[Film] Forbidden World, de Allan Holzman (1982)


Dans le futur, des scientifiques basés dans un laboratoire situé sur la désertique et inhospitalière planète Xarbia, ont réussi à créer une forme de vie, appelée « Subject 20 », en opérant des croisements entre des cellules humaines et des bactéries, et qui devrait permettre de lutter contre une famine qui frappe actuellement la galaxie. Mais une fois que cette créature est sortie de son cocon, elle se met à tuer le personnel du laboratoire…


Avis de Cherycok :
On sait que, lorsqu’un film marche, on voit pointer le bout du nez de tout un tas de productions lowcost du même genre qui vont essayer de surfer sur ce succès à moindre coût. Cette pratique n’est pas nouvelle et l’indécrottable Roger Corman s’en est fait une spécialité. Alors quand Alien fait applaudir des deux mains public et spécialistes en 1979, il y voit là l’occasion de mettre en boite pour trois francs six sous non pas une, ni même deux, mais bien trois ripoff du film culte de Ridley Scott. Oui, parce que chez Roger Corman, on ne fait pas les choses à moitié. L’un d’entre eux se nomme Forbidden World, voire Mutant, ou encore Subject 20, c’est au choix de chacun. A la réalisation, Allan Holzman, un touche-à-tout à la filmographie assez obscure. Pour l’histoire, le grand, que dis-je, l’inimitable Jim Wynorski (souvenez-vous, Piranhaconda, Deathstalker II). Un petit budget de 1 million de dollars, plus de 7 minutes de coupes pour le montage final (pour un film si court, ça commence à faire), et donc forcément, un projet qui sur le papier fait peur, même pour un aventurier du cinéma comme moi qui n’hésite pas à s’infliger des étrons du 7ème art par pure gourmandise. Le résultat est ce qu’il est, un sous alien lowcost, mais possédant un fort capital sympathie grâce à un côté débrouille / système D des plus agréables au point d’acquérir auprès du public le statut de petit film culte.

Au départ, le film avait été envisagé comme une version dans l’espace de Lawrence d’Arabie (1962). Oui, ils n’ont peur de rien. Mais budget riquiqui oblige Allan Holzman propose à Corman de plutôt lorgner du côté de Alien – Le 8ème Passager. C’est l’idée qui est retenue mais la vision du réalisateur ne plait pas complètement à son producteur qui décide d’injecter à son film des scènes comiques. Dès les premiers tests sur public, Corman ne supporte pas de voir les gens se marrer comme des baleines et décide de couper toutes les scènes de comédie car, vous comprenez, c’est sérieux le plagiat de film culte. D’autant plus qu’on ne se contente pas ici de pomper allègrement sur Alien, Star Wars y passe aussi (combat de vaisseaux, armure façon Stormtrooper). Mais comme 1 million de budget pour un film de SF, c’est quand même relativement short, on va faire appel à l’inimitable talent de recyclage de Sir Corman. De l’aveu même du réalisateur, absolument tout dans le film, décors, accessoires, provient d’autres films de la maison de prod. Mieux encore, certaines scènes de la bataille spatiale du début du film viennent directement de Les Mercenaires de l’Espace (1980), une autre production Corman. Bah oui, on s’est déjà cassé le cul une première fois, on ne va pas le faire deux fois, un copier / coller et le tour est joué, ils n’y verront que du feu. Quel visionnaire ce Corman…
Je conçois que ce que je vous raconte ne va certainement pas vous donner envie. Mais tout n’est pas à jeter dans Forbidden World, bien au contraire. Alors oui, encore une histoire de laboratoire avec des expériences qui tournent mal et vont donner naissance à un monstre. Encore des personnages avec des réactions complètement stupides. Mais pourtant un côté 80’s sincèrement agréable.

La mise en scène est des plus honnêtes. C’est propre, ça ose des plans de caméra intéressants, la photographie aidée de filtres de couleurs plutôt bien sentis et la musique façon The Thing amènent au film une ambiance assez réussie. On sent qu’Allan Holzman a essayé de bien faire les choses. On n’est pas dans Alien, mais ça tient la route. Niveau effets spéciaux, même constat. Le charme opère immédiatement, avec tout ce que cela comporte d’animatronics, de maquillages artisanaux et d’effets gores parfois bien craspecs. Le film a d’ailleurs remporté le Saturn Awards du meilleur maquillage en 1983, preuve s’il en est que, malgré tout ce qu’on peut reprocher à ce cinéma d’exploitation, il y avait malgré tout un certain sérieux. Ce qui n’est pas le cas de ce qu’on peut trouver en général aujourd’hui (Syfy, The Asylum), mais c’est un autre débat.
Mais que serait une production Corman sans les ingrédients inhérents à Corman. Je rassure tout de suite les amateurs de cet incontournable monsieur du Cinéma, oui, il y a des plans nichons parfaitement gratuits dans Forbidden World. Du boobs par-ci. Du boobs par-là. Avec pour bouquet final, l’apothéose de l’attribut mammaire devant caméra, le double plan nichon. Il faut dire que ce laboratoire perdu sur une petite planète lointaine semble décupler la libido des protagonistes féminines puisqu’à peine quelques minutes après son arrivée, elles ont déjà envie de faire tomber les vêtements de notre héros. Pourtant, sa ressemblance avec Sim version jeune n’a pas de quoi sur le papier faire frétiller l’entrejambe de la demoiselle en mal de mâle. Mais que voulez-vous, ils sont forts ces producteurs, ils connaissent bien la recette pour attirer le public : du sang et du cul ! En résulte de bons moments nanars à tendance nawak sur lesquels il est difficile de ne pas esquisser un sourire (le dialogue par ordinateur entre la blondasse à moitié nue et le monstre).

LES PLUSLES MOINS
♥ Une réalisation correcte
♥ Les effets spéciaux
♥ Les moments nanars
⊗ Le final trop court
⊗ Le scénario
Forbidden Zone est une série B de SF fauchée qui plaira aux amateurs de ces petites bobines d’exploitation des années 80 où se mêlaient bonne technique et fulgurances nanars, les autres pourront passer leur chemin. Et production Corman oblige, les amateurs de gore et de scènes de nu en auront pour leur argent, que demande le peuple !?!



Titre : Forbidden World / Mutant / Subject 20
Année : 1982
Durée : 1h17
Origine : U.S.A
Genre : Home Invasion ?
Réalisateur : Allan Holzman
Scénario : Tim Curnen, Jim Wynorski

Acteurs : Jesse Vint, Dawn Dunlap, June Chadwick, Linden Chiles, Fox Harris, Ray Oliver, Scott Paulin, Michael Bowen, Don Olivera

 Mutant (1982) on IMDb
























A propos de Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n’ayant que peu d’atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

1 Comment

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  1. Une honnête série B en effet, avec des plans de nudité tellement gratuits que c’est presque du génie. Les effets spéciaux tiennent la route, la mise en scène aussi. Seule la scène d’ouverture avec bataille spatiale fait clairement gros navet et fait peur.
    Corman ne s’est pas arrêté là puisque 10 ans après, en 1991, il a produit le remake de ce film, Dead Space, que j’ai vu et chroniqué il y a un bail. Et anecdote sympa, ici, on a June Chadwick qui jouait une alien dans la série V les Visiteurs en 1984, et bien dans le remake, on a Mark Singer qui jouait aussi dans V.

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