie va également évoluer. Mais outre le plaisir de voir évoluer les personnages que l’on connaissait déjà, qu’ils soient bons ou mauvais, de nouveaux viendront faire leur apparition, comme Ham Tyler, joué par Michael Ironside (Scanners, Total Recall). Personnage hautement utile et intéressant, dont l’on apprendra un peu plus de son passé dans la série qui suivra (un des points forts de la série). Willie, joué par Robert Englund, va prendre de l’ampleur également et être plus présent, plus important. Toujours nigaud, il apportera un peu de naïveté à l’ensemble, naïveté qui sera appuyée dans les deux dernières parties par la musique de Dennis McCarthy (compositeur de la musique de la série également). Sur de nombreux points, cette nouvelle mini série va privilégier le rythme et les personnages plutôt que son propos (cette mini série ne nous montre plus vraiment la réaction face à un régime totalitaire, mais se base plus sur l’action), contrairement à l’original, ce qui lui donnera tout de même beaucoup d’ampleur.

Au niveau des personnages, cette seconde mini série perdra également un élément important de l’original. Dans l’original, il n’y avait pas vraiment de personnage principal, il s’agissait d’un groupe. Ici, Mike Donovan est beaucoup plus mit en avant (comme dans la série), ainsi que Julie. Fort heureusement, les deux personnages, que l’on connaît depuis, sont très attachants. C’est la raison pour laquelle, malgré ses défauts apparents, cette seconde mini série, même si elle peut décevoir, parvient finalement à rester d’un très bon niveau, en compensant ses erreurs par de nouvelles trouvailles et un rythme des plus soutenus, tout en gardant ses personnages attachants, dont certains, sans le vouloir (comme Julie lorsqu’elle s’est retrouvée à la tête de la résistance) au centre de tout. On pense notamment à Robin, qui mettra au monde deux jumeaux, des êtres mi-humains mi-extraterrestres. En donnant plus d’ampleur à l’ensemble des éléments installés dans la première mini série, tout en gardant certains défauts du à l’époque (certaines incrustations ratées) et sans être toujours très subtile, V, la Bataille Finale, capte l’attention du spectateur désirant connaître la suite, et ne décevra jamais réellement la plupart du temps. La plupart du temps oui, car on pourra noter des défauts, notamment vers la fin de la seconde partie et la troisième partie. Outre un final assez expéditif et simpliste (mais qui pourrait se tenir malgré tout), la mini série s’amuse alors à accorder de l’importance aux relations amoureuses entre les personnages. La niaiserie n’est pas loin, mais le tout va alors avec un changement de compositeur, ce qui donne un côté moins subtil à l’ensemble, plus « action et romance » que ce que la première partie nous donnait avec ses nappes sonores d’ambiance au synthé. Dommage. D’ailleurs au final, les deux premières parties semblent plus intéressantes que la dernière, qui ne sert finalement qu’à mettre à exécution le plan final, et arrête quelque peu de faire évoluer les personnages. Mais ne boudons pas notre plaisir, la bataille finale reste d’un niveau presque égal à la mini série originale, bien loin de la qualité plus discutable de la série qui suivie la même année.

LES PLUSLES MOINS
♥ 4h30 et pourtant un très bon rythme
♥ Retrouver tous les personnages
♥ Une conclusions intéressante
♥ Des éléments intéressants (la conversion de Julie, Robin)
⊗ Des éléments en arrière plan
⊗ Quelques maladresses
⊗ Des incrustations ratées
Moins bon et allant plus souvent à l’essentiel, cette second mini série se focalise plus sur les personnages de Mike et Julie, nous en dévoile plus. Quelques défauts et effets ayant vieillis, mais ça reste divertissant et même d’un plutôt excellent niveau.



Titre : V La Bataille Finale – V The Final Battle
Année : 1984
Durée : 4h32
Origine : U.S.A
Genre : Science Fiction
Réalisateur : Richard T. Heffron
Scénario : Brian Taggert d’après une histoire de Craig Buck, Diane Frolov, Peggy Goldman, Kenneth Johnson, Harry et Renee Longstreet

Acteurs : Marc Singer, Faye Grant, Jane Badler, Michael Ironside, Michael Durell, Blair Tefkin, David Packer, Michael Wright, Robert Englund et Frank Ashmore

 V: The Final Battle (1984) on IMDb


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A propos de Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

5 Comments

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  1. on a vraiment le même point de vue sur les deux mini series , c’est dingue , ca nous a marquer autant ^^ moi j’avais apprécier les opérations commando ,la defense et la réaction se transforme en attaque grace a l’arrivée de Michael Ironside dans le role de Ham (vrai vrai bonne pioche, dans un role qui lui colle a la peau ) et de son acolyte Chris (Mickey Jones qui nous a quitter en fevrier 🙁 ) ils étaient tres bons amis dans la vie et ca se voyait a l’écran ,on voyait les mecs qui avaient barouder ensemble dans leurs vies et ca tomber a pic pour les deux roles ,l’un etant le garde fou de l’autre fallait que ca paraisse crédible ! le fameux conditionnement est devoiler et ca aussi ca passe tres bien, surtout quand c’est l’héroïne qui est concerner . par contre l’amourette ,ouais bof ,j’aime pas trop en general et des fois on se dit que c’est pas le temps ni le moment (y a un monde a sauvé boudiou !!!^^) mais rien de grave . bon puis autre point , Diana est définitivement rentré dans le panthéon des sal*pes de premières ,pour ceux a qui ca avait pas sauter aux yeux des la premiere mini serie ^^ petit point noir aussi du aux nombres des années écoulé sans doute ,l’ accouchement des bébés, ca peut prêter a sourire …

  2. En général, les gens apprécient beaucoup moins ce second téléfilm. Qui oui, a quelques défauts que l’original n’avait pas, mais pourtant, il reste je trouve d’un très bon niveau.
    Et ça commence fort dès le début. Michael Ironside amène une nouvelle dynamique, par contre il n’arrive que dans le début de la partie deux de ce téléfilm (dans mes souvenirs, il était là dés le début, mais non). Je ne savais pas pour Mickey Jones par contre 🙁
    Pour l’amourette, rapprocher les deux persos, c’était pas forcément mauvais, surtout qu’au final le temps à l’écran reste hyper court, mais la musique dessus mon dieu, ça rend l’ensemble niais au possible.
    Ah le fameux bébé lézard…. oui je confirme, ma dernière capture le confirme également ^^

  3. même si c’est un cran moins bien (l’élément de surprise n’est plus la pour beaucoup de chose ,ca joue aussi je trouve ) ca reste quand même le haut du panier de ce qui se faisait a l’époque ,un tres bon complément .
    Ironside a tellement marquer ce téléfilm que moi aussi je pensais qu’il etait la des le depart , ou limite au bout d’une 20 aine de minutes 😮 moi non plus mais en ecrivant ici ,j’ai voulu voir ce que Mickey devenait (et confirmer que Ironside lui avait trouver un petit role pour qu’il puisse rencontrer Arnold dans Total Recall )et la, bad news -_-

    oui la musique fait feux de l’amour ou melo de 3eme de zone ,bon et puis j’etais un peu jaloux que quelqu’un pecho Julie 😀

    la ils ont déconner , moi qui etait rester choqué par le rêve de l’accouchement de Geena Davis dans la mouche ,ici on est plus au bord du rire …oui la capture est bien representative, c’est clair, et en action on dirait le fils de godzilla version tres old school ^^

  4. Ah non mais ça je le dis, et ça se voit à ma note assez proche de la première mini série, pour de la télé, c’est excellent.
    C’est ça pour Ironside, alors que non, seconde partie, donc après 1h30 déjà dans l’histoire.
    Oui mais ça, c’est la Warner (ou BBC, je sais plus je l’avais lu) qui en cours de route a voulu un score musical différent et ils ont donc changés. Du coup la première partie on a un score très ambiance, synthé, et à partir de la seconde partie, pas mal de thèmes plus légers pour ces moments là et non, ça passe pas. Ahaha mais la pauvre petite Julie, laisse la craquer pour le héros 😛
    Ah oui mais rien à voir si on compare comme ça. Je pense qu’ils auraient eu les moyens (et l’ambition) de faire quelque chose de cauchemardesque façon La Mouche, la chaîne de télé aurait tout simplement censurée la scène et on aurait rien vu du tout. Et le fils de Godzilla, mon dieu…. le traumatisme refait surface…

  5. comme quoi j’avais essayer le reboot de V est je trouvais ca moins bien ,sauf certains effets remis au gout du jour (par contre il y une serie recente qui s’inspire grandement de V ,Colony et j’ai bien accrocher , même thème sur la collaboration et la résistance ,Josh Holloway y est parfait 🙂 )

    non Julie n’était qu’a moi a l’époque ^^ je suis tres possessif comme gars :p

    c’est sur l’accouchement de la Mouche est tres flippant , mais bon si on compare le fils de godzilla croisé avec une laitue ,je sais pas ce qui fait le plus peur lol apres deja faire sortir notre petit monstre vert d’un césarienne c’etait costaud a l’époque pour la tv , que ce soit passer aux usa comme en france ca surprend un peu 😮

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