[Film] La Momie Sanglante, de Seth Holt (1971) - Dark Side Reviews

[Film] La Momie Sanglante, de Seth Holt (1971)


Margaret Fuchs reçoit de la part de son père une étrange bague pour son anniversaire, bague qu’il a découvert lors de fouilles archéologiques. Celle-ci va lui montrer le sombre passé de la reine Tera, mais également ce qui menace Londres de nos jours.


Avis de Rick :
Je l’ai déjà dit, mais au début des années 70, la Hammer ne va pas forcément bien. La société accumule les adaptations de Dracula en espérant retrouver le succès, Christopher Lee continue d’apparaître dans leurs productions par sympathie seulement. Le dernier film de la compagnie datera de 1979, 3 ans après le précédent. En 1971, la société enchaîne les productions, pas moins de neuf films. Parmi ceux-ci, Le Cirque des Vampires, Comtesse Dracula, Lust for a Vampire, Dr Jekyll et Sister Hyde, les Sévices de Dracula et La Fille de Jack l’Éventreur. Oui, la Hammer, en perte de vitesse, mise énormément sur le succès des vampires. Et malgré tout, les plus célèbres acteurs (sauf Christopher Lee) et réalisateurs continuent de travailler d’arrache pied. John Hough (La Maison des Damnés) signe Les Sévices de Dracula avec Peter Cushing, Roy Ward Baker réalise Dr Jekyll et Sister Hyde après deux films de vampires en 1970, tandis que les films de vampires de cette année sont réalisés par Jimmy Sangster plus connu pour être le scénariste de très nombreux films de la Hammer depuis Le Cauchemar de Dracula en 1958 et Peter Sasdy, qui s’était fait la main l’année précédente sur Une Messe pour Dracula et signera deux films en 1971. La Momie Sanglante, alias Blood From the Mummy’s Tomb, est un film compliqué pour la Hammer. Compliqué de par sa production bien difficile. Adaptant un écrit de Bram Stoker nommé Le Joyau des Sept Étoiles, celui-ci ne contenait aucune momie… Qu’importe, les momies, c’est commercial surtout depuis le succès en 1959 de La Malédiction des Pharaons.

Le scénario en poche, le tournage commence en Janvier 1971, avec Seth Holt à la mise en scène et Peter Cushing dans le rôle principal. Mais après seulement un jour, il quitte le tournage pour rester auprès de sa femme malade, qui décédera quelques jours plus tard. Il est donc remplacé par Andrew Keir. Le tournage continue donc, avec Andrew Keir dans le rôle principal et Valerie Leon (qui deviendra James Bond Girl) dans un double rôle, choix imposé par la production alors que le réalisateur lui préférait une autre actrice. Seulement à une semaine de la fin du tournage, Seth Holt décède d’une crise cardiaque… Michael Carreras, producteurs des films de la Hammer depuis le début, termine le film, sans trop savoir dans quoi il se lance, puisque Seth Holt avait une façon bien à lui de travailler. Le montage sera donc plutôt complexe, mais le film est achevé. Et avec tous ces déboires, La Momie Sanglante apparaît comme un film assez bancal, déséquilibré, mais malgré tout, loin d’être la pire production de la Hammer. Déjà, coupons tout suspense, il n’y a pas de momie dans le titre, contrairement à ce qui est dit dans le titre. Nous n’aurons qu’une reine de l’Egypte réincarnée dans une jeune femme. Et pour ne pas aider les choses, forcément, la jeune femme, Margareth, est la fille de l’archéologue qui a découvert la tombe de la Reine, et son père lui offre pour son anniversaire une bague ayant appartenu à la Reine, ce qui va déclencher une série de meurtres. Pas malin le père, en plus d’avoir comme fille la réincarnation de la Reine. Margareth va donc partir à la recherche d’artéfacts qui seront utiles à la résurrection de la reine, quitte à tuer quiconque se trouve sur sa route.

Sur le papier, La Momie Sanglante annonce clairement la couleur, et cette vision totalement différente du thème est la bienvenue. Pas de momie avec des bandelettes (en même temps, ça aurait été dommage de cacher Valerie Leon…), ni les autres clichés du genre. Malheureusement, ça c’est juste sur le papier, car à l’écran, on a l’impression que le scénario mais également la mise en scène (partagée donc à deux) se perd quelque peu. Les personnages sont parfois incohérents et peu logiques, de nombreux questionnements ne trouvent aucune réponse, certaines scènes débarquent sans vraiment prévenir. Margareth par exemple semble ne jamais lutter contre la personnalité de la reine, tuant ainsi comme bon lui semble, mais la palme revient à son père. Il garde le sarcophage de la Reine, la vénère, puis l’instant d’après, en a peur. Il veut protéger sa fille, et pourtant, il lui offre une bague ayant appartenu à la reine et qui va lancer l’intrigue du film. Les acteurs n’aident pas vraiment, n’allant pas à fond dans la direction qui aurait pu être salvatrice (la folie des personnages expliquant le manque de logique ?), et le film perd du coup de son suspense. Mais contre toute attente, La Momie Sanglante parvient à rester divertissant. La première demi-heure pose une ambiance plutôt sympathique et énigmatique qui donne clairement envie d’en voir plus, la mise en scène, malgré quelques ratés, reste plutôt solide également et livre quelques bonnes scènes. Pas vraiment sanglant ni ne montrant trop la nudité, le film reste pour son époque malgré tout généreux, et les passages dans l’asile (réalisés par Michael Carreras) sont plutôt réussis. Oui, ces nombreux problèmes de productions peuvent expliquer le résultat final un peu bancal, mais l’œuvre demeure sympathique.

LES PLUSLES MOINS
♥ Valerie Leon, mignonne
♥ Le mythe vu différemment
♥ Des idées intéressantes
⊗ Des moments moins convaincants
⊗ Un scénario un peu bancal
La Momie Sanglante a eu une production difficile, mais demeure malgré tout un métrage sympathique de la part de la Hammer en plein déclin.



Titre : La Momie Sanglante / Blood from the Mummy’s Tomb
Année : 1971
Durée : 1h34
Origine : Angleterre
Genre : Fantastique
Réalisateur : Seth Holt
Scénario : Christopher Wicking

Acteurs : Andrew Keir, Valerie Leon, James Villiers, Hugh Burden, George Coulouris, Mark Edwards

 La momie sanglante (1971) on IMDb


Galerie d’images : 

A propos de Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

2 Comments

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  1. Valerie Leon et ses énormes…talents, est sans doute le meilleur argument de ce film bancal. Pas déplaisant mais oubliable.
    La Hammer de cette période, c’était pas le top. Mais j’aime certains des films comme Dr Jekyll et sister Hyde qui pour moi est tout simplement un des meilleurs Hammer.
    Après Comtesse Dracula se regarde aussi, sans être exceptionnel non plus. Rien à voir avec Dracula d’ailleurs, c’est une adaptation surnaturelle de l’histoire de la comtesse Bathory qui a fait assassiner plein de jeunes femmes.
    Ah…et j’aime bien le (un peu) nanardesque Captain Kronos, tueur de vampires. Le film fait fauché, l’acteur principal a un charisme d’huitre, mais le film a de vraies bonnes idées pour renouveler le thème des vampires. ça pour le coup c’est un vrai film qui veut bien faire et plein de bonnes intentions mais bancal involontairement. Du coup il m’est fort sympathique même s’il flirte avec le nanar.

  2. C’est le souci de beaucoup de films de la Hammer de ces années là, ils cherchent à se renouveler, ils cherchent de nouveaux atouts commerciaux, mais ne savent pas trop comment. Du coup il y a pas mal de films qui sont totalement bancals. Pas franchement désagréable, il y a un certain savoir faire, du charme, ici Valerie Leon, mais bon, on est loin de l’âge d’or.
    Après même à la période de l’âge d’or, il y avait quelques ratés. J’ai vu récemment pour la première fois Le Baiser du Vampire (de 1963 il me semble), et j’ai été très déçu, à l’exception de 2/3 scènes, c’était assez ennuyeux, comme si le film voulait tenter de nouvelles choses mais sans savoir comment, et du coup, il ne se passait rien d’intéressant.

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