[Film] Hellraiser 2: Les Écorchés, de Tony Randel (1988)

Après les évènements de Hellraiser, Kirsty est internée dans un hôpital psychiatrique dirigé par le docteur Channard, qui, en écoutant son histoire pense trouver le moyen d’ouvrir les portes du désir et de la souffrance. Il fait revenir Julia de l’enfer.


Avis de Rick :
Grosse surprise lors de sa sortie en 1987, Hellraiser a été un succès. Son très bas budget (1 million) a été rentabilisé très rapidement, et il n’en fallait pas plus pour que la boite de production lance une suite. Après tout, l’histoire de cette boite ouvrant les portes de l’enfer, du plaisir et de la souffrance n’était pas terminée, et pouvait avoir de nombreuses suites. Il fallait juste réussir à étendre l’univers sans livrer encore une fois la même histoire. Éviter les travers du cinéma de genre fainéant de cette époque (les slashers). La fin de Hellraiser était d’ailleurs un retour à la case départ, puisqu’après les événements du film, la boite maléfique était de retour chez son vendeur, avec un nouveau possible acheteur. Pourtant, Hellraiser 2 ne fait pas suite à cette courte scène finale, facile, mais bel et bien au métrage en question, en prolongeant l’histoire de Kirsty, qui a perdu son père, sa belle mère, son oncle, et a eu une expérience plutôt traumatisante auprès des monstres du film, les cénobites. Et malgré quelques éléments en communs entre les deux films, il ne s’agît fort heureusement pas d’un banal copié collé, non. Nous allons vraiment explorer l’univers en profondeur, en développant un peu plus ce qui avait marqué les spectateurs, à savoir les cénobites, mais sans pour autant en faire les stars du show (comme les opus 3 et 4). Clive Barker ne revient pas à la mise en scène, mais reste présent, écrivant les grandes lignes de l’intrigue, et restant producteur. Un gage de qualité donc.

Il lui faut donc trouver des collaborateurs de confiance, et Barker choisira des quasi débutants, mais en qui il a justement cette confiance pour étendre l’univers de sa saga. À la mise en scène, nous avons Tony Randel, qui signe son premier métrage, nous donnant ainsi plein d’espoir pour la suite de sa carrière, qui malheureusement, tombera vite dans l’oubli à coup de petits films peu passionnants (Les Enfants de la Nuit), de suites DTV peu intéressantes (un énième Amityville) et d’un tout juste sympathique Ticks produit par Brian Yuzna. Quand au scénario, Barker confie la tâche à Peter Atkins, qui signe son premier scénario, mais restera fidèle à la saga jusqu’au quatrième opus, avant de tenter sa chance avec une autre saga : Wishmaster. Pour le reste, l’équipe reste la même, Christopher Young reste à la musique et livre d’ailleurs sans doute une de ses meilleures OST, le casting revient quasi intégralement, et c’est parti. Il faut également savoir que Hellraiser 2 a subit les foudres de la censure à l’époque, et que la version non censurée de 1h39 (au lieu de 1h28), reste inédite en France. Oui, 11 minutes en moins, coupant certains passages sacrément gore, mais d’autres efficaces dans le développement des personnages. Des coupes d’ailleurs maladroites, puisque l’on a même l’impression que le son a été coupé à la hache dans le montage cinéma d’époque, mais passons. L’histoire reprend donc pile après le premier film, la même nuit d’ailleurs. Kirsty est sortie de la maison, et se retrouve dans l’hôpital psychiatrique du coin. Julia est morte. Mais le directeur de l’hôpital, le docteur Channard, connait l’existence de la boite, il est d’ailleurs plutôt fan (ouais, chacun son truc), et va se servir des événements pour faire revenir Julia en tuant un de ses patients sur le matelas où la fameuse méchante que l’on aimait détester du premier film est morte.

Avec un budget plus élevé, Hellraiser 2 passe du huis clos dans une maison à un quasi huis clos dans un hôpital pour sa première partie, qui il est vrai, a des points communs avec le premier film. Julia revient de la même manière que Franck (les effets spéciaux sont bien impressionnants d’ailleurs), va avoir besoin de sang pour se reconstituer. Oui, tout ça, on le connait. Puis Julia et le docteur Channard pour se servir d’une patiente douée en puzzle pour ouvrir la fameuse boite, et là, Hellraiser 2 change radicalement de son prédécesseur. Terminé le huis clos, terminé les faux semblants, Kirsty poursuivie et victime, le film nous emmène carrément dans l’univers des cénobites. Non pas qu’ils vont être présents à chaque instant, loin de là, mais le métrage nous emmène dans leur univers, et on en apprend donc beaucoup plus, et cette partie s’avère passionnante, malgré quelques effets vieillissants, mais aux idées hypnotisantes pour moi. Oui, l’enfer, ce labyrinthe, ces pièces qui s’adaptent aux vices de chaque personnage, moi, j’adhère à fond. Hellraiser 2 prolonge donc de manière logique les différents ingrédients du premier opus. La plus grande force du métrage sera sans doute d’étendre son univers, mais tout en gardant en arrière plan ce qui doit l’être (les cénobites), et au premier plan ce qui fait avancer l’intrigue (les personnages). En arrière plan, les cénobites sont donc toujours étranges, effrayants, mystérieux, et ça fonctionne. Surtout que le métrage se déroulant dans leur univers, ils peuvent apparaître n’importe où. Néanmoins, on pourra trouver quelques facilités dans le développement des personnages il est vrai, et certains dialogues donnent un aspect étrangement théâtral à certaines scènes. La plus grande perte du métrage, en s’ouvrant un peu plus, c’est qu’il perd son côté étouffant.

Dans sa seconde partie du moins, puisque la première partie, dans l’hôpital, malgré quelques clichés inhérents au lieu, retranscrit plutôt bien l’ambiance du premier film. C’est dés que le film débarque dans l’enfer même qu’il perd en étouffement, mais gagne en profondeur, et ironiquement, en fascination. C’est en développant les choses et en rompant le cordon avec le film original que Hellraiser 2 prend son envol. Tout en conservant bien entendu sa patte graphique de l’œuvre, tout comme quelques clins d’œil, et surtout du gore bel et bien présent. Au final, tant de par le développement de ses personnages (Kirsty partant en enfer pour chercher son père) que par l’extension du mythe (Leviathan, le dieu des lieux), que par les quelques révélations sur les cénobites, Hellraiser 2 est une suite totalement logique du premier film, et on pourrait presque dire une suite même utile et indissociable. Un peu à l’image d’Halloween 2, qui donnait enfin une justification aux agissements du tueur. Un film qui ne dénature jamais le premier film, mais se permet d’aller plus loin, avec son visuel marquant, sa mythologie. Le premier amenait l’enfer aux personnages, cette suite emmène les personnages en enfer. S’il est d’un niveau néanmoins sans doute un poil en dessous du premier film, Hellraiser 2 reste néanmoins LA suite utile, et prouve que parfois, on peut faire une suite et rajouter des choses intéressantes. Un peu comme, toutes proportions à part, Aliens. L’enfer par contre s’abattra sans cesse sur la saga dés l’opus suivant. Un enfer beaucoup moins reluisant, passionnant et intéressant.

LES PLUSLES MOINS
♥ Retrouver l’ambiance, l’univers, les personnages
♥ Une mythologie étendue
♥ Incroyablement gore
♥ Inventif et intéressant
⊗ Quelques moments un peu trop théâtraux
⊗ Des simplicités par moment
note8
Hellraiser 2 est simplement LA suite de Hellraiser, la continuation de l’univers, proche de la perfection et de son prédécesseur. Laissez vous tenter avant une descente aux enfers (les autres suites).



Titre : Hellraiser 2 : Les Écorchés – Hellbound: Hellraiser 2

Année : 1988
Durée :
1h28 (version cinéma), 1h39 (version non censurée)
Origine :
Angleterre
Genre :
Horreur
Réalisation : 
Tony Randel
Scénario : 
Peter Atkins d’après Clive Barker
Avec :
Ashley Lawrence, Clare Higgins, Doug Bradley, Kenneth Cranham

 Hellbound: Hellraiser II (1988) on IMDb


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A propos de Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Homme de mauvais goût, il peut autant apprécier un film réalisé par Scorsese, Leone, Carpenter, Refn ou Cronenberg avant de plonger dans les films de Franco, Rollin ou Corman.

4 Comments

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  1. Un très bon exemple de séquelle réussie qui prolonge bien l’univers de l’opus initial. C’est du tout bon!!

    Très bonne critique Rick 😉

    Là on est d’accord, mais rdv samedi prochain pour débattre sur le 3ème volet ^^

  2. Je sais que tu m’attends au tournant pour le 3ème opus, voir peut-être le 4ème 😉 Va falloir que je me mette à écrire dessus.

  3. Un film que j’ai eu beaucoup de mal à regarder quand j’étais plus jeune, en particulier le corps ensanglanté de Julia qui me terrifiait! Les sfx sont d’ailleurs toujours très impressionnant 30 ans après.
    Le meilleur épisode de la saga à mes yeux.

    A voir absolument en version uncut tant le film est bien plus intense.

    1. Merci pour ton com, ça fait plaisir de voir autant de gens qui aiment ce second opus malgré la version très cut qu’on avait en France à l’époque. La version uncut est clairement intense, c’est dingue d’avoir pu aller aussi loin à la fin des années 80 alors que la censure était un peu en guerre à l’époque (voir les coupes énormes des Vendredi 13 dans ces années là). Si seulement la saga pouvait revenir dans cette direction, un jour….

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