[Film] The Loved Ones, de Sean Byrne (2009)

Lola, la fille la plus timide du lycée propose à Brent de l’accompagner au bal de fin d’année. Comme il avait prévu d’y aller avec Holly, sa petite amie, il décline poliment l’invitation. Mais Lola n’aime pas qu’on lui dise non…


Avis de Cherycok :
Le cinéma de genre australien se porte bien. Chaque année, on voit débouler sur nos écrans ou directement en DVD des petites pépites venues du pays des kangourous. Citons en vrac Wolf Creek, Insane, Primal ou encore Red Hill, tous vraiment bons dans leur genre et à cette liste on peut donc rajouter The Loved Ones, sorte de croisement entre une teen comedy version trash et un bon vieux torture porn des familles. Et sous un scénario somme toute assez lambda, Sean Byrne arrive à donner à son film une puissance telle qu’on reste scotché à son écran 1h20 durant.

The Loved Ones essaie de nous mener sur une fausse piste dès le départ, commençant comme une teem comedy tout ce qu’il y a de plus normale avec le coup classique du bal de promo de fin d’année. Mais certains signes ne trompent pas : musique métal bien bourrine, typographie du titre dans un style assez gothique, ados déchirés par leur passés. Et effectivement rapidement, on se rend compte que le film va nous amener dans une toute autre direction, celui du torture porn dont on commence à avoir l’habitude depuis qu’il ait été remis au gout du jour avec Saw, sauf que s’il fallait réellement faire une comparaison, ça serait du coté du british Mum & Dad qu’il faudrait regarder (je vous avais parlé ICI) avec cette famille de dégénérés qui vont faire subir les pires sévices à leur victime. On pense également à Massacre à la tronçonneuse avec le clin d’oeil évident du repas des bourreaux autour de la table.
Et on peut dire que notre héros va en prendre plein la poire. Scarification sur tout le torse à la fourchette, couteaux de cuisine planté dans le pied, boite crânienne trouée à la perceuse dans l’intention d’une lobotomisation à l’eau brulante… j’en passe et des meilleures. Le film sait donner de la sensation forte au spectateur mais ne verse jamais dans le gore qui tâche, préférant régulièrement suggérer les tortures avec des angles de caméra ne montrant pas toujours ce qu’il se passe directement. Les amateurs de gros gore crieront sans doute au scandale, mais pourtant la violence s’en retrouve du coup bien plus dure et on souffre avec les personnages.

Mais là où Sean Byrne fait très fort, c’est que malgré ce qu’il se passe à l’écran, on garde toujours un sourire en coin tant chacune des scènes est remplie d’un humour noir, ce qui couplé à l’ambiance ultra glauque donne un mélange assez détonnant. Parce que mine de rien, on s’amuse, on s’amuse même beaucoup et c’est en grande partie due à la fabuleuse interprétation de Robin McLeavy en tortionnaire obnubilé par la recherche du prince charmant qui forme avec son père, le non moins excellent John Brumpton (interprétant déjà le rôle du père dans le très sympathique Insane) un « couple » totalement borderline, à la limite de l’inceste, où ce dernier exécute sans discuter toutes les demandes même les plus folles de sa petite fille chérie. Et cet humour sera présent jusqu’à la dernière minute lors d’un plan final d’anthologie, à la fois horrible et hilarant.
Mais The Loved Ones est bien plus profond que ça et retranscrit parfaitement le mal être de bon nombre d’ados aux jeunesses torturés, détruites, complètements paumés, et voulant toujours jouer avec la mort pour ne se sentir que plus vivant (la scène de l’escalade).

Grâce à une mise en scène parfaite et une bande originale qui déménage, Sean Byrne arrive en partant d’une idée ultra classique à accoucher d’un film très abouti, sans réel temps mort, qui prend aux tripes tout en nous amusant. Pari réussi haut la main pour son premier film, un réalisateur à suivre de très près.

 


Titre : The Loved Ones
Année : 2009
Durée : 1h21
Origine : Australie
Genre : Horreur
Réalisateur : Sean Byrne

Acteurs : Xavier Samuel, Robin McLeavy, Victoria Thaine, Jessica McNamee, Richard Wilson, John Brumpton, Andrew S. Gilbert, Suzi Dougherty, Victoria Eagger, Anne Scott-Pendlebury, Fred Whitlock


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  • A propos de Cherycok

    Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

  • 1 Comment

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    1. Enfin vu (je rattrape beaucoup de trucs en ce moment), et je suis beaucoup beaucoup moins enthousiaste que toi. C’est sympathique, bien filmé, l’actrice jouant Lola est excellente et se fait plaisir. Tout ce qui se passe dans la maison est en fait très sympathique, ça va crescendo et c’est bien foutu. Mais une scène sur deux, je sors du film, car j’ai l’impression que le réalisateur n’avait qu’un film d’1h, et que pour monter à 1h25, il insère une scène sur deux des moments avec le pote qui va au bal de fin d’année avec la nana gothique et…. et non ça ne sert à rien, ça ne mène à rien, ça ralentit le rythme et fait retomber tout effet. Et c’est dommage clairement car le reste est d’un bon niveau.
      Mais comme ça revient tout le long du film, ben le film en pâtit énormément. Un 5,5/10 pour moi.

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