[Film] Dave Made A Maze, de Bill Watterson (2017)


En rentrant chez elle, Annie découvre que Dave, son petit ami, a envahi l’espace du salon avec un labyrinthe fait de cartons et de papier mâché. Plus agacée que surprise – son copain ayant une âme d’artiste –, elle lui demande de sortir afin qu’ils puissent discuter. Mais Dave ne trouve pas d’issue. Lorsqu’elle se rend compte qu’il ne s’agit pas d’une farce, Annie rassemble une brochette d’amis pour partir à la rescousse de Dave. Ils s’embarquent alors dans une expédition au fin fond d’un fort où se cachent des pièges mortels, des origamis tueurs et un minotaure…


Avis de Cherycok :
Si je m’intéresse autant à ce que j’appelle le « cinéma alternatif », comprenez par là tout ce qui ne sort pas au cinéma, voire qui n’arrive carrément jamais chez nous, c’est aussi pour essayer de dénicher des petits films qui sortent de l’ordinaire, de par leur propos, leur façon de faire, ou encore leur originalité qui en font des films difficiles à rentabiliser dans les salles obscures pour nos distributeurs de plus en plus frileux. Alors forcément, je me tape souvent des bouses ou des films moyens car il n’y a pas de raison que ça ne soit le cas qu’avec les blockbusters. Mais il m’arrive parfois de tomber sur des perles cinématographiques ou tout simplement des bons films qui vont vous marquer pour telle et telle raison. Et c’est le cas pour Dave Made A Maze, première réalisation de Bill Watterson qui ne s’était cantonné jusque là qu’à des courts métrages et de petites apparitions dans des longs (Ouija) et des séries (Hollywood Wasteland). Sorti de nulle part, son film a pourtant remporté pas moins de 12 prix dans des festivals un peu partout à travers le monde. Un film frais et léger qui compense son manque de profondeur et de développement par un visuel enchanteur et un univers absolument génial.

Dave est un artiste touche à tout qui tourne un peu en rond, qui commence des tas de choses mais qui n’en finit aucune. Il profite de l’absence tout un week-end de sa petite amie Annie pour créer dans son salon un labyrinthe avec tous les cartons et papiers qu’il trouve, des murs aux différents pièges qui le composent jusqu’aux personnages qui l’habitent. Sauf que par il ne sait quel artifice, le labyrinthe, une fois à l’intérieur, est bien plus grand qu’à l’extérieur et Dave s’y perd après s’y être blessé à la main. Chose étrange également, ce dernier semble être vivant et se met à grandir sans que son créateur ne puisse rien y faire. Lorsque sa petite amie revient à la maison et remarque cet amoncèlement de cartons dans son salon, elle s’agace de la dernière lubie de son chéri. Jusqu’au moment où elle comprend que ce dernier est réellement coincé à l’intérieur et qu’il y est peut-être en danger. Elle rassemble leurs plus proches amis et ils se lancent tous ensemble, malgré les contre-indications de Dave, à la recherche de ce dernier.
Même si le coup de la création qui se retourne contre son créateur a déjà été fait à plusieurs reprises, avouez tout de même que le pitch est des plus funs, original et surprenant tout de même non ? L’univers créé est absolument génial, sorte de Indiana Jones au pays de Michel Gondry (à ses débuts), avec plein de petites références disséminées çà et là, de Star Wars à Labyrinth, en passant par Cube, Alice au Pays des Merveilles, Dans la Peau de John Malkovich ou encore le cinéma de Gondry donc, mais aussi celui de Terry Gilliams.

Les créateurs des décors ont eu une imagination débordante. Toutes les pièces du labyrinthe et leur contenu sont en carton et autre papier mâché. Le travail accompli est méticuleux et surtout absolument dantesque, rempli de métaphores visuelles. Voir les personnages évoluer dans ces dédales, être confrontés à des pièges, des animaux en origamis, fuir le fameux minotaure tout en, traversant des pièces aussi étranges que fantaisistes, a quelque chose de magique et de poétique. L’imagination des décorateurs a semblé sans limite jusque dans les quelques effets gores qui sont subtilement détournés, avec du sang à base de confettis, ruban d’emballage et autres cotillons. Pour la petite anecdote dont tout le monde se fout, le studio n’avait assez de place que pour deux pièces du labyrinthe, et donc pendant qu’ils tournaient dans une pièce, la deuxième devait être construite rapidement pour la scène suivante. Et il fallait aller vite car l’espérance de vie d’une pièce n’était que de quatre heures (c’est fragile le carton !) et pourtant tout a magnifiquement été élaboré jusque dans le moindre détail pour un résultat final tout simplement bluffant.
Malheureusement, et c’est dommage car Dave Made A Maze aurait pu être un putain de chef d’œuvre, à trop vouloir travailler la forme, Bill Watterson et son scénariste semblent avoir oublié le fond. Les personnages ont beau être une caricature d’eux-mêmes avec un côté très fun, ils manquent clairement de développement. Il en est de même avec les dialogues qui ne sont pas toujours d’une grande efficacité et font souvent preuve d’une grande simplicité malgré un humour souvent absurde et barré qui fait mouche. Mais on se demande si ce n’était pas voulu tant Dave Made A Maze semble avoir été pensé pour toute la famille, dont des jeunes enfants, et ceci expliquerait donc cette simplicité ? A chacun de juger cela…

LES PLUSLES MOINS
♥ Le visuel
♥ L’univers
♥ L’ambiance
♥ Original et créatif
⊗ Les dialogues parfois creux
⊗ Manque de développement
A la fois amusant, surréaliste, surprenant, bizarre, créatif, fun, expérimental, léger et frais, Dave Made A Maze est une expérience cinématographique qui palie son manque de développement par un univers et un visuel absolument sensationnels. Un film assez unique en son genre.



Titre : Dave Made A Maze
Année : 2017
Durée : 1h21
Origine : U.S.A
Genre : Plus grand qu’il n‘y parait
Réalisateur : Bill Watterson
Scénario : Steven Sears, Bill Watterson

Acteurs : Nick Thune, Meera Rohit Kumbhani, Adam Busch, James Urbaniak, Franck Caeti, Scott Narver, Stephanie Allynne, Scott Krinsky, Kristen Vangsness

 Dave Made a Maze (2017) on IMDb


























A propos de Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n’ayant que peu d’atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

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