[Film] Les Diamants sont Éternels, de Guy Hamilton (1971)

James Bond, agent secret britannique au service du MI6, enquête sur la disparition de diamants en Afrique du Sud. Tout laisse croire qu’une organisation subversive essaie de constituer d’importants stocks Son investigation va le mener des Pays-Bas aux États-Unis, et lui faire affronter une fois de plus son ennemi juré, Blofeld.


Avis de Rick :
Malgré les croyances qui ont la dent dure, Au Service Secret de sa Majesté, l’épisode précédent de 1969, seul opus de George Lazenby dans le rôle de l’agent secret, n’a pas été un flop au box office. Certes il a rapporté un peu moins d’argent que les précédents, mais le succès fut malgré tout au rendez-vous. Mais quelques tensions dans l’équipe, ainsi que le fait que l’acteur prit apparemment la grosse tête firent de cet opus son seul opus. Les producteurs ne veulent pas prendre de risques, et avec un cachet de plus d’un million, parviennent à motiver Sean Connery de revenir dans la saga pour un ultime opus, Les Diamants sont Éternels donc, en 1971. Ils vont d’ailleurs rechercher Guy Hamilton, réalisateur de Goldfinger, épisode préféré du public, pour mettre en scène le métrage. Avec encore et toujours un budget de 7 millions mais un cachet plus élevé pour Connery, il va falloir faire des concessions, et ici, ce seront les scènes d’action, moins nombreuses que d’habitude. Après une scène d’ouverture donnant l’impression de voir un film entier en accéléré, avec James Bond traquant son ennemi juré Blofeld (qui tuait sa femme dans le précédent opus joué par Lazenby donc), le trouve, le tue, générique. Ah oui, cash, ça va vite. Une ouverture pas parmi les meilleures mais qui annonce le ton de ce film. Blofeld d’ailleurs a droit à son troisième interprète. Après Donald Pleasence et Telly Savalas, c’est Charles Gray qui s’y colle. L’excuse, enfin, l’argument ? La chirurgie esthétique, permettant même de se fabriquer des doubles. Pourquoi pas hein…

Du coup on s’en doute dés le début, Bond n’a pas tué le bon Blofeld, qui reviendra dans la deuxième heure pour encore et toujours expliquer son plan au lieu de tuer son ennemi. Son plan ce coup-ci ? L’utilisation d’un laser dans l’espace, révolutionnaire, afin d’obtenir la suprématie nucléaire dans le monde. Alors que vaut ce septième opus de la fameuse saga, et dernière incursion officielle de Sean Connery dans le rôle titre ? Et bien si ce n’est pas totalement mauvais, il faut également avouer que ça commence un peu à tourner en rond, sans se renouveler. Toujours le même méchant, les mêmes clichés, toujours des gadgets, et retour de l’humour, qui se fait ici peu subtil. Rajoutons à tout cela, sans doute à cause du budget plus réduit pour les effets spéciaux, quelques effets plutôt discutables alors que les insertions sur fond vert tiennent mieux la route qu’autrefois. Il faut voir cette explosion nucléaire un brin ridicule pour le croire. Le scénario lui aussi fonce parfois dans le ridicule, avec Blofeld devenu chevelu alors qu’il était chauve depuis deux films, et parvenant parfois à s’échapper en se déguisant en vieille dame. Pourtant ne nous voilons pas la face, quelques excellentes idées surnagent du métrage, et le rendent même attachant sur certains points. L’ouverture, si elle n’est pas parfaite, nous montre un Bond énervé, voulant se venger. Dommage que passé l’ouverture, ce trait de son caractère soit jeté à la poubelle. En James Bond Girls, on nous présente la charmante Lana Wood, qui malheureusement ne survivra pas bien longtemps dans le métrage (dommage, son passage par la fenêtre était amusant), puis Jill St. John dans un rôle qui aurait pu être un peu différent, sauf que son traitement ne suivra pas, et pire, elle deviendra sacrément cruche et surtout un élément comique dans la dernière partie.

Mais oui, quelques bonnes idées se trouvent dispersées dans le métrage. Localiser l’histoire à Las Vegas n’était de base pas une si mauvaise idée, tant narrativement que visuellement, la ville étant avant tout une ville nocturne, illuminée. Mais l’ensemble semble ne jamais vouloir totalement exploiter le lieu, et d’ailleurs une bonne partie de l’histoire se déroulera de jour. Le final pouvait se faire épique, mais un peu trop d’humour s’invite dans la partie, ou de situations malheureuses (l’échange de cassettes, deux fois). Les deux autres méchants du film, deux homosexuels (qui auraient fait croire à Sean Connery qu’ils l’étaient vraiment), sont plutôt sympathiques également. Beaucoup disent que Sean Connery tire d’ailleurs la gueule tout le long du film, et s’il est vrai qu’il semble un peu moins concerné qu’auparavant, je l’ai trouvé malgré tout tout à fait correct sur la durée du métrage. Métrage qui a revu d’ailleurs sa durée à la baisse (2h22 le précédent, juste 2h ici), évitant ainsi de quelconques baisses de rythme. Si bien que même si l’on commence à trop bien connaître la formule, que l’on peut deviner à l’avance les retournements de situations, mais aussi son final, on suit l’aventure sans s’ennuyer et c’est sans doute le principal. Mais la saga s’épuise, il est temps de mettre de la nouveauté dans la formule, et pour les producteurs, de trouver un remplaçant durable pour Sean Connery.

LES PLUSLES MOINS
♥ Une aventure sympathique
♥ Quelques bonnes idées
⊗ Une formule que l’on commence à trop connaître
⊗ Des idées pas toujours exploitées
⊗ L’humour ne fonctionne que moyennement
note8
Le dernier film officiel de Sean Connery est loin d’être le meilleur de la saga (et loin d’être le pire). Il divertira, l’ensemble se suit sans ennui, mais ça manque cruellement d’imagination.



Titre : Les Diamants sont Éternels – Diamonds are Forever

Année : 1971
Durée :
2h
Origine :
Angleterre
Genre :
Espionnage
Réalisation : 
Guy Hamilton
Scénario : 
Richard Maibaum et Tom Mankiewicz
Avec :
Sean Connery, Jill St. John, Charles Gray, Lana Wood, Jimmy Dean, Bruce Cabot, Putter Smith, Bruce Glover, Bernard Lee et Desmond Llewelyn

 Diamonds Are Forever (1971) on IMDb


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A propos de Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

3 Comments

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  1. Un Bond assez ridicule les deux tueur gay, les poursuite avec des engin a la con bref c’est sensé être drôle mais ca marche pas du tout.
    Et puis Blofeld encore et encore.
    Le moins bon Sean qui a l’air de ce faire chier grave.

  2. Bons, fini les avis dithyrambiques sur les James Bond.
    Avant de découvrir Meurs un autre jour, Les diamants sont éternels était mon opus le plus faible.

    Déjà, comme je l’ai dit sur la chronique précédente, déçu qu’un deuxième opus ultra-vénère avec Lazenby ne se soit pas fait.

    On a souvent dit que l’humour était arrivé dans la franchise avec Roger Moore. On peut avancer cela mais ça veut dire que l’on n’a pas vu Les diamants sont éternels car l’humour des épisodes suivants est déjà là. Et autant avec Roger Moore, ça marche, autant là, ça ne convient pas avec Sean Connery. De toute façon, l’acteur se moque encore plus du rôle que sur son dernier opus, il n’est revenu que parce que durant 4 ans, sa carrière n’a pas brillé et qu’on lui proposait une sacrée somme. Après, c’est fou comment il assure quand même dans le rôle (même avec quelques kilos en trop comparé à avant), mais le problème c’est qu’autour de lui, tout est bien trop faible.

    Pré-générique vénère mais bien trop vite expédié et puis Charles Gray en Blofeld, non ça ne va pas dès sa première apparition. Générique avec une deuxième chanson monstrueuse de Shirley Bassey après Goldfinger : disons-le tout net, la chanteuse est ce qu’il y a de mieux pour cet opus.

    La mission est pas vraiment intéressante, entièrement d’accord avec toi Rick, Las Vegas est sous-exploité, trop de scènes de jours, un James Bond trop urbain, un rythme pas trop bien géré, de l’action pas toujours au top, un humour déstabilisant (Blofeld déguisé en femme, non mais sérieux, la honte !), Guy Hamilton semble absent (le summum étant la bataille finale où il n’y a quasiment pas d’action !!).

    Mais alors qu’est-ce qu’il a d’intéressant ce film hormis sa chanson ??
    Les plus : James Bond qui défonce tout le monde au début (il étrangle même une femme comme un bourrin), un couple de tueur hyper taré, une baston mortelle dans un ascenseur, toute la partie dans la base d’entraînement spatiale et une excellente rixe contre 2 amazones.

    Les moins : le film n’est pas irregardable mais comparé aux autres opus, c’est très très faible : le méchant est loupé, la James bond girl est la plus insipide de la franchise avec celle de L’homme au pistolet d’or, les lieux où se déroulent l’action ne sont pas hyper bien exploités et surtout la bataille finale est à côté de la plaque.

    C’est vraiment un non-évènement ce retour de Sean Connery dans le rôle.
    Dans mon expérience personnelle, quand je parle avec des gens de la saga, cet opus n’est jamais évoqué, j’ai l’impression que ce film indiffère la plupart des personnes. En tout cas ce n’est pas un opus culte et je n’ai jamais entendu ou lu quelqu’un dire que c’est son préféré.
    Dans beaucoup de publications ou sur internet, les deux opus suivants sont jugés plus sévèrement que Les diamants sont éternels. Pour moi c’est carrément l’inverse, sentimentalement ce sont les opus qui m’évoquent le plus de souvenirs avec Au service secret de sa majesté. Même si maintenant je reconnais que ce ne sont pas les meilleurs, ils restent à part donc c’est dire combien je vais les défendre et combien j’ai de choses à dire dessus. ^^

    Mon bas du classement de la franchise :
    1/ Quantun of solace
    2/ Meurs un autre jour
    3/ Les diamants sont éternels

    Un film très moyen qui contient des petites fulgurances si on est indulgent ou fan sans objectivité comme moi 😉

  3. Au final on se retrouve donc assez, ça se regarde mais c’est bien moyen 😉
    Avec une ville comme Vegas, il y avait tellement moyen de faire quelque chose de nocturne mais lumineux, de donner une ambiance bien particulière au métrage, mais non, dommage.
    En tout cas, je crois Pti Denis que les deux pires de la saga sont les mêmes pour moi aussi. Même si dans le fond, Meurs un Autre Jour à un gros côté nanar qui peut-être amusant à plusieurs (et bourrés), mais on en reparlera le moment venu ^^

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