[Film] Au Service Secret de sa Majesté, de Peter Hunt (1969) - Dark Side Reviews

[Film] Au Service Secret de sa Majesté, de Peter Hunt (1969)

En parfait gentleman, James Bond empêche une superbe créature de se suicider et tombe amoureux d’elle. La jeune femme n’est autre que la fille d’un des parrains les plus puissants de la mafia corse. Parallèlement, 007 doit arrêter son plus grand ennemi, Ernst Stavro Blofeld, bien décidé à propager un virus capable de stériliser l’humanité.


Avis de Rick :
Sean Connery décide de ne pas revenir dans le prochain James Bond, le sixième opus. Qu’à cela ne tienne, les producteurs se retrouvent dans une position difficile mais ne vont pas se laisser abattre. Le budget reste à 7 millions, John Barry reste à la musique, Richard Maibaum reste encore et toujours au scénario, tandis qu’il est décidé d’adapter le roman Au Service Secret de sa Majesté. C’est finalement au culot que George Lazenby, un parfait inconnu même pas acteur, récupère le rôle titre de James Bond. Tandis que l’équipe pensait au départ embaucher Timothy Dalton, qui refuse, se trouvant trop jeune pour le rôle. Les producteurs pensent un moment expliquer le changement d’acteur, avant de laisser tomber l’idée, si ce n’est une petite blague brisant la quatrième mur au début du film. D’ailleurs, la technique évolue dans ce film comparé aux cinq premiers opus : le film utilise parfois du ralentis, l’usage du flashback. Choix étonnant, le thème d’ouverture sera instrumental, une première depuis Bons Baisers de Russie. Diana Rigg, alors bien connue pour Chapeau Melon et Bottes de Cuir, récupère le rôle de la James Bond Girl principale. Et le métrage s’avère dans son ensemble être une excellente surprise. Non pas qu’il soit parfait, ou que George Lazenby fasse totalement oublier Sean Connery, mais il nous raconte probablement l’histoire la plus humaine de la saga avec un James Bond qui va réellement tomber amoureux. Voilà qui le change de l’éternel dragueur misogyne que l’on connaît. George Lazenby, sans faire oublier Connery, campe un Bond plutôt honnête, voir bon, et quand on sait que de base, il n’était pas acteur, c’est encore plus impressionnant. Certes par moment son jeu semble vouloir un peu copier ce qui a été fait avant lui, mais ça passe clairement.

Ce coup-ci donc, James Bond tombe sur Tracy, qu’il drague ouvertement sans savoir qu’il s’agît de la fille d’un parrain de la mafia Corse. Parrain qui va justement lui demander clairement d’être en couple avec sa fille avant de calmer ses folies, en échange d’informations sur, forcément, toujours le même méchant, Blofeld, chef de Spectre. Et ça marche, d’ailleurs la première heure, voir même les 1h30 du début, fonctionnent à merveille, alors qu’il n’y a quasiment aucune scène d’action. Une réelle rigueur d’écriture, des personnages développés, une sublime Diana Rigg, et surtout une mise en scène très appliquée de Peter Hunt, monteur sur les premiers James Bond. Il livre une mise en scène au final assez différente des précédents opus, qui se remarque de loin, avec des plans travaillés, des idées visuelles nouvelles, et même quelques filtres de couleurs qui font rentrer James Bond dans les années 70 (même si le film date de 1969). Une excellente mise en scène. On suit donc l’intrigue avec plaisir, jusqu’à l’infiltration de Bond dans l’institut contrôlé par Blofeld et situé au sommet d’une montagne (comme dans le récent Spectre tiens). Et en réalité, jusqu’à ce que James Bond soit démasqué, ça marche toujours du tonnerre. Une vraie sobriété dans l’écriture (bon, même si on n’échappe pas à certains clichés), de vrais choix esthétiques.

Mais Au Service Secret de sa Majesté est le plus long des James Bond pour l’époque, avec tout de même 2h22 au compteur, ce qui n’est pas rien. Et, à l’exception du final, la seconde partie du récit, lorsque Bond est démasqué, se fait alors plus classique dans son traitement, et un peu moins inspiré dans la mise en scène. Peter Hunt donne plus de dynamisme par exemple aux scènes d’action, grâce à quelques accélérés, un montage vif, mais alterne beaucoup trop les plans larges (fort réussis) et les gros plans (qui eux accusent le poids des années). Le film se fait moins surprenant donc, sauf dans certaines erreurs. Blofeld n’est plus joué par Donald Pleasence comme pour le précédent métrage mais par Telly Savalas. Il campe un bon Blofeld certes, mais le film fait un choix étrange, comme s’il s’agissait de leur toute première rencontre. Choix étrange donc, George Lazenby remplace Sean Connery ou campe-t-il le même personnage ? C’est un détail certes, mais bon. Ironiquement, c’est lorsque l’action débarque clairement dans le récit que quelques longueurs se font sentir, du moins pour moi (beaucoup trouvent le film long mais dans sa première partie). L’ensemble est rattrapé ceci dit par son final, sans doute le plus émotionnel de toute la saga, et le plus intéressant. Ce sixième opus changeant beaucoup de choses apporte finalement énormément à la saga, un peu de nouveauté même. Si l’humour est toujours présent, il se fait un peu moins envahissant, et l’ensemble semble avoir été particulièrement soigné. Et malgré un réalisateur un peu moins à l’aise pour filmer l’action, le film s’en sort haut la main. Anecdote amusante, ce serait le James Bond préféré de Christopher Nolan, ce qui ne surprend guère vu le passage sous la neige de Inception, faisant très James Bond (et étant malheureusement le passage le plus faible du film à mes yeux).

LES PLUSLES MOINS
♥ George Lazenby pas mauvais du tout
♥ Une intrigue travaillée et parfois surprenante
♥ Une mise en scène appliquée
⊗ Une seconde partie plus classique
⊗ Quelques plans assez vieillots
note8
L’unique aventure de George Lazenby vaut le coup et change un peu la formule habituelle. Sans pour autant être le meilleur, le métrage a de quoi surprendre et plaire à l’amateur.



Titre : Au Service Secret de sa Majesté – On Her Majesty’s Secret Service

Année : 1969
Durée :
2h22
Origine :
Angleterre
Genre :
Espionnage
Réalisation : 
Peter Hunt
Scénario : 
Richard Maibaum
Avec :
George Lazenby, Diana Rigg, Telly Savalas, Gabriele Ferzetti, Ilse Steppat, Lois Maxwell, George Baker, Bernard Lee et Desmond Llewelyn

 On Her Majesty's Secret Service (1969) on IMDb


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A propos de Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

4 Comments

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  1. 7.5 la tu m’étonne encore cet opus fait parti de mon flop 5
    1 Dr No
    2 Les diamants sont éternels
    3 Au service secret de sa majesté
    4 Moonraker
    5 meurt un autre jour
    Pourquoi je l’aime pas. L’acteur c’est pas qu’il est vraiment mauvais mais il a une tête de gland et ca pose un énorme problème le mec a zéro charisme c’est pas possible. Et puis il y a l’humour qui ne passe pas une de ses première phrase est après s’être pris un râteau  » a l’autre ca lui serait pas arrivé » tout le passage ou il est déguisé avec kilt et col pas possible non non et non surtout que comme tu dis le film tente d’être plutôt crédible. Et puis James Bond qui ce marie !!! et il arête de boire et devient vendeur de voiture tant qu’on y est.
    James Bond n’est pas misogyne c’est un machiste et encore pas vraiment car c’est surtout un provocateur. Mais bon en ce moment ce genre de nuance …

  2. Comme quoi on a du mal à être d’accord parfois ^^
    Je rappelle, ça faisait parti de ceux que je n’avais jamais vu de ma vie, je ne savais donc pas à quoi m’attendre avant de lancer le film.
    Sinon dans ton classement des flops, on est d’accord sur 3 autres opus (Dr No, Moonraker et Meurs un Autre Jour), et j’y met Quantum of Solace à la place.
    Après c’est certain, passer de Sean Connery à George Lazenby, c’est le jour et la nuit, il n’a pas la classe, mais je le trouve pas mauvais non plus. Pour un gars qui n’avait jamais été devant une caméra, il fournit un honnête travail. Pas fou, souvent sans flegme, mais pas déshonorant.

  3. Au service secret de sa majesté est mon James Bond favori et je le considère comme un de mes 10 films préférés au monde donc c’est dire l’intérêt que je porte à cette œuvre!

    Ce 007 constitue la prise de risque maximale pour les producteurs (jamais plus ils ne seront aussi aventureux à ce point-là) : changement d’acteur, changement de ton, on abandonne l’extravagance pour une aventure plus sobre, plus sombre, moins luxueuse et surtout incroyablement tragique : comment ils ont eu le courage de finir le film comme ça, c’est dingue!!

    Contrairement à mon père et à mon frère qui sont dingues des James Bond mais pas fana de lui, je l’ai toujours trouvé excellent. Gamin c’était un de mes favoris, il a toujours eu chez moi une aura particulière. Puis, comme tout James Bond, c’est une grosse part de mon enfance : déjà parce que la première revue de cinéma que j’ai eu entre les mains est un hors-série consacré à la franchise (H.S. Ciné Rock de 1987). Je l’ai dévoré comme un malade!
    Ensuite, les James Bond faisaient partis des films les plus souvent diffusés à la télévision, soit sur TF1 soit sur Antenne 2 et souvent le dimanche soir. Du coup à chaque 007 qui passait à la fin du week-end, j’avais le droit de le regarder avec mon père et ça c’était la fête absolue! Je passais le week-end hyper heureux de pouvoir me coucher plus tard alors qu’il y avait école le lendemain, d’autant plus en se faisant un Bond, ce sont des souvenirs magiques ^^ Du coup je me souviens surtout des vacances scolaires de février 1994 : avec Télé 7 jours, on avait les prévisions des programmes diffusés en prime pendant les 15 prochains jours. Le premier ou deuxième dimanche, On ne vit que deux fois était diffusé (déjà top) mais surtout, le dimanche avait la reprise de l’école, Au service secret de sa majesté était programmé sur TF1 : mon père m’avait prévenu au début des vacances que je pourrais le regarder. Rien qu’avec cela, j’ai passé des vacances mortelles!!!
    Enfin bref, c’était un film que j’adorais mais passé l’adolescence, c’est carrément devenu mon Bond préféré.

    Le film en lui-même : George Lazenby : pas aussi bon acteur que Sean Connery, pas aussi classe que lui ou Roger Moore en smoking, mais j’adore quand même : il y a une fragilité chez lui, une vulnérabilité, j’aime beaucoup sont interprétation mais niveau capacité physique, c’est carrément le plus crédible après Daniel Craig!
    Revoir l’acteur dans des productions kung fu de la Golden Harvest m’avait beaucoup plus : c’est quand même le bad guy du mortel Homme de Hong-Kong avec Wang Yu!

    La James Bond girl : la grosse sécurité pour les producteurs : prendre la star de la mythique série Chapeau melon, la plus belle femme du monde (ce visage! Mais quelle beauté sérieux!) : Diana Rigg.
    Son personnage, Tracy Draco, est juste mortelle : c’est une femme forte mais qui contrairement à une James Bond girl comme Anya Amasova, possède une sacrée fragilité, c’est d’ailleurs cette fragilité qui fait que Bond tombe amoureux et veut carrément se marier avec elle. C’est avec Casino royale (version 2006) le 007 le plus romantique. J’adore leur histoire d’amour.

    Le film est très daté dans ses effets de mise en scène comme tu l’as souligné Rick : moi j’adore, Peter Hunt multiplie les effets de zoom, d’accéléré, c’est nerveux, dynamique, je kif!!

    Ça commence direct par la baston pré-générique sur la plage : j’adore le rythme de la séquence, on passe à l’excellent générique avec les images des films précédents et surtout le score ATOMIQUE de John Barry (sans paroles) : le chef d’œuvre musical de la saga!
    L’aventure en elle-même est passionnante, ça prend son temps (lors des premiers DVD, on a découvert la scène où Bond lit Plaboy), c’est romantique, sobre (un lieu unique une fois la mission lancée), on y découvre un nouveau Blofeld (changement d’acteur donc on fait comme si Blofeld et Bond ne se connaissent pas) : moins charismatique que Donal Pleasance mais du coup plus physique, plus menaçant.

    Puis, une fois que les masques tombent : c’est le déchaînement niveau action : monstrueuse poursuite à ski sur la musique de Barry, poursuite en caisse sur la neige, nouvelle poursuite en ski et assaut final dans la base du bad guy!
    C’est spectaculaire, percutant, j’adore! On a vu encore plus spectaculaire dans la franchise mais ça reste d’un haut niveau.
    Puis, le final, clairement il donne le coup de grâce! Le film ne serait pas aussi puissant sans cette scène.

    Les moins : il n’y est pour rien mais le final donne tellement de promesses pour le film suivant que voir en l’état Les diamants sont éternels et les dîtes promesses expédiées lors du pré-générique, ça déçoit à mort!
    Franchement un deuxième film avec Lazenby en poussant à mort le côté sombre, voir hardcore, ça constitue mon projet fantasmé avec Game of death de Bruce Lee et La revanche du Jedi.
    J’aurais adoré voir un Bond menait une vendetta ultra-sanglante, franchir la limite et soit finir par se faire tuer, soir se foutre son Walter PPK dans la bouche et boum! Comment ça aurait pu être mortel sérieux!!
    Mais non, Lazenby a joué au con, il a refusé un deuxième film et surtout il a pas mal provoqué les producteurs (venir à la première du film en s’en branlant total avec cheveux long et une barbe de fou, j’imagine la gueule des mecs en face). Mais du coup il a tué direct sa carrière. C’est vraiment dommage.

    Au service secret de sa majesté est pour moi le sommet artistique de la saga, le chef d’œuvre ultime de la franchise!

  4. C’est pas un mauvais film ni un mauvais acteur c’est juste qu’il casse le mythe, James Bond c’est un surhomme qui prend tout a la legere. Par exemple on le vois lire Playboy, deja grosse pub qui tache et puis James Bond il mate pas Playboy il se tape les filles de playboy, c’est pas un type normal.

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